Cnrs

  • Le retour des frontières, dans les faits et les consciences, est une bonne nouvelle. À condition de l'interpréter et d'en user avec discernement. Celles-ci n'avaient jamais disparu, sauf sur nos cartes mentales de voyageur européen. Une frontière n'est pas un tracé abstrait mais une institution, et la franchir aisément ne l'annule pas. Abolir les frontières, c'est faire disparaître les États. Un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l'horreur daechite nous a rappelé.

  • Entre la peur et la compassion, entre le besoin de sécurité, de limites et de frontières d'une part, et le sentiment d'un devoir de sauvetage des victimes d'un monde chaotique d'autre part, y a-t-il place pour un principe partagé, universel, qui ferait des migrants, plutôt qu'un problème, une cause pour tous, au sens d'une épreuve qui nous tire en avant, vers la compréhension et le désir d'un monde commun ?

  • Les tribus

    Maurice Godelier

    En bref L'éloge, vivant, pédagogique et enjoué, de l'anthropologie, comme
    besoin irrépressible d'une compréhension culturelle de l'homme à l'heure de la
    mondialisation. Par l'une des grandes figures de cette discipline fondamentale.
    Le livre Le plus éminent disciple de Claude Lévi-Strauss revient ici sur le
    sens ultime de la discipline qu'il a savamment illustrée. Qu'est-ce que
    l'anthropologie ? Quelle révolution a-t-elle causé au sein des sciences
    humaines ? Et de quelle vision de l'histoire et des civilisations témoigne-t-
    elle ? En un essai d'intervention, brillant et incisif, ce sont tous nos
    présupposés, nourris par la société mondiale du marché, qu'interroge Maurice
    Godelier. Oui, la compréhension des cultures est la clé du monde de demain.
    Non, la globalisation ne peut se faire au prix d'un consumérisme indifférencié.
    La quête de sens, venue du fond des âges, persiste. Elle s'est désormais donnée
    des outils savants pour découvrir l'altérité. Car il n'est d'unité que des
    différences et il ne saurait y avoir d'universalité qui ignore le particulier.
    Un plaidoyer pour l'homme, et pour tous les hommes. Un livre éclairant sur les
    vraies urgences d'aujourd'hui. L'auteur Normalien, agrégé de philosophie,
    directeur d'études à l'EHESS, ancien directeur scientifique du département SHS
    du CNRS et du musée du Quai Branly, Maurice Godelier est l'auteur d'une oeuvre
    féconde, couronnée de nombreux prix et traduite à l'étranger, dont Au fondement
    des sociétés humaines qui, en 2007, a rencontré un vif succès. Arguments *
    Ventes de Communauté, société, culture : 3 000 exemplaires * Le manifeste du
    disciple de Lévi-Strauss * Une clé essentielle pour comprendre le XXIe siècle

  • Qu'est-ce que les OGM ? Des productions de laboratoires qui, pour certaines, demeurent au service des scientifiques, et ne sortent pas des laboratoires. Mais les plus connues, les plantes génétiquement modifiées (PGM), sont des créatures volages que leurs promoteurs s'efforcent de substituer aux plantes natives, sans prendre en compte les bouleversements imposés au monde paysan, aux plantes indigènes et aux êtres vivants. Elles bénéficient de l'énorme appareil commercial des multinationales, qui les brevètent, les vendent et vantent leurs résultats pour les imposer sur le marché mondial.
    C'est parce que la révolution génétique a conduit à une conception atomisée du vivant que les OGM existent : les secrets de la vie, des spécificités individuelles, des pathologies et des traitements, tout serait décelable et modifiable dans la molécule d'ADN, et la modification ou l'addition d'un gène ne modifierait que la fonction accordée à ce gène. La négation de la complexité du vivant permet ainsi la culture d'un OGM sans s'embarrasser des études et des expertises toxicologiques.
    Une situation grave parce qu'elle relève autant des intérêts d'une industrie que de l'idéologie.
    La controverse échappera-t-elle toujours à la science ? Et la seule question qui vaille n'est-elle pas : à qui profitent les OGM ?

  • Depuis une dizaine d'années, les conséquences sécuritaires et politiques du changement climatique sont devenues un sujet de préoccupation. On parle de "guerres climatiques". On explique la révolution puis la guerre civile syrienne par des années de sécheresse. On imagine l'effondrement d'Etats, des déplacements de millions de réfugiés climatiques, la multiplication des conflits de grande ampleur, un monde sombrant possiblement dans le chaos.
    Ces craintes sont-elles, réellement et scientifiquement, fondées ? Point par point, Bruno Tertrais revient sur cette question essentielle. Point par point, et de manière extrêmement documentée, il montre que, si le changement climatique actuel est porteur d'incertitudes pour l'avenir, il s'agit, précisément, de ne pas les ériger en certitudes ni de dramatiser : ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons développer des discours et des politiques responsables.

  • La récente polémique franco-chinoise sur la restitution de bronzes du Palais d'Eté, celle sur les Cariatides du Parthénon, ou encore la restitution des momies égyptiennes illustrent le débat de plus en plus vif qui oppose les pays « spoliés » aux pays, musées et collectionneurs « détenteurs » d'oeuvres d'art considérées comme universelles.
    Le livre d'Emmanuel Pierrat pose la question : quelle est la légitimité de ces revendications ? Sont-elles seulement l'expression de la volonté de récupérer un patrimoine pillé autrefois par les Européens ? Au-delà des querelles sur la conservation des oeuvres d'art et leur mise à disposition du public, ces revendications sont devenues un enjeu politique majeur et un point de friction « culturelle » avec des Etats qui veulent récupérer leur histoire.
    Dans ce texte percutant et parfaitement informé, l'auteur expose aussi la position de la France et ses ambiguïtés : elle n'a ratifié qu'en 1997 le traité international adopté le 14 novembre 1970 à Paris et n'a toujours pas ratifié la Convention « Unidroit » de 1995 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés. Nul ne s'étonnera que la patrie des Arts et des Lettres traîne des pieds : les collections publiques contiennent trop d'oeuvres pillées au gré des invasions et de la colonisation, sans même évoquer la Shoah.
    Problème complexe mêlant droit, morale, argent, préjugés, et conservatisme, la restitution des oeuvres d'art est abordée ici de façon érudite et émaillée d'anecdotes édifiantes.

empty