Actes Sud

  • La prise de la Bastille est l'un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu'elle fut écrite par les notables, depuis l'Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n'y étaient pas. 14 Juillet raconte l'histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

  • On pense que le reality show est l'ultime avatar du spectacle de masse. Qu'on se détrompe. Il en est l'origine. Son créateur fut Buffalo Bill, le metteur en scène du fameux Wild West Show. Tristesse de la terre, d'une écriture acérée et rigoureusement inventive, raconte cette histoire.

  • 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l'Allemagne. L'insurrection s'étend, gagne rapidement la Suisse et l'Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d'un théologien, un jeune homme, en lutte parmi les insurgés. Il s'appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu'elle méritait d'être vécue ; elle mérite donc d'être racontée.

  • L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss par l'auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

  • «Cette maudite race humaine» regroupe cinq textes d'un recueil de courts essais de Mark Twain, écrits à la fin de sa vie, publiés de manière posthume en anglais et encore jamais traduits en français. Tendre satire sur « le complexe de supériorité » de l'homme, cette volée de flèches désopilante sur la tendance anthropo-centrée de l'homme, révèle - s'il en était encore besoin - la causticité irrévérencieuse de cet auteur culte.

  • Neuf impromptus truculents et hilarants entre deux voisins qui se croisent dans la cage d'escalier de leur immeuble, quand chaque rencontre est l'opportunité pour l'un de questionner l'autre sur ses origines juives. Où comment en finir avec l'obstination des idées reçues sur la question.
    Nouvelle édition augmentée.

  • Enfermée depuis l'enfance avec sa mère dans la "maison des femmes" où l'on redresse les torts, réels ou supposés, dont épouses, soeurs, ou filles se seraient rendues coupables à l'encontre des lois patriarcales, une jeune fille prise en otage par les mystères qui entourent tant de douleurs en un même lieu rassemblées, cherche en vain l'amour de sa génitrice qui, indifférente à son existence, ne vit plus que dans le seul espoir que vienne la délivrer celui qui l'a abandonnée. Dehors, là-bas, dans la maison du père, où sévit le "clan" familial tout-puissant, un cauchemar affreusement symétrique menace de fondre sur l'héritière sacrificielle née d'un couple tragique et fourvoyé. Sur les ravages du désamour et de l'exil intérieur auquel il condamne, une fable cruelle et incandescente qui pose en lettres de sang la nécessité de la rupture comme condition de toute survie.

  • «L'aphorisme ne se cherche pas, ne se trouve pas, il apparaît.» Par son sens de l'aphorisme percutant ou poétique, Jean-Michel Ribes donne à penser : sursauts rieurs ou vérités secouées, de petits cris écrits qui tiennent leur pouvoir de séduction de la liberté qui les inspire et de leur immédiate fantaisie.  

  • En 1992, lorsque la guerre éclate en Bosnie, l'étudiant poète Teodor Ceric quitte Sarajevo. Pendant sept ans, il voyage à travers l'Europe, et au fil de son exil, il découvre des jardins souvent méconnus - à la marge, nés des rêves de leurs singuliers créateurs. Du jardin de Beckett, en Seine-et-Marne, au parc paysager de Painshill, près de Londres, Ceric raconte ces lieux et en révèle la dimension poétique et existentielle.? Marco Martella, découvreur du Jardin perdu de Jorn de Précy (prix Saint-Fiacre, prix P. J. Redouté, prix Versailles Lire au Jardin, premio Ceppo, prix Tortoni) a réuni et préfacé les textes de Ceric.

  • Dans ce court essai frondeur, Armand Farrachi retrouve le ton mordant du pamphlet pour s'intéresser à un sujet aussi redoutable qu'insondable : celui de la bêtise, dont le déploiement dans nos « sociétés de l'opinion » atteint désormais des sommets : ceux des appareils d'Etat, des instances éducatives et culturelles, des médias, etc.

  • Suite à son licenciement, Hasna se doit d'accepter les opérations de chirurgie esthétique préconisées par sa conseillère de réinsertion dans l'emploi. Elle vit très mal ces interventions et sombre peu à peu dans une étrange résistance. Novella noire inspirée de la littérature d'anticipation, ce récit à la deuxième personne est l'histoire d'une insurrection silencieuse, d'une insurrection sans visage, à l'endroit d'une société normée par les technologies du regard et de la surveillance de masse.

  • Récit d'un empoisonnement, «La malchimie» témoigne de l'affection d'une soeur ayant perdu son frère, ouvrier agricole mort de la nocivité des produits phytosanitaires qu'il a manipulés pendant des décennies sans protection, autant que de l'urgence à combattre le tout-chimique. Un récit emporté par la force incandescente d'une romancière qui a su bâtir de livre en livre un univers rare et complexe.

  • Préfigurant l'oeuvre d'un des plus grands poètes américains, voici six nouvelles de Walt Whitman, inédites en France et demeurées dans l'ombre jusqu'en 1927. Elles illustrent certains aspects de l'Amérique des années 1840 et comportent quelques gros plans sur des faits de société, mais sont aussi le reflet d'une période de la vie de Whitman, où, contraint d'abandonner New York pour Long Island, il exerça la charge d'instituteur itinérant pendant cinq ans.
    Exemplaires de l'esthétique littéraire américaine du XIXe siècle, elles annoncent la thématique et le style de «Feuilles d'Herbe», publié dix ans plus tard.

  • Première traduction française du précis sur l'art des jardins de Jorn de Précy, une des voix les plus énigmatiques et originales de l'Angleterre victorienne.
    A la fois traité fondateur, manifeste existentiel et réflexion sur le rapport de l'homme à la nature qui préfigure les théories contemporaines de l'«écologie profonde», cet essai rappelle que jardiner est avant tout une façon d'être au monde. Mais il affirme également que le jardin est devenu un lieu de résistance, en rupture avec la société de masse dominée par l'économie. Qui est Jorn de Précy ? On sait peu de choses sur cet Islandais mystérieux et solitaire, né en 1837.
    Il aurait quitté très jeune son pays pour visiter l'Italie et la France, et plus précisément leurs célèbres jardins. Il se serait ensuite établi en Angleterre, pour façonner patiemment, durant près d'un demi-siècle, son célèbre « jardin sauvage» de Greystone. En 1912, à la fin de sa vie, il rédige ce précis, qui est bien davantage une réflexion sur le rapport de l'homme à la nature et une biographie jardinière qu'un traité technique.
    Il y expose ses idées sur les jardins mais aussi ses observations sur les mutations sociales d'une époque où se manifestaient les prémisses de la modernité : la perte du spirituel, le matérialisme triomphant, l'urbanisation et la dégradation des paysages. Au fil d'un récit où le lecteur voit défiler les grands jardins de l'époque, des jardiniers et des philosophes amis de l'auteur, Précy laisse apparaître peu à peu sa vision du monde : comment renouer avec la nature, comment comprendre et respecter l'esprit d'un lieu, comment, pour citer Hölderlin, «habiter le monde en poète».
    Chez Jorn de Précy, le jardin devient un espace propre à sauver l'homme des fléaux modernes, seul apte à le ressourcer et à lui faire prendre conscience du fait qu'il appartient à cette Nature qu'il prétend dominer. Tour à tour badin, mélancolique, ironique, féroce et touchant, ce texte frappe par sa stupéfiante actualité. Les idées de Jorn de Précy parlent de notre monde contemporain et semblent paradoxalement très en avance sur leur temps : la solitude de l'homme-masse, la prolifération des «non-lieux», le nomadisme de l'individu moderne. En matière de jardins, Précy semble anticiper sur les pratiques «écologiques» d'aujourd'hui, de même que sa conception du wild garden préfigure des théories contemporaines comme le «jardin en mouvement» ou le «jardin planétaire» de Gilles Clément.
    Depuis sa sortie en 1912, ce court et brillant essai circule presque clandestinement en Angleterre. Aujourd'hui plus que jamais, il indique le chemin d'un nouveau rapport au monde dont le jardin serait le modèle politique, poétique et existentiel. Faut-il s'étonner que ce texte soit resté méconnu en France jusqu'à nos jours ? Sans doute. A moins que son «traducteur», fin connaisseur de l'art des jardins anglais du xixe siècle, n'en soit le véritable auteur

  • Ce recueil rassemble les conférences données par l'auteur à l'université d'Oxford. Sur les questions sans réponses, les énigmes insolubles et les ambigüités nécessaires qui font l'essence du roman et placent le lecteur en son centre : le point aveugle.

    Traduit de l'espagnol par Aleksandar Grujicic et Elisabeth Beyer.

  • L'histoire presque vraie d'une rencontre impossible avec Pier Paolo Pasolini à travers sa comédienne fétiche et "gardienne du temple", Laura Betti. Un livre qui brouille magistralement les genres littéraires et propose une interprétation, aussi radicale qu'inattendue, de Pétrole.

  • On lui a dit que sa mère, qui était en cure, allait rester absente quelque temps. Albert Mercier, jeune garçon sensible et imaginatif, est accueilli chez sa tante, dans les faubourgs parisiens. Confronté au désespoir de son père et noyé dans l'atmosphère oppressante des non-dits, Albert devra mobiliser toute la puissance de ses rêveries pour tenter d'affronter ce monde à jamais effondré mais seul désormais, à l'instar des héros de ses romans d'enfant. Ecrit de jeunesse jusqu'ici inédit d'Edgar Morin, «L'île de Luna» irrigue de façon nouvelle l'oeuvre du philosophe, auteur chez Actes Sud de Impliquons-nous et de Enseigner à vivre.

  • En une ode résolument optimiste, une histoire du livre de sa naissance jusqu'à l'aube de sa dématérialisation. Du limon à l'ivoire, de la peau de mouton au papier, le livre opère sa mue au gré d'inventions parfois sidérantes de complexité contées avec gourmandise, érudition et impertinence.

  • Premier livre conçu et écrit en italien par l'écrivain bengali de langue anglaise Jhumpa Lahiri (Prix Pulitzer 2000), En d'autres mots est le journal d'une passion clandestine pour la langue italienne, qui s'offre à elle autant qu'elle se refuse. Une histoire d'amour et d'initiation qui nous plonge dans les pages limpides de cette traversée linguistique et métamorphique vers une langue étrangère.

    Pendant vingt ans, j'ai étudié la langue italienne comme si je nageais le long des contours [d'un] lac. Toujours à côté de ma langue dominante, l'anglais. La longeant toujours. C'était un bon exercice. Bon pour les muscles, pour le cerveau, mais pas vraiment palpitant. En étudiant une langue étrangère de cette façon, on ne peut pas se noyer. L'autre langue est toujours là pour te soutenir, te sauver. Mais on ne peut pas nager sans prendre le risque de se noyer, de couler à pic. Pour connaître une nouvelle langue, pour s'immerger, il faut quitter la rive. Sans bouée de sauvetage. Sans pouvoir compter sur la terre ferme.
    J. L.

  • Réfugié à Bruxelles au sortir de la résistance armée contre le coup d'etat de décembre 1851, qui lui avait fait mettre ses jours en danger, victor hugo compose en quelques semaines le plus éclatant pamphlet politique de toute l'histoire.
    "Je n'ai pas l'intention de faire un livre", écrivait-il alors, "Je pousse un cri." aussi brillant que profond et clairvoyant, napoléon le petit n'empêcha certes pas son antihéros de se maintenir encore au pouvoir pendant dix-huit ans, Mais finit néanmoins par le mettre k-o., vaincu aux yeux de la postérité. Flamboyante manifestation du pouvoir des mots sur l'histoire lorsqu'ils donnent forme et langage à la conscience, cette lutte homérique permit en même temps à son auteur, qui n'était encore que le premier des poètes romantiques, de devenir lui-même.
    Véritable catéchisme républicain, propre à reprendre du service n'importe où et n'importe quand, mais plus indispensable que jamais en période électorale, Napoléon le Petit est un petit prince à l'usage du peuple - tout l'inverse de celui de machiavel. Chose inouïe, en dehors des oeuvres complètes de victor hugo, cela faisait plus de quarante ans qu'il n'avait pas été réédité en France. Est-il donc si dangereux de le mettre à la portée de tous ?

  • Neuf impromptus truculents et hilarants entre deux voisins qui se croisent dans la cage d'escalier de leur immeuble, quand chaque rencontre est l'opportunité pour l'un de questionner l'autre sur ses origines juives. Où comment en finir avec l'obstination des idées reçues sur la question.

  • Premier du genre, le Dictionnaire de la rature est un recueil aussi subjectif que jubilatoire dans lequel Geneviève de Meaupou, Lyonel Trouillot et Alain Sancerni se donnent pour mission de supprimer - la rature cherchant, par essence, à faire disparaître ce qui est écrit - les mots qui les fatiguent, et ainsi secouer les lieux communs, dynamiter avec impertinence les formules et tropes qui tournent à vide dans «la marée des phrases courantes». Si l'on pense avec Camus que «mal nommer les choses est ajouter aux malheurs du monde», les raturer c'est mettre en place les conditions d'une meilleure lecture du monde, par l'effacement progressif des notions inutiles ou sursaturées, des mots dénués de sens ou désormais viciés.
    Sont convoqués au hasard des pages : Absence, Beau-frère, Conviction, mais aussi Expert, Horizon, Identité, Majorette, Origine ou encore Platane et Travail. Soit, quelque 120 mots pour un projet radical s'il en est, puisqu'il s'intéresse à ce que tout dictionnaire est censé fonder, une langue.

  • Le vertige danois de Paul Gauguin C'est un autoportrait en crise, un moment de vertige au mitan de la vie. Face au miroir, un homme aux abois prétend affronter sa vérité, sur la toile. Ce qu'il est, vraiment ? S'il a raison, ou bien tort, de s'entêter à la peinture, rien que la peinture ? Ce qu'il va devenir, surtout... Un artiste reconnu pour tutoyer la lumière, ou alors et à jamais ce fanfaron assisté, ce raté qu'on lui signifie chaque jour qu'il est, ici, à Copenhague, peintre tardif et sans génie, père de famille déchu ne tutoyant rien d'autre que la faillite personnelle ?

  • Une même noirceur inquiétante traverse les douze nouvelles qui composent «Trop rouge» du romancier et psychanalyste Gustavo Dessal. La mort, le rêve et la folie y planent autour des personnages dont la vie bascule, fragiles papillons épinglés par l'incongruité du sort.

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