Editions De L'aube

  • Ce livre est une enquête sur l'agriculture cellulaire. Le terme relève de la novlangue en ce qu'il annonce comme relevant de l'agriculture la production d'aliments - plus particulièrement des produits animaux - à partir de cellules souches. Viandes, oeufs, laitages, gélatines, cuirs, soie sont (ou seront) fabriqués industriellement sans passer par la ferme. L'enquête s'attache aux start-up de cette nourriture artificielle ; aux financeurs des fondations qu'ils alimentent et aux mouvements que ces fondations soutiennent par ailleurs, notamment les végans ; l'enquête va aussi explorer les liens - discrets mais réels - d'une part avec une agence de la sécurité intérieure américaine, d'autre part avec les transhumanistes.

  • Après une enfance marquée par la guerre et les traditionnelles vacances en Auvergne, où elle apprend les savoir-faire du terroir tout en observant l'organisation des liens familiaux, Françoise Héritier choisit l'ethnologie pour formation intellectuelle et l'Afrique pour terrain d'étude. Spécialiste des systèmes de parenté et d'alliance, elle a également travaillé sur des sujets aussi divers que le féminin/masculin, l'inceste, la violence... Généreuse et passionnée, celle qui a inscrit l'anthropologie dans la cité s'est aussi engagée sur des questions de société cruciales, comme le sida ou la parité.

    Françoise Héritier (1931-2017), est une anthropologue et ethnologue française. Elle a succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France, inaugurant la chaire d' étude comparée des sociétés africaines.

    Caroline Broué est productrice sur France Culture depuis 2007. Elle a créé en 2016, sur la même station, l'émission "La Matinale du samedi".

  • Pierre Rabhi cultive bien davantage que l'agroécologie : une conception de l'existence humaine réconciliée avec la nature, c'est à dire une civilisation qui sanctuarise cette même beauté vivante qu'elle a fait le choix, au contraire, de détruire. L'inversion des paradigmes, utopique, à laquelle exhorte cet Ardéchois d'origine algérienne, interroge au-delà du rapport à la Terre : le système économique, la déliquescence des valeurs humaines et les conditions de leur restauration, le champ spirituel, la régénération de l'altruisme et de la solidarité... Pierre Rabhi place chacun face à sa conscience et à ses responsabilités. À sa quête de sens.
    À cette humanité "vaniteuse, effroyable, suicidaire", il promet le pire. Mais aussi la rédemption et le "bonheur" si elle s'emploie à métamorphoser un modèle de société "agonisant".

  • Pierre Clastres s'oppose aux interprétations structuralistes et marxistes de la guerre dans les sociétés amazoniennes. Selon lui, la guerre entre tribus est une façon de repousser la fusion politique, et donc empêcher la menace d'une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d'une société. Les sociétés « primitives » refusent la différenciation économique et politique en interdisant le surplus matériel et l'inégalité sociale. T out en rendant hommage à Hobbes et à sa théorie de « l'état de nature », Clastres nuance ce constat. La guerre et l'institution étatique, posées dans une relation d'exclusion, chacune impliquant la négation de l'autre, se conditionnent donc mutuellement. Un livre essentiel sur la violence.

  • « Faisons-nous face à la dictature du progrès ? Jusqu'où doit-on oeuvrer, individuellement et collectivement, à faire progrès, à produire du progrès, à être en progrès ? L'adverbe est de lieu, il est aussi de direction, de périmètre, d'espace. Et, bien sûr, de sens. Ce postulat, ce qui l'interroge est légion. Le devenir de l'humanité passe par une approche d'un progrès utile, résultant d'un grandissement intérieur personnel partagé collectivement. Ce grandissement, c'est-à-dire cette appréhension d'un «sens» et d'une responsabilité revivifiés, convoque chacun. C'est à ce questionnement intime qu'invite ici Étienne Klein. » Denis Lafay

  • « Si le changement climatique est une menace grave qui nécessite une mobilisation au niveau mondial, il nous faut aussi réaliser, dit Jean Claude Ameisen, qu'il n'est que l'un des nombreux symptômes des dégradations de l'environnement planétaire que causent nos modes de vie. Et ces dégradations de la nature ont aujourd'hui, indépendamment de leurs effets sur le changement climatique, des effets négatifs majeurs sur la santé humaine. Un autre rapport à la nature, c'est-à-dire à notre propre humanité, doit s'inventer. Pas si éloigné que cela du regard émerveillé et inquiet que Charles Darwin portait sur ces espèces aux espaces désormais menacés. Jean Claude Ameisen est là pour nous le rappeler : on voit plus loin, sur les épaules de Darwin. » Nicolas Truong.

  • Axel Kahn est médecin généticien, entre autre ancien directeur de l'INSTITUT COCHIN puis président de l'Université Paris Descartes. Ses responsabilités à la tête de la Fondation Internationale du Handicap, du Comité d'Éthique de la Ligue du Cancer, du Comité de déontologie du Comité National Olympique et Sportif Français, ou du Comité d'éthique commun à l'INRA, au CIRAD et à l'IFREMER, lui confèrent une légitimité toute particulière en matière d'éthique. En 2019, le Parlement est appelé à débattre d'un projet de loi sur les questions de bioéthique. C'est à débroussailler les grands enjeux de cette échéance majeure, mais aussi à désacraliser un mot aux multiples significations, manifestations, questionnements, que s'emploie ce dialogue.

  • Ce livre propose une véritable rencontre avec Boris Cyrulnik, le scientifique bien sûr, mais aussi l'homme. C'est un entretien animé par Emile Noël, journaliste, avec la participation de plusieurs intervenants, psychiatres, anthropologues, généticiens...
    En rappelant le caractère forcément tragique de la condition humaine, cet ouvrage rétablit une autre vérité :
    Celle d'une oeuvre inventive parce que, selon les mots de son auteur, pleine d'imperfections. « On est tout le temps en quête d'équilibre. C'est cela qui fait la condition humaine, car les animaux, eux, sont équilibrés. S'ils ne sont pas équilibrés, ils meurent. Le monde animal est adapté. Le monde humain est en recherche constante :
    C'est certainement ce qui fait sa difficulté - et sa grandeur. »

  • Une comtesse follement amoureuse d'un bohémien, un cocher qui attend le retour de son client pendant des années, le roi Arthur égaré dans les rues de Londres en 1905, un amoureux des livres qui vit dans des bibliothèques, une ombre qui a perdu le corps auquel elle était attachée ... T els sont quelques-uns des personnages que vous croiserez dans les textes tantôt fantasques et pleins d'humour, tantôt nostalgiques de ce recueil.
    Éclipsés par les oeuvres poétiques de Guillaume Apollinaire, ces contes et articles, entre rires et larmes, méritent d'être lus et relus.

  • « On croyait avoir tout lu sur le génocide rwandais ; on avait oublié l'essentiel : écouter les rescapés. Nous dire l'indicible. Décrire l'indescriptible. Affirmer l'invraisemblable. Manque que vient pallier fort opportunément le livre d'Esther Mujawayo, rescapée devenue thérapeute. Dans un style alerte quoique mature, Esther Mujawayo raconte le temps de la reconstruction, un réapprentissage de la vie que beaucoup ne sont pas parvenus à réaliser. Ce livre, rédigé avec le concours d'une journaliste, Souâd Belhaddad, ne se veut pas un manuel d'histoire. Juste la preuve remarquable que, même « après ça », il faut se résoudre à vivre. Sans rien oublier ! » Bernard Ahua, Le Monde diplomatique

  • Cet essai aborde la crainte de l'immigration perçue comme une invasion, les processus d'intégration et d'assimilation des étrangers, l'attitude vis-à-vis du sol et du sang et la conception de l'appartenance nationale qui en découle.

  • Aux questions claires et pertinentes d'Émile, l'intellectuel se doit de répondre avec précision et simplicité. Cette approche un peu décalée l'oblige à revenir à l'essentiel de sa pensée et il en résulte un entretien tout à fait passionnant. Qu'est-ce que la philosophie ?
    Que fait un philosophe ? Quelle est sa place au sein de la société ? Comment enseigne-t-on la philosophie, en France et ailleurs ? La vérité, conclut Émile, c'est qu'il est ennuyeux d'être sage comme une image...

  • Au lendemain de sa défaite lors de la Première Guerre mondiale, la Turquie ottomane dut faire face au crime commis en temps de guerre de la destruction de sa population arménienne. Une enquête diligentée par le gouvernement ottoman en 1919 présenta suffisamment de preuves préliminaires pour que fut organisée une série de procès impliquant les responsables de ces crimes. C'est le dossier de ces procès et les détails incomparables qu'ils livrent sur la planification et la mise en oeuvre de ces crimes atroces qui a réuni les deux chercheurs les plus éminents sur le génocide arménien, les professeurs Vahakn Dadrian et Taner Akçam. Ils ont compilé pour la première fois l'intégralité des documents des procédures judiciaires et ont situé ces découvertes dans leur contexte historique et juridique.

  • Père fondateur de la République, Maximilien Robespierre, bien que banni de la mémoire collective et souvent moqué ou caricaturé, apporte une vision et une voix qui frappent par leur modernité et la force vitale de leurs idéaux. Alors que la crise du modèle républicain est au coeur des débats qui traversent notre société, retrouver cette parole, c'est se pencher sur ces questions simples mais fondatrices : quels rapports doivent régir les croyances religieuses et l'idée républicaine ? Comment une République garantit-elle à ses citoyens l'équité, la justice sociale et l'entraide ?
    Qu'est-ce, enfin, qu'une « République » ?

  • Les urbanistes prônent d'habitude une ville dense, voire compacte. Mais qui se préoccupe de ce qu'en pensent les habitants, présents ou futurs ? Faut-il faire une ville sans eux, voire contre eux ? Une analyse de la situation actuelle des villes denses, comme de leur évolution dans le temps, permet de comprendre comment in fi ne la ville dense choisit ses habitants, et comment les habitants choisissent d'une manière générale les densités qui leur conviennent. Cela conduit à rechercher un regard, non plus d'opposition mais de complémentarité, entre les villes et les territoires qui les entourent. Un sujet important au moment où le péri urbain évolue vers le front national et « les quartiers » vers un vote de plus en plus communautaire.

  • L'Aube rassemble pour la première fois deux textes de l'historien Benjamin Stora, récemment nommé président du Musée de l'Histoire de l'immigration.
    Le premier, La guerre des mémoires, est un dialogue avec le journaliste Thierry Leclère dans lequel Stora nous interroge : comment se vivre comme descendant d'esclaves ou comme fils et fille de colonisés ? Ce choc des mémoires est-il une rumination vaine du passé ou, au contraire, une relecture "thérapeutique" de l'histoire? Qu'est-ce qu'être Français, aujourd'hui ?
    Le second, Algérie 1954, nous propose de vivre les dernières heures cruciales de l'Algérie française en un récit âcre et mélancolique.
    Benjamin Stora proposera un avant-propos inédit pour faire la passerelle entre ces textes, à la lumière de l'actualité la plus récente.
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  • Homo sapiens sapiens mediaticus, Coppens est le préhistorien préféré des Français. Homme qui a vu l'homme qui a vraiment vu l'ours, le singe, le mammouth et bien plus encore... qui a co- découvert Lucy, « préhumaine » célébrissime; bref, paléoanthropologue de la plus belle histoire du monde, celle de l'évolution humaine. Dans ces entretiens avec Sophie Nauleau, il nous raconte son histoire et... la nôtre !

  • L'eau est un élément vital de la vie des hommes : pour boire, arroser, produire mais aussi comme menace lorsqu'elle déborde de son lit naturel. Et la montée en puissance des villes dans nos sociétés où 80 % des Français vivent dans des agglomérations urbaines n'a fait que compliquer les relations entre l'eau et l'homme. Ces relations sont devenues essentielles, aussi bien du point de vue de la préservation de l'environnement que du bon fonctionnement du milieu urbain. L'eau bien public doit-elle être gérée par le public ? Trustée par de grandes entreprises privées ? Quid de l'eau dans les pays du Sud ? Un essai documenté, précis, sur une question centrale trop souvent ignorée, qui fait comprendre la complexité du sujet et expose clairement les enjeux.

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