Editions De L'olivier

  • Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

    Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et - plus encore - de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.

    Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.

    Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice.

  • Leur relation n'était pas seulement celle d'un romancier et de sa traductrice, c'était aussi celle de deux amis qui se parlaient sans cesse.
    De quoi parlaient-ils ? D'écriture, de langues, d'amour, d'animalité, d'enfance. De la terreur d'être traqué.
    Ils partageaient également quelques silences.
    Lorsqu'il disparaît en janvier 2018, la jeune femme ne peut se résoudre à perdre cette voix dont l'écho résonne si puissamment en elle. Après un temps de sidération, elle cherche à la retrouver, par tous les moyens. Sa quête la conduira jusqu'en Ukraine, à Czernowitz, la ville natale de l'écrivain. Il pourra alors prendre sa place, dans le faisceau des vivants.

  • Lorsque la narratrice arrive à Hollywood pour y effectuer une recherche biographique sur Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va bifurquer dans une direction très personnelle, réveillant le souvenir d'Henri, ce frère " différent " qui l'a accompagnée pendant toute son enfance. Quel rapport entre ce garçon dont le développement mental s'est interrompu, et le génie comique qui deviendra l'un des inventeurs du cinéma ? Henri semble perpétuellement ailleurs. Encombré d'un corps dont il ne sait que faire, il doit subir la rééducation musculaire quotidienne que lui impose son père, et qui ressemble à une suite ininterrompue de tortures. Joseph Frank Keaton Jr, dit " Buster ", naît un siècle plus tôt dans une famille de saltimbanques dont il devient bientôt la vedette, lorsque son père découvre qu'il semble insensible à la douleur. En effet, Keaton père a inventé un numéro de music-hall dans lequel son fils est soumis à une série de chocs extrêmement violents tout en gardant un visage impassible. De cette enfance maltraitée naîtra, des années plus tard, une oeuvre cinématographique où le burlesque se mêle à une poésie d'une infinie subtilité.

  • Nous sommes à Great Falls, Montana, en 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, avec le fol espoir de rembourser ainsi un créancier menaçant. Mais le braquage échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite ou le placement dans un orphelinat. Il choisit de fuir, passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan. Il est alors recueilli par un homme, Remlinger, qui fait de lui son apprenti et son factotum. Remlinger est un " libertarien ", adepte de la liberté individuelle intégrale, qui vit selon sa propre loi en organisant des chasses. Canada est le récit de ces années d'apprentissage au sein d'une nature magnifique, parmi des hommes pour qui seule compte la force brutale, comme le montre l'épisode final, d'une incroyable violence. Des années plus tard, Dell, qui est devenu professeur à l'Université, se souvient de ces années qui l'ont marqué à jamais.
    Qualifié de " page-turner " par le NY Times, ce roman d'une puissance et d'une beauté exceptionnelles rappellera aux lecteurs de Richard Ford le premier de ses livres publié à l'Olivier en 1991, Une saison ardente. Il marque le retour sur la scène littéraire d'un des plus grands écrivains américains contemporains.

  • Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l'ordre qu'elle avait cru installer dans sa vie s'en trouve bouleversé. Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l'adopter Peeleete, le fils de sa soeur.
    Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu'elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l'esprit libertaire de la Californie des années 70. Elle n'est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d'un père, à la folie d'une mère et à la jalousie d'une soeur. Elle n'est plus non plus l'amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu'elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d'emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l'écriture au coeur de son existence, être une écrivaine et une femme libre. Quitte à composer avec la grâce des brigands.

  • Dans son dernier recueil de treize nouvelles, Alice Munro met en scène ces instants de non-retour qui influent définitivement sur nos vies : une jeune femme s'enfuit de chez elle, un père est rongé par un désir inconvenant, une mère délaisse son enfant, un soldat et sa fiancée peinent à se retrouver... L'amour, la perte, la culpabilité, autant d'émotions violentes que Munro ausculte, avec la grâce d'un « Tchekhov de notre temps », allant jusqu'à se confier pour la première fois sur sa propre vie dans une ultime nouvelle. Avec son écriture précise et sensible, Alice Munro est, plus que jamais, l'écrivain de l'âme humaine.

  • Bruno Lescot est en cavale. Sa jeunesse, il l'a passée à collectionner les délits, jusqu'à son dernier exploit, ce faux braquage qui a coûté la vie à un policier. Aujourd'hui, coupable tout désigné aux yeux des juges, il préfère disparaître. C'est donc sans lui que se déroule son procès, et que s'enchaînent les expertises et les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé. Le portrait qui se dessine alors est celui d'un homme de sac et de corde, aux fidélités multiples, prêt à toutes les aventures, pourvu qu'elles défient l'ordre et ses gardiens dont il aime à se moquer.

    Car Lescot est un ironiste d'un genre particulier, plaçant si haut la liberté qu'il est prêt à la perdre pour un mot d'esprit retors.

    Encore heureux ? Une bombe littéraire. Au lecteur d'allumer la mèche.

  • « L'oubli, c'est un bruit de fond familier, le mien. Une nappe sonore qui empêche d'isoler ceci de cela, cernée par la plénitude du silence autour. « Un petit rien bordé de rose », comme disait ma grand-mère à propos du diable qui gît dans les détails. J'ai dû m'y faire, comme n'importe qui revenant sur ses pas, à ce désert rétrospectif. » Ce livre, ce sont 270 phrases qui commencent ainsi : « souviens-moi de ne pas oublier ». La jongleuse de rue, la recette d'un mélange explosif, les cigarettes clandestines de la mère, le jupon noir de Louise Michel, ou - exemple édifiant - le titre d'un premier manuscrit envoyé à un éditeur, « L'amnésie domestique ». L'inventaire qui en découle répond apparemment à une seule logique - relever le défi du titre - et à la volonté de l'auteur de piéger une mémoire sans cesse prise en défaut, mitée, indistincte. Il vise à restituer d'innombrables moments, oubliés, puis retrouvés, qui ont contribué à éveiller (en politique, en amour, en amitié...) ses sens et sa conscience. A reconstituer le feuilleton de leurs éclipses successives. Et à construire une oeuvre. Autant d'instantanés, de rencontres, de deuils, de scènes, de choses vues ou de choses lues, qui par un subtil jeu d'échos offrent en partage des émotions à vif et de l'humour à froid, un regard décalé sur notre quotidien et une insolence salutaire.

  • Samuel se rend dans un centre de dépistage du sida pour faire une prise de sang. Commence dès lors l'attente des résultats du test. Trois jours pendant lesquels Samuel est en proie aux fantasmes les plus fous, tout en se livrant à des recherches approfondies sur la maladie et sur le mystérieux « patient zéro » à l'origine du fléau. Mais aussi trois jours d'amour fou avec Léna, une jeune femme que Samuel vient de rencontrer et dont il est éperdument amoureux. Des images mortifères s'emparent de lui aux moments les plus intenses de leur relation sexuelle. Le sexe et la mort se frôlent, offrant le spectacle d'une danse macabre, d'une intensité saisissante. Si tout peut prendre fin très vite, vivre est une urgence, une brûlure.
    Dans ce premier roman écrit à l'image d'une course contre la montre, Joachim Schnerf explore l'angoisse d'un jeune homme saisi par deux mouvements contraires : l'anticipation de sa propre mort et une furieuse envie de vivre jusqu'au bout cette histoire d'amour.

  • Casanova s'illustre.
    Une adaptation de L'Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise qu'on appelle les Plombs, récit dans lequel Giacomo Casanova relate en français l'unique évasion que la prison des plombs connue, celle de l'auteur qui y fut détenu quatorze mois à partir de 1756 pour libertinage, athéisme, occultisme et appartenance maçonnique.
    Giacomo Nanni est né en 1971 en Italie, à Rimini, petite ville balnéaire où il réside encore aujourd'hui. Après avoir étudié le dessin animé à l'École du Livre d'Urbino, il publie sa première bande dessinée en 1996 dans la revue Mano, (Six dessins pour Un Voyage en Grande Garabagne, d'après Henri Michaux). Depuis 2004, il fait partie du groupe de dessinateurs réunis autour de l'audacieuse revue « Canicola » (primée à Angoulême en 2008), qui incarne avec brio la nouvelle garde de la bande dessinée italienne. Il remporte en 2005 le « Prix de la meilleure histoire courte » au festival de Lucca pour La plus belle chose, qui deviendra un chapitre de son premier livre, Le garçon qui cherchait la peur, publié en Italie en 2006 et présenté en France dans une édition totalement nouvelle.
    Les livres s'enchaînent, parmi lesquels la trilogie Chroniquettes, véritable manifeste de minimalisme improvisé quotidiennement sur internet dont le premier volume a été traduit chez Cornélius. Depuis 2011, il réalise des bandes dessinées et des animations inspirées de faits-divers pour le site italien Ilpost.it. Ne cessant jamais de remettre en jeu ses acquis et cherchant avec rigueur de nouvelles voies, Giacomo Nanni s'impose comme l'un des auteurs les plus excitants de la nouvelle bande dessinée italienne.

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