Littérature générale

  • Plus que d'une tradition, plus que d'un art de vivre, plus que d'un sport, c'est d'un certain génie de la France que Xavier Patier se fait l'illustrateur dans ce petit livre plein d'esprit. Escorté de Saint-Simon, Chateaubriand ou Julien Green, inspiré par sa propre expérience de veneur, il propose une célébration de tous les chevaux, à travers le cheval de chasse.
    Le sentiment du cheval, le choix du modèle, l'écurie, l'entraînement, les astuces de dressage, la recherche de l'harmonie et bien d'autres choses sont évoquées en sept leçons inattendues, brossant le portrait en actes du plus fascinant des compagnons de l'homme. Mais du plus héroïque aussi. Car cette caracolade littéraire vaut bien un traité de l'apprentissage aux vertus.
    Au pied de Berchtesgaden, alors qu'on lui demandait quel était son secret de stratège, le général Leclerc ne répondit-il pas : « La chasse à courre, mon vieux » ?

  • Les mots survivraient-ils mieux que les pierres ? La littérature aurait-elle le pouvoir de combler les silences de l'Histoire ? Au centre de la France, pays patrimonial, il y a Paris, cité conservatoire.
    Mais au coeur de l'une et de l'autre, subsiste un trou noir. En rasant l'antique quartier du Louvre, Napoléon III a effacé huit siècles de chroniques politiques, artistiques et populaires qui ont décidé du visage de notre pays.
    Voici le récit d'une mémoire engloutie. S'inscrivant dans le sillage des grands promeneurs de la capitale, Jonathan Siksou ressuscite les Valois et les Sans-Culottes, Tallemant des Réaux et Balzac, les courtisanes et les charretiers au fil des ruelles disparues, des églises détruites et des cabarets défunts. Lui font escorte poètes et chansonniers, architectes et pastellistes qui disent la vie et la mort d'un lieu qui n'est plus. Le questionnement du narrateur d'aujourd'hui orchestre la polyphonie du passé. Et s'il n'y avait de vraie nostalgie que l'impossible souvenir ?
    Un premier roman qui marque la naissance d'un écrivain.
    Jonathan Siksou, trente-six ans, est journaliste indépendant.

  • À la fin de l'été, je passais chaque jour devant l'église des Carmes, à Paris. Un matin, j'y suis entré.
    En ces mêmes lieux, le dimanche 2 septembre 1792, cent soixante prisonniers entassés là depuis trois semaines ont trouvé la mort dans le jardin attenant. On appelle cet épisode les « Massacres de Septembre ».
    Ces hommes ont leur nom sur un mur de l'église. Sans crier gare, pendant que j'explorais les tableaux, voilà qu'ils se tenaient dans mon dos. Assis, allongés, à genoux, ils attendaient ; je retenais mon souffle.
    Tout a commencé avec l'émotion de ce jour. Soudain, en plein Paris, l'Histoire n'apparaissait plus comme une chose faite, mais elle cherchait à nouveau son chemin, dans l'indécision du présent, le tremblé de l'heure.
    J'ai voulu redonner vie à l'un de ces noms.
    Voici l'histoire du jeune abbé Gabriel Fougère, assassiné à 20 ans pour avoir préféré Dieu.
    Connu comme auteur de nouvelles et d'essais, dont le dernier, paru en 2017, a été consacré à Guernica, Christophe Langlois signe, avec Dieu en automne, son premier roman.

  • Claude Durand

    François Chaubet

    Avec Bernard Grasset, René Julliard ou Jérôme Lindon, Claude Durand (1938-2015) fait partie de ces éditeurs colossaux qui ont renouvelé le paysage littéraire du xxe siècle. Que ce soit au Seuil, chez Grasset ou chez Fayard, dont il fut le P.-D.G. durant presque trente ans, cet acharné de travail, toujours entouré de mille manuscrits, avait toutes les audaces. Il fut le premier traducteur de Gabriel García Márquez. Il publia contre l'avis de tous La face cachée du « Monde ». Il lança Kadaré. Et puis il y eut la tempête Soljenitsyne... Dans ces pages très documentées, nourries d'entretiens et de chiffres, se dessine le portrait captivant d'un homme amoureux des livres. C'est aussi le tableau d'une époque féroce et sans remords, d'un milieu éditorial où tous les coups sont permis, où les amis sont des ennemis, où l'on se bagarre à coups d'à-valoir et de dîners en ville. Pourquoi ? Pour publier le nouveau livre de Michel Houellebecq... Pour choisir son camp lors de « L'affaire Renaud Camus »... Pour intriguer et obtenir un prix littéraire... Une enquête inédite et surprenante, qui rend hommage à un éditeur hors du commun, mais qui le révèle également sous toutes ses facettes.

  • Un jeune homme, jeté dans un bain de bronze bouillonnant...
    Le traité Sur la Trinité de Saint Augustin laissé en coin de son cadavre carbonisé. Le premier d'une longue série. Pourquoi de tels meurtres rituels se multiplient-ils parmi les étudiants en théologie autour de la Sorbonne, à Paris, dans ces années 1440 ? Quel en est l'auteur ? Le diable ou un pervers aussi sophistiqué que cruel ?
    C'est à un véritable serial killer que, pour sa première investigation, est confronté Gérard Machet, le confesseur et confident du roi Charles VII. Sa chasse, terrible, sera sanguinaire.
    Mêlant récit historique et roman policier, Sonia Pelletier-Gautier ici réussit un magnifique thriller théologique.

  • En 1848, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres couronne une étude d'Ernest Renan (1823-1892) répondant à la question inscrite au concours sur " l'étude de la langue grecque en Occident du Ve siècle au XIVe siècle ". Repéré il y a quelques années par P. Vidal-Naquet, le manuscrit de Renan n'a jamais été publié jusqu'à ce jour alors que son auteur exerça sur le XIXe siècle français une véritable " royauté intellectuelle ". Loin de se limiter à un exercice d'érudition, Renan pose là les prémices qu'il développera dans la suite de son oeuvre. Il met en place tout d'abord une théorie des langues qui l'amène à porter l'accent sur le triple héritage de l'Occident au carrefour des civilisations grecque, hébraïque et arabo-musulmane. Il développe ensuite une vision du religieux et de son rôle dans le développement humain qui prend toute son importance au regard des débats actuels sur la laïcité. Il réfléchit enfin à la façon dont cohabitent les civilisations dans l'histoire. C'est, en somme, bien avant la Réforme intellectuelle et morale, une réflexion sur les éléments qui constituent l'unité d'une culture mais aussi l'avenir des nations que nous offre ce texte. Destin des langues, place du religieux, construction d'un passé de l'humanité garant de son avenir potentiel : le manuscrit sur " l'étude de la langue grecque en Occident du Ve au XIVe siècle " doit donc être lu comme la première oeuvre politique de Renan. Sa publication répond, on le voit, aux interrogations qui sont aujourd'hui les nôtres.

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