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  • Les Celtes forment un groupe de peuples qui, jusqu'au moment de l'expansion de l'Empire romain, couvrait plus du tiers de l'Europe. Il ne s'agissait pas d'un ensemble réellement homogène, ni du point de vue de la culture matérielle, ni du point de vue linguistique.

    Que sait-on de leur cosmologie, de leur religion ? Encore trop peu de choses : ils n'ont eux-mêmes que peu écrit sur leurs rituels, et les auteurs grecs et romains n'ont conservé de leur mythologie que quelques infimes fragments. L'ambition de ce livre est de mieux saisir leur cosmologie, en prenant comme sujet d'étude non pas un dieu ou un mythe, mais plutôt une figure mythologique particulièrement bien attestée en Europe comme autour de la Méditerranée : l'arbre du monde.

    De nombreuses sources mentionnent en effet un culte rendu aux arbres. Mais quelles en sont les spécificités ? Quelle divinité hébergent-ils ? Quel rôle leur est-il conféré ? Et que peut-on en déduire sur les croyances et la théologie des Celtes ? C'est ce que cet ouvrage tâche de découvrir.

  • On a beaucoup étudié la Révolution, moins la Contre-Révolution. Pourtant, très tôt, la Révolution a trouvé en face d'elle nombre d'adversaires.
    La Contre-Révolution ne se résume pas aux Chouans. Diverse dans son inspiration, ses objectifs, ses assises sociales, sa presse, sa localisation géographique, ses réseaux, ses complots, ses combats, elle n'est pas facile à saisir dans toutes ses ramifications.
    Jean Tulard, aidé de spécialistes incontestés, a su relever le défi de faire entendre les idées souvent caricaturées ou méprisées de cette nébuleuse contre-révolutionnaire, plus variée qu'on ne le pense.
    Y sont posés les jalons de cette histoire, disséquées les origines, les composantes, les doctrines, les actes et la postérité et proposés des portraits de figures contre-révolutionnaires qui méritaient d'être redécouvertes pour appréhender dans sa totalité l'événement révolutionnaire.
    Une étude désormais incontournable sur le sujet.

  • Phénicien, araméen, hébreu, grec, latin, étrusque, berbère, arabe, turc, espagnol, italien, français?: ces langues du pourtour méditerranéen nous parlent de l'histoire de ce continent liquide. Elles sont d'abord la trace des empires et puissances qui se sont succédé en Méditerranée, mais aussi celle du commerce des hommes, des idées et des denrées, qui ont constitué cet espace en un ensemble homogène.
    Ce livre se fondant sur une approche sociolinguistique et géopolitique, prend donc les langues comme le fil rouge de cette histoire, en tant que témoins des interactions, des conquêtes, des expéditions, des circulations. Que ce soit dans les emprunts, la sémantique, les alphabets ou la toponymie, les traces des échanges au sein de cette mare nostrum sont nombreuses.
    Du voyage d'Ulysse aux migrations d'aujourd'hui, en passant par les croisades et les échelles du Levant, ces langues ont façonné et habité la Méditerranée, laboratoire de l'humanité depuis plus de 3?000 ans.
    Prix Ptolémée 2016.
    Prix Georges Dumézil de l'Académie française 2017.

  • Comment comprendre la notion de catastrophe naturelle dans la pensée médiévale ? Étonnement, puissance, terreur, fonction purificatrice, choc des consciences... Avec tous les fantasmes qu'ils drainent dans leur sillage et la stupeur qu'ils produisent sur les esprits, ces « accidents de la nature » ouvrent une fenêtre fascinante sur l'histoire des représentations au Moyen Âge. Revisitant les textes des chroniqueurs qui tentèrent d'en rendre compte, Thomas Labbé montre que le récit du phénomène extrême favorise toujours la déformation de la réalité vécue. La catastrophe apparaît comme une manière de donner un sens à l'extraordinaire, comme en attestent les récits de l'effondrement du mont Granier en 1248, de l'inondation de l'Arno en 1333 ou encore du tremblement de terre à Naples en 1456. Le processus d'« événementialisation » qui en découle s'opère plus à travers l'imaginaire et la sensibilité de la société que par ses capacités rationnelles d'objectivisation.
    Une grande étude à la croisée de l'histoire sociale et de l'histoire des émotions en Occident.

  • Druides perdus dans les forêts profondes, banquets orgiaques, boucliers et trophées, magies, sacrifices humains... Les clichés sur la religion gauloise ont la peau dure. Mais quelle était vraiment la religion de nos mythiques « ancêtres » ? Quelle était cette religion sans prophète, sans règlement, sans écrits, ni histoire à présenter ? Ces questions sonnent comme un défi : on ne dispose que des quelques pages de César et de quelques lignes dispersées d'auteurs antiques, dont l'interprétation peine à s'affranchir de la mythologie et du panthéon irlandais bien plus tardifs et si éloignés des rives de la Méditerranée gauloise.
    Cet essai croise les découvertes archéologiques récentes avec les textes antiques, et offre le plus fiable des exposés sur les religions celtiques dans les Gaules avant la conquête romaine. L'auteur nous restitue les pratiques anciennes des Gaulois, nous fait rentrer au coeur des sanctuaires et nous expose ces liens si particuliers entre les Celtes, leurs sociétés si diverses et leurs dieux.
    Un classique de l'histoire et de l'archéologie des Gaulois.

  • Boire en Gaule

    Fanette Laubenheimer

    Que buvait-on en Gaule?? Du vin, bien sûr, et les Gaulois de l'âge du Fer ont souvent été qualifiés par les auteurs anciens de buveurs de vin invétérés, célèbres pour leur ivrognerie. Vin importé d'abord, localement produit ensuite, exporté enfin, les Gaulois devenant, sous l'Empire, d'excellents viticulteurs. Mais, de plus longue date, on y buvait d'abord de l'hydromel et plus encore de la bière, véritable boisson nationale de nos ancêtres.
    Comment ces boissons alcoolisées se sont-elles développées en Gaule?? Quelles étaient les habitudes de consommation et les pratiques quotidiennes, mais aussi les rituels dans lesquels elles sont impliquées?? Qui buvait quoi, comment et pourquoi??
    Fanette Laubenheimer répond à ces questions en s'appuyant sur les textes antiques et sur de nombreux vestiges archéo-logiques, en Gaule et au-delà, ainsi que sur les résultats des analyses les plus novatrices destinées à identifier les traces des boissons contenues dans les vases.

  • Septembre 1845. La conquête de l'Algérie paraît terminée. L'armée française contrôle tout le pays, à l'exception du Sahara. L'encombrant maréchal Bugeaud annonce sa démission. C'est alors qu'Abd el-Kader, réfugié au Maroc, reprend la lutte. Il anéantit une colonne française à Sidi-Brahim, prélude à une brillante campagne, dans laquelle il démontre ses qualités de stratège. Les plateaux d'Oranie, le massif du Dahra, la plaine du Chélif s'embrasent à l'appel des confréries. La France des notables s'obstine et envoie des renforts. Les généraux de l'armée d'Afrique recourent à des méthodes tristement éprouvées. L'insurrection est écrasée. L'armée triomphe, mais l'avenir de la colonisation demeure encore bien incertain. Jacques Frémeaux signe le premier ouvrage de fond sur cet épisode méconnu de la « pacification » française en Algérie.

  • La variété des conceptions de l'au-delà révèle combien la question du trépas constitue l'un des fondements des sociétés humaines. Comment celles-ci se représentent-elles l'acte même de mourir ? À quelles nécessités sociales ou religieuses répondent l'inhumation, la crémation ou la momification des dépouilles ? Quelles que soient les formes qu'elles revêtent, les funérailles témoignent toujours de la volonté de préparer la vie du défunt dans un autre monde. C'est ce que nous confirme cet ouvrage à travers l'étude de sociétés aussi diverses que celles de la Grèce et de la Rome antiques, du Moyen Âge chrétien, de la Chine ou de l'Inde. Il montre l'extraordinaire créativité des hommes dans leur face-à-face avec la mort, qu'ils soient juifs, musulmans, bouddhistes, amérindiens ou mélanésiens. Mais au-delà des imaginaires et des rites qui distinguent toutes ces cultures, un socle invariant les réunit : dans toutes les religions, monothéistes ou polythéistes, tribales ou universelles, la mort ne s'oppose pas à la vie, mais à la naissance. La vie continue, croit-on, après la mort.

  • Et si notre Univers n'était qu'un parmi d'autres ? Et si chaque homme possédait une infinité de doubles ? Idée folle ? Pas si sûr. Multivers, mégavers, plurivers... Cette idée n'est pas neuve. Dès l'Antiquité, des philosophes comme Démocrite ou Lucrèce en ont évoqué la possibilité. Au XXe siècle, elle revient en force sur le devant de la scène. Pour les théoriciens du Big Bang comme pour ceux de la mécanique quantique, elle est une hypothèse qui permet de résoudre quelques-unes des questions demeurées sans réponse : par quel miracle les lois de l'Univers sont-elles réglées de telle façon que la vie y est possible ? Comment deux théories en apparence irréconciliables, la Relativité générale et la physique quantique, peuvent-elles être assemblées en un seul système unificateur ?
    En un style clair et accessible, Tobias Hürter et Max Rauner racontent la vertigineuse épopée des théories physiques, faite de changements radicaux de paradigme et de violentes controverses. Ou quand la physique devient métaphysique, et la science rejoint la fiction...

  • L'empereur Justinien

    Pierre Maraval

    Une histoire de l'Empire romain d'Orient sous le règne de Justinien, au VIe siècle. Justinien a marqué de son empreinte l'Antiquité tardive. Sous son autorité, l'Empire, réformé, brille par de grandes réalisations. La construction de Sainte-Sophie, la reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie, l'instauration d'un code législatif pérenne sont quelques-unes de ses grandes oeuvres. Cependant, si Justinien a été le dernier empereur à avoir réuni les deux parties de l'Empire romain, c'est au prix de l'appauvrissement de sa partie orientale. Et sa codification du droit romain n'a pas supprimé de grandes injustices sociales.
    Cadre du règne, établissement de nouvelles lois, guerres de reconquêtes ou guerres défensives, réalisations architecturales, problèmes sociaux et économiques, politique religieuse : Pierre Maraval nous décrit ici le quotidien de l'Empire et décrypte une des plus grandes figures de l'histoire byzantine.

  • Sédentarisation, agriculture, élevage : avec la Révolution néolithique, l'espèce humaine accomplit la plus profonde mutation de son histoire. Révolution culturelle.
    Révolution des symboles. Révolution dans la division du travail. Révolution technologique, avec la naissance de l'irrigation qui permet de vastes surplus de production.
    Révolution intellectuelle, marquée par l'apparition du sacré et la construction des premiers systèmes de pensée hiérarchisés.
    Devenu un classique, l'essai de Jacques Cauvin fait revivre cette époque fondatrice de transition qui vit l'homme tourner le dos à sa condition de chasseurcueilleur et jeter les fondements des premières sociétés organisées. Car c'est bien dans la Révolution néolithique que s'enracine l'état présent de l'humanité.

  • L'avenir de Dieu

    Jean Delumeau

    60 ans de vie intellectuelle et spirituelle sont racontés dans cet ouvrage pour découvrir ou redécouvrir le parcours de Jean Delumeau. De la vie économique à Rome au XVIe siècle à l'histoire culturelle du paradis en passant par les ressorts de la peur à la Renaissance, les thèmes chers à ce grand historien couvrent un large spectre. Ces nombreux travaux sur les mentalités religieuses, et sans doute aussi sa propre foi, l'ont poussé, tout au long de sa vie, à s'interroger sur les inquiétudes contemporaines, le besoin de sécurité et l'avenir du christianisme.

  • Au fil de l'évolution, les animaux adoptent des comportements particuliers afin de mieux poursuivre leur route. Ces adaptations favorisent parfois des congénères au détriment de leur propre survie. Comment est-ce possible ? L'entraide chez des fourmis et des primates serait-elle gouvernée par des mécanismes et des représentations comparables ? Dans quelle mesure l'observation des comportements peut-elle nous renseigner sur la cognition et les émotions des animaux ? Quelles représentations ont-ils des autres et d'eux-mêmes ? Quelle est la nature des échanges dans les groupes et des « manipulations » sociales ? Enfin, dans quelle mesure les questions posées par l'éthologie permettent-elles de situer l'homme parmi les autres espèces au sein du règne animal ?
    Un ouvrage didactique et accessible qui interroge le grand mystère des comportements animaux et ce qu'ils peuvent nous apprendre sur nous-mêmes.

  • Qu'est-ce qu'une invention ? Comment se produit-elle ? Quelles sont les circonstances de son éclosion ? De quelle façon se traduit-elle sur le plan archéologique ? Comment peut-on identifier le moment de son apparition ? Est-elle spécifiquement humaine ? Suppose-t-elle des capacités cognitives particulières ? Comment se transmet-elle ? Balayant les 3 millions d'années de notre préhistoire, retraçant les grandes lignes de l'histoire de l'humanité, et rappelant quelles sont les inventions majeures qui l'ont rythmée, Sophie A. de Beaune livre ici un essai passionnant.

  • Que cherchent les préhistoriens ? Comment traduit-on l'éclat de silex, le fragment d'os, le galet ocré, en une réalité sociale, technique, spirituelle ? Comment analyse-t-on le vestige en termes de déplacements, de territoires, de communautés ?
    Reconstituer la vie quotidienne de nos ancêtres, saisir et décrire leur univers symbolique relève de l'enquête policière, ou presque. L'investigation se révèle parfois impossible, souvent hors de portée, toujours difficile. Et moins que toute autre discipline savante, la préhistoire ne peut faire l'économie de la part de fiction que comporte toute science. Les chercheurs qui tentent de lever le voile convoquent aussi, nécessairement, notre plus profond imaginaire.
    Ce livre leur donne la parole. Ce sont des spécialistes, archéozoologues, technologues, pariétalistes. mais aussi des candides, historiens, muséographes, professionnels du tourisme, qui nous racontent, ici, la métamorphose du « matériel » en « rituel », de la chose en signe, du débris en passé.

  • La Méditerranée au XIVe siècle, un modèle pour comprendre l'Asie de l'Est du xxie siècle ? C'est la thèse de François Gipouloux dans cette somme ambitieuse.
    La « Méditerranée asiatique », qui s'étend de Vladivostok à Singapour en passant par la mer Jaune et la mer des Célèbes, est l'un des grands poumons de l'économie mondiale. Un espace maritime bordé de métropoles portuaires, de pôles industriels et de places financières, caractérisé par l'autonomie des centres urbains. L'Asie de l'Est, et en particulier la Chine, bascule lentement de son assise continentale, collectiviste et autarcique, vers l'Asie maritime, ouverte et commerçante. Elle réactive ainsi une tradition éteinte depuis la fin des grandes expéditions qui, au début du XVe siècle, avaient conduit les flottes chinoises sur les côtes de l'Afrique orientale. Une étude fondamentale, dans la tradition des grands travaux de Fernand Braudel.

  • Charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, etc. : c'est toute la vie quotidienne des chantiers du Moyen Âge qui est restituée ici. Importance de la main-d'oeuvre, fourniture et prix des matériaux, outillage, transport, répartition du travail, hiérarchie et salaires, place de l'architecte, diversité des lieux investis par les constructeurs et rôle de la loge où travaillent apprentis et compagnons : Philippe Bernardi raconte comment l'on bâtissait au temps des cathédrales.
    Traitant des divers types de constructions de l'Europe occidentale, et des apports les plus récents de la recherche (sources écrites, iconographiques, archéologiques ou issues des laboratoires), il rend vivante autant qu'il l'élargit l'histoire de ces artisans du Moyen Âge.

  • Une histoire totale des empires coloniaux à leur apogée.

    Le début du xxe siècle correspond à la plus grande expansion des empires coloniaux, aboutissement d'une suite de conquêtes ininterrompues depuis le xvie siècle. Ces conquêtes imposent aux pays dominés non seulement des modes de gouvernement qui leur sont étrangers, mais aussi la mise en relation économique et culturelle de mondes qui, longtemps, s'étaient ignorés. Cet ouvrage invite à revisiter ce passé qui constitue un héritage commun à une grande partie des peuples des cinq continents. Loin de n'être qu'un simple complément exotique à la « grande Histoire », l'épisode colonial représente la phase préparatoire aux phénomènes actuels, si débattus, de la mondialisation.

  • Une histoire romaine vue par le prisme de son armée.
    Iie siècle après Jésus-Christ : Rome est à son apogée. Son empire, immense, s'étend de l'Atlantique à la Mer noire, de la Méditerranée aux confins de l'Orient. Pierre angulaire du système impérial, l'armée multiplie les conquêtes et assure leur pérennité. Sa réputation est sans égale. Reflet des circonstances politiques, économiques et sociales, elle est pourtant loin d'être une armée parfaite. Désertions, passages à l'ennemi, mutineries ne sont pas rares. Aussi les Césars se sont-ils attachés, en recourant aux punitions, aux récompenses, et avant tout à la discipline, à faire de l'ensemble une machine de guerre efficace. Machine de guerre qui eut des moments de faiblesse, connut de cuisantes défaites et profita de circonstances extérieures favorables, comme la division de ses ennemis.
    Nourri aux meilleures sources, croisant les textes littéraires, juridiques, les inscriptions et les résultats des fouilles archéologiques, l'ouvrage de Catherine Wolff offre une synthèse vivante de cette histoire militaire, de l'époque républicaine à la mort de l'empereur Commode en 192 apr. J.-C.

  • La folie de Charles VI

    Bernard Guenée

    5 août 1392. Le jeune roi Charles VI est saisi d'une hallucination furieuse et se rue sur son frère, l'épée haute. C'est la première crise de ce prince installé pour trente ans dans sa maladie. Jamais on n'avait vu, jamais on ne devait revoir situation si extraordinaire : que faire d'un roi fou ?
    Bernard Guenée décrit la maladie avec les yeux, les mots et les concepts des contemporains désemparés. Dangereux, inapte à gouverner alors que le royaume est aux prises avec les plus graves difficultés, Charles VI n'est pourtant ni déposé ni écarté du pouvoir. Jamais roi si faible n'a porté en sa personne une idée plus forte de la royauté sacrée. La folie de Charles VI est pour quelque chose dans la construction de l'État moderne.

  • Ces gens-là

    Colette Pétonnet

    Français, étrangers, juifs, musulmans, chrétiens ou sans religion, « ces gens-là » ont une chose en commun : vivre dans une « cité de transit » de la France des années 1960. Là, dans les immeubles sans âme d'un territoire imprécis et périphérique, cohabitent déclassés, pauvres, migrants et assistés. Colette Pétonnet les écoute, les observe et note. Rien ne lui échappe de l'organisation et des rapports d'un « groupe » qui n'existe que par le regard et le rejet des autres. Plus que l'oeuvre pionnière d'une talentueuse ethnologue, cette enquête constitue une pièce fondatrice de l'histoire des banlieues françaises.

    Lors de sa parution en 1968, Ces gens-là eut un écho immense, électrique. Exposer scientifiquement, sans jugement ni misérabilisme, le quotidien des « sous-prolétaires » dérangeait aussi bien l'homme ordinaire que les intellectuels. Un effet qui reste intact aujourd'hui.

    Préface de Roger Bastide.

    Postface de Liliane Kuczynski, Thierry Paquot et Daniel Terrolle.

  • En 1912, Émile Durkheim publie Les formes élémentaires de la vie religieuse.
    Se fondant sur des études menées au sein des communautés aborigènes australiennes, Durkheim y analyse la dimension structurante du religieux, au travers notamment de l'élaboration des rites.
    Un grand classique que la montée du fait religieux place au coeur des débats les plus contemporains.

  • La question d'Orient

    Jacques Frémaux

    Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise les tensions. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au coeur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition.

    L'« Orient », qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur.
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  • Les langues n'échappent pas à la mondialisation. Certaines sont de plus en plus parlées, d'autres de moins en moins. Selon les lieux, les nécessités, les besoins et les politiques, les individus recherchent celles qui leur sont le plus utile ou le plus profitable : ainsi, le « marché aux langues » n'est pas le même à Dakar, à Hong-Kong, à Barcelone ou à São Paulo. Mais alors, quelles chances peut avoir une langue de subsister sur ce marché, quels risques a-t-elle d'en disparaître ? Cet ouvrage original, nourri d'exemples concrets, jette les bases d'une « politologie linguistique » qui permet de lire la mondialisation à travers son versant linguistique, d'élaborer des hypothèses sur l'évolution de cette situation et d'en explorer les modes possibles de gestion, afin, éventuellement, d'influer sur le sort des langues.

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