Philippe Bonnin

  • La visite de Katsura, villa impériale, est réduite à un circuit qui se parcourt en moins d'une heure. On en ressort étonné, éberlué, ébloui... et terriblement frustré. Restent les images intenses que notre oeil aura captées, dans le saisissement de l'instant qui fuit sans recours.

    Au milieu de son jardin et des quatre pavillons de thé qui bordent l'étang central, édifiée au XVIIe siècle par le prince Toshihito, sur le bord de la rivière qui baigne Kyoto, Katsura demeure l'image du raffinement. Lieu idéal, dit-on, d'où l'on peut contempler la lune...
    La réinterprétation de cette architecture si particulière par les architectes du mouvement moderne, au début du XXe siècle, a engendré nombre de quiproquos.
    Il faut aujourd'hui le talent et la sensibilité de Philippe Bonnin pour nous faire entrer dans la vérité d'une oeuvre mythique, et éclairer l'énigme.
    Avec de nombreuses photos et illustrations.

  • Les études réunies ici témoignent d'une commune passion pour la maison - traditionnelle ou très contemporaine -, la ville et l'espace japonais, visités par la plume des deux auteurs.

    Ils sont pour l'un géographe - Jacques Pezeu-Massabuau -, pour l'autre architecte et anthropologue - Philippe Bonnin. Chacun, de son côté, a poursuivi un travail obstiné d'observation, de description, de dévoilement, d'analyse approfondie de la réalité de cette habitation japonaise, de son esthétique, des gestes, des paroles qui l'entourent. Réunir ces textes devenait un impératif pour confronter leurs approches complémentaires et décoder cette culture japonaise si passionnante.

  • Ce livre rassemble 175 photographies d'intérieurs berlinois réalisées entre 1903 et 1920, pour le compte d'une enquête " hygiéniste " sur l'habitat menée par une caisse locale d'assurance maladie des métiers du commerce. L'objectif de cette campagne photographique d'ampleur était d'inciter à l'amélioration de l'habitat berlinois et à l'éradication de l'insalubrité. Cette collection est exceptionnelle dans l'histoire de la photographie, à plus d'un titre : par son thème : approche photographique des espaces domestiques en présence de leurs occupants ; par son époque : juste avant et pendant la Grande Guerre ; par sa durée : sur deux décennies ; par son unité de lieu, au coeur de Berlin ; par sa prouesse technique : photographier des intérieurs sombres constitue une difficulté majeure.
    Le document dans son ensemble renseigne également tout un pan de l'économie liée au travail à domicile. L'articulation logement/atelier est très explicite : on perçoit l'espace du travail et les dispositifs techniques qui s'y rattachent. Par leur qualité, leur vérité, leur rigueur documentaire (notamment par la précision des légendes), elles sont saisissantes et peuvent susciter un certain effroi au vu des conditions d'habiter une métropole ouvrière au tournant du XXe siècle.
    Elles nous font pénétrer au sein des foyers et de l'espace privé des classes populaires, dans l'univers des mal logés et même des sans-abri qu'on y accueille.

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