Sciences humaines & sociales

  • La chronique de l'auteur connu sous le nom de Frédégaire est une source essentielle pour la connaissance des règnes mérovingiens.
    Le chroniqueur a pourtant été longtemps méprisé : sa langue était considérée comme barbare, et ses qualités d'historien étaient niées. Les recherches récentes ayant renouvelé l'étude de cette période, on a voulu tirer de l'oubli un auteur trop longtemps mal compris. Le lecteur trouvera donc ici, accompagnée du texte latin (selon l'édition de J.-M. Wallace-Hadrill) et d'une abondante annotation, la traduction de la partie originale de la chronique et de ses continuations carolingiennes, qui poursuivent le récit jusqu'en 768.
    Une introduction substantielle défend l'hypothèse d'un chroniqueur unique écrivant vers 660, situe la chronique dans son contexte historique et l'appréhende à la fois comme une oeuvre d'histoire et de littérature. Une étude spéciale est consacrée à la langue de l'auteur, témoin des mutations que connaît le latin au milieu du VIIe siècle.

  • Ce livre unique dans la littérature médiévale occidentale pourrait à lui seul justifier l'appellation " miracle islandais " dont on a coutume de qualifier les XIIe et XIIIe siècles islandais.
    Il s'agit d'une sorte de recensement, à partir de 874, des colonisateurs de l'Islande. Partis en général de Norvège, après de longues escales en territoires celtiques, ils vinrent s'établir dans ce pays à peu près désert : rites de prise de possession du sol, installation, mise en place progressive d'une société originale, instauration d'une législation minutieuse, d'un pouvoir reposant sur le respect de la loi, départ de l'histoire de grandes familles que l'on retrouvera au premier plan des sagas les plus célèbres, attention à la valeur humaine de fortes personnalités.
    /> Le tout est conté en un style marqué de réalisme dru, d'économie de moyens et de rapidité, qui fera aussi le succès des sagas. C'est d'ailleurs la même vision de la vie et du monde : confiance dans le destin, sens intransigeant de l'honneur et, en cas d'offense, exercice impitoyable de la vengeance. En outre, les auteurs des différentes versions, conscients de reconstruire le passé, ne négligent pas de consigner croyances et rites anciens, plongeant ainsi le lecteur dans un univers païen.

  • En 1145, les états latins d'Orient fondés par la croisade viennent d'être éprouvés par la perte d'Edesse quand ils apprennent, de source vraisemblablement chrétienne la victoire remportée par un roi chrétien, le Prêtre Jean, sur un sultan musulman d'Asie centrale.
    Moins de quatre-vingts ans plus tard, c'est également un texte émanant des chrétiens orientaux qui leur annonce l'arrivée des Mongols, présentés à nouveau comme les sujets d'un roi chrétien, David, animé du désir de leur porter secours. Lorsque la présence mongole se précise aux confins de la Perse et de l'Arménie, s'ouvre une période où l'on recherche informations et contacts; les ambassadeurs envoyés par le pape Innocent IV rapportent des données sur les envahisseurs et le monde où ils se situent: orales chez André de Longjumeau, elles prennent chez Simon de Saint-Quentin la forme d'une "Histoire des Tartares" beaucoup plus complète, qui a trouvé place dans l'encyclopédie de Vincent de Beauvais à côté d'une lettre écrite de Samarkand par le connétable arménien Smbat.
    Les Mongols écrivent à Saint Louis au moment de sa croisade: ce sont leur conseiller, le moine Siméon, le gouverneur de Perse Eljigideï, puis le khan Hülegü lui-même qui, en 1262, offre son alliance militaire au roi de France, alliance qui se maintiendra pendant un demi-siècle. Tout ceci se situe au moment où va s'ouvrir ce monde oriental resté longtemps inconnu. Les missionnaires, dont l'un, David d'Ashby, avait décrit les moeurs des Tartares, et les marchands vont désormais s'aventurer sur ces routes nouvelles, ouvrant ainsi l'ère des grandes découvertes.

  • Vers 1300, le prince castillan Don Juan Manuel adresse ce Livre des Etats à un prélat, et à travers lui, à toute la Castille.
    Sur le mode d'un enseignement donné à un jeune prince, ce livre est une longue réflexion sur la souveraineté, sur les offices et sur les devoirs des sujets; c'est aussi un témoignage de la vie spirituelle de ce temps, marquée par la prédication dominicaine. L'ouvrage révèle la culture, la vie religieuse, comme toute l'ambition politique d'un grand noble du début du XIVe siècle. Le volume présente la première traduction en français de ce texte important.

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