Ecole Hautes Etudes En Sciences Sociales

  • Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • Consacré à l'économie, la société et les mentalités dans l'Empire ottoman du xvi e au xviii e siècle, cet ouvrage montre un empire qui a profondément marqué les territoires qu'il a dominés pendant plusieurs siècles, de l'Algérie à la Crimée, du Danube à la mer Rouge. Les travaux de Gilles Veinstein constituent une remarquable introduction à ce monde encore méconnu dont la construction politique et sociale eut avec l'Europe une longue histoire commune.

    Publiés entre 1978 et 2009, les treize textes rassemblés dans ce recueil sont le pro- duit de la réflexion d'un historien qui a étudié l'Empire ottoman de l'âge classique aux questionnements contemporains. À partir d'interrogations précises et de cas concrets, cet ouvrage nous permet de mieux comprendre sur quoi se fonde l'histoire des Ottomans, comment leur État, leur économie et leur société ont évolué, quels étaient les rapports de pouvoir et les relations entre communautés ; en somme, comment définir le fait ottoman et ses spécificités. Aux mythes qui obscurcissent souvent notre vision, Gilles Veinstein oppose des connaissances bien établies et des conclusions fondées sur une fréquentation intime de la réalité ottomane.

  • La Seine aujourd'hui revient dans l'actualité : l'opération EU Sequana 2016 rappelle que les crues du fleuve sont toujours menaçantes, et la piétonisation des voies sur berge rive droite est prévue pour septembre 2016.
    La mairie de Paris souhaite réinventer une Seine qu'Isabelle Backouche a décrite pour le xviiie siècle; une Seine attractive, familière, véritable lieu d'échanges et de loisirs, avec surtout l'idée de mélanger les usages sur chacun des points du fleuve en évitant la spécialisation fonctionnelle.

    Mettant en lumière l'étonnante diversité des rôles du fleuve dans la ville du xviiie siècle, Isabelle Backouche montre à quel point la Seine a longtemps été stratégique, tant pour les hommes que pour les pouvoirs. Tout à la fois espace partagé, espace contesté et espace remodelé, le fleuve a ainsi pesé d'un poids déterminant dans le façonnement de la vie urbaine.
    Cependant, au tournant des xviiie et xixe siècles, la Seine s'écarte de cette vocation pour devenir une voie de navigation nationale de plus en plus étrangère à la capitale.
    Sensible à la diversité des acteurs et des intérêts qui les animent, cette histoire de la rupture entre la Seine et Paris nous fait voir combien importe la solidarité entre les usages, les représentations et les aménagements d'un territoire. La Seine offre ainsi un fécond terrain d'expérimentation pour comprendre le devenir urbain et les relations mouvantes de l'homme et de la ville.

  • Sur quelles définitions de la culture les primates sont-ils devenus des êtres « culturels » ? Pour les sciences sociales, le singe est une curiosité située aux frontières des sujets et terrains d'enquête. La primatologie, quant à elle, enracine biologiquement des attributs longtemps considérés comme proprement humains : de la société à la culture en passant par la conscience ou le langage.
    Aux antipodes du réductionnisme génétique de la primatologie, Vincent Leblan s'oriente vers une anthropologie de l'animal s'attachant à cerner le rôle des sciences sociales dans les dynamiques « culturelles » des singes.

    Le lecteur est convié à suivre, du xixe siècle à nos jours, les chimpanzés habitant les milieux agro-pastoraux du Kakandé en Guinée. Un des points insolites de cette étude est l'utilisation de palmiers à huile pour construire leurs nids. L'auteur montre alors comment l'absence de détermination environnementale - d'autres espèces d'arbres pourraient servir à la confection des nids - peut être l'expression d'un comportement culturel chez ces chimpanzés. En évitant les pièges d'une comparaison entre sciences de la vie et sciences sociales, et tout en tentant de ne pas symétriser compétences humaines et animales, ce livre montrera aussi comment l'histoire humaine de l'environnement intervient dans les comportements et l'activité cognitive des chimpanzés.

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