Arlea

  • Né en 1431 ou 1432, mort " après 1463 ", François de Montcorbier, ou des Loges, est passé à la postérité sous le nom de son supposé bienfaiteur, Guillaume de Villon. Si la vie du poète a toujours été entourée de mystère, son oeuvre, en revanche, a très vite été imprimée et diffusée : seize éditions se sont succédé de 1489 (Pierre Levet) à 1532 (Clément Marot). Aujourd'hui, la syntaxe et le vocabulaire ont tellement évolué depuis le XVe siècle que la langue de Villon est devenue difficile à comprendre pour nos contemporains. C'est donc une " traduction véritable qui est proposée dans ce livre, sous une forme " bilingue " - et bicolore : en noir et gros caractères les strophes " originales " à l'orthographe modernisée ; en bleu et petits caractères la traduction en français contemporain. Le savoir ne s'oppose pas au goût : comprendre les vers de Villon non seulement n'empêche pas de les goûter mais, au contraire, permet d'en saisir à la fois la portée, l'humour, la force et la grâce.

  • La désobéissance de l'architecte est, par le biais d'une conversation avec Renzo Cassigoli, une biographie de Renzo Piano qui, de Gênes, nous mène au centre Georges-Pompidou, à Paris, de la Potsdamer Platz de Berlin à l'auditorium de Rome, du centre culturel Djibaou, en Nouvelle-Calédonie, au musée de Sarajevo, mais c'est aussi le manifeste d'un créateur enthousiaste, frondeur et réaliste, qui poursuit une véritable réflexion sociale sur les villes et les banlieues, enrichie d'une pensée éthique et esthétique sur le sens que nous entendons donner à nos vies.

  • Michel Pastoureau, grand historien de la symbolique, retrace ici l'histoire de quarante animaux célèbres - à des titres divers puisque l'on y croise aussi bien l'âne de Buridan, le cheval de Troie, les abeilles de Napoléon que Mickey et Donald ou bien encore Dolly, la brebis clonée. Il révèle avec style et érudition ce que l'animal peut apporter à l'histoire sociale, économique, religieuse et culturelle.
    Chacun des quarante chapitres se compose de deux parties : une exposition des faits et légendes concernant l'animal qui peut avoir existé ou être mythologique, ou biblique, suivie d'un commentaire historique.

  • Les Lettres à Lucilius constituent, sans discussion le chef-d'oeuvre de Sénèque. Plus que ses traités et son théâtre elles dévoilent sa pensée et sa philosophie. Elles sont un fleuve souterrain qui a nourri de nombreuses vies de ses limons. Beaucoup de grands auteurs ont puisé en elles la plus essentielle des leçons : apprendre à vivre. Montaigne ne les cite pas moins de deux cent quatre-vingt-dix-huit fois dans ses Essais qui leur ressemblent tant.

    Des premiers chrétiens éblouis (Tertullien, saint Augustin) jusqu'à Henry de Montherlant ou André Comte-Sponville - qui n'ont cessé d'y faire référence -, combien furent-ils, au cours des siècles, à rester éblouis par l'éclat de cette correspondance ?

    Devant le succès des précédentes éditions proposant les lettres choisies et traduites par Alain Golomb, une nouvelle édition au format poche s'imposait. On trouvera donc dans cette édition les cinquante-six meilleures Lettres à Lucilius.

    Véritable courrier de l'âme, plaidoyer pour la vraie vie, manuel de détachement, invitation à la sagesse et au bonheur, elles sont à mettre sur les tables de chevet, ou plutôt dans les trousses de secours, à côté des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, de L'Ecclésiaste, des Quatrains d'Omar Khayyâm, ou de quelques autres livres essentiels, et nécessaires.

  • Trente-cinq ans plus tard je revenais dans le port de Gênes voir les travaux réalisés par un architecte auquel rien ne laissait prévoir que je m'intéresserais un jour et pourtant au fur et à mesure que je découvrais son travail, je comprenais mieux ce qui avait pu me pousser à mettre mes pas dans les siens. Et je me demandais soudain si le cargo d'autrefois, celui sur lequel je m'étais embarquée à Brooklyn, n'avait pas croisé en approchant du port un voilier blanc qui partait au large toutes voiles dehors et s'il n'y avait pas à bord de ce voilier l'architecte génois auquel serait confié des années plus tard la rénovation du Porto Antico à l'occasion des célébrations du 500e anniversaire de la navigation de Christophe Colomb ? Renzo Piano, puisqu'il s'agit de lui, a souvent expliqué que la meilleure échappée pour lui, c'était une sortie en mer à bord d'un voilier.

    En octobre 1974 il était sur le chantier du Centre Pompidou.

    Marianne Bourgeois nous entraine à Gênes, le plus vieux centre historique d'Europe dont le port a été réaménagé en 1992 par Renzo Piano mais aussi ville natale de l'architecte, à Paris en 1974 quand le Centre Beaubourg provoqua scandale ou admiration, à Bâle dans le raffinement de la Fondation Beyeler, à Osaka pour la prouesse technique de l'aéroport posé comme un nénuphar sur la mer et enfin à New York, relevant le défi de la mesure et démesure du New York Times Building, de la Morgan Library ou du Whitney Museum. Elle nous livre ainsi un portrait sensible de l'architecte et une profonde et ample méditation sur l'architecture.

  • Yann Nussaume a déjà conquis un large public avec un premier livre Tadao Andô, Réflexions sur l'architecture et le paysage. Ce deuxième livre en est le complément. Il traite de la notion de milieu : c'est-à-dire des particularités géographiques et climatiques du contexte dans lequel l'architecture de Tadao Ando s'est développée, et s'interroge sur la différence de perception du lieu, au cours du temps, par ceux qui l'habitent - tant nous sommes inséparable d'un contexte, d'un mode de vie et d'une époque donnée.
    Tadao Andô a toujours posé comme postulat la relation entre l'architecture et l'environnement et comme préoccupation première le bouleversement de cette relation, consécutif à l'apparition de la modernité.
    Tadao Andô, né à Osaka le 13 septembre 1941, architecte japonais, est lauréat du prix Pritzker, a obtenu la Royal Gold Medal for architecture et la Médaille Alvar Aalto.

  • Être Paul Chemetov, c'est avoir le souci de construire et de transmettre en possédant le sens de l'engagement.
    Au travers de ces conversations avec Frédéric Lenne, Paul Chemetov aborde son rapport au temps et à la postérité ; ses engagements ; sa vision de l'évolution de la commande en architecture ; son intérêt pour la technique, le détournement et le réemploi des matériaux, comme des bâtiments.
    Frédéric Lenne dessine l'itinéraire non seulement professionnel mais aussi intellectuel et moral d'un grand architecte célèbre à la fois par sa production féconde et par ses prises de positions vigoureuses dans le débat public.
    Conçu comme une conversation à voix nue, ce livre dit en quoi et pour quoi Paul Chemetov est, avant tout, architecte.

    Paul Chemetov est né en 1928. On lui doit de nombreux logements sociaux et des équipements, aussi bien que des grands travaux comme ceux des Halles ou le ministère des Finances, à Paris.

  • La visite de Katsura, villa impériale, est réduite à un circuit qui se parcourt en moins d'une heure. On en ressort étonné, éberlué, ébloui... et terriblement frustré. Restent les images intenses que notre oeil aura captées, dans le saisissement de l'instant qui fuit sans recours.

    Au milieu de son jardin et des quatre pavillons de thé qui bordent l'étang central, édifiée au XVIIe siècle par le prince Toshihito, sur le bord de la rivière qui baigne Kyoto, Katsura demeure l'image du raffinement. Lieu idéal, dit-on, d'où l'on peut contempler la lune...
    La réinterprétation de cette architecture si particulière par les architectes du mouvement moderne, au début du XXe siècle, a engendré nombre de quiproquos.
    Il faut aujourd'hui le talent et la sensibilité de Philippe Bonnin pour nous faire entrer dans la vérité d'une oeuvre mythique, et éclairer l'énigme.
    Avec de nombreuses photos et illustrations.

  • La conversation entre Pei et Maki est éblouissante de liberté de ton et d'amour du métier.
    Rares sont les témoignages d'une telle intensité et d'une telle liberté entre Maîtres (centenaire pour l'un) de l'architecture.
    Ieoh Ming Pei est né à Canton en 1917. Il a fait ses études au MIT (Massachusetts Institute of Technology), puis à Harvard (1948) où il est l'élève de Walter Gropius, fondateur du Bauhaus, et de Marcel Breuer, l'un des pères du modernisme. Il va fonder en 1954 la Pei Cobb Freed & Partners, aujourd'hui mondialement reconnue.
    En 1983, année où Mitterrand lui confie la pyramide du Louvre, lui est décerné le prix Pritzker pour son extension du Metropolitan Museum of Art. Pour Pei, c'est son premier projet en Europe (viendront par la suite l'intérieur du Musée Guimet en 1989, la Tour EDF à la Défense en 2002, le Musée historique allemand à Berlin en 2004 ou la Tour Espace de Madrid en 2007).
    En cumulant sens du vertige, inspiration cubiste et matériaux bruts (pierre, béton, verre et acier), il réalise entre autre la JFK Presidential Library and Museum à Boston en 1979 ; la JP Morgan Chase Tower, plus haut gratte-ciel de Houston de 305 mètres (1982) ; la Bank of America de Miami (191 mètres, 1986) ; la Bank of China à Hong Kong (305 mètres, 1990) et le Rock And Roll Hall of Fame de Cleveland en 1995 (qui ressemble à la pyramide du Louvre). À plus de 90 ans en 2008, il conçoit encore le magnifique musée d'art islamique de Doha au Qatar et l'année suivante le Macao Science Center en Chine.

  • Rome éphémère

    Gérard Macé

    « L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices ; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. » Pietro Citati.

    Avec des photographies N&B de Ferrante Ferranti.

  • Qu'est-ce qu'un objet singulier ? c'est ce qui n'est échangeable avec rien d'autre. Un sentiment, une couleur, un bâtiment.
    Cette singularité représente aussi un danger. Car comment résister dans sa singularité quand tout va vers la concentration et la mondialisation. Où trouver encore des objets singuliers ? Comment les définir, les créer, les reconnaître ?
    Et comment redonner à la ville de demain sa singularité ?
    Cette conversation, cette méditation entre architecture et philosophie, publiée chez Calmann-Lévy en 2000, n'a rien perdu de sa pertinence ni de son acuité.

  • Le jardin du Ryoanji : ce lieu unique a fait couler beaucoup d'encre au Japon et plus encore peut-être en Occident. Chef-d'oeuvre de l'architecture japonaise pour celui qui sait voir au-delà de quinze pierres posées sur 200 m2 de sable. Un dépouillement extrême qui déconcerte et invite à la méditation. Ce jardin abstrait et très contemporain a pourtant été construit par des moines aux XVe et XVIe siècles pour incarner la pensée zen.
    Le livre retrace les conditions de sa conception et son influence déterminante sur l'art du jardin japonais.
    François Berthier parle merveilleusement de ce non-jardin, de son mystère et de sa force.
    Tout nous est soudain éclairé par sa pensée si limpide : il ne dévoile pas le mystère : il le met à notre portée.

  • Ce livre est issu de la rencontre de Michel Thiollière, alors maire de Saint-Étienne, et de Fumihiko Maki.
    Fumihiko Maki, né au Japon en 1929. Il étudie l'architecture à l'université de Tokyo dont il est diplômé en 1952. Parmi ses professeurs figure Kenzo Tange de quinze ans son aîné. Il poursuit sa formation aux États-Unis et il est diplômé de Havard. C'est un grands témoins et acteurs de l'histoire des villes des soixante dernières années, dans le sillage de Le Corbusier, Alvar Aalto, Mies van der Rohe, Gropius ou Franck Lloyd Wright.
    En 1993, Fumihiko Maki est le deuxième Japonais à recevoir le prix Pritzker, sorte de Prix Nobel d'architecture.
    En juillet 2003, Fumihiko Maki, Jean Nouvel (France), et Norman Foster (Grande-Bretagne) ont été choisis pour édifier trois des cinq tours du projet de reconstruction du site « Ground Zero » du World Trade Center, à New York.
    Début 2004, il emporte le concours pour l'extension du palais de l'Onu à New York.
    Lorsqu'on lui confie des oeuvres majeures, déclare Michel Thiollière, il les veut sobres et respectueuses des victimes du 11 septembre 2001 lorsqu'il s'agit de New York, de l'art s'il s'agit de musées au Canada, en Chine ou au Japon, des étudiants si c'est pour des campus universitaires ou centres de recherche. Partout où se joue l'avenir de nos sociétés il apporte sa sensibilité, sa compétence et son regard tendre et bienveillant sur l'avenir de l'humanité. Sans se départir d'un sourire, d'une aménité et d'une élégance qui forcent le respect.

  • On sait par d'innombrables contes et légendes, comme par les textes de la littérature classique japonaise, que le Japon est un pays habité de fantômes.

    Le fantôme d'Hokusaï (peintre japonais, 1760-1849) est venu, pour ce texte, hanter Bruno Smolarz, qui a écrit, sous sa dictée, et donc à la première personne, cette vie peu commune d'un homme " fou de dessin ".

    C'est âgé de quatre-vingt-dix ans qu'Hokusaï commença seulement à saisir l'essence du monde. Au fil du pinceau, il revit son passé, mêlant à ses souvenirs des réflexions sur l'art (l'importance de la nature et des voyages, la négligence du nu, le charme d'une courbe, la découverte du bleu et de la perspective en Occident). Sur son époque (sa famille, ses pairs et ses rivaux, les gouvernements et les famines),sa mémoire est parfois fidèle, par moment aussi riche en invention que son imagination d'artiste. Plus il raconte, plus la mort se tient à distance, peut-être même finira- t-elle par l'oublier, lui permettant de continuer à peindre jusqu'à ce qu'il atteigne la perfection. C'est du moins ce qu'il espère...

  • Plutarque se pose ici en défenseur de la cause des bêtes. Reconnaître " l'intelligence des animaux ", le respect auquel ils ont droit, participe d'une réconciliation de l'homme avec le monde.

  • « Il faut accepter d'emblée la logique du désordre urbain. D'où le chaos. Un chaos sublime ».

    Ce livre est l'histoire d'une amitié, puisqu'il est issu de vingt ans de conversations avec Paolo Conti, écrivain et journaliste italien. Il est né aussi du besoin de comprendre les processus de création contemporains, en tenant compte des passions politiques et sociales de notre temps qui ont bouleversé et bouleverseront notre façon d'habiter la ville.

    C'est à travers cette vision de l'architecture que sont abordés tous les grands thèmes contemporains des croissances des villes, des banlieues, des oeuvres d'art comme des faillites de l'architecture.

  • Ce petit livre a une double personnalité et une longue histoire.
    S'il résulte bien d'une conférence faite à la cité de l'architecture en 2012, il est composé de plusieurs strates.
    Tout d'abord une rencontre, celle d'un grand architecte paysagiste, Alexandre Chemetoff, habité par la question de « la souvenance » (ses plans pour Rennes, pour l'Île de Nantes font référence aux paysages humains et sociaux, il a obtenu, en l'an 2000, le Grand Prix national de l'urbanisme) et d'un grand écrivain Jean-Christophe Bailly, curieux de tout ce qui surgit, de toutes formes de vie pour peu qu'elles relèvent du langage ou du paysage.
    La deuxième strate est celle du voyage à Saint-Etienne, en décembre 2011 qui devint le matériau commun et la trame de la conférence.
    La troisième est la conférence elle-même et ce qui en revint, c'est-à-dire ce livre mûri dans la douceur de l'été 2014, à la campagne, en Saône-et-Loire - une des héroïnes de ce livre, nous diront les auteurs.
    Ces changements à vue sont donc un nouveau dépaysement et une nouvelle approche du territoire au sens le plus large, celui de l'inscription des traits urbains dans une géographie entière, dominée dans ce cas par la présence (même cachée) de l'eau.

  • Publié sous la Restauration, en 1815, sous le titre De la traite et de l'esclavage des Noirs et des Blancs « par un ami des hommes de toutes les couleurs », le libelle de l'Abbé Grégoire est émouvant, pragmatique et documenté. Émouvant par l'affirmation des convictions républicaines de fraternité et d'égalité entre les hommes ; pragmatique par les considérations susceptibles de convaincre les plus acharnés esclavagistes de l'inefficacité du système ; documenté, enfin, par la somme d'informations que l'abbé a dénichées dans des livres et auprès de témoins directs, où l'odieux le dispute à l'imbécillité, mais aussi à l'horreur et au crime.
    Nous n'avons retenu de l'ouvrage que la partie concernant la traite et l'esclavage des Noirs.

    On verra qu'Henri Grégoire disposait, pour transmettre ses idées et emporter l'adhésion de ses contemporains, d'une langue riche et précise, servie par un style maîtrisé, concis, bien dans la veine des grands écrivains des XVIIIe et XIXe siècles français.

    La préface du « chantre de la négritude » qu'est Aimé Césaire, émouvante elle aussi, jointe à cette fiche, est en fait le discours qu'il prononça à l'occasion de l'inauguration de la place de l'Abbé-Grégoire à Fort-de-France.

  • La vie d'Hypatie, la philosophe mathématicienne d'Alexandrie, est exceptionnelle à plus d'un titre : savante à une époque (fin du IVe siècle et du début du Ve) où les femmes restaient cantonnées aux activités domestiques ; païenne en un temps où la religion chrétienne était prédominante suite à l'édit de Milan de 31 ; célibataire quand le célibat des femmes était mal considéré. Sa vie fut tellement hors norme qu'elle ne pouvait se terminer que de façon tragique. Ainsi, sa mort par lapidation, durant le carême de l'année 415, fut-elle digne de la fin des grandes héroïnes de tragédies grecques et la fit entrer définitivement dans la légende.
    Il est curieux que cette haute figure soit aussi peu connue en France, car, même si le personnage est "moins important" qu'une Cléopâtre, une Néfertiti, une Hatshepsout ou une Zénobie, elle a tout pour intéresser les esprits curieux : elle était belle, intelligente, cultivée, et elle perdit la vie en martyre de la pensée hellénique.

  • Les Propos de table de Plutarque, série de questions et réponses sur ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire au cours des banquets, sont en réalité un aperçu très documenté sur l'auteur, son milieu et les moeurs de son temps. C'est probablement le plus savoureux des traités du philosophe, et certainement le plus drôle.

    Bien que la plupart des réponses que les convives apportent aux questions soient peu convaincantes, souvent erronées ou franchement abracadabrantes, on est séduit par le ton à la fois amical et bienveillant de ces conversations, qui nous insèrent au milieu de convives cultivés, sympathiques, tolérants et souvent facétieux. Ce qui nous importe, ici, ce ne sont pas la teneur ni la pertinence des propos, mais, bien sûr, la peinture de moeurs, qui est une source sans pareille sur la vie quotidienne dans l'Antiquité.

    On trouvera ci-dessous quelques-unes des questions que Plutarque a retenues dans ses Propos :

    Peut-on parler philosophie en buvant ?
    Pourquoi dit-on que l'amour rend poète ?
    Alexandre le Grand était-il grand buveur ?
    Pourquoi les vieillards aiment-ils boire du vin pur ?
    Pourquoi a-t-on plus d'appétit en automne ?
    De la poule ou de l'oeuf, lequel est apparu le premier ?
    À propos du rémora...

  • Il s'agit d'un ouvrage de la catégorie « beaux livres » sur les églises romanes des deux Charentes.
    Les photos « esthétiques » de Philippe Julien-Labruyère, sont accompagnées de textes descriptifs, en français, dus à Isabelle Oberson (directrice de l'Atelier du patrimoine de Saintonge) et en anglais, dus à Maggie Cole.
    Le livre propose 116 églises des deux Charentes en 276 photos, la plupart d'extérieurs.
    La profusion de l'art roman en Charentes, notamment des petites églises rurales, est un facteur ancien de l'identité locale, qui illustre l'originalité d'une région ainsi que l'attachement à son patrimoine. Le texte fournit nombre d'explications historiques, architecturales et artistiques.
    « [.] Terres d'élection de l'art roman, la Charente et la Charente-Maritime conservent de très nombreuses églises, érigées aux XIe et XIIe siècles.
    Les sites multiples vers lesquels nous entraîne l'oeil du photographe permettent d'apprécier cette parure monumentale d'exception qui caractérise aujourd'hui beaucoup de villages et constitue une des composantes particulières et harmonieuses du paysage. Le territoire géographique de cette exploration artistique concerne la province de Saintonge, et plus particulièrement l'ancien diocèse de Saintes, vaste territoire dont les frontières allaient au-delà du département de la Charente-Maritime, qui morcelle les actuelles Vendée, Charente et Deux-Sèvres.
    Jouxtant la Saintonge à l'ouest, le diocèse charentais correspond à un petit territoire au coeur duquel se situe Angoulême, côtoyant à l'est le Limousin, et le Poitou au nord. La lignée des comtes de Taillefer, qui régna sur ces terres du Xe au XIIIe siècle, n'est pas étrangère à cette expansion de l'architecture religieuse, qu'elle accompagna souvent par des dons multiples [.]»

  • Inédite en langue française jusqu'à leur traduction par Emmanuel Pierrat, qui les publia dans sa maison d'édition Cartouche en 2006, les Histoires de fantômes indiens furent à l'origine publiées dans diverses revues littéraires de la fin du XIXe siècle, mais jamais réunies du vivant de leur auteur, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature en 1913. Ces histoires mettent en scène sept récits, où la tradition littéraire sanskritique des revenants se mêle au genre occidental de la nouvelle fantastique, genre dans lequel le grand écrivain bengali fait montre d'un talent remarquablement moderne.
    C'est tout le Nord-Est de l'Inde (qui à l'époque comprenait aussi l'actuel Bangladesh) qui sert de toile de fond à ces contes, où squelettes et morts-vivants, fatalité et amour sont au rendez-vous.

  • Les relations entre la France de Louis XIV et l'Afrique noire, surtout les rapports personnels noués par Louis XIV avec des souverains de la côte africaine demeurent un aspect méconnu de la diplomatie du Roi Soleil.
    Or c'est Louis XIV qui posa les fondements de l'AOF, laquelle n'aurait certainement pas vu le jour sans son action.
    De tous les rois de France - et même d'Europe -, Louis XIV est celui qui ouvrit largement sa cour aux Africains, qui reçut le plus d'émissaires et d'ambassadeurs venus du continent noir, et qui, en retour, dépêcha le plus grand nombre d'ambassadeurs et de représentants en Afrique. C'est lui qui fit le plus de présents aux rois africains.
    Durant tout son règne il s'engagea personnellement dans les relations entre la France et l'Afrique, nourrissant l'ambition de faire du continent noir une terre catholique.
    C'est en Afrique qu'il espérait trouver un des moyens de sa politique européenne, de son hégémonie et de son rayonnement.
    Le livre de Tidiane Diakité (qui a publié en 2011 chez Arléa 50 ans après, l'Afrique) révèle aussi des aspects inédits sur les regards croisés : regard porté par les contemporains de Louis XIV sur l'Afrique et les Africains et, réciproquement, perception de la France et des Français par les Africains.
    Certains détails frappent par leur résonance avec l'actualité des relations entre la France et l'Afrique, entre Africains et Français. S'en dégage l'impression que c'est Louis XIV qui a ouvert à la France les portes de l'Afrique et forgé les relations entre Africains et Français d'aujourd'hui.

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