Delpire

  • Gitans

    Josef Koudelka

    • Delpire
    • 8 Octobre 2011

    C'est en 1975 que paraît pour la première fois ce livre de Josef Koudelka, sous le titre Gitans, la fin du voyage. En 2011, l'ouvrage est revu et augmenté et c'est cette édition qui est aujourd'hui disponible.
    À travers 109 photographies prises entre 1962 et 1971, dans une Tchécoslovaquie devenue aujourd'hui Bohême, Moravie et Slovaquie, ainsi qu'en Roumanie, Hongrie, France et Espagne, Koudelka se plonge dans l'univers des gitans et leur rend hommage.
    Ce maître de la perspective, en accentuant les noirs, nous livre des images d'une étrange puissance. À travers les portraits de femmes, d'hommes et d'enfants, il nous fait découvrir à la fois le sourire et la souffrance, la musique et le silence, la vie et la mort.
    /> Dans un décor désolé, le regard du photographe rencontre l'autre et l'ailleurs, et son travail est d'une humanité bouleversante.

  • Exils

    Josef Koudelka

    • Delpire
    • 11 Mars 2015

    1970. Après avoir été reporter lors de l'invasion soviétique, Josef Koudelka renonce à sa nationalité tchèque, devient apatride et entame un long voyage : celui de l'Exil. Traversant les frontières de l'Europe, en homme libre, il photographie ce qu'il voit : les lieux, les objets, les âmes. Ces images de vie dégagent une profondeur et une force invraisemblables. À la fois nomade et visionnaire, Koudelka dépeint un monde où le tragique investit le quotidien.
    Exils propose une sélection d'images qui nous emmènent dans un voyage qui nous en dit autant sur l'être que sur l'ailleurs et qui trouve aujourd'hui une particulière acuité, au moment où l'Europe est secouée de crises.

  • Il est de tous les temps le goût de l'homme pour "l'ailleurs".
    Mais l'apparition de la photographie a exaspéré la quête de ce qui est autre: de ses voyages en pays lointains, l'aventurier rapporte, des images qui en témoignent de la "différence". cet ailleurs, il le fixe avec la rigueur obstinée de l'ethnologue, la naïveté éblouie des premiers conquérants, ou l'art consommé des premiers plasticiens. simple constat: aller au bout du monde, c'est aller au bout de soi.

  • Les Américains

    Robert Frank

    • Delpire
    • 3 Septembre 2007

    Publié dans l'indifférence en 1958, ce livre est devenu un classique. Jugé triste ou pervers, voire subversif, par la presse américaine d' alors, son importance n'a pourtant cessé de croître au fil des années. Car les photographes, les critiques et le grand public ont salué en Robert Frank un véritable novateur. Ce livre n'a rien d'un reportage. Il ne raconte pas le périple d'un homme à travers les Etats-Unis. Il rassemble une suite de notes prises sur le vif par un écorché vif.

  • Ce livre propose une introduction à la photogra- phie et à ses grandes figures, à travers le regard à la fois acéré et plein de tendresse du « génie absolu de l'image », Robert Delpire, fondateur des Éditions Delpire, longtemps président du Centre national de la photographie, créateur de la première collection de livres de poche consacrés à la photographie, devenue aujourd'hui historique.
    L'ouvrage rassemble la plupart des textes que Robert Delpire a eu l'occasion d'écrire pendant sa carrière.
    Parfois théoriques - réflexions sur l'image en tant qu'art graphique -, parfois plus intimes - notamment autour de ses relations personnelles avec les artistes qu'il a rencontrés, accompagnés -, ses textes consti- tuent un précieux témoignage de l'histoire de la photographie et livrent une vision subjective et pas- sionnée du travail de certains des plus grands photo- graphes de notre siècle.
    Les textes sont illustrés de plus d'une centaine de photographies emblématiques sélectionnées dans l'oeuvre de William Klein, Josef Koudelka, Henri Cartier-Bresson, Sarah Moon, etc.

  • Juste un peu flou

    Robert Capa

    Cet ouvrage réunit le texte et les photographies de Robert Capa sur la deuxième guerre mondiale à ce jour jamais publiés en français.
    Le récit commence en 1941 lorsque Capa, envoyé par le journal Colliers couvrir la guerre, quitte New York pour rejoindre l'Angleterre. A travers son texte et ses photographies, Capa nous immerge dans un périple trépidant à travers toute l'Europe, de Londres à l'Afrique du Nord, de l'Italie au débarquement, de Paris libéré à l'Allemagne aux derniers jours du conflit. Ce texte, empreint de la violence et de l'horreur des combats, de toute la verve et l'humour de Capa, mêle la guerre, le débarquement, sa relation amoureuse avec la séduisante Pinky, son amitié avec Hemingway.
    Il révèle Capa sous un autre jour, et nous permet ainsi de ne pas nous arrêter à la mythologie engendrée par ses photos, de porter un autre regard sur son travail de photojournaliste. Il ne se limite pas à être un simple témoin des faits qu'il relate et photographie : il n'est pas spectateur de la guerre, il vit la guerre. Il est reporter, parachutiste, débarque avec les alliés sur les plages de Cherbourg, s'investit totalement auprès des hommes dont il partage l'existence.
    Sur l'édition originale Capa écrivait en guise d'avertissement : "Ecrire la vérité est tellement difficile, alors pour mieux la traduire je me suis permis de faire quelques retouches à ma façon. Tous les événements et les personnages de ce livre sont fortuits et ont un certain rapport avec la vérité. " Ces images et ces mots de Robert Capa montrent bien qu'il n'était pas homme à chercher des vérités absolues, mais des vérités relatives, relatives à la réalité des hommes, de leurs vies et de leurs souffrances.

  • Entre l'érection du mur de Berlin au cours de l'été 1961 et son travail sur les ravages du sida en Afrique australe en 2001, Don McCullin n'a cessé de regarder les souffrances des autres à travers les conflits majeurs de ces quatre décennies. Un regard chargé de colère toujours, de tristesse aussi, de désespérance même, sur les inqualifiables cruautés infligées par les hommes à leurs semblables. Un regard empli d'incompréhension et de compassion tout à la fois, regard de solidarité à l'égard des plus faibles, des démunis, des réprouvés, des victimes de ces inacceptables situations.
    Chypre divisée, le Congo meurtri, le Vietnam bombardé et torturé, le Moyen-Orient déchiré, le Biafra affamé, le Bangladesh ravagé, le Cambodge assassiné, le Salvador révolté, l'Irlande tourmentée, l'Irak insurgé.

    Ni voyeur, ni chasseur, ni même vraiment chroniqueur ou historien, Don McCullin, autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, est un homme au visage marqué mais à l'oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses puissantes images publiées régulièrement durant vingt ans dans l'important Sunday Times Magazine, il se voue à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l'homme par l'homme à travers la planète. Dans sa photographie, il y a et Zola et Goya.

    En même temps, il proclame sa propre culpabilité avec ses images impuissantes à changer le cours des choses... comme il n'a pu empêcher la mort de son père lorsqu'il avait quatorze ans, ou plus tard celle de ses proches.
    Son regard demeure l'émouvant miroir de celui des sujets qu'il photographie, auxquels il s'identifie. Il est profondément solidaire. Et puis il y a l'Angleterre qu'il photographiera souvent entre les reportages de guerre. Et cette fois il y a du Dickens chez McCullin.
    Une Angleterre qu'il continue de photographier aujourd'hui.
    Personnage hors du commun, difficile à cerner de façon définitive, ses intérêts sont divers :les bords du Gange ; les paysages du Somerset ; les tribus perdues du Sud éthiopien ; les traces de l'empire romain autour du bassin méditerranéen. Mais toujours avec ce même regard profond et inquiet sur l'homme.
    Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cette autobiographie de Don McCullin, qui se termine en 1982, soit enfin publiée en français.

    Elle nous amène à nous demander qui nous racontera le quart de siècle écoulé depuis, celui durant lequel le grand photographe de guerre a choisi de devenir un homme en quête d'une paix impossible.

    Robert Pledge

  • Man Ray

    Emmanuelle De L'Ecotais

    • Delpire
    • 14 Octobre 2015

    Une redécouverte du travail surréaliste d'un photographe visionnaire à travers ses multiples facettes. A la fois artiste et artisan, Man Ray a révolutionné l'art photographique.

  • Depuis sa première publication il y a près de quarante ans, Henri Cartier-Bresson Photographe est considéré comme le chef d'oeuvre incontournable de Cartier-Bresson. Il reste, aujourd'hui encore, le plus important travail rétrospectif de cet artiste à l'influence considérable.
    Armé d'un Leica discret et maniable, le photographe a arpenté les rues et les chemins du monde entier, à l'affût de « l'instant décisif », quand la signification et la composition se rejoignent pour devenir une image à la fois esthétique et pleine de sens. Cartier-Bresson considérait son appareil photo comme un prolongement de son bras - ce qui souligne son talent inégalé à composer spontanément une image capable d'évoquer le mystère, l'humour et l'universalité des personnes et des événements capturés par son objectif.
    Dans sa préface, l'écrivain et poète Yves Bonnefoy s'attarde tout particulièrement sur ce processus créatif.
    Cet ouvrage propose un choix très large de photographies sélectionnées personnellement par l'artiste, ce qui en fait son ultime chef d'oeuvre. Il inclut également une biographie et une bibliographie.

  • Mémoires d'un géant

    Félix Nadar

    • Delpire
    • 11 Mars 2015

    Nadar est l'un des plus grands photographes de l'histoire. On connaît le portraitiste génial mais on ne doit pas oublier qu'il a été le premier à réaliser des photographies aériennes et souterraines. Il est l'une des figures majeures de son temps dont il a été l'un des principaux caricaturistes. Journaliste et mémorialiste, ses écrits restent essentiels pour connaître et comprendre la vie intellectuelle, artistique et culturelle de la France entre le règne de Louis Philippe et la présidence de Fallières.
    Il a été proche de George Sand et de Victor Hugo, ami de Baudelaire, de Gautier, de Daudet mais aussi de Daumier, Doré et Manet... Généreux, aventureux; exigeant, infatigable, travailleur, il est un bel exemplaire d'humanité. Mémoire d'un Géant contient plus de cent cinquante photographies dont beaucoup sont inconnues et un très grand nombre de textes oubliés.


  • les connaisseurs le savent, l'oeuvre photographique de josef koudelka est d'une importance majeure.

    l'essai que lui consacre jean-pierre montier en propose une vision d'ensemble, confrontant systématiquement texte et photographies. est ainsi mise en évidence une pensée photographique aussi cohérente que puissante, questionnant notre rapport au fait totalitaire.

  • J.J Grandville

    Grandville

    L'oeuvre du caricaturiste et illustrateur le plus célèbre de l'époque romantique, contemporain de Balzac et de Daumier, ne se livre pas au premier regard: dehors comiques pour un propos austère ; verve du trait et des couleurs dénonçant la noirceur des êtres; extravagances du dessin fondées sur la précision du métier.
    J.J. Grandville nous a laissé une oeuvre aux facettes multiples, fruit de la prodigieuse vitalité d'un artiste, tour à tour contempteur des vices de l'humanité, journaliste de combat, illustrateur de la littérature universelle, explorateur des voies du rêve et du fantastique. Sacré "roi de la caricature" dans les débuts de sa carrière, mais bientôt regardé comme un créateur délirant de mondes imaginaires, Grandville, un temps oublié, fut redécouvert au XXe siècle par les Surréalistes, qui le tenaient pour leur "précurseur".
    La préface, les notices et la biographie de l'artiste établies par Annie Renonciat, spécialiste de l'histoire du livre illustré, guident le regard du lecteur à travers les images les plus représentatives de cette oeuvre surprenante et complexe, qui a inspiré plusieurs générations de dessinateurs et d'humoristes, depuis Gustave Doré au XIXe siècle jusqu'aux graphistes, affichistes et bédéistes de notre temps.

  • Parcours dans l'oeuvre d'illustrateur de Gustave Doré des essais d'adolescent surdoué aux ultimes images pour The Raven (le Corbeau) d'Edgar Allan Poe. Les illustrations les plus célèbres pour Rabelais, L'Enfer de Dante, La Bible, Les Fables de La Fontaine, Don Quichotte ou Londres cotoient des travaux plus inattendus. La présence de quelques peintures permet de mettre en regard deux versants de la création d'un artiste prolifique qui, lui, se voyait peintre.
    Annie Renonciat, spécialiste reconnue de Doré, souligne l'aspect novateur de cette oeuvre dans son introduction: "La profusion et l'originalité de ses illustrations ont imposé une vision profondément nouvelle, et très personnelle, des textes majeurs de la littérature universelle, tout en marquant, par leurs apports techniques, formels et stylistiques, une étape importante de l'histoire du livre illustré. Leur puissance les a si profondément inscrites dans notre patrimoine visuel qu'elles ont conquis le cinéma et inspiré les plus grands créateurs de bandes dessinées.

  • L'autobiographie du photographe japonais, illustrée d'une sélection de ses clichés.

  • Réédition d'un ouvrage paru en 1954, quasiment introuvable aujourd'hui. Le regard d'Henri Cartier-Bresson sur les danses sacrées, dans un Bali encore à peu près préservé du tourisme. Les photographies sont introduites par le texte d'Antonin Artaud Le Théâtre balinais et accompagnées de commentaires extraits des livres de Beryl de Zoete, devenus l'un et l'autre légendaires.

  • Etienne-jules marey (1830-1904) est un physiologiste renommé et novateur dans sa discipline, professeur au collège de france, promoteur de la méthode graphique qui permet l'étude, par l'enregistrement graphique, des mouvements des êtres animés (vol des oiseaux, allures du cheval et locomotion de l'homme).
    En 1881, il adopte la photographie instantanée (une nouveauté technique) comme moyen d'enregistrement, et invente la chronophotographie, répétition des prises de vue sur une même plaque photographique. il obtient ainsi, à des fins strictement scientifiques, des images inédites, déconcertantes et insolites, oú le temps paraît à la fois s'arrêter et se démultiplier, oú les mouvements les plus anodins de l'homme, du cheval, de l'oiseau, prennent des formes fantômales.
    Dès lors, son iconographie, largement diffusée par des magazines d'éducation, dépasse ses intentions analytiques. par un nouveau retournement méthodologique, il réalise en 1888 la chronophotographie sur pellicule mobile, énoncé de la procédure cinématographique qui sera perfectionnée par d'autres en 1895. la persuasion visuelle des images de marey est paradoxale : déliées d'intention esthétique, elles invitent à une rêverie extatique du temps et du mouvement.

  • S'il fallait caractériser, vite, le talent de ce surdoué polonais émigré en France dès 1963, c'est le mot "jaillissement" qui s'imposerait tant son oeuvre témoigne, dès ses débuts, d'une effervescence de l'imagination servie par une surprenante aisance à manier les signes graphiques, lettres et couleurs incluses, des signes qu'il mène à un point d'exaspération d'une stupéfiante efficacité. Ses noirs cernent rigoureusement le propos, ses rouges font flamber la page. Les directeurs de communication et ceux de la presse illustrée ne s'y sont pas trompés qui l'ont chargé de donner à leurs produits une image de modernité et d'extrême spécificité. Affiches de cirques et d'opéras, de musées et de films, campagnes publicitaires, logotypes et alphabets, photomontages et collages, tout lui est bon à démontrer, avec une audace parfaitement contrôlée, son exceptionnelle virtuosité.

  • Sur la route des esprits

    Abbas Jalai

    • Delpire
    • 14 Septembre 2005


    il y a des photographes qui sont des ludions de la terre.
    ils jouent avec la carte du monde comme d'autres jouent avec un plan de métro. ils vont. ils viennent. même s'ils n'utilisent pas l'engin, ils flashent la réalité, l'actualité. ils l'envoient par email, le choix se fera plus tard. il y a évidemment d'autres méthodes. cartier-bresson disait qu'il fallait passer six mois dans un pays pour en comprendre l'esprit. quand il arrivait dans un village, en orient ou ailleurs, werner bischoff commençait par dessiner avant de sortir son appareil.
    abbas a une façon de faire différente. la prise de vue, qu'il appelle le moment suspendu, est précédée d'une réflexion sur le propos. vient ensuite la méditation sur la finalité, sur l'intérêt de l'instant - que d'aucuns disent décisif - sur la qualité de l'image qu'il en a donnée et sur sa mise en perspective. les sujets que traite abbas ? vastes. si vastes qu'ils semblent impossibles à dominer. les religions, l'islam, le monde de la chrétienté.
    mais il ne prétend jamais à l'objectivité. il part au soudan photographier la guerre, mais de son récit que restera-t-il ? il se passionne pour le chamanisme, mais de ses voyages (en haïti, au japon, au brésil) aussi documenté, aussi informé qu'il soit, aussi familier des hommes qu'il côtoie, c'est une relation personnelle qui fait le prix de cette aventure au pays des esprits, et donc du présent ouvrage.
    il raconte, et fort bien, mais surtout il se raconte. son oeuvre est un long journal de bord, à double entrée. les images, fortes, signifiantes, et les mots qu'il leur ajoute et qui donnent à la méditation qu'elles illustrent la dimension du vécu.

  • Koudelka

    Collectif

    • Delpire
    • 4 Octobre 2006

    cet ouvrage rétrospectif, jalonné de regards portés par robert delpire, dominique eddé, michel frizot, anna fàrovà, petr kràl, otomar krejca, pierre soulages et gilles tiberghien, rassemble les différentes étapes de l'oeuvre de koudelka et montre sa constante progression en intensité : dès ses premiers travaux (publiés pour la première fois), ses photographies de théâtre, ses images des gitans, de l'invasion de prague en 1968, la série exils, jusqu'à ses panoramiques les plus récents.


  • Trois semaines avant sa mort, dans un entretien avec Hector Bianciotti et Jean-Paul Enthoven, Roger Caillois rappelait cette phrase de Lao Tseu.

    "Je crois que l'écriture a toujours fait peur aux hommes. Quand elle fut inventée, en Chine, le philosophe Lao Tseu s'effraya ; et comment ne pas l'être devant cette curieuse magie qui permet, pour ainsi dire, de parler dans le vide et, surtout, de faire naître des choses qui, peut-être, n'existent pas ? Pour la pensée, le réel c'est une sorte de "garantie-or" comme disent les financiers. S'il n'est pas là, l'inflation menace... Lao eut bien raison de s'écrier : "Je les forcerai à revenir aux cordelettes nouées." En ce temps, pour matérialiser la pensée, les Chinois faisaient des noeuds. A chaque noeud correspondait une idée. C'était leur façon de témoigner un grand égard aux choses réelles." Henri Cartier-Bresson, comme Lao Tseu, nous force à revenir aux cordelettes nouées. Ses photographies saluent les "choses réelles", parmi lesquelles, ni dominateurs ni premiers rôles, éphémères et fragiles, les êtres humains. Habitants du grand théâtre. Qui se croiraient volontiers créateurs du décor si on ne les rappelait pas, doucement mais fermement, à la modestie.

    Tels sont les paysages : les échos de l'interminable dialogue entre l'être et le faire, entre l'homme qui veut marquer et la terre qui de sa peau n'offre que la surface.

    Erik Orsenna

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