Chandeigne

  • Amerigo Vespucci n'est pas seulement le personnage qui a donné son nom au Nouveau Monde. Ce Florentin, ami de Christophe Colomb, a laissé un témoignage vivant et très documenté sur les côtes orientales du continent américain, dont il avait pressenti l'existence, où l'on peut lire le premier témoignage sur les rites cannibales de « sauvages » et dont un des marins de l'expédition fit les frais. Vespucci a-t-il été le découvreur des côtes du continent américain ? La question peut sembler dérisoire, mais elle a suscité une longue polémique qui dure toujours. La controverse sur l'authenticité de ses quatre voyages et sur l'attribution de son prénom au Nouveau Monde fait l'objet d'une analyse détaillée dans cet ouvrage qui offre la première traduction intégrale des écrits de Vespucci : Le Mundus Novus, La lettera qui comprend le récit de quatre voyages, et enfin les lettres familières manuscrites. Il s'agit de textes fondateurs auxquels le grand public avait rarement accès.

  • En janvier 1627, une tempête exceptionnelle dans le golfe de Gascogne provoqua le plus terrible naufrage de l'histoire de la marine portugaise. Sept navires coulèrent, dont deux énormes caraques des Indes chargées de toutes les richesses de l'Orient, et cinq galions de guerre qui les escortaient : près de 2000 morts et moins de 300 survivants, des centaines de canons perdus, une fortune engloutie... Dom Francisco Manuel de Melo, âgé alors de 19 ans, fut l'un des survivants. Devenu l'un des grands écrivains portugais de son siècle, il publia en 1660 un récit superbe, baroque et étrange de cette tragédie en saluant les baleiniers de Saint-Jean-Luz qui sauvèrent au péril de leur vie une grande partie l'équipage de son galion. Mais d'autres sources, longtemps ignorées ou oubliées, éclairent ce désastre sous un autre jour plus sombre, mettant en lumière les rôles peu glorieux des pilleurs d'épaves de la côte landaise, de la noblesse d'Aquitaine en général et du duc d'Épernon en particulier.

  • Jacinto, dandy et riche héritier d'une famille de notable portugais, vit à Paris depuis tout petit. Fasciné par la ville lumière, son mouvement et sa modernité, il collectionne dans sa résidence du 202, Champs-Élysées, toutes sortes d'inventions propres à l'époque. Des objets incongrus représentants selon lui le summum du raffinement, la haute civilisation et donc la condition à son bonheur ! Lampes électriques en tout genre, brumisateurs, tissus précieux, bibliothèque au quelque 30 000 milles volumes... La maison déborde de cette civilisation !

    Zé Fernandes, jeune homme originaire d'un petit village du nord du Portugal s'installe chez son ami Jacinto pour suivre ses études à Paris. Initié aux plaisirs de la société moderne, il découvre la ville lumière, déambule dans ses rues y rencontre ses groupes d'intellectuels et d'artistes.

    La fascination de Jacinto pour la technique, sa croyance illimitée dans le progrès est insatiable et le mènera bientôt à la dépression. Son jeune ami décide pour l'aider de le faire revenir aux plaisirs d'une vie frugale et simple. Il l'incite à quitter Paris pour rejoindre son village du nord du Portugal. Nous entrons alors dans la deuxième partie du roman.

    L'exubérance et la superficialité des plaisirs parisiens laissent place à la simplicité et à l'apaisement de la campagne. Ce voyage n'est pas sans péripéties mais le retour aux sources sera fructueux pour nos deux compères.

    202, Champs-Élysées, titre posthume d'Eça de Queiroz, propose une savoureuse satire de la modernité. Dans ce roman incisif et enjoué les dérives du progrès sont dénoncées. La vacuité des plaisirs urbains, l'accumulation des objets et de nouvelles techniques prophétisent la décadence d'une société en perte de repères. L'auteur que l'on ne présente plus, oppose deux mondes en utilisant sa verve ironique tant appréciée. À la ville prétentieuse il oppose un monde simple, la campagne, où le plaisir y est pur. Somme toute, une thématique tout à fait contemporaine !

  • Magellan est le plus connu des navigateurs, son voyage, la plus extraordinaire des aventures, mais des dizaines d'erreurs et d'approximations, invariablement reprises de livre en livre, circulaient malheureusement dans tous les ouvrages, même réputés sérieux, notamment la biographie de Zweig. L'édition critique de l'intégralité des sources directes sur le Voyage de Magellan (1050 p.), publiée en 2007 par les éditions Chandeigne a pu rectifier ces erreurs et faire de nombreuses découvertes sur cette expédition. Elle est devenue l'ouvrage de référence dans le monde. Ce livre de poche fait la synthèse de cette édition critique. Il donne à lire le récit de Pigafetta, le plus célèbre des témoignages, accompagné des itinéraires détaillés. Un cahier couleurs rassemble les cartes de l'époque. L'appareil de notes développe les principaux apports de l'édition de 2007 et ajoute, chapitre par chapitre, tout ce que la relation de Pigafetta omet. Une annexe traite des navires et des équipages, dont la liste et le nombre ont été pour la première fois établis en détails. Ce livre de poche devient donc désormais l'édition de référence, accessible à tous, de la relation d'Antonio Pigafetta et du voyage de Magellan.

    Préface de Carmen Bernand & Xavier de Castro. Dossier cartographique en couleurs de Xavier de Castro. Édition établie par Xavier de Castro, Jocelyne Hamon et Luís Filipe Thomaz.

  • La frontiere

    Pascal Quignard

    Depuis cinq siècles, des carreaux de faïence polychrome à dominante bleue, les azulejos, sont la constante de l'architecture portugaise.
    Simples ornements ou vastes compositions murales, on les retrouve dans tous les édifices, à l'extérieur comme à l'intérieur. le palais fronteira, au pied de la colline de monsanto, à la lisière de lisbonne, possède un ensemble unique d'azulejos du xviiie siècle. ce livre présente un thème récurrent de l'ornementation des jardins : le bestiaire. les animaux y travestissent la vie quotidienne, allégories burlesques ou satiriques, présences silencieuses, inquiétantes ou fantastiques.
    Fasciné par ces lieux, pascal quignard a composé un récit, la frontière, qui ressuscite les énigmes des ombres bleues et les déchiffre dans la narration d'une double vengeance.

  • Malgré les vicissitudes conjoncturelles, avec 204 millions d'habitants et une économie qui se place parmi les dix premières du monde, le Brésil appartient aux grandes puissances d'aujourd'hui et représente à lui seul plus de la moitié de l'Amérique du Sud par sa superficie, sa population et son PIB. Faire l'histoire du Brésil ne consiste pas à tracer une évolution rectiligne et déterministe de ce qui serait un « destin national », la construction implacable du « Géant lusophone », depuis l'arrivée des Portugais en 1500 jusqu'à la seconde présidence de Dilma Rousseff, mais à suggérer que bien d'autres destins étaient possibles. Pour rompre avec la linéarité du récit national, ce livre commence bien avant la prise de possession par la Couronne portugaise de la côte de la « Sainte Croix » et évoque le peuplement de cette partie de l'Amérique méridionale par les Amérindiens. À partir de la colonisation, il insiste sur la diversité et les contradictions de la société coloniale, puis du Brésil indépendant. Il rappelle le rôle central qu'exercèrent Portugais et Brésiliens pendant toute la durée de la traite négrière occidentale, le fonctionnement du système esclavagiste, ainsi que les séquelles de longue durée que fait peser celui-ci sur les rapports sociaux et la citoyenneté au Brésil. Il s'efforce, enfin, de faire l'archéologie du « Brésil métis », en plaçant dans son contexte le métissage, ses formes, ses significations et ses enjeux.

  • En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300), représenté sur le globe de Behaim (1492).
    Aussitôt les Portugais y introduisent les armes à feu et nouent de fructueux liens commerciaux. En 1549, François Xavier et quelques jésuites débarquent à leur tour et fondent la mission chrétienne du Japon, pays dont ils seront deux ans durant les premiers explorateurs.
    Un riche cahier cartographique retrace l'historique de la représentation de l'archipel, d'abord sous la forme de la mythique Cipango, de 1459 à 1571, puis du Japon nouvellement découvert, de sa première apparition en 1550 jusqu'à sa forme presque définitive au début du xviie siècle, en passant par ses multiples avatars.
    Le livre rassemble ensuite les évocations de Cipango dans les sources historiques occidentales depuis 1300, puis du Japon dans les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552.
    Ces textes, écrits par des navigateurs, des aventuriers ou des jésuites témoignent de la fascination des Européens - non sans incompréhension - devant cette nouvelle civilisation, qu'ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu'ils ont découvertes jusqu'alors.
    En miroir, un texte japonais, jamais traduit en français, raconte l'arrivée de ces hommes blancs, avec de longs nez et aux manières rustres, qu'ils appellent péjorativement les nanban-jin, les «barbares du Sud».

  • Publiés pour la première fois en 1851, les Légendes et récits d'Herculano ont été rédigés sur le modèle des romans de Walter Scott, à une époque où, partout en Europe, on se passionnait pour les chroniques médiévales et les vieilles légendes, croyant y trouver l'âme profonde des nations.

    Les Légendes et récits sont avec Les Lusiades et les Histoires tragico-maritimes, est devenu un des grands classiques de la culture portugaise. Ces textes palpitants ont pour cadre le Portugal médiéval (Xe-XVe siècles) : oeuvre de fiction, elles reposent sur de solides fondements historiques, qui contribuent à donner une impression d'authenticité. Herculano s'y révèle conteur efficace et vigoureux ; il excelle en particulier à tenir le lecteur en haleine par des effets et des coups de théâtre savamment dosés. L'auteur met en scène des personnages de drame dont les faits et gestes sont dictés par des sentiments tyranniques tels que l'amour, la haine, la vengeance...

  • On connaît un peu en France l'histoire de la tomate, de la pomme de terre, du maïs, originaire du Nouveau Monde, parce qu'ils ont conquis l'Europe et que leurs tribulations nous ont été vaguement enseignées à l'école.
    Mais on ignore qu'aux xvie et xviie siècles, quasiment toutes les plantes vivrières ont changé de continent, bouleversant complètement les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans le monde entier, en particulier dans les zones tropicales. Ainsi les plantes typiquement asiatiques comme les cocotiers, les manguiers, les orangers doux, etc., vont se retrouver rapidement en Afrique et aux Amériques?; à l'inverse, les plantes américaines, les patates douces, les ananas, les arachides, les papayes, les noix de cajou, etc., vont s'implanter sur les deux autres continents?; l'Afrique fournira quelques plantes d'importance comme le café ou le palmier à huile. Et l'Europe diffusera sur les autres continents par exemple la canne à sucre.
    Cette diffusion s'est essentiellement faite sur les navires portugais de la ligne des Indes, disséminant graines et plants aux escales de Madère, Açores, São Tomé, en Angola, au Mozambique, puis à Goa - nouvelle plaque tournante d'échanges avec l'Extrême-Orient.
    Doté d'une riche iconographie d'époque, ce livre conçu à la manière d'un dictionnaire dresse le tableau de cette première mondialisation. Il retrace le voyage des 64 principales plantes vivrières consommées dans le monde et de quelques autres qui eurent un usage industriel plus ou moins important (hévéa, ricin, aleurite, rocou, etc.). Il donne les conditions de leur découverte?; leurs premières descriptions, appellations et images extraites des sources d'époque?; leurs multiples pérégrinations jusqu'à aujourd'hui?; pour chacune, les chiffres actuels de la production mondiale, son évolution et les principaux producteurs.

    Mendes Ferrão a travaillé toute sa vie sur l'agriculture tropicale, ses techniques, son histoire. Cet ouvrage est l'aboutissement de ses recherches. Le grand mérite de son travail est de révéler des sources portugaises, jamais citées, alors qu'à l'époque des découvertes les Portugais étaient présents sur tous les continents dans les zones tropicales. Du Brésil aux Moluques, en passant par l'Afrique, ils ont joué un rôle souvent pionnier pour acclimater la plupart des plantes vivrières sur d'autres terres que celles d'origine, bouleversant à jamais les équilibres alimentaires et agricoles sur la planète.

  • Willem Barentsz est le navigateur hollandais le plus célèbre en son pays, mais sa figure reste peu connue en France. Pourtant, il fut l'un des premiers à tenter le passage du nord-est vers la Chine lors de trois voyages mémorables de 1594 à 1596. Lors du troisième, il redécouvrit l'archipel du Spitzberg, le Svalbard des Vikings, dont la connaissance s'était depuis perdue. Poursuivant plus à l'est, son navire fut pris par les glaces au nord de la Nouvelle-Zemble.

  • « Les peintures de la voix ». Cette expression que Voltaire appliquait à toutes les formes d'écriture, est parfaitement adaptée aux anciens manuscrits mexicains où l'image a une place prépondérante.

    Ce recueil qui s'apparente à un guide à contenu didactique, s'attache à décrire et à analyser d'une manière générale les codex mexicains (aztèques et mixtèques) et à montrer quelle fut leur originalité. Il souligne aussi leur valeur documentaire et esthétique. Ils constituent des sources privilégiées pour la connaissance des cultures anciennes du Mexique et reflètent des éléments fondamentaux d'un monde qui a brutalement disparu.

    Il s'agit de familiariser le lecteur avec un monde ignoré et de lui proposer un premier contact, une sorte de parcours initiatique sans difficulté majeure, tout au long duquel il trouvera une riche iconographie et quelques explications élémentaires sur l'histoire et sur la signification de ces manuscrits.

    Le foisonnement des images, le mystère qu'elles recèlent dans les rares codex antérieurs à la conquête et ensuite dans leur évolution postérieure, proposent aux lecteurs la surprise d'un choc exotique.

  • De la famille

    Valério Romão

    Un père fait revivre sa défunte épouse à travers son fils aîné qui se métamorphose de jour en jour. Un autre grossit outre-mesure sous les yeux à la fois émerveillés et terrifiés de sa femme et ses enfants. Un jeune homme au terrible destin s'interroge sur la profondeur des ténèbres qui l'assaillent. Une famille se retrouve démunie face à l'inondation et survit grâce à l'aïeul, prodige amphibien... Dans ces onze nouvelles oscillant entre le tragique et le fantastique, l'intimiste et le pathétique, le merveilleux et l'horreur, Valério Romão, auteur remarqué du prodigieux Autisme (finaliste du prix Femina étranger 2016), poursuit avec brio son exploration de la complexité de la nature humaine. À l'instar de ce chirurgien pronostiquant à travers le rétroviseur de son taxi, il ausculte d'une plume implacable et jubilatoire l'essence même des structures familiales qui tantôt enferme et aliène, tantôt exalte et sublime les passions humaines. La famille est un abîme dont on n'échappe que très difficilement, et bien souvent à nos risques et périls. Une lecture foudroyante et thérapeutique, dévoilant toute la violence des relations familiales et intimes qui existe en chacun de nous.

  • Magellan (1521) est le plus célèbre des navigateurs, niais jamais l'ensemble des sources cartographiques et narratives se référant à son incroyable épopée n'avait été rendu accessible au grand public. Cette lacune est désormais comblée par cet ouvrage, paru une première fois en 2007 et salué par les critiques et les historiens comme la référence sur le sujet. Le texte central en est naturellement la transcription de la célèbre relation du " premier voyage autour du monde " d'Antonio Pigafetta, l'un des survivants de l'expédition, À la lumière des témoignages et des chroniques du XVIe siècle, sans oublier les plus récentes études, ce livre fait la synthèse des connaissances sur le sujet, démonte les très nombreuses idées fausses ou inexactes reprises de livre en livre depuis un siècle, et ouvre de nouvelles perspectives pour l'interprétation de quelques énigmes. Les autres sources des témoins directs, notamment les récits, lettres et dépositions des compagnons de Magellan, sont livrées dans leur intégralité et offrent un nouvel éclairage sur le récit de Pigafetta. Cette édition présente également de nombreuses et très riches annexes : les itinéraires, les cartes d'époque antérieures ou immédiatement consécutives au voyage, une description des navires et de leurs équipements, une bibliographie exhaustive, un index pléthorique, et enfin un répertoire biographique des 242 marins embarqués (237 au départ de Séville). Parmi ceux-ci, le lecteur apprendra qu'il y eut 90 survivants, dont 35 firent effectivement le tour du monde, lors d'une navigation de trois ans qui restera dans l'histoire comme la plus fascinante des aventures maritimes jamais tentées.

  • Quatre photographes brésiliens, 120 photographies : Marcel Gautherot, José Medeiros, Thomaz Farkas, Hans Gunter Flieg Ce catalogue présente le remarquable travail de quatre grands photographes brésiliens qui sont parvenus à capter le long cheminement du Brésil vers le modernisme, de 1940 au coup d'État militaire de 1964. Quatre noms paradigmatiques par leur diversité d'origine, de style, d'intérêt et par leur teinte cosmopolit :
    Révolutionnant le photoreportage traditionnel, Marcel Gautherot (1910-1996) - parisien d'origine ouvrière et avec une formation en architecture - est à l'origine de nombreux clichés mythiques sur le Brésil. Son travail sur les rituels folkloriques et sur la forêt vierge révèle un équilibre parfait entre l'intrigue narrative et l'impact visuel. Ses photographies des bâtiments d'Oscar Niemeyer de Brasília ont marqué l'apothéose du modernisme brésilien.
    José Medeiros (1921-1990) - Brésilien de naissance - est considéré comme le plus grand photojournaliste brésilien des années 1940-50. Ses photoreportages ont capté aussi bien la vie à Rio de Janeiro, sur la plage, pendant le Carnaval, que les événements et les rituels de la haute société carioca. Ils contrastent avec ses photoreportages sur l'Intérieur du Brésil, révélant le culte magique du candomblé et l'intrusion de la technologie dans le monde des Indiens.
    Connu pour sa vision austère de la forme, Thomaz Farkas (1924-2011) - Hongrois né à Budapest dans le milieu de commerçants juifs de matériel photographique - a débuté en photographiant le Estádio do Pacaembu à São Paulo. Son ouvre met en avant la recherche de nouveaux langages visuels. Vers la fin de sa vie, il a réussi à développer un style plus photojournalistique, comme le révèlent les panoramiques pris lors de la construction de la nouvelle capitale, Brasília.
    Les photographies industrielles d'Hans Gruber Flieg (1923) - juif allemand de Chemnitz qui a fui le nazisme - dressent un historique de l'industrialisation au Brésil. Intérieurs d'usines, produits industriels, ses images sont des interprétations picturales classiques de la remodélisation du pays à l'ère de la technologie.
    Conservées à l'Institut Moreira Salles à Rio de Janeiro, ces photographies mettent en lumière tout un pan de l'histoire contemporaine brésilienne. Cet ouvrage accompagne l'exposition de ces photographies qui aura lieu à la Fondation Calouste Gulbenkian à Paris du 5 mai au 26 juillet 2015 (elles ont été exposées précédemment au musée de la photographie de Berlin). Une exposition des photographies de Marcel Gautherot aura lieu prochainement à la Maison Européenne de la Photographie.

  • « Brûlez tout ce qui est chinois » s'écrie Cristóvão Vieira ; ils enlèvent de « jeunes enfants pour les faire rôtir et les manger » s'insurge Dai Jing, rédacteur de la monographie du Guangdong. La première ambassade des Portugais en Chine fait suite à leur conquête de Malacca, en août 1511, et à leur entrée dans les réseaux de commerce de l'Insulinde. Tomé Pires, chargé de conduire la mission auprès de l'empereur de Chine, débarque à Canton en septembre 1517. Cependant, la présence des Portugais est loin d'être amicale: ces derniers explorent la rivière des Perles et tentent d'édifier une forteresse à son embouchure. De plus, une ambassade malaise vient dénoncer les exactions des nouveaux maîtres de Malacca. L'empereur, apprenant les crimes et les méfaits des Portugais, leur oppose une fin de non-recevoir : l'audience de Tomé Pires n'aura pas lieu. En septembre 1523, les autorités impériales font exécuter vingt-trois prisonniers portugais à Canton.
    Cet ouvrage réunit, pour la première fois, des sources occidentales et des sources chinoises. Il associe des témoignages directs et des textes élaborés à distance des événements. Le dossier documentaire invite à réfléchir sur la mémoire de ce premier contact, tant du point de vue des Portugais que des Chinois. Tandis que João de Barros aYrme que les Portugais voulaient « se lier d'amour et d'amitié avec l'empereur », plusieurs textes chinois notent la puissance de ces nouveaux canons qui grondent « comme le tonnerre ».

    Ce livre donne le récit commenté et accompagné de cartes et illustrations des premiers contacts officiels avec la Chine. Cette ambassade fut un échec et les émissaires terminèrent en prison ou exécutés.
    Cristovão Vieira et Vasco Calvo ont accompagné cette première mission diplomatique en Chine, dirigée par Tomé Pires, chargé de porter un présent pour l'Empereur afin d'établir des relations politiques et commerciales entre les deux pays. Débarqué à Canton en 1517, Pires dut attendre 1520 pour être finalement autorisé à se rendre à Pékin. Toutefois, le décès de l'empereur en 1521 et, surtout, les protestations des malais se plaignant des exactions commises par les Portugais, provoquèrent un retournement de situation. Pires dut essuyer une humiliante fin de non recevoir et fût emprisonné à Canton, en représailles contre les tentatives maladroites de ses compatriotes qui cherchaient à s'établir sur une île de ce port.
    Vieira et Calvo ont écrit depuis leur prison. Leurs lettres sont deux témoignages extrêmement précieux, en raison des nombreuses informations qu'ils nous donnent sur le fiasco de l'ambassade et aussi pour les premières descriptions détaillées de Canton et de la Chine qu'ils nous livrent. Ces documents sont ici confrontés à d'autres textes de l'époque, comme celui de Gu Yingxiang, commandant militaire chargé de la vigilance côtière, qui vit et entendit les Portugais arriver en 1517.
    Prisonniers de l'Empire Céleste propose de réunir, pour la première fois, tous les documents relatifs aux premiers contacts sino-portugais. Aux lettres et témoignages des premiers captifs, s'ajoutent des textes de référence tant portugais que chinois et des chroniques chinoises sur les premiers contacts avec les Portugais.

    1. Lettre écrite par Giovanni da Empoli, le 15 novembre 1515, de Cochin, et reçue à Lisbonne le 22 octobre 1516. - 2. Deux lettres de Vasco Calvo (1524). - 3. Deux lettres de Martim Afonso de Melo (1521 et 1523). - 4. Extraits de João de Barros, De l'Asie & des exploits des Portugais lors de la découverte et de la Conquête des mers et des terres de l'Orient, 1563. - 5. Rapport de Lin Fu sur le commerce dans le Guangdong, 1529.- 6. L'arrivée des Portugais dans la chronique du Guangdong, 1535. - 7. Les Shilu ou Chroniques véridiques. - 8. Le témoignage du commissaire chinois de la marine, Gu Yingxiang, qui vit arriver les Portugais, en 1517. - 9. Extraits de Gu Yanwu, caractéristiques des provinces de l'Empire, 1662. - 10. Les premiers contacts avec les Portugais dans l'Histoire officielle des Ming, 1739.

  • Porto Azulejos

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    Du nord au sud du Portugal, les édifices resplendissent grâce aux reflets des azulejos. Ces carreaux de faïence polychromes, initialement à dominante bleue, sont l'élément constant de l'architecture portugaise depuis plusieurs siècles. Médaillons religieux au-dessus des linteaux, frises encadrant portes et fenêtres, lambris tapissant de longs murs, habillage de façades entières, ils brillent de leur présence à chaque coin de rue et nul ne peut échapper à leur pouvoir de fascination.

    Lointains descendants des céramiques perses, les premiers azulejos hispano-mauresques connus datent du xve siècle. Depuis cinq siècles, les azulejos sont le miroir du Portugal. Si sur eux ont glissé le soleil, la pluie et les jours, ils ont fixé, au fil de l'histoire du pays, l'esprit et le goût de toute une nation, au point d'en devenir un des symboles les plus reconnaissables. Passant par plusieurs périodes, dont celle de la fin du xviie siècle où les azulejos sont exclusivement peints en bleu cobalt, au xixe siècle ils connaissent une production industrielle et inventive qui accompagnera le revêtement total en azulejos à patron des murs extérieurs des édifices. Cette mode - et choix aussi lié à l'humidité - est très présente au nord du Portugal et notamment à Porto.

    Belle ville, Porto offre au passant un choix surprenant de styles. Les lambris d'azulejos suivent les grands courants stylistiques : romantisme, purement hygiénique, Art nouveau, Art déco, estampage géométrique, abstrait, publicitaire, etc.

    Ce livre propose un aperçu de ces fresques et façades curieuses et uniques que le visiteur pourra découvrir au gré de ses promenades, et précise leur localisation dans la ville.

    Un livre témoin, découverte ou souvenir de cet art de l'azulejo dans lequel Porto excelle.

  • Le père jésuite Jean de la Mousse arrive à Cayenne en 1684 comme missionnaire, quelques décennies après l'installation définitive des Français en Guyane. Pendant une dizaine d'années, il parcourt les villages sur la côte pour entreprendre l'évangélisation des " Sauvages ", dont il apprend la langue. Chargé de la conversion des esclaves africains de l'île de Cayenne, il est le témoin de la naissance d'une colonie qui prend forme sous ses yeux. Avec lui s'ouvre véritablement en Guyane l'entreprise missionnaire jésuite auprès des Noirs et surtout auprès des Indigènes, qui se développera quelques années après sa mort avec la création des missions de Kourou et de Sinnamary. Son Journal, qui relate également le voyage qu'il effectue aux Antilles et aux îles du Cap-Vert, est aussi un regard inédit sur l'histoire de la traite des esclaves, objet d'une concurrence entre les puissances coloniales européennes. Bien différent des textes calibrés et convenus des Lettres édifiantes et curieuses qui accueilleront au XVIIIe siècle les écrits d'autres pères de Guyane, le récit de Jean de la Mousse, dont nous proposons ici la première édition, est un témoignage qui fait droit à l'émotion et à une soif de connaître véritablement moderne, dessinant l'image d'un humaniste qui excuse plus qu'il ne condamne, et qui s'efforce de comprendre plus qu'il ne juge.

  • En 1836, la question afghane est au coeur des préoccupations du gouvernement britannique, soucieux de l'avancée russe en direction du sous-continent indien. Officier de l'East India Company, Alexander Burnes (1805-1841) est envoyé en mission à Kaboul. L'objectif de ce voyage, officiellement commercial, est avant tout politique et diplomatique : gagner l'émir de Kaboul aux intérêts de la couronne. Mais l'émir choisit de s'allier aux Russes. Le gouvernement britannique envoie alors en Afghanistan une armée qui le destitue. Figure emblématique de l'occupation britannique, Alexander Burnes est lynché par la population de Kaboul. Le contingent britannique, contraint à quitter la capitale afghane, est impitoyablement massacré sur le chemin du retour et le pays est livré à l'anarchie.
    Le récit de Burnes, riche évocation de l'Afghanistan, alterne curiosités et considérations diplomatiques et politiques très éclairantes sur les raisons de la débâcle.
    De 1813 à 1907, l'Afghanistan a été le théâtre d'un jeu d'influences où l'Empire russe et l'Empire britannique se sont affrontés pour étendre leur suprématie sur l'Asie centrale. Deux siècles ont passé, trois puissances mondiales modernes - la Grande-Bretagne, l'Union Soviétique et les États-Unis - s'y sont enlisées.
    Nous donnons ici la première édition française de ce texte fondamental accompagnée d'une préface de Michael Barry et d'un dossier historique de Nadine André.
    Pourquoi ne tire-t-on pas de leçons des erreurs stratégiques passées ? Pourquoi les experts régionaux consultés par les gouvernements ne servent-ils pratiquement à rien ? Comment le triomphe afghan face à l'empire britannique lors de cette première guerre nourrit-il le moral de toutes les résistances ultérieures ?
    Quelle place tiennent l'honneur et la mort dans la culture traditionnelle afghane ? Voilà ce que nous explique Michael Barry dans une longue préface qui introduit le récit du voyage de sir Alexander Burnes.
    À l'occasion de la traduction du texte relatant les prémices de la première guerre anglo-afghane, Nadine André offre, pour sa part, une large documentation permettant au lecteur de découvrir l'histoire afghane du XIXe siècle et de saisir les enjeux politiques qui se jouent en Afghanistan.
    Alors que l'on reparle d'un " Nouveau Grand Jeu " et que la capitale afghane n'a jamais été autant qu'aujourd'hui sous les feux de l'actualité, l'analyse que nous livrent Nadine André et Michael Barry laisse voir combien, à certains égards, la situation a peu évolué depuis la mission de Burnes. Comme si l'histoire, dans cette partie enchâssée du monde, était condamnée à se répéter.

  • Cette histoire concise du Portugal, enfin rééditée, est aujourd'hui le seul ouvrage de synthèse disponible sur l'histoire de la plus vieille nation européenne, qui fut de surcroît aux XV et XVIe siècles le principal acteur de l'expansion maritime du vieux continent. Cette nouvelle édition a été revue et complétée par un chapitre sur le Portugal des dix dernières années, une chronologie et des cartes. ' Les Portugais ont découvert dans le Grand Océan de nouvelles îles, de nouvelles terres, de nouvelles mers, de nouveaux peuples : et ce qui est le plus important, un nouveau ciel et de nouvelles étoiles. ' Pedro Nunes, Traité de la Sphère, 1537.

  • Lors de son séjour au Brésil avec la " mission artistique française " (1816-1831), le peintre Jean-Baptiste Debret accumula des croquis et des aquarelles qui allaient servir de base à son Voyage pittoresque et historique au Brésil, publié à son retour en France en 1834.
    Jamais réédité depuis, le premier tome, qui est ici reproduit dans son intégralité, constitue un témoignage irremplaçable sur les Indiens du Brésil. La beauté plastique ou l'aspect terrible des Coroados, des Puris, des Botocudos, des Tupis, des Guaranis, etc. , leurs ornements et leurs armes en faisaient des sujets de choix pour un peintre à la fois en quête d'information et d'exotisme. Formé à l'école de son cousin Louis David, Debret oscille entre la rigueur néo-classique et l'exotisme romantique.
    Son intérêt pour les Indiens s'inscrit dans une vision épique, émerveillée, qui est en partie dans la tradition du mythe du " bon sauvage ", et ses représentations sont guidées par une réflexion sur l'évolution de la barbarie à la civilisation. Bien que ses contacts avec les Indiens aient été limités à quelques incursions dans les forêts, son séjour de seize ans au Brésil, la qualité esthétique de ses lithographies et l'acuité des observations recueillies forment un ensemble historique et pictural inestimable pour la connaissance et la vision que l'on avait des Indiens du Brésil.

  • En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la mythique Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300), représenté sur le globe de Behaïm (1492). Très vite les Portugais établissent de fructueux échanges commerciaux et diplomatiques et introduisent aussitôt les armes à feu dans l'archipel. Six ans plus tard, les jésuites, François Xavier à leur tête, qui installent les premières missions.
    Les féodalités de l'archipel nippon sont alors en guerre, mais durant toute la seconde moitié du XVIe siècle, l'empire sera peu à peu unifié sous l'impulsion successive de trois grands chefs de guerre : Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu. Les jésuites et leur enseignement sont au début assez bien accueillis et font de nombreux adeptes. Mais le nouveau pouvoir les considérera bientôt comme une menace. Un siècle plus tard, en 1641, le christianisme est éradiqué et le pays se referme sur lui même. Entre-temps la présence étrangère aura laissé une empreinte durable dans son histoire culturelle.
    Pour la première fois, ce livre rassemble toutes les évocations du Japon (ou Cipango) dans les sources historiques occidentales (de 1300 à 1542), puis les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552. Une partie de ces textes est le fait de marchands ou de soldats, l'autre, bien différente dans ses propos, de jésuites. Tous témoignent de la fascination des Européens - non sans incompréhension ou surprise - devant cette nouvelle civilisation, qu'ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu'ils ont découvertes jusqu'alors.
    En miroir, un texte japonais, jamais traduit en français, raconte l'arrivée de ces hommes blancs, avec de longs nez et aux manières rustres, qu'ils appellent péjorativement les nanban-jin, les «barbares du Sud». Les soies chinoises et surtout les arquebuses qu'ils apportent sont néanmoins très appréciées, ces dernières allant modifier localement les stratégies militaires et les rapports de force.

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