Flammarion

  • Retrace, à l'aide d'une somme impressionnante de sources, les origines de la Première Guerre mondiale depuis les dernières décennies du XIXe siècle et met en lumière ce qui a rendu l'Europe, apparemment prospère et bien portante, aussi vulnérable à l'impact de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand.

  • Oublions les westerns. Durant trois siècles, l'Amérique du Nord a été sillonnée, à l'échelle continentale, par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures, se sont constamment mêlés aux Amérindiens.
    En partant sur la piste de dix voyageurs, natifs de la France ou du Canada, Gilles Havard fait surgir des scènes saisissantes : adoption d'un jeune Français par des Iroquois du XVIIe siècle, pirogues chargées de peaux de castor ou de bison descendant la rivière Missouri, fêtes du nouvel an empruntant aux cérémonies indiennes, retrouvailles lors des grandes haltes de caravanes... À travers ces destins hors du commun se dessine une autre histoire de la colonisation européenne, occultée par le récit américain de la conquête de l'Ouest : une histoire d'échanges, de métissages, mais aussi de violences, dont les têtes d'affiche sont des Français et des Amérindiens.
    Cet ouvrage explore une Amérique oubliée, fantôme - effacée des mémoires, absente des livres d'histoire. S'appuyant sur des récits de voyage, les archives des deux continents et les témoignages de descendants, enrichi de cartes et d'images inédites, il donne vie à un monde jusqu'ici invisible.

  • La carte n'est pas le territoire : malgré leurs visées scientifiques, les cartes sont toujours subjectives, et intimement liées au contexte dans lequel elles naissent. Les cartographes ne se contentent pas de représenter le monde : ils le construisent, à partir des idées de leur époque et de leur culture. Telle est la thèse de Jerry Brotton, et le point de départ de cet extraordinaire voyage à travers le temps et l'espace. En observant à la loupe douze cartes du monde, il ouvre autant de fenêtres sur des civilisations aussi différentes que la Grèce antique et la Corée du XVe siècle, l'Europe des grandes découvertes et celle de la Révolution française, jusqu'au monde globalisé d'aujourd'hui, placé sous l'oeil de Google Earth... À l'issue de ce périple aussi captivant qu'instructif, on aura appris une foule de choses : saviez-vous de quand date l'habitude de placer le Nord en haut d'une carte ? quel planisphère a donné son nom à l'Amérique ? et vous doutiez-vous que, malgré les apparences, les cartes d'aujourd'hui ne sont pas plus définitives ni plus objectives que celles d'autrefois ? Lecteurs de ce livre, vous ne regarderez plus jamais votre GPS de la même façon.

  • Le procès de Socrate est une des images les plus célèbres de l'histoire de l'Athènes classique. Les guerres médiques ou les marbres du Parthénon en offrent le versant lumineux, la condamnation du maître de Platon, elle, en incarne la légende noire. Le plus souvent, l'événement est présenté comme la faute impardonnable de la démocratie athénienne, la preuve d'une cité intolérante, persécutant ses élites intellectuelles. À l'opposé, les défenseurs de la démocratie athénienne s'évertuent à en relativiser la portée, en le réduisant à un incident, voire en justifiant la condamnation du philosophe. C'est ainsi qu'au fil des âges, le procès de Socrate s'est transformé en procès de la démocratie athénienne - et par extension, de la démocratie elle-même.
    Ce livre entreprend d'écrire une histoire de cette démocratie à la lumière du procès de 399, mais il va plus loin en étudiant les différentes facettes de la subversion socratique, qui tiennent non seulement à la philosophie politique de Socrate, mais à ses moeurs et à l'originalité de sa pédagogie.
    Enfin, le procès est inséparable des multiples relectures qui l'accompagnent depuis les premiers temps de l'ère chrétienne. Des Pères de l'Église qui faisaient du philosophe un précurseur du christianisme au « Socrate sans-culotte » de la Révolution française, en passant par le « Saint-Socrate » d'Érasme ou le « patron des philosophes » construit par la pensée des Lumières, c'est l'histoire de notre propre rapport à la démocratie athénienne qui s'écrit.


    Couverture : Jacques-Louis David, La Mort de Socrate (détail), huile sur toile, 1787, The Metropolitan Museum of Art, New York.

  • Dans son petit village près d'Oxford, Graham Robb trouve un jour au fond de son jardin d'antiques pièces de monnaie, une tuile marquée par le feu, une broche de l'âge du fer. Ces vestiges d'un habitat primitif sont le point de départ d'une quête passionnée, au fil de laquelle l'écrivain met au jour la logique invisible de la géographie et de la cosmologie celtiques. La voie héracléenne, route légendaire reliant en ligne droite la péninsule ibérique au col de Montgenèvre dans les Alpes, et jalonnée de sanctuaires celtiques serait ainsi bien plus qu'un simple mythe : le coeur d'une cartographie symbolique et rigoureuse, orchestrée par la science des druides. À la lisière de l'histoire et de la légende, calculs et tracés savants côtoient amphores découvertes en plantant des endives, machines astronomiques conservées des millénaires au fond de l'eau, ou encore vieilles cartes jamais décodées. Celtophiles, amateurs d'Antiquité et inconditionnels de notre passé gaulois, ce nouvel opus de Graham Robb est pour vous !

  • «Le Prince était ivre»... Ainsi commence l'histoire des Plantagenêts, cette famille hors-norme qui a fait les riches heures de notre Moyen Âge. Le premier du nom est angevin, mais qui s'en souvient encore trois siècles après ? Leur célébrité a dépassé les frontières de l'Anjou et la dynastie est entrée dans la grande histoire de l'Europe. C'est une famille au caractère trempé, marquée à ses débuts par l'un des hommes les plus puissants du XIIe siècle: Henri II Plantagenêt.
    Outre l'Angleterre et la Normandie dont il est déjà détenteur, il est devenu, en épousant Aliénor d'Aquitaine, le maître de la moitié de la France. Un vassal plus puissant que son roi, un vassal encombrant... Dans cette histoire épique, où les traîtres et les ambitieux ne semblent jamais trouver le sommeil, Dan Jones fait revivre sous nos yeux ces rois et reines aux prises avec le pouvoir. Inoubliable, Aliénor, deux fois reine, célèbre dans toute la chrétienté, joue sa partition jusqu'à ses derniers instants - elle meurt à 80 ans.
    De ses nombreux enfants, on se souvient de Richard Coeur de Lion, qui affronta Saladin lors de la troisième croisade et ne cessa de guerroyer contre son propre père. Célèbre aussi mais sans gloire pourtant, son frère jean sans Terre... Inlassables combattants, ils ont à leur palmarès les grandes batailles de ce temps: Bouvines, qui scelle la fin de la prédominance seigneuriale, Crécy, l'Ecluse, la première grande victoire navale anglaise.
    Avant les Tudors, les Plantagenêts ont façonné l'histoire anglaise et pourtant leur attachement à la France restera fort et singulier. Pour l'éternité, les fondateurs reposent à l'abbaye de Fontevraud...

  • Analyse l'art pariétal comme le signe de l'existence d'une société hiérarchisée au paléolithique, ainsi que comme expression par des lignages dominants de leur suprématie et de leurs origines mythiques.

  • Au sein du vieux couple spirituel/temporel, Dieu l'emporte ordinairement, César faisant plutôt figure d'entrave à l'élévation des âmes. Cependant, la quête d'un "royaume qui n'est pas de ce monde" d'accompagne, dès les origines, d'une véritable réussite matérielle de l'Église terrestre. Contradiction avec l'idéal initial ? Certes non, puisque cette manne doit être partagée avec les pauvres considérés comme autant d'images de Dieu... Ce bel évangélisme se heurte à la réalité de l'institution. L'Église est en rivalité avec le Pouvoir pour la domination du monde. Les questions que cet affrontement pose sont multiples. Au nom de quels principes le pouvoir spirituel peut-il commander ? Avec quelles forces ? À quoi peut bien servir un pape ? Pourquoi les richesses de l'Église échapperaient-elles à un pouvoir civil toujours plus autoritaire et impécunieux ? Après les grands affrontements médiévaux du Sacerdoce et de l'Empire, se met en place, dans la France d'Ancien Régime, une solution dite "gallicane" qui fait du Roi Très Chrétien le véritable chef de l'Église nationale. Cette "alliance du trône et de l'autel" placera la gestion temporelle en son centre, si bien que l'un sombrera avec l'autre à la Révolution. Avec le rappel de ce parcours temporel, cet essai veut constituer le contrepoint d'une histoire religieuse qui le minimise trop souvent, afin de mieux mettre en lumière les conditions matérielles d'un essor spirituel et artistique sans pareil.

  • Le 31 mars 1814, à l'issue d'une bataille féroce qui a fait quinze mille morts en moins de vingt-quatre heures, le tsar Alexandre Ier entre triomphalement dans les rues de Paris. C'est la fin de la campagne de France menée par les Russes et leurs alliés,

  • Ils sont tisserands, chaudronniers, fabricants de chandelles, vanniers, horlogers, machinistes, bûcherons, savonniers... : à partir de 1841 des centaines d'artisans et d'ouvriers s'embarquent pour le Brésil avec femmes et enfants, laissant tout derrière

  • Le 7 octobre 1571, au large des côtes grecques, dans le golfe de Lépante, l'aube se lève sur une mer couverte de bateaux : d'un côté la flotte de l'Empire ottoman, de l'autre les galères de Venise, de l'Espagne de Philippe II et du Saint-Siège, unies sous la bannière de la Chrétienté. Ces deux immenses armées s'apprêtent à livrer la plus importante bataille navale de l'histoire moderne. Quel formidable jeu d'alliances politiques et militaires, d'intérêts économiques, d'ambitions personnelles, de hasards géographiques et d'aléas climatiques a conduit à cet affrontement ? Comment les visées de l'ambitieux Sélim II, de l'obstiné Pic V et du prudent Philippe II se sont-elles mêlées pour faire converger les destins de milliers de marins et de soldats vers Lépante en cet automne 1571 ? C'est ce que raconte cette fresque magistrale.
    Multipliant les points de vue, faisant dialoguer avec brio les sources turques et occidentales, Alessandro Barbero tisse le récit de la fascinante montée vers la guerre qui mobilisa, deux années durant, toutes les rives de la Méditerranée. Délaissant le mythe qui a voulu voir en Lépante un "choc des civilisations" avant l'heure, il met en scène à part égale pachas ottomans et marins vénitiens, ambassadeurs espagnols et espions romains en une grandiose épopée, qui compose un tableau extraordinairement vivant de l'Europe de la Renaissance.

  • Brutalité, avidité, sens de l'honneur : guerriers en armure contre valeureux archers ; sabres et cottes de mailles, sabots qui claquent tandis que retentit l'appel du muezzin : dans cette fresque magistrale.
    Jonathan Phillips restitue les multiples épisodes de l'affrontement séculaire entre chrétiens et musulmans. Tout y est : les violences atroces qui accompagnèrent la prise de Jérusalem en 1099, les heures de gloire de la troisième croisade qui mit aux prises Saladin et Richard Coeur de Lion, le détournement de la quatrième qui vit les croisés s'en retourner en Europe sans avoir jamais foulé la Terre sainte - mais après avoir dûment saccagé Constantinople...
    Parmi les acteurs de cette épopée, on croisera les figures bien connues des Templiers, de Bernard de Clairvaux, de Saint Louis ; la reine Mélisende qui, faisant preuve d'intelligence et d'autorité, gouverna d'une main de fer le royaume de Jérusalem ; ou encore l'empereur Frédéric II, érudit et arabophone, qui, bien qu'excommunié. réalisa l'exploit de reprendre Jérusalem, en 1229, sans coup férir ! Jonathan Phillips explore toutes les facettes de la guerre sainte, y compris les plus surprenantes.
    On verra ainsi que. contrairement aux idées reçues, la diplomatie l'emporta souvent sur l'épée ; que la croisade n'empêcha pas chrétiens et musulmans de nouer amitiés et alliances : et qu'il y eut, comble du paradoxe, des appels à la croisade contre des chrétiens, et au jihad contre des musulmans...

  • Il y eut une Amérique avant les États-Unis : celle que l'on pourrait appeler l'« Amérique anglaise ». Au cours du XVIIe siècle, les Anglais entrent comme leurs voisins européens dans la course au Nouveau Monde et fondent des colonies le long du littoral oriental du continent nord-américain. En 1776, treize de ces colonies proclameront leur indépendance et deviendront les États-Unis d'Amérique. Ce livre est l'histoire de cet espace qui fut anglais avant d'être américain.
    Comment l'Angleterre a-t-elle découvert l'Amérique ? Comment s'est déroulée la conquête du territoire, sur les populations amérindiennes et sur les concurrents Européens - Espagnols, Hollandais ou Français ? Pourquoi l'esclavage des Africains s'est-il développé dans certaines régions plutôt que d'autres ? Qui étaient les premiers colons, et comment vivaient-ils ? Et surtout, comment ces colonies, extrêmement diverses d'un point de vue topographique et climatique (plus de 2 000 kilomètres séparent la Géorgie, au sud, du New Hampshire, au nord), habitées par des populations ayant peu en commun (puritains anglais, huguenots français, quakers, presbytériens, juifs, Allemands, Hollandais, Écossais) ont-elles pu former un empire colonial d'abord, un État indépendant ensuite ? Dans cette grande fresque qui fait la somme de toutes les connaissances éparses sur l'histoire de la colonisation anglaise, Bertrand Van Ruymbeke met en évidence les aléas de l'histoire : fondé sans politique prédéfinie ni coordination et largement aux mains d'intérêts privés, mercantiles ou aristocratiques, cet empire est une construction du hasard.
    Rien ne présageait que ces colonies ne deviennent un ensemble impérial - encore moins un pays.

  • Si seulement nos professeurs d'histoire nous avaient raconté le Moyen Âge avec la faconde, l'allant et la jovialité d'Alessandro Barbero ! Nous en aurions aujourd'hui une connaissance certainement plus vivante et plus intime. C'est le pari réussi de ce petit ouvrage qui, en six coups de pinceaux nerveux et précis, nous plonge dans la France et l'Italie des XIIIe, XIVe et XVe siècles : trois portraits d'hommes et trois de femmes qui font revivre la société médiévale, donnent chair à leurs façons de penser, à leurs idéaux, à leurs combats, bref à ce quotidien médiéval si difficile à appréhender.
    1) Le voyage commence à Parme. Barbero retrace le parcours de Salimbene de Adam (1221-1288), un jeune noble qui, contre l'avis de son père, décide de devenir moine et de ne plus se nourrir que de choux et de pain rassis. C'est l'Italie de François d'Assise et des prêcheurs qui haranguent les foules.
    2) Vient ensuite l'Italie de Dante, celle du marchand florentin Dino Compagni (1225- 1334), figure emblématique des premiers gouvernements populaires, celle des chevaliers bannis, des palais fortifiés et des vengeances sanguinaires.
    3) Le troisième représentant de la gent masculine est le Français Jean de Joinville (1224-1317), qu'on suit de près au côté de Saint Louis dans la croisade qui le mena à Jérusalem.
    4) Ultime retour en Italie avec Catherine de Sienne (1347-1380), grande figure de la mystique du Moyen Âge italien, et, en arrière-fond, la fameuse querelle papale entre Rome et Avignon.
    5) Christine de Pisan (1364-1430), seule femme laïque de l'ouvrage, nous ramène en France et nous montre le destin d'une mère et d'une épouse qui fut aussi la première « féministe » de l'histoire et la première auteure de « best-seller ».
    6) Barbero termine son tour d'horizon avec la figure mythique de Jeanne d'Arc (1412- 1431) et revient sur les aberrations de son procès, avec une attention toute particulière aux détails, aux hésitations, aux vanités humaines de l'époque.
    Six figures universelles qui offrent une porte d'entrée remarquablement efficace sur le Moyen Âge.

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