Sylvie Aubenas

  • Cet opus de « L'oeil curieux » met en scène une quarantaine de clichés réalisés par Félix Nadar dans les catacombes en 1862.
    L'ouvrage constitue un reportage à travers des carrières aménagées pour recueillir les ossements des vieux cimetières vidés par hygiène : les catacombes.
    Félix Nadar fixe pour nous ce gigantesque ossuaire aussi techniquement précis que pittoresque dont la visite, autorisée à l'époque quatre fois par an, était devenue à Paris la promenade à la mode.
    Cette série de photographies, avec celle, presque contemporaine, sur les égouts de Paris, a été présentée dans les ateliers et dans les stands Nadar aux expositions universelles jusqu'en 1900.

  • Au-delà de la figure emblématique de Félix Nadar, l'exposition à la Bibliothèque nationale de France embrasse pour la première fois toute l'histoire de l'atelier des Nadar du début des années 1850 jusqu'à la fin des années 1930 en s'appuyant sur les très riches collections de la BnF, des prêts du Metropolitan Museum of Art de New York, du John Paul Getty Museum de Los Angeles et du musée d'Orsay.
    Le catalogue édité à cette occasion propose des études spécifiques sur chacun des trois photographes - Félix Nadar (1820-1910), son frère Adrien Tournachon (1825-1903,) et son fils Paul Nadar (1856-1939) - et sur leurs collaborations, et met en lumière l'héritage de l'un des ateliers les plus importants et les plus durables des débuts de la photographie.

    Portraits et autoportraits.
    L'ouvrage présente une sélection d'autoportraits des trois photographes et de portraits de leur cercle privé réalisés au cours du temps, révélant leur implication personnelle dans l'atelier, leurs relations complexes.
    Les portraits de Baudelaire, Alexandre Dumas, Sarah Bernhardt ou George Sand comptent également parmi les chefs-d'oeuvre qui figurent dans l'ouvrage aux côtés d'autres personnages connus et influents de leur époque. Ces clichés permettent de mettre en évidence les approches différentes des trois Nadar ainsi que l'évolution des techniques photographiques et du goût au cours d'un siècle.

    Promotion de la photographie et amélioration des techniques.
    Les Nadar se sont considérablement impliqués dans la promotion de la photographie à travers leur intérêt pour différents domaines d'actualité (édition, sciences, conquête de l'air) et leur contribution à l'amélioration des techniques (de l'éclairage électrique à la photographie instantanée en passant par la photographie aérienne). Leurs multiples innovations sont présentées dans cette somme sans précédent traduisant l'étendue de l'inspiration et des travaux d'une dynastie de photographes légendaires.

  • Le Second Empire (1852-1870) coïncide avec l'essor spectaculaire de la photographie.
    Le portrait d'atelier devient alors une véritable industrie et bien d'autres perspectives s'ouvrent: la chambre noire accompagne toujours plus souvent voyageurs et savants, elle diffuse les oeuvres d'art anciennes et modernes, elle célèbre les campagnes militaires comme les grands travaux d'architecture. Napoléon III voulait faire de son règne celui du progrès scientifique et social, de l'industrie et des arts, de la grandeur retrouvée de la France.
    La photographie, comme instrument et comme symbole, s'offre à servir cette ambition. C'est le moyen moderne qui fixera l'image d'un règne moderne. La volonté de l'empereur répond à l'initiative des photographes : certains albums ont été commandés par lui-même ou par ses ministres, d'autres ont pu paraître grâce à un soutien financier sollicité, d'autres enfin ont été offerts pour attirer la faveur. Les destructions de la Commune, qui ont frappé en 1871 le palais des Tuileries et le château de Saint-Cloud, nous privent d'une vision complète de la masse des photographies accumulées par les souverains et leur entourage.
    Cependant, de nombreux exemplaires conservés, provenant en particulier de Compiègne et de Fontainebleau, ainsi que le témoignage des archives nous permettent d'en former une image assez précise. La Bibliothèque nationale de France, héritière des collections impériales, présente pour la première fois une exposition de ces albums, que signalent les dédicaces solennelles et les somptueuses reliures, mais aussi le soin apporté au choix et au tirage des épreuves.
    Alors que l'art officiel du Second Empire oscille lourdement entre la pompe et le pastiche, rien de tel dans ces oeuvres d'une fascinante intemporalité, d'une modernité désormais classique. Les photographes favorisés par le régime comptent en effet parmi les plus grands. On retrouvera ici Gustave Le Gray, Charles Nègre, les frères Bisson, Édouard Baldus, Adolphe Braun, Charles Aubry, Désiré Charnay, Léon Méhédin, Hippolyte Collard, Louis de Clercq et d'autres.
    Leurs parcours individuels et artistiques ont été en grande partie redécouverts depuis vingt ans. Mais il fallait encore confronter leurs oeuvres avec les enjeux politiques qui en ont favorisé la naissance pour révéler une part trop oubliée de leur signification. Une certitude partagée unit dès cette date les photographes et le pouvoir : la foi dans la valeur de témoignage et la puissance de conviction propres à l'image photographique.

  • L'origine du monde de Gustave Courbet figure parmi les tableaux emblématiques de l'histoire de l'art. Malgré cela, le modèle en était demeuré inconnu. Jusqu'à ce que Claude Schopp découvre son nom, par hasard, en annotant la correspondance inédite entre George Sand et Alexandre Dumas fils. Une révélation que d'autres sources sont venues étayer. Ce livre invite le lecteur à accompagner le chercheur dans sa tentative de redonner vie à cette danseuse aux beaux sourcils noirs, bientôt demi-mondaine et maîtresse de Khalil-Bey, puis femme de bien, généreuse donatrice aux oeuvres de charité. Peu à peu, un visage et une âme sont restitués à celle dont le sexe incarne la peinture réaliste.

    Claude Schopp est, avec son épouse Marianne, l'auteur de Dumas fils ou l'anti-OEdipe, prix Goncourt de la biographie 2017.

    Postface de Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la bibliothèque nationale de france

  • Explorer la notion de chef-d'oeuvre appliquée à un médium aussi foisonnant et divers que la photographie, tel est le propos de cette exposition qui dévoile 100 photographies issues des collections de la BnF, choisies pour leur beauté, la perfection de leur tirage et leur provenance. Tous les genres sont représentés, portraits, paysages, nus, reportages, publicités ou photographies scientifiques...
    Les grands noms de la photographie des XIXe et XXe siècles parmi lesquels Eugène Atget, Félix Nadar, Diane Arbus, Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Brassaï, André Kertesz ou Gilles Caron côtoient des anonymes et des photographies faites par des écrivains comme Zola ou Victor Segalen.
    Cet ouvrage regroupe toutes les photographies exposées, assorties de commentaires réalisés par des personnages aussi variés que les photographes, parmi lesquels des artistes, des acteurs du monde de la culture ou des écrivains, dont par exemple Anish Kapoor, Annette Messager, Roberto Alagna, David Lynch, Anne Pingeot ou encore Lorànt Deutsch.

  • L'histoire de l'art nous a livré beaucoup de ses secrets. mais pas tous.
    Dans la Genèse, Adam et Ève n'ont pas honte de leur nudité, mais, à peine ont-ils goûté au fruit défendu que « leurs yeux à tous deux s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus ; et, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des pagnes ».
    Pour répondre à la censure imposée par l'Église, les artistes ont rivalisé d'imagination pour cacher l'indécence proclamée : le sexe. Si la feuille de vigne est habituelle, d'autres motifs se révèlent à l'oeil attentif, à la fois surprenants, drôles et raffinés : un papillon, le froissé d'un drap, le sang du Christ, une chevelure ondoyante, un coquillage, une oie caressante... De Botticelli à Dali, de Dürer à Magritte, Cache-sexe dévoile, à travers vingt siècles d'histoire de l'art, toutes les possibilités mises en oeuvre.

empty