Editions Du Sonneur

  • « Les meilleures choses sont celles que vous n'auriez jamais su vouloir jusqu'à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache, consommés. Vous lancez une recherche, vous entrez les mots que vous connaissez, les choses que vous avez déjà à l'esprit, et Internet vous crache un livre, une image ou une notice Wikipédia. Mais c'est tout. C'est ailleurs qu'il faut chercher ce qu'on ne sait pas ne pas savoir ».
    Que se passerait-il si nous éliminions de notre vie toute irruption du hasard, de la chance et de l'inconnu ? Il y a fort à parier que nous sombrerions dans l'ennui le plus épais. Nous croyons maîtriser la réalité via internet, les librairies en ligne et les sites de rencontre - mais sans le hasard, la chance et l'inconnu, pas de Juliette pour Roméo, pas de livres bouleversants dont nous ignorions l'existence !

  • Cette brève « autobiographie », parue en 1906, est l'un des textes politiques de Jack London les plus marquants. Dans ce récit personnel, il retrace le chemin qui le mena à devenir socialiste. Crieur de journaux, pilleur d'huîtres, ouvrier dans une conserverie, employé d'une teinturerie, électricien, vagabond. il nous livre ici les voies qui firent de lui l'auteur engagé si longtemps méconnu. Une plongée au cour du destin d'un des écrivains américains les plus ambigus.
    Ouvrage à l'origine de la collection Ce que la vie signifie pour moi.

  • « Peut-être à cause de la vie pratique que j'ai menée, je bénis l'utilitarisme et j'en suis arrivé à penser que l'utilité et la beauté doivent se confondre, et qu'il n'existe pas d'objet usuel qui n'ait pas besoin d'être beau. » En 1906, sous le prétexte de construire sa maison idéale, Jack London dénonce violemment le paraître et le factice, qu'il juge souvent inutiles et peu fiables.
    C'est également le moyen pour lui de concevoir une demeure qui, par son organisation, respectera les classes sociales, l'économie, la nature... - en un mot, l'être humain. Car la politique n'est jamais loin chez l'écrivain que l'on a trop souvent cantonné à ses romans pour enfants. Et la maison est un thème récurrent dans son oeuvre : pour preuve, un an auparavant en 1905, il avait déjà utilisé, pour décrire la société, la métaphore de l'édifice dans Ce que la vie signifie pour moi (Les Éditions du Sonneur, 2006).

  • L'Invasion sans pareille est une nouvelle « politiquement incorrecte ». Elle ne l'était pas au moment de sa parution dans le McClure Magazine en 1910. Dans ce texte d'anticipation géopolitique, London met en scène l'éveil de la Chine à compter des années 1920, après que celle-ci s'est libérée du joug japonais. L'essor du pays est suivi d'une augmentation considérable de sa population, qui atteint, en 1976, un milliard d'individus. Les Chinois commencent alors à déborder de leurs frontières, mettant ainsi les nations alentour - et l'Occident - sur le qui-vive. Afin de lutter contre cet inquiétant envahisseur, une coalition internationale se met en place. Mais les troupes de la Société des Nations sont écrasées par celles, bien plus nombreuses, de l'Empire. Jusqu'à l'entrée en scène d'un scientifique, qui propose une solution radicale à Washington : la guerre bactériologique !

  • Février 1931 : au terme de deux longues années de travail, Charlie Chaplin vient d'achever Les Lumières de la ville. Harassé de problèmes personnels, déstabilisé par l'avènement du cinéma parlant, il ressent le besoin de s'éloigner de son travail, de ses affaires et de son pays d'adoption.
    Il décide donc de rejoindre son Angleterre natale, entre autre pour y présenter son dernier film. Depuis son exil aux États-Unis en 1912, c'est la deuxième fois qu'il regagne l'Europe. Prévu pour durer quelques semaines, ce voyage tiendra Chaplin loin des États-Unis pendant seize mois. Angleterre, Allemagne, Autriche, Italie, France, Algérie, Suisse, Égypte, Sri Lanka, Singapour, Indonésie, Japon. Chaplin effectue un tour du monde au gré des événements et de ses rencontres.
    Malgré ses doutes sur l'avenir de son art et sa peur obsessionnelle de devenir un cinéaste démodé - incapable de faire parler son personnage de Charlot et d'inclure des dialogues à ses films -, il est au faîte de sa gloire. Il est donc accueilli, à chacune de ses étapes, comme une véritable star. Des foules en liesse l'attendent et l'acclament, tant à Londres, qu'à Berlin, Paris, Colombo, Surabaya et Tokyo. Il est par ailleurs reçu par toutes les personnalités - politiques, artistiques et scientifiques - de l'époque : Churchill, Marlène Dietrich, Albert Einstein, Aristide Briand, H. G. Wells, Maurice Chevalier, Gandhi, Albert Ier de Belgique. En marge de toutes ces célébrations et de la griserie engendrée par la notoriété, Charlie Chaplin reste des plus attentifs à la crise qui secoue alors le monde. Son regard sur la société est empreint du destin d'un homme ayant accédé à la gloire, après une enfance de misère, dans une fin de XIXe siècle annonçant le règne de l'industrialisation et du capitalisme. Ses rencontres avec les politiciens des différents pays où il séjourne donnent lieu à des conversations sur la situation du moment. Charlie Chaplin observe, écoute, analyse, s'engage. Et ce voyage de près d'un an et demi confirmera le cinéaste dans ses préoccupations - il est à noter qu'à son retour aux États-Unis, il réalisera Les Temps modernes en 1936 et Le Dictateur en 1940, illustrations éminemment économique et politique des constats que Chaplin put faire lors de son tour du monde.

  • Charles Strickland, agent de change prospère du Londres du début de siècle dernier, quitte brutalement sa famille et son pays pour s'installer à Paris. Sa femme envoie le narrateur - un écrivain à succès - sur le continent pour tenter de ramener l'époux déserteur à la raison. C'est un homme dur et égoïste que le jeune auteur rencontre alors, mais un homme habité par une obsession jusque-là non avouée - la peinture -, qui le mènera jusqu'en Polynésie. Cette ode de Somerset Maugham aux puissantes forces du génie créatif est inspirée de la vie de Paul Gauguin. Avec ironie, finesse et une fascination non dissimulée, l'écrivain britannique dénonce dans L'Envoûté, la bienséance et le poids de la norme, et s'interroge sur l'engagement qu'exige le destin d'artiste.

    Né à l'ambassade britannique à Paris en 1874, dans un milieu intellectuel et artistique, Somerset Maugham a 14 ans lorsqu'il est recueilli par un oncle en Angleterre après la mort de ses deux parents. Il y entreprend des études de médecine, tout en se mettant à écrire. Son premier roman, Liza of Lambeth, remporte un succès immédiat, qui lui permet d'abonner sa carrière médicale.?Pendant les soixante-cinq années à venir, il vivra de sa plume et écrira, entre autres, des centaines de nouvelles - ce qui lui valut le surnom de « Maupassant anglais ».? Globe-trotter infatigable, il sillonna l'Europe, les Antilles, l'Asie et l'Amérique du Sud avant de s'installer à Saint-Jean-Cap-Ferrat, où il mourut en 1965.

  • En septembre 1918, loin des champs de bataille de Picardie, la France mène, aux côtés de la Serbie, une offensive décisive en Macédoine, occupée par la Bulgarie, alliée de l'Allemagne. Le lieutenant de Queslain, officier français, est laissé pour mort au cours d'un assaut et fait prisonnier par une armée bulgare aux abois. Affecté à un convoi de combattants ennemis blessés, il est contraint de suivre, sous bonne garde et dans des conditions éprouvantes, le repli de ces hommes fuyant l'avancée des troupes françaises. Dans cette retraite forcée au cÏur de montagnes inhospitalières, il est soigné par une infirmière bulgare, dure et déterminée, qui lui révéléra l'âme des Balkans, vaillante et implacable, sauvage et tragique. Témoignage d'une grande acuité sur un épisode peu connu de la Grande Guerre, ce roman âpre et puissant, construit autour de deux personnages que tout oppose dans une Macédoine déchirée, offre un récit de guerre virtuose, sans concession et d'une force intacte.

  • Edité sous pseudonyme en 1969 en Angleterre, puis en 1970 en France, Mémoires d'un libraire pornographe s'est vite imposé, pour reprendre les mots d'Emmanuel Pierrat, préfacier de cette nouvelle édition, « comme l'une de ces savoureuses bizarreries littéraires, où se mêlent Portraits de personnages fantasques, histoire de l'édition et de la censure, description des réseaux clandestins de diffusion des livres sulfureux... » Armand Coppens, qui réunit ici son expérience de libraire du « second rayon », passe de la bibliothèque à l'alcôve et du livre au lit avec l'aisance d'un érudit du Siècle des lumières.

  • Alexandrie, 1883. Un navire marchand en provenance de Calcutta arrive dans le port de la cité égyptienne. Outre sa cargaison d'étoffes, il transporte un dangereux passager clandestin, invisible à l'oil nu : le microbe du choléra.
    Depuis Paris, Louis Pasteur dépêche sur place un groupe de jeunes scientifiques chargés de découvrir le microbe avant le Dr Robert Koch (le chercheur allemand qui a découvert l'année précédente l'origine de la tuberculose), lequel a également rejoint Alexandrie. Il en va de l'honneur de la France. L'équipe se compose de Louis Thuillier, d'Émile Roux et du vétérinaire Edmond Nocard, accompagnés de Marcus, leur assistant. Selon les instructions de Pasteur, ils installent leur laboratoire dans l'enceinte de l'Hôpital européen et se mettent au travail.
    Rapidement, ils font la connaissance de plusieurs notables alexandrins, parmi lesquels le docteur Malina, un juif dont la famille vit là depuis trois siècles. Sa fille Este, dix-huit ans, d'abord indifférente aux recherches des Français, finit par leur proposer son aide. À force de côtoyer Louis Thuillier, elle se met à envisager un avenir à ses côtés, tout en éprouvant une furieuse envie de comprendre les subtilités du monde microscopique qu'il lui fait découvrir. Cependant, l'épidémie continue ses ravages, alors que les travaux des deux équipes concurrentes stagnent.
    Puis peu à peu, la rémission s'annonce, les décès se font plus rares, le danger semble s'éloigner et les chercheurs, moroses et découragés, voient le microbe leur échapper : pour Thuillier, Roux et Nocard, un retour en France est donc imminent. Et Louis espère bien repartir en compagnie d'Este.
    L'Insaisissable mêle de façon subtile histoire et fiction. Cette fresque minutieuse de l'Alexandrie de la fin du xixe siècle propose une reconstitution documentée de l'épidémie qui frappe alors la ville. Le récit, dans lequel le microbe du choléra est un personnage à part entière, s'attache à décrire l'atmosphère cosmopolite de la cité, où se côtoient des communautés disparates (colons européens, Juifs, Coptes, Arabes.).


    Née en 1935, Anne Roiphe est journaliste et écrivain. Elle publie son premier roman, Digging Out, en 1967. Le deuxième, Up The Sandbox, paru en 1970, remporte un vaste succès aux États-Unis et est adapté au cinéma. An Imperfect Lens (titre provisoire : L'Envahisseur invisible), son roman le plus récent, paraît en 2006. Elle est l'auteur de divers essais, dont Fruitful, qui est nominé au National Book Award en 1996. Elle vit à New York.

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