Cerf

  • Les incendies de la Commune ont-ils été aussi destructeurs que le prétend la version officielle ?
    Les communards sont-ils les seuls responsables de ce bilan ? Et si ce vandalisme avait offert à la bourgeoisie l'opportunité de métamorphoser Paris en capitale de la modernité ? C'est la thèse d'Hélène Lewandowski, qui raconte ici une autre histoire de la dernière révolution du XIXe siècle.
    En mai 1871, la Commune prend fin. Le palais des Tuileries et l'Hôtel de Ville sont réduits en cendres. Pris d'assaut par les touristes, les monuments calcinés sont à l'origine d'une économie florissante : vente de guides, plans illustrés, albums-souvenirs, organisation de voyages par les Cook's Tour de Londres... Un siècle et demi après, voici un livre qui révèle comment cette insurrection, loin de détruire la ville modelée par le baron Haussmann, a servi la bourgeoisie en favorisant une transformation qu'elle attendait pour stimuler une industrie qu'elle possédait.
    Un parcours à travers les ruines qui dévoile les secrets de la reconstruction de Paris.

  • Cet ouvrage montre, à travers les Pères de l'Église, comment les chrétiens de l'Empire romain ont accueilli les « barbares », ces migrants de l'Antiquité qui sont arrivés en Occident par vagues du Ve au VIIe siècle. Malgré leur foi, ils ont commencé par avoir de l'aversion pour les nouveaux venus, en raison de leur différence de culture.
    Puis, à leur contact, ils ont finalement éprouvé plus de compréhension pour ces païens que pour leurs compatriotes hérétiques. Ils ont su voir en eux un défi, un appel à de grandes conversions. Et c'est ainsi qu'est née l'Europe chrétienne.
    En revenant sur une des époques fondatrices de notre civilisation, Philippe Henne évoque la rencontre de l'Autre, la confrontation des cultures, la tentation du rejet, le devoir d'accueil. Il montre comment la fin présumée du monde n'est jamais que la gestation d'un monde nouveau.

  • De l'Antiquité à la Guerre froide, en passant par le Moyen Âge, la Renaissance, le Grand Siècle, les deux Empire, la Première et la Seconde Guerres mondiales, les grandes personnalités de l'histoire ont présidé aux destins des peuples. Ils se sont donné rendez-vous, et de leurs rencontres a dépendu le cours de l'histoire. Voici réunis le récit intime et détaillé des dix entrevues qui ont changé le cours de notre monde :
    César et Cléopâtre ; Jeanne d'Arc et Charles VII ; François Ier et Henri VIII ; Louis XIII et le cardinal de Richelieu ; Louis XV et Pierre Le Grand ; Napoléon Ier et Alexandre ; Napoléon III et Bismarck ; Raymond Poincaré et Nicolas II ; De Gaulle et Churchill ; Kennedy et Khrouchtchev.
    Dix des plus grands spécialistes français, qui collaborent aux médias les plus prestigieux, nous racontent ces femmes et ces hommes qui, le temps d'une réunion ou d'un repas, ont décidé de l'avenir de l'humanité. Ce sont ces moments qu'ils relatent à la manière de nos meilleurs historiens.
    Une fresque inédite, épique et flamboyante.

  • Enivré de fête, de théâtre, de faste et d'ores et déjà passionnément épris de grandeur, le jeune Louis XIV avait tout pour être séduit par le cavalier Bernin.
    Pourtant la rencontre du jeune roi de gloire et du maître de la splendeur baroque allait 'achever piteusement, par une rebuffade qui n'osait pas dire son nom. Mais cet échec fut curieusement fécond, et peut-être aura-t-il fallu la visite à Paris du plus grand des artistes italiens pour que Louis XIV prenne pleinement conscience que la grandeur du royaume à laquelle il entendait si passionnément travailler ne pouvait se faire qu'en créant les conditions d'éclosion d'un art proprement français, qui ne dût rien à personne.

  • Héroïne de la Fronde, la princesse Palatine a tour à tour défié, puis soutenu, Anne d'Autriche, Mazarin et Louis XIV. En revenant sur sa vie, et cette époque trouble que fut la contestation de l'autorité royale par l'Aristocratie, Jérome Fehrenbach dresse le portrait d'une France en transition.
    Du crépuscule de la Renaissance aux prémices de la monarchie absolue. Fondée sur des archives inédites (plus de deux cents lettres retrouvées par l'auteur), cette biographie revient aussi sur le rôle de la Palatine dans le grand jeu européen, dévoilant ainsi la diplomatie secrète du tout jeune Louis XIV.
    Avec cette histoire d'une héroïne nationale, dont Bossuet a prononcé l'oraison, Jérôme Fehrenbach éclaire d'un nouveau jour les fondations de l'absolutisme.

  • Comportant trois tomes consacrés à la désobéissance civile et au sauvetage des Juifs durant les années noires de la France et formant une unité, l'étude de Limore Yagil ne revient pas sur les lois antisémites ou sur la politique d'exclusion du régime de Vichy, mais fait découvrir que, pour bon nombre de réfugiés et de Juifs, la France a été une véritable terre d'asile durant cette période.

    Après avoir retracé l'histoire de la désobéissance civile depuis l'Antiquité et analysé ses racines philosophiques et politiques, l'auteur rappelle que, si 80 000 Juifs français et étrangers ont péri, plus de 250 000 survécurent à la Shoah, ce qui représente un nombre assez élevé, dans l'absolu et en proportion. Exceptionnelle, loin d'être banale, la désobéissance civile débuta comme une attitude individuelle dès 1940, puis se généralisa au fil des mois, prenant la forme de réseaux d'entraide, composés souvent de personnes ayant un lien antérieur entre elles.

    Dans ce premier volume, Limore Yagil nous montre que ce sont les mêmes personnes et les mêmes localités qui s'étaient engagées en faveur des réfugiés en France dans les années 1930 qui se chargeront de secourir les Juifs dix ans plus tard. La contribution des médecins, des assistantes sociales, des infirmières, des enseignants, des scientifiques et des artistes est ensuite étudiée. Celle, plus complexe et ambiguë, des préfets et des « serviteurs de l'État », maires, gendarmes et policiers, celle des prêtres, des pasteurs, des religieuses et celles des résistants seront analysées dans les volumes suivants. Tout au long de cette étude, l'auteur décrit le profil sociologique, la mentalité et les modalités des sauvetages. Fondée sur des archives de différentes sources, son enquête brosse les tableaux d'histoires locales, de pratiques culturelles, soulignant l'alliance de la géographie humaine et de l'histoire. Foisonnant d'informations, ce livre est à la mesure de ce sujet si singulier, qui mérite une nouvelle réflexion plus de soixante-dix ans après les événements.

  • Des Grands, à la cour de Versailles, au xviiie siècle, nous savons tout. Mais que connaissons-nous de la vie des humbles ? Inspiré de faits réels, ce récit relate l'histoire d'une famille issue d'une union illégitime de Louis XIV. Les héros en sont le chevalier Deprez et ses huit enfants. Les personnages, des nobles, bourgeois et paysans. Les décors, une résidence de Montfort l'Amaury, l'école de jeunes filles de Saint-Cyr, les frégates de La Pérouse.
    Les événements, ceux de la nature, semailles et moissons, ceux de l'existence, baptêmes, mariages, enterrements, sans oublier les rixes avinées et les ébats dans les bottes de foins. Loin des éclats de la galerie des Glaces, c'est tout un pays qui ici ressuscite.
    Saisissante et émouvante, la fresque que brosse Diane Pradal raconte cet autre peuple que la Révolution, l'Empire, la République ignoreront et que l'État continue d'ignorer.

  • Comment l'animal est-il devenu la nouvelle icône de nos sociétés postmodernes ? Pourquoi a-t-il pris valeur de question politique ? En quoi occupe-t-il une place de choix dans la récente profession de foi écologique des grands chefs religieux, du pape François à l'imam Basher Masri, en passant par le patriarche Bartholomée, le lama Mathieu Ricard ou le rabbin Cohn Sherbock ?
    Allant à l'essentiel, Éric Baratay dresse ici l'aventure originelle et la chronique trois fois millénaire des relations entre les dieux et les bêtes. Traditions animistes amérindiennes, systèmes de sagesse asiatiques, révélations monothéistes de Méditerranée, christianismes d'Orient et d'Occident : cette histoire mouvementée recoupe en fait l'évolution générale des représentations humaines. Car les religions ont souvent hésité et varié au sujet des animaux, les cultes épousant les cultures qu'ils ont modelées mais qui les ont aussi façonnés.
    En montrant qu'il n'a jamais guère été de condition animale distincte de l'humaine condition, cet essai brillant interroge la notion même de civilisation.

  • Notre intérêt actuel pour les chefs-d'oeuvre de la Grèce antique n'est certes pas une nouveauté. Si les ouvrages majeurs de la pensée et de la littérature, qui constituent assurément l'un des fondements de la civilisation occidentale, ont été constamment lus et étudiés, qu'en est-il des chefs-d'oeuvre architecturaux et artistiques ? Lorenz E. Baumer mène ici une enquête archéologique sur le destin des oeuvres monumentales de la Grèce classique, à la fin de l'Antiquité. Il s'interroge notamment sur le devenir des temples païens à l'époque où le christianisme a conquis le Bassin méditerranéen ou sur la réutilisation, dans les derniers siècles de l'Antiquité, d'oeuvres datant de la période classique -réutilisation qui traduit par rapport à l'art du passé une attitude radicalement différente de la nôtre mais qui considère ces ouvrages comme des oeuvres vivantes et toujours susceptibles de parler. À travers ces interrogations se pose, de manière lancinante, la question de la pertinence religieuse de ces oeuvres (païennes) dans un monde de plus en plus christianisé.

  • Comment comprendre la nature et le monde animal au regard de ce que dit la Bible et le christianisme ? Quelles évolutions a connu le regard de l'Église catholique sur les animaux ? Leur a-t-elle d'ailleurs toujours bien rendu le respect dû au titre de créatures de Dieu ? Quelles ont été ses positions sur la question animale ?
    Quelles conceptions a-t-elle véhiculées à travers les siècles ? Quels comportements a-t-elle elle-même prescrits ?
    Tels sont les éléments qu'Éric Baratay interroge pour retracer cette histoire des représentations et des comportements, d'un xviie siècle encore empreint des conceptions médiévales jusqu'à l'encyclique du pape François Loué sois-tu.
    Scandée par de brusques évolutions, d'imperceptibles glissements, des permanences et des reflux, les sensibilités n'ont cessé d'évoluer.
    D'abord considéré comme proche de l'homme et missionnaire de Dieu, ensuite ravalé au rang de machine puis rejeté hors du domaine religieux, l'animal est en partie réhabilité avant de faire l'objet, depuis plusieurs décennies, d'approches multiples et contradictoires. En fond, la permanence d'une double tendance : l'une, depuis la fin du xviie siècle, qui désacralise l'animal et contribue à la rupture entre l'homme et la nature ; l'autre, à partir du xixe siècle, qui valorise au contraire de plus en plus le monde animal.
    Une histoire unique et magistrale de la place de l'homme dans la création et de sa compréhension des autres créatures.

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