Actes Sud

  • Partant du constat que l'éducation souffre d'une crise aux multiples causes, Edgar Morin trace un chemin, une voie, vers un enseignement repensé, efficient, à la fois adapté à la culture et au monde d'aujourd'hui.
    Conscient du paradoxe que la réforme génère, puisqu'il faut réformer les esprits et les institutions de manière réciproque, il propose une méthode fondée sur la pensée complexe.
    En étudiant tour à tour la classe enseignante et la jeunesse enseignée, Edgar Morin présente des remèdes à la lutte de classe qui les oppose en régénérant la passion d'enseigner des uns et la passion d'apprendre des autres. La méthode qu'il construit, basée sur le diptyque comprendre-agir, vise à dépasser l'incompréhension entre structures de pensée.
    Il prône ainsi une refonte profonde de l'éducation, centrée sur sa mission essentielle telle que l'envisageait Rousseau : enseigner à vivre. Il s'agit alors de permettre à chaque individu d'acquérir une autonomie, de se prémunir contre l'erreur et l'illusion, de pratiquer la compréhension d'autrui, de même que d'affronter les problèmes du «vivre» et les incertitudes de toute vie. Sept savoirs nécessaires sont ainsi utilisés dans une démarche didactique et fondamentalement humaniste. Cette éducation doit permettre à chacun de concevoir et traiter les problèmes fondamentaux et les problèmes globaux.
    Par l'introduction de thèmes de «savoir vivre» dans notre civilisation, actuellement absents des programmes éducatifs, tels que la vie urbaine, l'éducation aux médias ou l'individualisme et les solidarités, il s'agit de permettre à chacun de mieux s'orienter dans notre société.

  • Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow nous convient ici à esquisser une histoire buissonnière de la pensée, dans un livre qui offre à l'appétit du savoir un banquet grave et malicieux, un dialogue incessant où les lettres parlent et où le philosophe répond (ou l'inverse).

  • Le désir de retour à l'oeuvre sonne à toutes les portes de la vie : la vie de l'humain qu'on soigne, qu'on éduque, à qui on rend justice, qui s'informe, qui se cultive, qui joue, qui s'associe, qui se bat, fort de la solidarité qui s'offre à qui sait la chercher. Ce manifeste revendique la place de l'homme au centre des activités de production et création, pour lutter contre la normalisation technocratique et financière.

  • Ce livre est la démonstration inattendue d une vérité qui dérange: les frères Van Gogh, connus pour leur position sacrificielle dans l'histoire de l'art, étaient en vérité des entrepreneurs brillants dotés d'un sens aigu des opportunités. Par l'acquisition d'oeuvres de nombreux artistes, ainsi que par la création des tableaux de Vincent, les deux frères ont patiemment constitué une collection d'une valeur inestimable. Ainsi faisant, ils ont donné naissance à une entreprise dont le succès est inégalé à ce jour, qui emploie des milliers de personnes à travers le monde et sécurise des milliards d'euros, de dollars et de yens bien investis.
    Les éléments de la démonstration proviennent de la correspondance de Van Gogh, où ils dorment depuis plus d'un siècle sans que personne n'ait songé à les mettre en avant pour ce qu'ils sont: une vision presque prophétique de révolution du marché de l'art et l'annonce d'une réussite exceptionnelle.
    Rafraîchissant et spirituel, l'ouvrage se présente comme un enchaînement de chapitres d'inspirations et de formes diverses, proposant au lecteur de comprendre comment Van Gogh a fini comme l'archétype du génie incompris, et pourquoi il était tout sauf cela. Le propos, iconoclaste et souvent à double fond, remet en question les mécanismes de la production d'art contemporain et aboutit à une théorie audacieuse sur les motivations du suicide du maître.

  • Troisième édition totalement revue, corrigée et augmentée. Cet ouvrage constitue le seul dictionnaire de hiéroglyphes en français et reste un outil de travail indispensable pour les étudiants, les amateurs et les passionnés d'épigraphie égyptienne. Pour cette troisième édition, il a été enrichi de nombreuses entrées et de références inédites.

  • EXTRÉMISME RELIGIEUX ET DICTATURE sont les deux faces d'un même malheur historique. Voici plus de trente ans que les Égyptiens - et avec eux tous les peuples arabes - sont acculés face à ce dilemme : impossible sans démocratie d'en finir avec le fascisme religieux, impossible de bâtir la démocratie sans mettre fin au fascisme religieux. Entre ces maux d'égale nocivité il n'y a pas à choisir : il faut les combattre tous deux avec une même ardeur. C'est sur cette difficile ligne de crête que les Arabes doivent se maintenir s'ils souhaitent redevenir pleinement sujets de leur propre histoire. Cette problématique qui sous-tend toute l'oeuvre littéraire d'Alaa El Aswany est également le thème central de la chronique hebdomadaire par laquelle, depuis cinq ans, il poursuit au grand jour son double combat pour la liberté.
    Tant que les femmes ne seront pas considérées comme des êtres humains à part entière, tant que les coptes et les bahaïs d'Égypte, tant que les chiites de Bahrein et d'Arabie Saoudite ne seront pas totalement égaux en droits avec les autres citoyens, les peuples arabes ne pourront pas secouer les chaînes de leur servitude. Liberté, égalité, justice, démocratie : pendant cinq ans - avant la révolution de 2011, puis tout au long des péripéties qui ont suivi -, l'auteur de L'Immeuble Yacoubian a martelé ces mots pour mieux les faire pénétrer dans la conscience de ses concitoyens.
    Ces valeurs sont-elles incompatibles avec l'islam ? Non, nous dit-il, mais elles le sont avec ce que l'islam est devenu, au terme de siècles de décadence et de tyrannie, dans sa version la plus caricaturale, celle d'un salafisme sclérosé aux références médiévales propagé grâce à l'argent du pétrole sur le terrain propice de sociétés en crise. Au coeur de la religion se trouvent des valeurs spirituelles - ou humaines - universelles. Tout le reste - les rites, la charia - est une construction opportuniste au service d'une volonté de pouvoir, un moyen d'asservir les hommes et de les aveugler.


    GILLES GAUTHIER

  • Entretien entre Maurice Chaudière et Ruth Stegassy Faire tout, à partir de rien. Juste de la terre, de l'eau et du soleil. Ce pourrait être le fil d'Ariane à tenir précieusement pour s'aventurer sur les innombrables chemins que Maurice Chaudière a tracés dans son existence. Potier, apiculteur, fin connaisseur des plantes, amoureux des bêtes, et surtout du sauvage, il n'a jamais cessé d'observer la vie autour de lui et de s'en inspirer. De ses années passées à enseigner l'histoire de l'art, il a gardé un don inimitable pour raconter, décrire, rêver tout haut et donner corps à ses rêves. C'est ici le don qu'il nous fait au travers de ce long entretien conduit par Ruth Stegassy.

  • Nouvelle édition, totalement revue, corrigée et augmentée de nouveaux textes Cet ouvrage propose de découvrir la civilisation égyptienne à travers sa littérature : textes fondateurs, hymnes religieux, écrits officieux, biographies, récits de campagnes ou de batailles... Il constitue, à la fois, un outil pour toute personne cherchant à s'initier à l'écriture hiéroglyphique (puisque chaque texte est donné dans sa version originale, en hiéroglyphes informatiques, en translittération et en traduction) et un guide permettant d'éclairer les différents aspects de la civilisation pharaonique, en particulier, dans ce premier volet, la vie sous la XVIIIe dynastie.

  • Dans cet ouvrage, facilement accessible malgré son caractère scientifique, les deux auteurs rapportent leurs investigations dans la pyramide de Snefrou (vers 2500 av. J.-C.) à Dahchour-Sud, dite «rhomboïdale» du fait d'une rupture de pente à mi-hauteur. Le lecteur se trouve emporté dans l'aventure de cette découverte archéologique où les chercheurs analysent les problèmes que suppose une telle construction, expliquent de manière très claire les solutions possiblement trouvées par les Égyptiens bâtisseurs et nous conduisent - point d'orgue de la démonstration - à l'existence d'une troisième chambre, jusque-là inconnue.

  • LA PLUS BELLE FEMME DE MON ROYAUME.

    La Vénus d'Arles est une célébrité. Dans le hall de l'hôtel de ville, une copie en plâtre, juchée sur le palier du grand escalier, toise le visiteur. Sur son socle une inscription apparaît : La Vénus. Comme si cet emplacement suffisait à l'identifier et à la rattacher à la ville où elle a été découverte. Son retour à Arles le temps d'une exposition au musée départemental Arles antique est un moment singulier. Il nous a semblé intéressant de revisiter l'histoire de ce chef-d'oeuvre antique. En historienne, Dominique Serena-Allier a minutieusement retracé le parcours de cette belle Arlésienne, vérifiant archives et sources, les contextualisant si nécessaire.

  • Se nourrir : la banalité quotidienne de ce geste vient d'être brutalement interrogée par les récentes crises alimentaires qui ont ravivé chez le consommateur des peurs archaïques.
    L'innocuité des aliments ne saurait cependant suffire à les décréter "bons" à manger. Même si la plupart des pratiques alimentaires de nos contemporains semblent émancipées des législations religieuses, dans toutes les cultures, les repas impliquent de sélectionner des aliments et c'est hors tout motif religieux que les Coréens consomment la chair des chiens et les Français celle des grenouilles...
    C'est sans doute parce que la nourriture constitue l'archétype de tout ce qui est hors de l'homme et qu'il doit faire sien en l'incorporant que chaque religion a élaboré, à travers ses ouvrages sacrés, une manière "morale" d'avaler des parties du monde. Les prohibitions alimentaires évoquées dans le présent ouvrage concernent, de près ou de loin, presque deux milliards de chrétiens, plus de un milliard de musulmans, huit cents millions d'hindous et près de quatorze millions de juifs.
    Parce que l'acte de se nourrir, s'il s'effectue au présent ne cesse pour autant de se conjuguer au passé, il convenait d'interroger la rémanence, dans le rapport de nos contemporains à leurs nourritures, d'un héritage religieux dont sont pétries les différentes civilisations afin de relativiser les interprétations hygiénistes, médicales ou diététiques trop souvent privilégiées par les sociétés actuelles dans leur tentative de rationnaliser à l'excès le geste alimentaire.

empty