Belin

  • Qui sont véritablement les Celtes ?

    Durant deux millénaires, les Celtes ont été oubliés mais, depuis quelques décennies, ils occupent le devant de la scène historique, effaçant du même coup Gaulois et Germains. Qui étaient-ils en réalité?? Et ont-ils même existé??

    Pour répondre à ces questions, l'auteur se livre à une vaste enquête, l'obligeant à remonter aux sources écrites les plus anciennes. Il apparaît ainsi que, depuis leur rencontre avec les voyageurs grecs, les Celtes n'ont cessé d'être l'objet des mythes les plus divers, des plus poétiques aux plus idéologiques, voire raciaux. Parce qu'ils ont toujours paru indéfinissables, généalogie, histoire, linguistique, archéologie et comparatisme se sont emparé d'eux comme des exemples ou des modèles malléables à merci. Chacun peut s'imaginer ces hommes à sa manière et les utiliser dans des théories qui souvent ont peu à voir avec l'histoire objective.

    Il est temps aujourd'hui de rendre les Celtes à leur réalité et, dans les récits qui ont été donnés de leur histoire, de faire la part de l'invention.

  • Durant plus d'un mois, Nicolas Werth, spécialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l'histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, région symbole du goulag, la plus éloignée et la plus inaccessible, à la recherche des dernières traces du plus grand ensemble concentrationnaire soviétique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des années 1950, 20 millions de soviétiques sont passés par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d'un million ont été exécutés.
    Nicolas Werth a retrouvé les traces des derniers survivants. Il a visité les rares musées, nés généralement d'initiatives privées, où sont exposés des rares vestiges de la "civilisation goulagienne" encore conservés. Il a sillonné les pistes de la Kolyma, construites par les détenus eux-mêmes, pour tenter de retrouver les restes des camps de travail forcé, où les détenus extrayaient, dans des conditions extrêmes (-50 °C l'hiver), l'or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l'uranium et d'autres minerais.
    Une quête souvent vaine, tant les traces se sont effacées dans ce milieu que l'homme n'a jamais véritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taïga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps.
    Dans ces conditions, comment l'historien peut-il encore appréhender cette civilisation disparue? À travers les seules archives administratives, les récits des derniers survivants?
    Ce voyage à la recherche de la Kolyma perdue est aussi une réflexion sur le métier d'historien.

  • Souvenirs et solitude

    Jean Zay

    Dans sa cellule, pendant trois ans, Jean Zay a écrit au jour le jour le journal de sa captivité. Au-delà de la chronique de la vie quotidienne d'un prisonnier, c'est un regard porté sur la vie politique du moment, et une réflexion hautement politique de l'auteur sur son action passée et sur la situation de la France à l'époque. C'est un livre exceptionnel, à l'image de son auteur : à la fois homme politique, résistant, écrivain et penseur d'une immense culture.

  • éloge de la lecture

    Michèle Petit

    À l'origine de cet ouvrage, il y a des voix de lecteurs et de lectrices, d'origines culturelles et de milieux sociaux différents et, en contrepoint, des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains.
    Tous racontent les biais insolites par lesquels les livres leur ont permis d'apprivoiser leurs peurs, de construire et de réparer leur monde intérieur, de trouver des réponses aux questions qui les hantent, d'apprendre ce que d'autres ont trouvé comme solutions à la difficulté d'être sur Terre.
    Comme Jorge Semprun qui retrouve espoir dans un texte de Gide, après qu'on l'eut congédié en se moquant de son accent de jeune Espagnol, débarqué à Paris : « La boulangère du Boulevard Saint-Michel me chassait de la communauté. André Gide m'y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m'était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d'une terre d'asile probable. » . Car, pour Michèle Petit, lire, c'est aussi un moyen de résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, pour reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'objet du discours des autres. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur nous livre ici l'analyse de toutes ces expériences singulières où la lecture joue un rôle primordial dans la découverte et la construction de soi, comme dans l'ouverture sur d'autres cercles d'appartenance.

  • Peu connues en Europe, d'étonnantes expériences littéraires se multiplient aujourd'hui dans des pays confrontés à des conflits armés, des crises économiques, des catastrophes naturelles. Enfants, adolescents et adultes qui, jusque-là, avaient vécu au plus loin des livres se rassemblent autour de mythes ou de légendes, de poésies ou de bandes dessinées. Ils s'en saisissent pour résister à l'adversité et préserver un espace de rêve et de liberté. Bien plus qu'un outil pédagogique, la littérature est là une réserve où puiser pour donner sens à sa vie, la penser, imaginer d'autres possibles.
    L'apport vital de la lecture dans des temps de crise n'est pas le privilège des « lettrés » et ceux qui animent ces surprenants cercles de lecteurs travaillent à quelque chose de bien plus vaste que le soin, qui est d'ordre culturel, éducatif et, à certains égards, politique.

  • Les mythes grecs

    Ariane Eissen

    On peut voir au musée du Louvre une foule d'Apollons et de Dianes chasseresses.
    Les parcs, les jardins publics sont peuplés d'Hercules et on ne compte plus les tragédies, les opéras, les sonnets, les romans qui racontent les histoires de Phèdre ou d'Andromaque, d'Hippolyte ou d'Iphigénie, d'Électre ou d'Amphitryon. Et s'il nous prend l'envie de contempler un ciel étoilé, c'est pour y épeler les noms de Cassiopée ou d'Andromède, d'Orion ou du Centaure. Du reste, il n'est pas nécessaire d'aller si loin, ni si haut : le fil d'Ariane, les écuries d'Augias, le cheval de Troie, le talon d'Achille ou un président jupiterien, sont présents jusque dans nos locutions les plus courantes.
    La mythologie grecque est omniprésente, mais la connaissance que nous pouvons en avoir est le plus souvent fragmentaire et peu précise. Bref, nous aurions bien besoin d'être guidés dans ce labyrinthe.
    Pour éclairer cet héritage, les mythes grecs sont ici regroupés par grands cycles, expliqués et analysés. Chaque mythe nous est simplement raconté, puis sont présentés les textes qui nous l'ont transmis. Enfin - et c'est là sans doute une des parties les plus originales de son livre - Ariane Eissen explore la postérité du mythe, les diverses lectures qui en ont été faites et leur utilisation dans les époques modernes, depuis le Moyen Âge jusqu'à l'époque contemporaine.

  • N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette façon d'envisager la vie... Ainsi Charles Darwin achève son grand oeuvre, L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, publié en 1859. " Cette façon d'envisager la vie " bouleversa la biologie, mais aussi l'humanité en remettant l'homme à sa place dans l'Univers - à la façon d'un Copernic quelques siècles plus tôt - et dans le monde du vivant.
    Pour comprendre la genèse de ces idées et ce qu'elles recouvrent, suivons Darwin dans ses pérégrinations autour de la planète, dans le monde scientifique de l'époque victorienne et dans son intimité familiale. Ouvrage paru initialement dans la collection " Les génies de la sciences " (Belin-Pour la Science).

  • De 1717 à 2018 la franc-maçonnerie éclaire et interroge de manière incomparable trois siècles d'histoire et d'identité européenne, de Lisbonne à Saint-Pétersbourg, de Stockholm à Zagreb.
    Europe des Lumières, Printemps des peuples, nationalisme et pacifisme, Société des Nations, guerre froide et construction européenne, après-communisme :
    Les francs-maçons unis ou divisés, écoutés ou exécrés, sont de tous les combats, présents sur tous les chantiers qui rythment l'histoire du continent.
    Ce livre fait le choix de rompre avec une juxtaposition d'histoires nationales pour proposer une perspective résolument européenne. Il mobilise les recherches les plus récentes et s'appuie sur l'exploitation des principaux fonds d'archives maçonniques européens ainsi que sur l'ouverture, en janvier 2002, des « Archives russes » du Grand Orient de France de retour de Moscou.

  • La géographie étudie le Monde comme territoire de l'humanité : dans son ensemble et toutes ses facettes, ses lieux, quartiers, contrées, pays, paysages et réseaux.
    Depuis qu'elle existe, l'humanité s'évertue à aménager le Monde, le réaménager, le diviser, le parcourir, le mettre en production et donc en valeur. Elle modifie sans cesse son habitat, produit tous les jours de l'espace, de la différence et de l'organisation - avec art et réussite souvent, mais non sans dégâts et perturbations dus à l'ignorance, aux erreurs, aux conflits, à l'avidité.
    À partir de questions simples et fondamentales, «qu'y a-t-il là, pourquoi est-ce là comme ça, et où cela va-t-il ? », le géographe scrute et déchiffre les traces et les signes que livrent les paysages, la distribution des activités et des habitats, des cultures et des comportements, même les noms des lieux et les antimondes.
    Or le nombre d'habitants vient de quadrupler en un siècle, et les capacités d'agir, de créer et de nuire ont changé d'ampleur et de nature. Ménager le Monde, mieux l'organiser et le protéger dans la perspective du long terme, et non de la spéculation et du profit immédiats, sont des devoirs civiques. Analyser, comprendre et représenter ces actions et ces différences qui changent le Monde est plus que jamais nécessaire. Ce livre, entièrement revu par rapport à l'édition originale, en donne les clés.

  • Neuf historiens ont mis leur science au service de l'histoire de Paris, pour en éclairer un aspect à la lueur de leurs propres travaux et des derniers acquis de la recherche. C'est ainsi que sont tour à tour abordées la question de la place des saints fondateurs dans la ville, celle de l'évêque, des enceintes, de la justice, de la bourgeoisie, de l'assistance, des femmes, de l'université, de l'aristotélisme, du roi en son palais et de la guerre civile.
    Ce sont autant de portraits d'une ville aux visages multiples qu'il est difficile de saisir dans son ensemble, mais leur mise en série permet ici de s'en faire une idée. Il en ressort néanmoins que Paris cumule déjà à cette époque les fonctions économiques, religieuses, intellectuelles, curiales et politiques, ce qui est unique en Occident où les villes peuvent rarement s'enorgueillir de plus de deux ou trois fonctions : Gand est avant tout une cité industrielle, Bologne une ville universitaire, Venise un pôle commercial...
    Cet épais feuilletage de fonctions variées est probablement l'explication de l'exceptionnel développement de Paris au Moyen Age.

  • Dans nos conversations ou nos écrits, les figures de style construisent notre langue. Elles sont toutes ici expliquées, commentées et classées.
    Chaque figure est illustrée d'un ou plusieurs exemples empruntés à toutes les époques et à tous les niveaux de langue - de Racine à San Antonio. Cette variété rend le propos accessible à tous et la lecture du livre attrayante, souvent drôle.
    Pour faciliter la consultation, l'ouvrage comporte un dictionnaire de toutes les figures traitées et un répertoire (par auteurs) de toutes les citations retenues pour les illustrer.

  • Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 est emblématique de la catastrophe qui a frappé toute l'Afrique des Grands Lacs depuis une vingtaine d'années. Il n'a été le fruit ni d'une fureur conjoncturelle, ni d'une fatalité ethnographique ou biologique, mais il est le produit très moderne d'une option extrémiste, jouant du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. En effet, cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l'inscription durable dans la culture de cette région d'Afrique d'une idéologie racialiste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, le « vrai peuple » rwandais majoritaire et une « race de féodaux ». Ce livre décrypte la construction de cette idéologie, trop méconnue, qui oppose les « vrais Africains » à des « faux nègres », ceux qu'on a appelés les Hamites depuis les années 1860 dans la littérature africaniste. Cette maturation se situe à la fois en Europe, dans l'histoire de l'anthropologie, et en Afrique, dans la logique des politiques coloniales, et elle se joue sur deux siècles, donc bien en amont de la crise des années 1990, et jusqu'à aujourd'hui. Le schéma racial dit « hamitique » est né de la même matrice intellectuelle que celui opposant Aryens et Sémites, qui a embrasé l'Europe dans les années 1930-1940.

  • Léonard de Vinci a " dessiné " la science. Peintre de génie, il n'avait aucune formation universitaire et dut apprendre le latin, se faire expliquer les mathématiques, l'optique, l'hydrodynamique et l'architecture par les spécialistes de l'époque et surtout s'inspirer de l'observation de la nature pour comprendre le monde. Pour lui, saisir un phénomène, c'est en dessiner les aspects nouveaux. Ainsi, dans ses tableaux, n'hésite-t-il pas à insérer les dernières avancées scientifiques.
    L'auteur de cet ouvrage nous les restitue avec force et clarté : la lecture raisonnée des magnifiques oeuvres de Léonard, outre le plaisir esthétique, permet ainsi de faire également le point sur les connaissances de l'époque. Mais si Léonard de Vinci sut peindre la nature avec force et exactitude, il ne put maîtriser intellectuellement sa diversité: la nature est trop complexe, se plaint-il, pour que l'on puisse l'expliquer avec la rationalité scientifique.
    Nous sommes, de ce point de vue, tous des Léonard de Vinci. Ouvrage paru initialement dans la collection " Les génies de la sciences " (Belin-Pour la Science).

  • Apprendre !

    André Giordan

    Comment apprend-on ? Quelle est la place de la mémoire, de la motivation, du désir ou de l'émotion ? Que sait-on des capacités étonnantes du cerveau ? Pourquoi certains enfants ou adultes ont-ils tant de difficultés à apprendre ?
    Dans ce livre, l'auteur, lui-même ancien cancre, suggère une approche radicalement nouvelle de l'apprentissage. Il montre qu'apprendre est un processus complexe, souvent conflictuel, qui suppose de bousculer les conceptions ancrées dans nos têtes. S'appuyant sur sa longue expérience d'enseignant, André Giordan avance des propositions pratiques pour mieux apprendre et propose une redéfinition du rôle et de la place de l'école. Dans une société en pleine mutation, contrainte d'innover en permanence, il est vital, plaide-t-il, de développer une « culture du questionnement ».

  • L'animal et la machine nous parlent-ils ? Y a-t-il des pensées dangereuses ? Pour avoir du goût, faut-il être cultivé ? Un monde humain sans affrontement est-il pensable? La diversité des cultures contredit-elle l'existence de valeurs universelles ? Le cinéma est-il un art ? Pour limiter le pouvoir de l'État, peut-on s'en remettre à l'État? À quoi sert la philosophie ? Autant de questions que cet ouvrage se propose de démêler, réunissant questions classiques et problèmes contemporains en dix-sept chapitres.
    Laurence Hansen-Love nous propose ainsi non pas une histoire de la philosophie, mais un cours particulier vivant et actuel de philosophie. Outre la présentation des points de vue ou des opinions des philosophes sur une question donnée, elle nous livre ici une parole singulière pour s'orienter dans le temps présent.
    A la fin de l'ouvrage qui se lit sans difficulté, le lecteur pourra se référer à un petit dictionnaire des termes et notions de philosophie.

  • La musique

    Elisabeth Brisson

    La musique est un art qui accompagne les hommes depuis la plus haute Antiquité. Elle a ses codes et ses techniques, elle a pris à travers les âges des formes variées, parfois déroutantes. D'où lui vient son extrême diversité ? Comment s'orienter dans cet ensemble complexe ? Pour répondre à ces questions, Élisabeth Brisson replace la musique dans le fil du temps. Chant grégorien, musique baroque, opéra, jazz, chaque forme est étudiée à la lumière de l'époque qui la vit naître.
    De nombreuses analyses d'oeuvres ponctuent ce parcours historique. En fin d'ouvrage, on trouvera un glossaire des termes, une bibliographie, un index et des repères chronologiques.

  • En 1974, l'écrivain dissident Alexandre Soljénitsyne fait imprimer en France son monumental Archipel du Goulag, dont il a réussi à faire sortir clandestinement le manuscrit d'Union soviétique. Ce récit terrible de son expérience de prisonnier dans les camps soviétiques lui vaudra d'être déchu de sa nationalité et contraint à l'exil, avant sa réhabilitation et son retour sous l'ère Gorbatchev.
    C'est à cette oeuvre que Lefort consacre, en 1976, Un homme en trop. «Du début à la fin de mon essai, écrit-il, je m'efforce d'éclairer le travail de l'écrivain Soljénitsyne, notamment l'extraordinaire relation dont il témoigne entre l'expérience de la servitude, la conquête de la parole et la volonté de savoir. Simultanément, je tente de repérer la logique du système totalitaire, les ambiguïtés qu'il véhicule, les obstacles auxquels il se heurte ». « L'homme en trop » du totalitarisme, c'est celui qui, comme Soljénitsyne, est considéré comme l'ennemi du peuple unique fantasmé par la machine totalitaire dont il bouleverse les calculs En outre, Claude Lefort, dans le premier chapitre, rappelle les jugements sévères et aveugles de plusieurs intellectuels de gauche sur le livre de Soljénitsyne lors de sa parution.

  • Mahomet naît à la fin du VIe siècle au sein des tribus du Hedjâz, dans l'ouest de l'Arabie. Orphelin dès l'enfance, il se lance dans le commerce caravanier, s'enrichit, mais s'avère insatisfait des cultes païens. Son existence bascule en 610 lorsqu'il entend une voix céleste lui ordonner de réciter un texte mystérieux, le Coran. Il devient alors le lecteur divin, celui qui appelle les gens de la Mekke à changer de vie devant l'éminence du Jugement. Raillé puis banni de sa cité, il trouve refuge à Médine, où son message rencontre un succès inespéré. Malgré les résistances des chefs tribaux, il organise la vie de la communauté, légifère et lance ses troupes à l'assaut de la Mekke, prélude à l¹unification de toute la péninsule.
    Les sources qui narrent son épopée et justifient son titre prophétique ne cessent d'interroger l'historien, car elles sont essentiellement musulmanes, donc partiales, et tardives, puisque rédigées entre le VIIIe et le Xe siècle. L'étude critique de cette documentation par la recherche moderne dévoile de multiples contradictions dans les récits, mettant au jour les « zones grises » de cette biographie officielle, parfois en opposition avec le Coran.
    La figure de Mahomet ressort de ces analyses plus complexe, moins monolithique.

  • Le poil a une histoire... Cet ouvrage, très documenté, la retrace en nous révélant l'infinie diversité des adaptations et des déclinaisons du poil à travers les époques, les civilisations et les continents. Car partout le poil a été - et n'a cessé d'être - un marqueur de comportement, un signe politique, un indice social, éthique et religieux, qu'il s'agisse du monde hébraïque, chrétien, islamique ou extrême oriental.
    Se déploie ainsi au fil des pages le kaléidoscope des traces multiples d'une histoire aussi singulière que méconnue : de Sumer à Babylone ; dans la France de Louis XIV, quand le sexe mâle s'enticha de la perruque ; dans la Chine mandchoue, où tous les sujets chinois devaient porter la natte ; lors de la Première Guerre mondiale avec la glorification des Poilus ; sans oublier la Turquie contemporaine, où les positions politiques ont de fortes incidences sur la forme des moustaches...
    Les marges de l'histoire ne sont pas omises, avec les eunuques byzantins ou les malheureux atteints d'hypertrichose - cette maladie qui se manifeste par une pilosité envahissante sur une partie du corps ou sa totalité - et présentés comme des monstres.
    Ainsi, du poil biblique au poil freudien en passant par celui des Poilus, chacun trouvera « son poil » dans cette étude riche en surprises et inattendus et, l'esprit aiguisé par la curiosité, il pourra, au fil de sa lecture, s'en tisser d'autres.

  • « Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner », s'exclamait Maximilien Robespierre à la barre de la Convention la veille de sa chute, le 8 thermidor an II : la formule est caractéristique de sa passion et de son emphase. Elle fait partie de l'abondant florilège qui alimente aussi bien les critiques contre le tribun intolérant que les louanges envers l'homme politique intègre. Tellement intègre d'ailleurs, qu'il finit par agacer le Danton imaginé par Georg Büchner, qui lui lance : « Robespierre, tu es d'une probité révoltante ». Instigateur des horreurs perpétrées sous la « Terreur », homme d'État rigide, implacable et déshumanisé pour les uns ; héros et héraut des droits de l'homme, dirigeant incorruptible, bouc émissaire pour les autres (moins nombreux cependant) : admirateurs ou contempteurs, rares sont les indifférents lorsque l'on évoque la figure de Robespierre.
    La Révolution française a transformé des anonymes en figures de premier plan. Robespierre est l'un de ces anonymes brusquement devenus célèbres. Comment un banal avocat d'Arras, promis à une traditionnelle carrière locale, s'est-il trouvé propulsé en quelques mois à l'avant-scène de l'actualité ? Comment a-t-il pu concentrer sur sa personne une bonne partie du ressentiment contre ce que l'on a appelé la Terreur ?
    Pour répondre à ces questions, Cécile Obligi a choisi de donner la parole au principal intéressé : Robespierre lui-même. Elle nous fait ainsi découvrir ou redécouvrir un orateur de grande classe et un penseur politique important, que la légende noire a fait oublier trop longtemps.

  • Si nous connaissons Pierre-Gilles de Gennes (1932-2007) depuis le prix Nobel de physique qui lui fut décerné à l'automne 1991, c'est d'abord parce que ce chercheur hors normes a eu à coeur d'expliquer sa démarche et l'objet de ses travaux, visitant écoles, collèges et lycées et se prêtant volontiers au jeu des médias.
    Qui est véritablement «le Newton du XXe siècle», une expression qu'il récusait mais qui n'a rien d'absurde si l'on songe à l'impressionnante étendue des domaines qu'il a abordés ? Comment s'est bâti son génie ? D'où vient l'élégance des théories qu'il a élaborées et son goût pour l'éclectisme scientifique, qui l'a conduit de la supraconductivité aux neurosciences en passant par les cristaux liquides ou la physique du sable ?
    C'est ce que nous conte avec talent Laurence Plévert dans cette biographie issue d'entretiens exclusifs. Une plongée dans l'oeuvre et la personnalité de cet homme d'exception, qui aimait la vie autant que la science.

  • Étudier la sexualité des anciens Grecs et Grecques reviendrait à projeter sur le monde antique des catégories contemporaines. Il faut plutôt suivre la force mystérieuse et bien connue que les Anciens avait divinisée sous le nom d'Eros, un enfant espiègle qui assistait Aphrodite, déesse de l'amour.
    Désir, séduction, pratiques érotiques sont ici étudiés comme autant de manifestations d'Eros. L'auteur interroge les poèmes et les images qui représentent l'Eros, les institutions et les relations sociales auxquelles préside sa puissance, ainsi que sa récupération par les philosophes et les sectes orphiques.

  • Une vie au goulag, récit autobiographique de Dimitri Vitkovski, est un document exceptionnel, cité pourtant par Alexandre Soljenytsine en ouverture de L'Archipel du Goulag.
    Écrit dans les années soixante, ce récit est une plongée dans l'univers concentrationnaire de la Russie soviétique. Il décrit, sur près de trente ans, une vie de captivité entrecoupée de très courts répits de liberté. Dimitri Vitkovski est pour la première fois arrêté en 1926, deux ans après la mort de Lénine. Il a vingt-cinq ans. Ce n'est qu'en 1954 qu'il sera autorisé à rejoindre enfin les siens à Moscou.
    Déportation dans les profondeurs des forêts sibériennes, travail de bagnard dans les îles Solovki, tortures, interrogatoires, peur et survie : Dimitri Vitkovski, ingénieur devenu zek, accusé sans preuve mais lourdement condamné, décrit le monde des persécuteurs et des prisonniers, les vagues de terreur, le monde du camp perdu au bout du monde, face à la nature belle et hostile. Un document pionnier, un texte poignant.

  • Pilier de l'islam, le pèlerinage à La Mecque est à l'origine du plus grand rassemblement humain au monde. Née aux premiers temps de l'islam, cette pratique n'a cessé de croître, s'inscrivant dans une histoire qui mêle les dimensions religieuses, politiques, sociales, économiques ou encore sanitaires. Au cours du xixe siècle, le voyage à La Mecque prend un essor inédit et cesse d'être une affaire exclusivement musulmane : les puissances coloniales s'attachent à gouverner administrativement ce vaste mouvement touchant chaque année plusieurs dizaines de milliers de leurs ressortissants. La communauté internationale se mobilise pour assurer un strict contrôle sanitaire de ces rencontres qui catalysent les risques d'épidémies. Avec la fin des empires coloniaux, le pèlerinage entre dans l'histoire de reconfigurations géopolitiques, qui demeurent jusqu'à aujourd'hui au coeur des enjeux de la région.
    En retraçant l'histoire du voyage à La Mecque, Sylvia Chiffoleau nous plonge dans le quotidien des pèlerins et nous montre que ces croyants, au fil du temps, expérimentent les territoires de la modernité.

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