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  • Les sites fossoyés et palissadés constituent certainement l'une des manifestations architecturales les plus remarquables des populations du Néolithique moyen. L'occupation chasséenne de Château-Percin à Seilh (Haute-Garonne), ceinturée par deux systèmes d'enceintes successifs, a livré plusieurs milliers de vestiges d'un rempart massif élaboré en bois et en terre crue. Un violent incendie est à l'origine à la fois de la destruction et de la préservation partielle de ce témoin exceptionnel qui permet d'appréhender l'architecture et les techniques de mise en oeuvre de ces ouvrages au caractère monumental souvent supposé mais rarement observé.

  • Des terres noires fertiles de Limagne aux plateaux sablo-argileux de la Sologne bourbonnaise, les paysans du Moyen Âge ont façonné des paysages que l'on connaît encore aujourd'hui. Mais l'histoire de leur implantation sur ces terres n'a rien de linéaire. Pour la première fois depuis les années 1960, une équipe réunissant archéologues, historiens, géologues, carpologues, céramologues et autres spécialistes propose une synthèse sur les formes de l'habitat rural en Limagne et Sologne bourbonnaise au Moyen Âge. Une grande partie des informations architecturales, techniques et environnementales restaient, en effet, inexploitées. Cette diversité des approches a permis un regard renouvelé sur les conditions d'implantation des populations rurales, notamment en étudiant les marqueurs géologiques de catastrophe, mais aussi en replaçant toutes les études dans une perspective historique plus précise grâce à de nouvelles datations. Toute la richesse de l'économie végétale médiévale régionale s'en trouve révélée.

  • Nouvelles découvertes sur les campements des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique.
    Le mésolithique en Europe du Nord-Ouest constitue une période charnière entre le Paléolithique et le Néolithique, souvent mal connue et singularisée. L'étude des derniers chasseurs-cueilleurs, encore nomades, en particulier la structuration spatiale de leurs campements, a pourtant connu des avancées significatives ces vingt dernières années grâce à de nouvelles méthodologies et l'exploration de surfaces considérables.
    Les investigations réalisées au lieu-dit « Les Basses Veuves », à Pont-sur-Yonne, ont mis au jour des implantations mésolithiques considérables. Les vestiges bien conservés ont permis la mise au jour de structures de combustion et d'amas de débitage de silex. Des analyses fiables ont pu être menées sur les types d'outils (éclats, lamelles...) et leur production, certains « ateliers » se concentrant sur une seule phase de la fabrication, par exemple la mise en forme, d'autres rassemblant toutes les étapes de la chaîne opératoire. Surtout, l'analyse archéologique a aussi souligné l'homogénéité des occupations et leur organisation spatiale. Ces découvertes et leur étude font de cette monographie une référence en ce qui concerne le Mésolithique dans le nord de la France.

  • Recherches archologiques : une nouvelle collection Lance conjointement par CNRS Editions et l'INRAP au printemps 2011, la collection " Recherches archologiques " a pour ambition de publier des recherches d'excellence, d'intrt national ou international, issues de travaux d'archologie prventive. Elle prsentera chaque anne deux monographies de sites, une synthse et un thse novatrice. Ces ouvrages, appels devenir des rfrences incontournables, traiteront aussi bien de la Prhistoire que de l'poque moderne et contemporaine sur l'ensemble du territoire franais.
    L'ouvrage Toulouse, quartier Saint-Michel. Dans l'ancien cimetire mdival, les archologues ont men, entre 1991 et 2006, trois campagnes de fouilles, mettant au jour un grand nombre de spultures. Prs de l'glise tablie au XIVe sicle, l'quipe, compose d'archologues, d'anthropologues, d'historiens et de numismates, exhume alors un matriel nombreux, recueille une multitude de donnes anthropologiques.
    Plus qu'une simple tude de ce site majeur, cet ouvrage propose une vritable synthse de la naissance et du dveloppement du cimetire mdival.
    En dtaillant son cadre historique, les diffrentes phases repres, l'architecture des tombes, et en raisonnant les donnes anthropologiques, les archologues russissent dcrire les diffrentes phases d'utilisation de cet espace funraire, de sa mise en place jusqu' sa transformation en cimetire clos, mais aussi reprer les mutations des pratiques, des gestes funraires. Une publication exemplaire de l'archologie funraire mdivale la plus innovante.
    Les directeurs d'ouvrage Didier Paya et Jean Catalo sont rattachs l'INRAP.

    Arguments Une nouvelle collection archologique, soutenue par l'INRAP Des rsultats indits et novateurs Intrt pour le Moyen ge et le monde funraire

  • Vaste site occupé au cours de la première moitié du IVe millénaire, entre 4000 et 3500 ans avant notre ère, l'habitat chasséen de Champ Madame à Beaumont regroupe plusieurs hameaux : Artière-Ronzière, composé de douze bâtiments enclos partiellement par une enceinte, un ensemble funéraire et plusieurs espaces spécialisés ; Le Colombier et Les Foisses, deux occupations formées par des aires d'activités à vocations domestiques et artisanales. Un bâtiment et une cabane situés aux Foisses induisent également la présence d'un hameau.

    Le bâtiment 3 d'Artière-Ronzière, qui se distingue par son architecture et par les mobiliers céramique et lithique taillé recueillis dans ces fondations, semble s'inscrire dans la sphère culturelle du Chasséen méridional.

    Formant un cercle, l'ensemble funéraire compte cinq fosses sépulcrales et un petit mégalithe. Treize individus y sont inhumés, soit individuellement, soit simultanément.

    Plus généralement, l'analyse de l'architecture et des mobiliers, assez homogènes d'un point de vue chronoculturel et technique, permet de dégager des emprunts et des influx à d'autres groupes culturels qui agissent sur un substrat fortement ancré dans le Néolithique moyen I de Basse-Auvergne. Elle permet également de repérer les signes précurseurs des changements culturels et sociaux qui annoncent l'aube du IIIe millénaire avant notre ère.

  • Les cultures de l'âge du Bronze ont longtemps été ardues à déterminer pour les archéologues tant leurs manifestations sont diverses et leurs vestiges ténus. Les cultures de l'âge du Bronze ont longtemps été ardues à déterminer pour les archéologues tant leurs manifestations sont diverses et leurs vestiges ténus. Il aura fallu plus de 25 ans de recherche archéologique préventive pour comprendre que l'âge du Bronze constitue très probablement une période clé dans l'émergence des sociétés hiérarchisées pré-étatiques et dans la construction de notre environnement.
    Cet ouvrage est une première synthèse à l'échelle nationale, région par région, d'un programme de recherche toujours en cours, l'enquête nationale Bronze. Ce travail d'exploitation et d'interprétation des données archéologiques et paléoenvironnementales a permis d'apprécier le statut des installations rurales, de mesurer les liens qui unissent ces espaces pour former des réseaux de peuplement et de systématiser l'appropriation symbolique des lieux par ces populations. Il révèle également la place de milieux naturels souvent considérés, à tort, comme marginaux, dans les débuts de la diversification des systèmes socio-économiques.

  • L'étude des animaux en Gaule, leur place dans l'alimentation en particulier, s'est largement développée à partir de corpus provenant du nord de la France. Mais qu'en est-il des populations situées plus à l'ouest, dont les territoires sont largement ouverts sur les littoraux de la Manche et de l'Atlantique ? Grâce à la confrontation des données archéologiques et archéozoologiques sur près d'une vingtaine de sites et à la mise en place d'un protocole d'expérimentation et d'un tamisage raisonné, ce travail donne enfin les premières pistes de réflexion sur la particularité de ces cultures dans leur rapport à la gestion de leur milieu terrestre comme maritime. L'évolution chronologique des pratiques et leurs variations régionales témoignent d'un rapport constant entre les choix socio-économiques, la gestion de l'espace et l'exploitation d'un environnement naturel diversifié. Cet ouvrage souligne la spécificité de l'exploitation des ressources animales issues de milieux naturels fort différents, et parfois singuliers, comme les îles et les côtes, des lieux par ailleurs primordiaux dans les circuits économiques à petite ou grande échelle. La mise en perspective des résultats, dans un cadre géographique élargi, met en exergue différences et similitudes de pratiques entre ces groupes humains des territoires occidentaux et ceux d'autres régions de la Gaule au cours du premier et du second âge du Fer.

  • La découverte récente, dans la plaine d'Alsace, de sept sites néolithiques à enceintes dites de type « Rosheim » a renouvelé l'interprétation de ces vastes ensembles datés du Ve millénaire avant notre ère. Ce type d'enceinte très particulier, dont le site éponyme est localisé à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, est constitué de fossés discontinus, suivant un tracé préétabli et comblés progressivement. La nouvelle analyse de ces monuments s'accompagne d'une réflexion sur la fonction, cérémonielle ou défensive, de ces enceintes.
    Elle permet de rendre compte de façon cohérente de l'origine et de l'importante extension géographique de ce type d'enceinte que l'on rencontre au sein de nombreux groupes culturels sur plus de deux millénaires de l'histoire de l'Europe, de la Pologne à l'Angleterre et de la Bavière au Danemark.

  • Croisant des études archéologiques et des analyses archéométriques, cette synthèse présente le poids de l'économie du fer dans l'est du Bassin parisien, du premier âge du Fer au premier Moyen Âge. Les apports de cette recherche concernent les mutations technologiques dans le système de production d'objets en fer. L'attention portée à la part du recyclage dans la production modifie quelque peu les discours antérieurs sur les essais de quantification des types d'objets forgés (outils, armes, parures...). Au-delà, le lien entre le statut des sites fouillés (exploitation agricole, hameau rural, site fortifié, grosse agglomération) et le type d'activité de forge qui y a été exercée a permis de distinguer le contrôle politique de la production de certains objets. Et enfin, revenant sur des idées reçues, les auteurs se sont attachés à discerner, dans une perspective historique, les circuits de diffusion de ces objets de fer.

  • Villiers-sur-Seine ;
    Un habitat aristocratique du IXe siècle avant notre ère ;

    Les habitats de l'âge du Bronze connus entre Île-de-France et Champagne ne sont le plus souvent que des petites fermes familiales sans clôture. Édifié en un lieu visible et accessible permettant de contrôler les allées et venues sur le fleuve voisin, le site de Villiers-sur-Seine s'en distingue de tous points de vue : les deux grands bâtiments et leurs annexes étaient protégés par un système de fossés et une palissade à caractère ostentatoire. Et, même si la vallée de la Seine était déjà anthropisée à la fin du IXe siècle avant notre ère, cet habitat semble avoir eu un impact important sur l'environnement naturel proche : développement des activités agro-pastorales grâce à l'extension des prairies humides ; épisodes de défrichement pour la construction ; culture d'espèces végétales variés dont la production nécessitait une agriculture intensive ; chasse au gros gibier. À ces aspects marquant un statut social élevé des occupants s'ajoutent des activités exceptionnelles comme la métallurgie du bronze et l'organisation de repas collectifs. Villiers-sur-Seine paraît avoir été autant une plaque tournante de l'économie locale qu'un point de ralliement pour les populations aux alentours.

  • Le sanctuaire gaulois puis antique du Chapeau est localisé en périphérie nord du Mans, l'ancienne capitale de cité des Aulerques Cénomans : Vindinum. La longévité du rôle cultuel de ce site, durant environ 3 siècles, est remarquable. Son origine est probablement liée à des enclos fossoyés cultuels proches d'une ferme gauloise. Après la conquête de la Gaule sont construits des temples maçonnés et des allées. De profonds et rapides remaniements successifs transforme ce lieu en un important sanctuaire, s'étendant au moins sur 2 ha, organisé en trois zones comportant divers bâtiments, temples et enclos et un portique. De nombreux objets sont liés à la présence de fidèles et d'officiants (verreries, fibules, céramiques, nécessaires à écriture...). La richesse et la variété des données acquises et la restitution de l'histoire du site permet une réflexion sur les espaces cultuels dans le territoire attribué aux Aulerques Cénomans, où sont notamment connus ceux de Allonnes et de Aubigné-Racan, qui peut être élargie à la Gaule. Elle met en avant la variabilité des expressions cultuelles entre sanctuaires au sein d'une région cohérente sur le plan culturel et propose des modèles de fonctionnements différenciés, dans le temps mais aussi durant les mêmes étapes chronologiques.

  • Découvert à une dizaine de kilomètres au sud de Lille, le site d'Houplin-Ancoisne le Marais de Santes présente un vaste ensemble architectural élevé sur les bords de la vallée de la Deûle et daté du IIIe millénaire avant notre ère. Comprenant palissade et bâtiments, il a constitué le point de départ de la reconnaissance des structures d'habitat régionales datées du Néolithique final.
    La fouille d'une surface de plus d'un hectare, située en fond de vallée, a en outre mis en évidence une zone de rejets conservée dans un paléochenal colmaté au cours de l'Holocène. Les restes organiques piégés dans le méandre ont fourni des conditions inespérées de prélever, dans un milieu favorable, des échantillons bien calés en chronostratigraphie pour des études paléoenvironnementales. Ces dernières permettent de restituer un environnement évoluant d'un paysage marécageux bordé par une forêt dense à une chênaie enrichie en frênes se développant tant sur des sols frais et humides que sur des sols mieux drainés.
    L'ampleur des interactions entre milieu naturel et société a ainsi pu être appréhendée grâce au traitement et à l'étude, dans une démarche pluridisciplinaire, du foisonnement d'informations, tant naturalistes que culturelles.
    Le bâtiment principal, à la monumentalité d'exception, est ici analysé avec l'intégralité des mobiliers. Une contribution essentielle à nos connaissances sur le Néolithique final dans le nord de la France et sur le groupe culturel de Deûle-Escaut.

  • Cet ouvrage, issu d'une enquête nationale menée par l'Inrap, fait une présentation analytique, à l'échelle d'une grande moitié nord de la France, sur les rythmes de création et d'abandon d'établissements ruraux au second âge du Fer. Selon les régions étudiées, entre le Ve siècle avant notre ère et le Ier de notre ère furent créés des établissements ruraux qui ont pu être étudiés grâce aux opérations d'archéologie préventive sur de larges superficies.

    Ces études ont renouvelé les connaissances sur les campagnes gauloises, intégrant des données paléobotaniques, archéozoologiques et climatiques. Grâce à l'aspect systématique des études et de la présentation des recherches, cet ouvrage offre un bon aperçu de cette période, alliant l'archéologie et les faits historiques telles les migrations celtiques, l'arrivée des Belges et la guerre des Gaules.

  • Comment les Néandertaliens occupaient-ils les territoires ? De quelle manière se déplaçaient-ils ? Ces questions, qui ont fait l'objet de nombreux travaux ces dernières années, restaient difficiles à appréhender pour la partie Nord de la France. Au cours des récentes fouilles préventives réalisées dans le cadre de grands travaux, en particulier dans la vallée de la Somme, une vingtaine de gisements attribuables au Weichsélien ont été découverts (-116.000 à -11.500 ans). Ce nouveau matériel lève le voile sur les démarches et les choix des Néandertaliens dans leur gestion du territoire.
    Dans cette étude savante, Émilie Goval questionne d'abord la notion même de territoire dans les études en Préhistoire, et plus particulièrement durant la phase récente du Paléolithique moyen. Elle tente ensuite d'évaluer l'apport de l'utilisation de nouveaux outils dans la façon d'aborder la question du territoire. À l'aide d'exemples ethnographiques, ethnoarchéologiques et grâce à l'avancée des recherches en Préhistoire, il est désormais possible, entre autres grâce à la liaison des données technologiques et spatiales, de caractériser le territoire et d'analyser ces composantes. L'auteur réalise enfin une synthèse permettant de comprendre, d'identifier et ainsi de caractériser la gestion de ces espaces par les Néandertaliens durant la phase récente du paléolithique moyen.

  • Dans le Bassin parisien, à la fin du VIe millénaire avant notre ère, la néolithisation se manifeste par l'arrêt de l'expansion de la culture à Céramique Linéaire, avec la formation du Rubané récent du Bassin parisien (5100-4900 av. J.-C.), puis l'émergence et le développement de la culture de Villeneuve- Saint-Germain (4900-4700 av. J.-C.). Si ces deux « cultures » sont aujourd'hui bien caractérisées, il manquait une synthèse des nombreuses et décisives découvertes réalisées depuis une vingtaine d'années.
    Les fouilles effectuées dans la vallée de l'Aisne, la basse vallée de la Marne et, en aval de la vallée de la Seine, près de la boucle du Vaudreuil, dans la région Seine-Yonne, ont livré d'importantes séries céramiques.
    Le vaste corpus étudié (1081 vases dont 909 décorés) permet de mettre en évidence les variations stylistiques et les tendances évolutives des productions céramiques, de détecter d'éventuels emprunts culturels et de les situer par rapport aux séquences des autres régions du Bassin parisien.
    Cette synthèse explore ainsi de nouvelles pistes quant au rôle des différents groupes culturels dans la genèse des styles évoluant au cours du Néolithique ancien, et apporte des précisions sur l'une des problématiques fondamentales, spécifique à cette région, qui est celle des voies possibles de la colonisation rubanée.

  • Cet ouvrage offre une contribution nouvelle et essentielle pour l'étude du Belloisien, cette " période " où des groupes humains du Tardiglaciaire, postérieurs au Magdalénien, établissent de vastes " ateliers " de taille du silex et que l'on repère désormais, non seulement dans le Bassin parisien mais aussi dans le sud de la France ou des pays plus à l'est comme l'Allemagne.
    Le gisement du Buhot à Callevile a en effet livré une collection d'armatures relativement inédites, à troncature oblique concave, qui pose d'importantes questions techno-stylistiques.
    Destinée aux spécialistes, cette publication majeure va susciter débats et polémiques parmi les scientifiques sur les problématiques actuelles concernant le Belloisien.

    Archéologues et préhistoriens, Miguel Biard et Stephan Hinguant sont rattachés au service de l'archéologie préventive de l'INRAP.

  • Sur la rive de gauche de la Seine, à la confluence de la Seine et de l'Yonne, l'INRAP a découvert et fouillé, entre 2004 et 2007, un établissement rural moderne (XVIe-XVIIIe siècle). Cette fouille étendue, faisant un large recours à l'interdisciplinarité archéologique, a livré d'importants vestiges qui ont pu être confrontés aux données textuelles afin d'envisager la ferme, sa matérialité et les pratiques sociales de ses habitants, sous deux éclairages différents.
    Jusqu'à sa destruction, à la fin du XVIIIe siècle, cet habitat original, ceinturé par de larges fossés (12 m), perpétuant la tradition médiévale, fut possédé par une succession d'élites rurales, attachées au terroir et à la production agricole. En une éclairante synthèse, raisonnée et toujours précise, archéologues et historiens exhument ici les structures et objets de la vie quotidienne de l'un de ces établissements ruraux de l'Ile-de-France rurale, installé dans une zone humide origine. Ils dévoilent aussi les manières d'habiter, mais aussi d'exploiter un milieu, de façonner et de s'approprier des paysages. C'est toute l'évolution de la hiérarchie des petites élites rurales, des rapports entre seigneurs et fermiers, de leurs mutations, qui sont ici analysés sous un jour nouveau.

  • Parmi les tout premiers habitats du haut Moyen Âge étudiés en Franche-Comté, l'établissement de Pratz le Curtillet se distingue par son implantation dans les hautes terres jurassiennes, longtemps réputées comme reculées et inhospitalières. L'envergure des travaux archéologiques sur les 16 hectares explorés du plateau du Lizon et la qualité des vestiges font aujourd'hui encore exception. Un imposant édifice en pierre de 16 m sur 13 flanqué d'une annexe constitue la partie résidentielle du domaine, tout en abritant fourrage et bétail, alors que le second bâtiment accueille une forge. Les équipements domestiques et artisanaux livrent une ample documentation sur les conditions de vie de cette petite communauté de statut élevé, lié à son implication dans l'économie du fer. Les études engagées à différentes échelles dans un territoire où s'installe une communauté monastique parmi les plus précoces de Gaule, non loin d'un itinéraire de franchissement du massif, contribuent à poser de précieux jalons pour cette période.

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