Véronique Boudon-Millot

  • La personnalité paradoxale de Marc Aurèle ne cesse de susciter la curiosité. Comment celui que rien ne prédestinait à devenir empereur de Rome, formé à l'école des meilleurs maîtres, féru de philosophie et capable de s'exprimer aussi bien en latin qu'en grec, accéda-t-il au sommet d'un Empire lui-même à l'apogée de sa puissance ? Quels talents lui valurent d'abord la protection d'Hadrien, puis la succession d'Antonin ? Comment, devenu empereur à l'âge de quarante ans, et allié à ses débuts à Lucius Verus, Marc Aurèle parvint-il à donner la pleine mesure de son talent et à surmonter les nouveaux défis que constituaient les menaces barbares aux frontières, l'apparition du christianisme et la survenue d'une terrible épidémie ? Le récit de sa vie éclaire la personnalité hors norme d'un réformateur épris de justice, guidé par des idéaux philosophiques exigeants, à la tête d'un Empire frappé par une crise protéiforme et d'une ampleur sans précédent.

  • Hippocrate dit: oui, c'est des crêtes de coq,Et Galien répond: non, c'est des gonocoques.Ainsi Brassens renvoie-t-il dos à dos, dans une de ses chansons, les deux plus grands médecins de l'Antiquité. L'histoire de la médecine a cependant conservé une tout autre image de Galien de Pergame né en 129 de notre ère, soit près de sept siècles après Hippocrate. Loin d'apporter la contradiction à son illustre prédécesseur, Galien, au cours d'une existence consacrée à la rédaction de plusieurs centaines d'ouvrages, s'est au contraire inlassablement employé à enrichir et à transmettre l'héritage hippocratique, au point que sa gloire supplante celle d'Hippocrate pendant tout le Moyen Âge et la Renaissance.Esprit curieux de tout, Galien aime surtout parler de lui: rarement auteur antique ne s'est autant livré. Cette biographie qui prend en compte les découvertes les plus récentes suit l'itinéraire du futur médecin depuis Pergame, où il étudie la philosophie et la médecine auprès des meilleurs maîtres, jusqu'à Smyrne, Corinthe et Alexandrie où il entreprend ses premiers voyages d'études. Le médecin qui parcourt le monde de la Grèce à l'Egypte en passant par Chypre et la Palestine se voit confier la charge de médecin des gladiateurs à Pergame, avant d'entamer à Rome une brillante carrière. Là, sa notoriété croissante lui attire la haine de ses collègues, mais lui vaut aussi le privilège d'être admis au chevet de l'empereur Marc Aurèle et de son fils Commode. Témoin privilégié de la société romaine de son temps, Galien nous introduit ainsi dans l'intimité de ses malades, riches et moins riches, et dans le secret de leurs maisons.Ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure (Sèvres), Véronique Boudon-Millot est directrice de recherche. Elle dirige à l'université de Paris-Sorbonne l'Unité de recherche du CNRS sur la médecine grecque.

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