Paul Salmona

  • Synagogues, bains rituels, rues, cimetières, graffitis, parchemins..., depuis le XIXe siècle, les archéologues exhument des traces matérielles du judaïsme en France, mais c'est le développement de l'archéologie préventive qui, dans les années 1990, a permis de mettre au jour une série de nouveaux sites.
    Ces vestiges éclairent la présence juive durant l'Antiquité, complètent les rares informations sur le premier Moyen Âge, enrichissent la connaissance des innombrables juiveries médiévales que comptait le royaume avant les expulsions des XIIe, XIVe et XVIe siècles, illustrent les communautés « résilientes » (Alsace, Avignon, Comtat Venaissin) ou se reconstituant au XVIe siècle (côte aquitaine, Lorraine), et apportent des données originales sur les juifs de France, de l'Émancipation en 1791 à l'époque actuelle.
    Retraçant les prémices et le développement de l'archéologie juive en France, cet ouvrage dresse un état des connaissances en s'appuyant également sur les archives textuelles, l'épigraphie, la topographie urbaine, la toponymie, le patrimoine bâti et l'art, pour restituer sa place dans l'histoire de France à une communauté très ancienne. Ainsi la présence juive se dévoile-t-elle, de découverte en découverte, contribuant à donner une visibilité à ce « point aveugle » du récit national.

  • Juiveries, synagogues, bains rituels, écoles talmudiques, latrines, cimetières... L'essor de l'archéologie préventive depuis les années 1990 a permis la mise au jour d'un grand nombre de vestiges, le plus souvent ignorés, de la présence juive en Europe.
    Spécialistes étrangers et français confrontent ici recherches archéologiques et historiques, et dressent un état des apports de l'archéologie à travers des exemples albanais, allemands, espagnols, français, hongrois, italiens et tchèque.
    Ces données nouvelles contribuent à la connaissance du judaïsme européen depuis l'Antiquité et permettent une meilleure appréhension de son inscription très ancienne dans la société médiévale, jusqu'aux expulsions des XIIIe, XIVe et XVe siècles.
    S'esquissent ainsi les enjeux de la préservation de ces vestiges, patrimoine de tous les Européens.

  • Dans le roman national, Louis IX est l'archétype du souverain sage rendant la justice sous son chêne de Vincennes, et le modèle du roi pieux, acquéreur de la Sainte Couronne, qui meurt à Tunis pendant la huitième croisade. Pour l'Église catholique, qui le canonise vingt-sept ans seulement après sa mort, c'est un saint.
    Dans l'histoire juive, il laisse l'image d'un monarque antijuif, considéré comme un persécuteur. Ses ordonnances contre l'usure, ses mesures pour imposer aux juifs le port de la rouelle, les autodafés de livres rabbiniques qu'il ordonne, font de lui le plus antijuif des Capétiens. Mais sa politique à l'endroit des juifs est plus ambivalente qu'il n'y paraît. Contrairement à son grand-père Philippe Auguste - qui les expulse en 1182 - et à son petit-fils Philippe le Bel - qui en fait autant en 1306 -, Saint Louis n'a finalement jamais banni les juifs de son royaume.
    Les actes du colloque tenu dans le cadre de l'exposition « Saint Louis » en 2015, donnent l'occasion à une vingtaine de spécialistes de replacer la législation à l'égard des juifs dans la politique générale de Louis IX. Ainsi sont révélés des éclairages nouveaux sur des aspects mal connus de son règne.

  • L'antisémitisme réapparaît chaque fois qu'une société est fragilisée, dans son économie comme dans ses institutions politiques. Il est la maladie de nos sociétés démocratiques : il vise à en saper les fondements, à nier l'unité que la république entend instaurer entre les citoyens.

    De l'assassinat d'Ilan Halimi aux attentats de l'Hyper Cacher, en passant par les meurtres perpétrés par Mohamed Merah contre des enfants, ces actes de violence antisémite ont annoncé les attaques terroristes qui ont plus tard ensanglanté la France.

    Quelles réponses y apporter ? Comment s'en prémunir ? Le punir ou le prévenir ? Quelles raisons peuvent en effet expliquer la montée de l'intolérance et la remise en cause des principes républicains ? C'est à ces questions que s'attache cet ouvrage, qui réunit historiens et philosophes, mais aussi acteurs de terrain.

    À travers la question de l'antisémitisme, c'est une analyse de la situation actuelle de la France qui est ainsi donnée.

    Dominique Schnapper est membre honoraire du Conseil constitutionnel, auteur notamment de Travailler et aimer.
    Paul Salmona est directeur du Musée d'art et d'histoire du judaïsme.
    Perrine Simon-Nahum est philosophe et directrice de recherches au CNRS.

    Avec les contributions de Joëlle Allouche-Benayoun, Dan Arbib, Georges Bensoussan, Jean-Yves Camus, Danielle Cohen-Levinas, Emmanuel Debono, Vincent Duclert, Steven Englund, Bernard Godard, Valérie Igounet, Günther Jikeli, Laurent Joly, Marc de Launay, Jean-Pierre Obin, Philippe Oriol, Mgr Pierre d'Ornellas, Philippe Raynaud, Carole Reynaud- Paligot, Jean-Pierre Winter, Paul Zawadzki.

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