Pierre Pinon

  • Le Second Empire a façonné un paysage urbain qui nous est toujours familier. Voulue par Napoléon III et orchestrée par Haussmann, la « régénération de Paris » a consisté dans l'amélioration des circulations et la reconquête du centre par le percement de nombreuses rues et avenues. Cet avènement d'un nouveau Paris est non seulement remarquable par son ampleur mais aussi en raison de son caractère inédit : pour la première fois, en effet, la puissance publique s'investit dans la mise en forme de la ville, d'ordinaire abandonnée à des acteurs privés. Ceux-ci, propriétaires fonciers, commerçants et banquiers, ne sont cependant pas absents des grands travaux, dont ils sont souvent les inspirateurs et, toujours, les grands bénéficiaires. C'est pour cette bourgeoisie triomphante qu'une ville moderne, adaptée au commerce et aux affaires, prend forme ; on en reconnaît la conception libérale apparue sous la monarchie de Juillet mais servie par les moyens autoritaires de l'Empire. Ce n'est pas le moindre paradoxe de l'haussmannisme, dont la gloire éphémère ne saurait faire oublier l'emprise durable sur le destin de Paris.
         

  • Paris détruit

    Pierre Pinon

    Pourquoi démolit-on ? Relativement épargnée par les guerres ou par les incendies, Paris a été affectée en profondeur par les destructions volontaires. C est d abord pour des raisons financières qu on met à bas avant de reconstruire : nombre d hôtels particuliers sont lotis pour être rentabilisés. La destruction est aussi le fait d opérations d urbanisme : alignement de rues existantes ou percement de voies nouvelles, mais aussi éradication des îlots insalubres ou désaffection de certains bâtiments comme les Halles ou les prisons parisiennes. Enfin, on abat parfois pour des raisons symboliques. La démolition de la Bastille est le premier acte de la Révolution, tandis que la Commune détruit sans retenue, de la maison de Thiers aux Tuileries dont les ruines restent longtemps exposées au public. Dressant le sombre bilan des disparitions, à travers notamment une iconographie spectaculaire, l auteur ne s en tient pas à une dénonciation convenue du « vandalisme », mais montre l émergence d une conscience patrimoniale en évolution constante depuis le XIXe siècle.

  • Le mythe haussmann

    Pierre Pinon

    Pierre Pinon, historien spécialiste du Paris Haussmannien et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, entend ici relativiser le « mythe » résultant d'une lecture trop littérale et hagiographique des Mémoires du Baron. Paris ne s'est pas fait en un jour ni à sa seule arrivée en 1853. Dès les années 1840, il existe des commerçants, investisseurs, architectes et commissions qui réfléchissent à des scénarios d'alignement, d'élargissement ou de percée dans la Ville-Lumière. Et cela, sans oublier les velléités d'aménageur de Louis-Napoléon Bonaparte président de la République (dès 1848) et, plus encore, de l'Empereur Napoléon III après son retour émerveillé de l'Exposition de Londres en 1851...Il propose une nouvelle mise en perspective sur l'urbanisme parisien.

  • En novembre 1851, l'Administration charge un jeune architecte, Gabriel Davioud, de faire exécuter des relevés de toutes les maisons appelées à être démolies dans le cadre des grands travaux modifiant le visage de Paris. Afin, est-il précisé, de conserver « du moins le souvenir des quartiers qui vont disparaître ».
    Une équipe de collaborateurs-architectes est donc mise en place qui, durant trois ans, prend méthodiquement des croquis des façades concernées avec toutes les notations utiles (couleurs, enseignes, commerces...), puis reproduit et aquarelle ces dessins en atelier. L'entreprise, commandée par ceux-mêmes qui s'apprêtent à tailler en pièces le vieux Paris, aboutit ainsi au plus vaste recueil jamais réalisé des destructions du Second Empire et constitue en cela un document exceptionnel.
    Malheureusement, ces dessins sont déposés aux archives de la Ville de Paris, lesquelles partent en fumée dans les incendies de la Commune en 1871. Les maisons détruites l'auront donc été deux fois, d'abord, réellement sous la pioche et ensuite, symboliquement, par les flammes. Restent les relevés de terrain, que Davioud dépose à la bibliothèque historique de la Ville de Paris en 1877... et dont ils ressortent aujourd'hui pour la première fois dans leur ensemble.
    Ce document inédit passionnera par son détail les amateurs du vieux Paris et restera comme l'ultime trace d'une ville fantôme, à jamais perdue, désertée par ses habitants mais montrant encore ses façades des XVIIe et XVIIIe siècles et les étalages de ses boutiques soudainement abandonnées.

  • CanauxC'est entre le XVIIesiècle et le XIXesiècle que s'est constitué, en France, un important réseau de canaux de navigation. Vaste entreprise, l'art de rassembler et de conduire les eaux a connu des phases successives d'expérimentations, de théorisations et de réalisations parfois contradictoires. Les ouvrages techniques qui en découlent n'en sont pas moins des oeuvres d'art dont l'esthétique bien spécifique est celle des ingénieurs des XVIIIe et XIXesiècles.La qualité architecturale des écluses, des ponts-canaux, des barrages d'alimentation en eau, des maisons éclusières intégrées dans un paysage redessiné fait des canaux des lieux où se mêlent patrimoine bâti et patrimoine naturel.Patrimoine vivant est une collection créée par Rempart, association nationale de sauvegarde du patrimoine. Tous les sujets sont traités dans une vision nationale et couvrent un large champ chronologique. Les auteurs abordent le patrimoine sous ses formes les plus larges et les plus diverses. Chaque livre est conçu comme un manuel apprécié aussi bien par les spécialistes pour l'exactitude des exposés que par tous les lecteurs qui désirent connaître le patrimoine à travers un compte rendu simple et clair.


  • louis pierre (1764-1846) et victor baltard (1805-1874).
    victor baltard, célèbre auteur des halles de paris, et son père louis-pierre baltard, important théoricien du néoclassicisme et de l'architecture des prisons, finalement l'un et l'autre méconnus, n'avaient jamais fait l'objet de monographies. bien que leurs personnalités et leurs oeuvres soient dissemblables, ils illustrent tous deux une certaine conception culturelle et intellectuelle de l'architecture, par leurs constructions comme par leurs publications et leurs activités d'enseignement.
    qu'ils se réfèrent à l'antiquité ou à la renaissance - toujours à l'italie -, ils appartiennent à ces générations qui ont fondé les types de l'architecture publique moderne. cet ouvrage, richement illustré de photographies originales et largement fondé sur l'exploitation des archives familiales et de documents inédits, révèle un louis-pierre violemment polémiste, pédagogue doctrinaire, mais aussi artiste sensible, renommé comme graveur, qui s'est battu toute sa vie pour construire et vainement confronté à tous les concours, avant de réaliser le palais de justice de lyon dont le chantier commence alors qu'il a soixante et onze ans.
    victor, fils de son père, a facilement cumulé tous les honneurs (grand prix, membre de l'institut, architecte en chef de la ville de paris). ingénieux constructeur de saint-augustin et bien sûr des halles centrales, il a encore été l'habile décorateur des fêtes du second empire et le consciencieux restaurateur des églises médiévales parisiennes.

  • Le second-empire a façonné un paysage urbain qui nous est toujours familier.
    Voulue par napoléon iii et orchestrée par haussmann, la " régénération de paris " a consisté dans l'amélioration des circulations et la reconquête du centre par le percement de nombreuses rues et avenues. cet avènement d'un nouveau paris est non seulement remarquable par son ampleur mais aussi en raison de son caractère inédit : pour la première fois, en effet, la puissance publique s'investit dans la mise en forme de la ville, d'ordinaire abandonnée à des acteurs privés.
    Ceux-ci, propriétaires fonciers, commerçants et banquiers, ne sont cependant pas absents des grands travaux, dont ils sont souvent les inspirateurs et, toujours, les grands bénéficiaires. c'est pour cette bourgeoisie triomphante qu'une ville moderne, adaptée au commerce et aux affaires, prend forme ; on en reconnaît la conception libérale apparue sous la monarchie de juillet mais servie par les moyens autoritaires de l'empire.
    Ce n'est pas le moindre paradoxe de l'haussmannisme, dont la gloire éphémère ne saurait faire oublier l'emprise durable sur le destin de paris.

  • Il n'existait pas d'atlas des cartes des environs de Paris. Cette situation est d'autant plus troublante que, depuis quelques années, chacun a pris conscience des enjeux, politiques, sociaux et économiques, que représente ce vaste territoire, qu'il prenne le nom de région Île-de-France, de banlieue de Paris, de Grand Paris ou encore de Métropole du Grand Paris.
    L'intérêt de la publication de cet ensemble cartographique est donc évident, aussi bien pour les professionnels de l'urbanisme que pour les historiens et les politiques et pour le grand public. Les premiers y trouveront une matière à réflexion inédite, et évidemment importante pour les travaux qu'ils mènent actuellement autour des enjeux de la région parisienne. Les seconds pourront y retrouver les étapes concrètes de la construction physique de la région (passage du rural à l'urbain, développement des axes structurants, aménagement volontariste du territoire, développement des réseaux de transport en commun, etc.).
    Le grand public, enfin, découvrira un ensemble cartographique de toute beauté qui n'a rien à envier à la beauté des plans de Paris. Il pourra surtout y trouver ses propres repères et sonder les éléments d'inscription de l'identité francilienne, forgée en termes géographiques depuis la fi n du XVIe siècle. Cette série cartographique aidera tous les lecteurs à mesurer le perpétuel dialogue entre la ville et son environnement.

  • Les plans de Paris sont à la fois bien connus des historiens, et encore peu accessibles aux amateurs de Paris, hormis évidemment le fameux plan dit « de Turgot », familier des touristes même. L'historien, l'urbaniste, le simple curieux n'a pas à sa disposition un atlas rassemblant simplement les principaux plans de Paris, des origines de la cartographie urbaine à nos jours, reproduits à une échelle suffisante pour être réellement lisibles et utilisables.
    La plupart des plans généraux ou plans d'ensemble présentés dans le présent atlas sont des plans gravés, pour la raison bien simple que les plans restés manuscrits sont rares. Exceptionnellement, nous avons retenu des plans manuscrits importants pour l'histoire de Paris, ou qui n'ont pas connu la gravure pour des raisons particulières, tels que des usages privés ou limités. Cet atlas présente donc essentiellement des plans généraux, mais sont présents aussi quelques rares plans partiels, car les seuls quelquefois à entrer dans le détail du tissu urbain.
    Nous avons privilégié une histoire de la cartographie qui exprime l'image de la ville, de sa formation, de ses transformations, des origines à nos jours.
    L'histoire des plans de Paris est bien incapable à elle seule de raconter l'histoire de la capitale, ne serait-ce que parce que la cartographie a pris en marche le train de l'histoire urbaine. Quand les plans apparaissent, dans la première moitié du XVIe siècle, Paris existe depuis plus de 15 siècles. Les premiers plans de Paris ne font donc qu'enregistrer l'état de développement de la ville à la fin du Moyen âge. Certes, certains d'entre eux montrent encore l'enceinte de Philippe Auguste (fin du XIIe siècle), mais la ville antique, par exemple, est oblitérée par la ville médiévale, et ne se voit pas en tant que telle sinon par la permanence de certains tracés viaires. C'est pourquoi nous ferons figurer des plans restitués aux XIXe et XXe siècle, des états de Paris avant le XVIe siècle, des plans historiques dans leur contenu et non par leur ancienneté.

    Ce livre est publié en coédition avec Paris bibliothèques, L'Atelier parisien d'urbanisme et la Bibliothèque nationale de France.

  • Si la navigation intérieure commerciale est encore active sur certains de nos fleuves, le monde des canaux a connu en quelques décennies une vraie mutation. Conçu à l'origine pour le transport des marchandises, il est aujourd'hui essentiellement mobilisé par la navigation de plaisance. Cette extraordinaire infrastructure territoriale, forgée du début du XVIIe au début du XXe siècle, est donc appelée à s'adapter à une fonction nouvelle. Il s'agit bien en effet d'un patrimoine, par la qualité de ses ouvrages d'art, par la beauté de ses paysages et de ses alignements d'arbres, et surtout par la mémoire de ses activités disparues. Voilà pourquoi il convient de le protéger, de le restaurer, au même titre que les monuments historiques. La sauvegarde des canaux soulève des problèmes particuliers, car elle ne suppose pas seulement l'entretien des édifices mais aussi celui des machines hydrauliques. Un canal, ses écluses, ses déversoirs, ses maisons éclusières, ses ponts, ses souterrains, ses plantations d'alignement, ses rigoles d'alimentation et ses barrages-réservoirs ne peuvent survivre que s'ils sont en eau. Ce qui explique que leur utilisation et leur réutilisation, notamment par la navigation de plaisance, sont absolument vitales. Si le pont-canal de Briare et les écluses du canal du Midi ont une notoriété qui dépasse nos frontières, le patrimoine fluvial reste largement à explorer. Souvent loin des villes, en dehors des grands itinéraires routiers, il est par essence un patrimoine caché. Cet ouvrage nous aide à découvrir les charmes de ses tracés au gré des reliefs et des vallées sinueuses d'une France parfois méconnue.

  • À la fin du Moyen Âge, Paris est la première ville d'Occident mais n'est desservie que par quelques centaines de rues. Il s'en trouve plus de 6000 aujourd'hui selon la nomenclature officielle ou près de 4250 si l'on considère les rues « physiques » et non revêtues de noms différents au fil de leur parcours.
    Comment et quand les voies nouvelles ont-elles fait leur apparition ? C'est ce que montre cet atlas en mettant notamment en lumière le dynamisme des initiatives privées. En marge des réalisations publiques, plus voyantes mais aussi plus rares, ces opérations ont imprimé leur marque à un point qui peut surprendre. Ce n'est pas, en effet, sous Haussmann que les ouvertures de rues ont été les plus nombreuses mais plutôt sous la IIIe République.



     

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