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  • Cavanna et Gouny, Ponticelli et Turquet, Aussudre et Taravella... étrangers et provinciaux, les migrants règnent sur le bâtiment tout au long du XXe siècle.

    Secteur-clé de l'économie française, le bâtiment a trouvé dans la banlieue parisienne un terreau fertile où des populations nouvelles ont fait de la petite entreprise un marchepied pour l'insertion, voire l'ascension. Migrants limousins et italiens s'y bousculent et créent un marché du travail inédit. Tour à tour salariés, intermédiaires, patrons, ces villageois d'origine transforment leurs savoir-faire paysans en qualifications professionnelles recherchées.

    Au coeur des entreprises, la famille fait office de soutien, d'associé, de main-d'oeuvre. Frères et soeurs, épouses et enfants, jouent chacun leur partition dans des compositions changeantes qui traversent les crises des années 1930 et 1970 et qui, pendant la croissance de l'après-guerre, assurent des emplois stables. En détaillant les mécanismes du fonctionnement de l'entreprise familiale, en écartant les clichés qui demeurent attachés aux petites firmes, Manuela Martini renouvelle la compréhension et l'histoire de la « première entreprise » de France.

  • Îlot de solitude, particule élémentaire d'un infini maritime, Tromelin est perdue au milieu de l'océan Indien. Confetti inhabité et hostile d'un kilomètre carré, l'« île de sable » émerge à peine en 1722, date de sa découverte. Elle ne devra sa renommée qu'à un tragique épisode. En 1761, l'Utile y fait naufrage et abandonne sa « cargaison » d'esclaves malgaches ; les survivants ne seront secourus que quinze ans plus tard. Une survie dont les conditions sont désormais bien connues grâce aux recherches archéologiques menées de 2006 à 2013.

    Dans cet ouvrage abondamment documenté et illustré, Max Guérout reconstitue l'histoire de ce grain de sable depuis le début du xviiie siècle jusqu'à nos jours. Il en reconstruit la mémoire éclatée, marquée par les escales fugaces de quelques navigateurs, hydrographes ou militaires curieux. Il s'attache en particulier à reconstituer l'histoire des équipes de la station météorologique française installée sur l'île en 1954. Tirant chacun des fils laissés par ces résidents de passage, Max Guérout nous livre ici le fruit d'un long et patient travail autour de l'écheveau des souvenirs.

  • Parmi les dix mille îles et îlots de Méditerranée, moins de trois cents seraient habités et seulement deux cents mesureraient plus de 5 km2. Ces îles sont des entités géologiques et géographiques complexes où coexistent des formations de roches très anciennes et d'autres créées très récemment (îles volcaniques). À la fois ouvertes sur l'horizon et les côtes continentales voisines, elles restent, paradoxalement, relativement fermées de par leur isolement, créant ainsi des spécificités quant à leur biodiversité et leur colonisation par les sociétés humaines. Les îles de Méditerranée forment ainsi un objet d'étude privilégié pour la géoarchéologie. Cette dernière emprunte les concepts, les méthodes et les techniques de disciplines relevant des sciences humaines et environnementales (l'archéologie, l'épigraphie, la philologie, la géographie, la paléoécologie, la paléontologie...).

    Cet ouvrage établit un premier état des connaissances dans le domaine de la géoarchéologie des îles de Méditerranée. L'éclatement géographique de ces dernières, ainsi qu'une histoire de l'occupation propre à chacune, démontrent toute la difficulté de globaliser ces espaces géographiques, progressivement transformés en territoires sous l'action répétée des sociétés humaines. Des spécialistes dressent ici les relations complexes entre les dynamiques et les processus paysagers et les logiques d'occupation humaine depuis la fin du Pléistocène.

    Le présent ouvrage recueille vingt-quatre contributions regroupées dans cinq parties intitulées « Anthropisation et mutations paysagères à la transition Paléolithique/Néolithique »; « Mobilité et reconstitution des anciens niveaux marins depuis la fin de la dernière grande glaciation quaternaire » ; « Adaptation aux mutations paysagères à l'échelle intra-site: la nécessaire prise en compte des paramètres environnementaux » ; « Deltas, lagunes et marais : des interfaces propices à l'implantation des sociétés humaines » et « Matières premières: exploitation et interactions ».

    Cet ouvrage s'adresse principalement à des spécialistes de géographie, d'archéologie et de paléoécologie mais aussi à un public plus large : étudiants des niveaux L-M-D, enseignants et simples néophytes souhaitant s'initier aux concepts, méthodes et techniques de la géoarchéologie.

  • Comment Le´onard a-t-il invente´ ses machines de vol ? Comment des me´thodes de tissage ont-elles e´te´ transpose´es dans des techniques de guerre, des instruments de meunerie ou dans la fabrication de cosme´tiques ? Comment comprendre les rapports entre des artefacts pre´historiques sans source textuelle ? Comment a-t-on pu me´caniser le ge´nie, des re´ductions en art au « raisonnement par cas » ? Le point de de´part de ce livre est que l'analogie joue un ro^le crucial dans l'invention, la circulation et l'appropriation des techniques. C'est aussi un puissant motif de rationalisation et compre´hension des techniques selon des logiques ope´ratoires, aux co^te´s de l'analogie ge´ne´tique, ou structurelle, ou encore fonctionnelle. Ces re´sonances justifient cet ouvrage pluridisciplinaire re´unissant historiens des techniques, arche´ologues, psychologues cognitivistes, historiens de l'art, muse´ographes, philosophes des techniques, informaticiens et the´oriciens de l'analogie.

    Sous la direction de Sophie A. de Beaune, Liliane Hilaire-Pérez et Koen Vermeir.

  • La révolution néolithique est sans doute l'un des événements majeurs de l'histoire humaine. Indépendamment, dans plusieurs régions du monde, des espèces animales et végétales sont domestiquées, permettant une maîtrise des ressources alimentaires.

    Il en résulte une explosion démographique sans précédent qui conduit en quelques millénaires à des sociétés inégalitaires et violentes où apparaissent des villes et des États. Cet ouvrage, associant les points de vue d'archéologues, d'anthropologues, de linguistes, de généticiens, d'agronomes, s'interroge sur les causes de cette révolution et en décrit les diverses formes dans les principales régions du monde - Proche-Orient, Afrique, Chine, Amériques, Océanie, Japon - grâce aux acquis les plus récents de la recherche.

    En résulte une analyse des conséquences sociales, économiques, culturelles, mais aussi écologiques et démographiques de l'invention de l'agriculture et de l'élevage qui est, peut-être, la première grande rupture des équilibres entre l'homme et la nature.

  • Les enquêtes d'opinion et statistiques sont aujourd'hui une part inte´grante du paysage de nos socie´te´s de´mocratiques. Une pratique que l'on trouve le´gitime mais dont on peine a` imaginer qu'elle ait pu exister avant la Re´publique, de`s l'Ancien Re´gime et me^me dans ce lointain Moyen Age, si antagoniste a priori avec les usages politiques et les modes d'information contemporains.

    Pourtant, de`s le XIIIe sie`cle en Occident, les princes et les communes qui incarnent l'autorite´ publique cherchent a` mettre en oeuvre l'ide´al du Bon Gouvernement en faisant reposer la prise de de´cision puis l'action politique sur l'information obtenue des sujets, la « ve´rite´ » juridiquement construite a` partir des te´moignages recueillis, et le contro^le des agents publics.

    Le « dialogue » entre gouvernants et gouverne´s s'e´tablit de la sorte a` plusieurs niveaux ; il repose sur la parole mise en forme par l'e´crit dans le cadre des proce´dures d'enque^te, sur la transformation de la « re´alite´ » en « ve´rite´ ».

    Les historiens re´unis dans cet ouvrage cherchent a` comprendre les me´canismes originels de ce processus en le replac¸ant dans le contexte plus large des usages de la parole - recueillie, transcrite, transforme´e - dans les modes de gouvernement me´die´vaux, en posant quelques jalons du devenir de l'enque^te a` l'e´poque moderne, en ouvrant enfin la perspective au monde ottoman dont les pratiques en ce domaine sont originales.

  • La géoarchéologie s'impose aujourd'hui comme une composante majeure de la compréhension des interactions complexes Sociétés-Environnement sur le temps long. Cet ouvrage, le premier du genre, dresse un bilan des recherches géoarchéologiques conduites dans les universités, au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), à l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et dans les SRA (Services Régionaux de l'Archéologie) depuis trente ans.

    Les cinq parties de l'ouvrage étayent l'ensemble des champs d'application de la géoarchéologie française : « Paléoenvironnements, biogéographie et paysages » ; « Les hydrosystèmes fluviaux, entre climat et anthropisation » ; « Alluvionnement, peuplement, stratégies et formes d'adaptation » ; « Ressources en eau, risque et aménagement » ; « De la mobilité du trait de côte à la contrainte portuaire ». Une attention particulière est accordée aux attendus épistémologiques, aux concepts et aux méthodes d'investigation sur le « terrain » de la géoarchéologie moderne, par essence interdisciplinaire. Les sites archéologiques sont étudiés dans des contextes environnementaux variés : fluvial, deltaïque et littoral, zones humides, îles et environnements urbains. Chaque « grand chantier » présenté, qu'il se situe en France ou à l'étranger (Albanie, Égypte, Grèce, Italie, Luxembourg, Mali, Maroc, Turquie), fait état des dernières découvertes, des méthodes les plus pertinentes, des synthèses les plus à jour, des hypothèses les plus solides sur les interactions spécifiques entre l'Homme et son environnement depuis des milliers d'années.

    Conçu à partir d'une pratique forte du terrain, de l'enseignement et de la diffusion scientifique, ce livre s'adresse à un large public : enseignants, chercheurs, étudiants L-M-D, archéologie préventive, conservatoires du patrimoine, musées archéologiques, grand public curieux de connaissances pluridisciplinaires de son patrimoine archéologique replacé dans son contexte environnemental. L'étudiant y trouvera un véritable support de cours dispensés à l'Université et dans les écoles d'urbanisme, d'architecture et de paysage, le chercheur disposera d'un ouvrage exhaustif mettant en exergue des méthodes choisies et transposables à ses propres sites d'étude. L'ouvrage fait également valoir un engagement théorique, des choix d'approche et une perspective débouchant sur une meilleure connaissance de nos « patrimoines territoriaux », désormais pris en compte dans toute démarche d'aménagement (archéologie préventive). Cette connaissance est devenue « l'incontournable » du géographe, de l'urbaniste, de l'architecte, du paysagiste, du responsable de projet d'aménagement...

  • Pierre Chuvin est un voyageur des textes et des terres. Curieux, créatif, inépuisable, il continue d'explorer trois horizons, dont chacun suffirait à combler les réalisations d'une carrière. D'un pied sûr, il suit les chemins magnifiques et parfois de traverse de l'Antiquité, de l'Asie centrale et de la Turquie moderne. Des perspectives si variées ne pouvaient trouver leur développement dans l'espace d'un seul ouvrage.0Le présent volume a ainsi pour objet le domaine auquel Pierre Chuvin a consacré ses recherches académiques et son enseignement. universitaire : l'étude des textes de l'Antiquité, de préférence tardive.0Les textes réunis et présentés ici, écrits par des chercheurs de plusieurs pays, offrent un parcours thématique qui suit les grandes orientations des travaux de Pierre Chuvin. Un ouvrage de référence pour une recherche commune dans le domaine des sciences de l'Antiquité et l'étude du mélange des cultures autour de la Méditerranée.

    Textes réunis par Delphine Lauritzen et Michel Tardieu.

  • Il y a 12000 ans, un village, parmi les premiers de l'humanité, s'installe sur les rives de l'Euphrate syrien. Découvert en 1989, le site archéologique de Jerf el Ahmar est devenu l'un des jalons majeurs de la « révolution néolithique ». Vers 9500 av. J.-C., l'art de bâtir y atteint un niveau inédit. Ici s'inventent les premières formes de maisons rectangulaires, chaînages d'angle, escaliers, toitures complexes et autres énigmatiques « bâtiments collectifs ». Des quartiers se forment et s'organisent savamment. Des places se dégagent. Les constructions témoignent d'une créativité intense alors même qu'apparaissent timidement les formes d'une première agriculture.

    Danielle Stordeur, qui a dirigé la fouille jusqu'à la disparition du site sous les eaux d'un barrage en 1999, analyse dans ces pages toutes les métamorphoses architecturales de Jerf. Dans un premier temps, l'ensemble des constructions est décrit selon trois éclairages : techniques, formes, usage. Puis l'archéologue nous présente le village et précise ses transformations. En passant d'un épisode à l'autre, elle montre comment la préparation du terrain se fait plus collective, les espaces communs se multiplient, des bâtiments communautaires sont édifiés. Et comment une différenciation sociale apparaît. Dans ce site, où l'occupation a été continue, même lorsqu'un incendie détruit tout, on décèle les signes clairs des mécanismes de transmission et de mémoire.

    Dans cet ouvrage accessible, écrit de manière didactique, Danielle Stordeur ne livre pas seulement les résultats de ses fouilles. Elle mène l'enquête en passant d'une pièce à l'autre, du grenier à la cave, en nous frayant un chemin à travers le labyrinthe des piliers et des murs. Elle accumule les indices pour éclairer des savoir-faire, pour nous révéler les dynamiques de l'espace villageois et les transformations de l'organisation sociale.

    Dans une période sans écriture, l'architecture de Jerf se mue en un miroir fragile et précieux de la société néolithique.

  • Depuis l'Antiquité, le thermalisme entretient avec la médecine et les pratiques de santé des relations complexes, ambivalentes, voire conflictuelles.
    En couvrant une aire géographique intégrant les espaces européens et méditerranéens, cet ouvrage questionne un phénomène qui a une longue histoire, mais dont les développements et les caractéristiques restent encore souvent à préciser. Il vise à dégager, dans une perspective diachronique, les grandes tendances du développement du thermalisme (aussi bien médical que récréatif) et à souligner les difficultés que l'étude du phénomène suscite. Les études présentées concernent ses principaux aspects (architecturaux, économiques, politiques, culturels et médicaux) et sont toutes fondées sur une grande richesse documentaire, textuelle et/ou archéologique.

  • Tel le « Jardin de la Corse », c'est ainsi que la Balagne apparaît dans l'imaginaire des insulaires et des continentaux depuis la fin du xviie siècle. Enserré par la mer, la montagne et les déserts du nord-ouest de l'île, ce territoire d'à peine 1000 km2 laisse une indéniable impression de richesse, celle d'un terroir où abondent la vigne et les arbres fruitiers. Mais la Balagne est aussi depuis le Moyen Âge un pays de petites villes, telles Calvi ou Algajola, relais économiques et politiques entre la Corse et les cités italiennes et françaises.

    Or, depuis un demi-siècle, la Balagne connaît une pression résidentielle et touristique inédite qui pose avec acuité la question de la durabilité de son développement.
    /> La Corse, qui se singularise en Méditerranée par une géographie montagneuse, une biodiversité et un endémisme remarquables tout autant que par une identité et une culture préservées, est devenue l'une des premières destinations de l'industrie touristique européenne. Pourtant, entre Belgodere, Calenzana et les ports de L'Île-Rousse ou de Calvi, rien ne semble encore définitivement joué en matière d'occupation des terres et d'aménagement de l'espace.

    En se centrant sur la notion d'« urbanisation », cet ouvrage retrace la géographie, l'histoire et l'économie de l'occupation humaine sur le littoral balanin durant un millénaire (xie-xxie siècle). Les auteurs établissent les continuités et les ruptures dans l'utilisation de ses ressources, en particulier foncières et en mesurent l'impact territorial. Menée de la naissance des premières villes au Moyen Âge jusqu'à la pression urbano- touristique contemporaine, l'analyse comparatiste montre comment, à trois moments- clés de son évolution, le système territorial balanin a fait preuve de résilience.

    Une recherche fine qui vient apporter sa pierre à l'édifice d'une analyse plus globale des conditions d'habitabilité du littoral méditerranéen. Un livre qui éclairera le citoyen comme le décideur public soucieux d'un développement équilibré.

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