Flammarion

  • L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
    Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
    Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l'Algérie, des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

  • "Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l'amour" écrivait récemment Michel Houellebecq.

    Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d'ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman - son double inversé), l'échec des idéaux de leur jeunesse, l'espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.

    Ce roman sur les ravages d'un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.

  • Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.
    Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste.
    Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

  • La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois soeurs, semble redouter davantage l'arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d'un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l'homme et la nature, la relation n'a cessé de se tendre.
    A qui la faute ? Dans ce grand roman de "la nature humaine" , Serge Joncour orchestre presque trente ans d'histoire nationale où se répondent jusqu'au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril.
    A moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits...

  • L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n'habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s'est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu'on avait apprivoisée aussi bien qu'un animal de compagnie, n'avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s'entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c'était en arrivant.
    Serge Joncour raconte l'histoire, à un siècle de distance, d'un village du Lot, et c'est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu'il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au coeur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

  • Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l'école et les embarque sans préavis pour un long voyage. Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine? Quelle menace fuit-elle? Pour le savoir, il faudra revenir en arrière, dans les eaux troubles du passé, rencontrer Giovannangeli, qui l'a prise sous son aile à la disparition de son père, lever le voile sur la mort de Samuel, le père de ses enfants - où était Gloria ce soir-là ? -, et comprendre enfin quel rôle l'avocat Santini a pu jouer dans toute cette histoire.
    Jusqu'où peut-on protéger ses enfants? Dans ce roman tendu à l'extrême, Véronique Ovaldé met en scène un fascinant personnage de mère dont l'inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l'affronter.

  • « Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l'infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j'entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l'irrémédiable. »

  • Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s'y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l'affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître.

  • Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée.
    L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer ? et pourquoi pas à renaître.

  • Alors qu'elle a 13 ans, Atanasia Bartolome a comme une révélation devant une toile du peintre Roberto Diaz Uribe. Elle découvre qu'il est un cousin de son père et souhaite savoir ce que cherche à lui dire ce peintre, qui a disparu un jour comme tous les ancêtres Bartolome. La jeune fille décide de partir elle aussi explorer le vaste monde.

  • Ici, lorsque quelquun disparaît, on dit simplement quil sest évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce quil ny a pas de crime, ni la famille parce quelle est déshonorée. Partir sans donner dexplication, cest précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on sévaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? Cest ce quaimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme quil aime encore, il mènera lenquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de Sanya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?

    Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman damour. Dune façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que lon est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.

  • En résidence d'auteur à Donzières, dans le centre de la France, un écrivain apprend la disparition d'un vieux maraîcher. Un couple de jeunes, Aurélick et Dora, est soupçonné de l'avoir assassiné. Fasciné par Dora, l'écrivain va sillonner la région à la recherche de pistes susceptibles de faire la lumière sur cette affaire.

  • « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution », écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement.
    Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée dun géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.

  • Au temps des premiers acacias Un soleil froid, presque livide Éclairait faiblement Madrid Lorsque ma vie se dissocia.

    Configuration du dernier rivage est composé d'une centaine de poèmes, recueillis en cinq parties.


    Portrait : collection particulière de l'auteur

  • "Depuis dix-neuf ans, je n'ai écrit que de biais à "ce sujet". Aujourd'hui j'y reviens. de front, sur la route. La marche à pied ou n'importe quel véhicule auraient fait l'affaire. Mais si je suis à vélo, il doit bien y avoir une raison.". Qu'est-ce qui a poussé Bernard Chambaz à traverser les Etats-Unis de la côte Est à la côte Ouest ? L'été 2011, dix-neuf ans après la mort de son fils Martin, il repart à sa rencontre. Chaque coup de pédale sur cette terre de mirages et de merveilles l'entraîne et le relance. Sur la route défile l'Amérique, ses scènes de la vie banales et ses destins extraordinaires, les Roosevelt, les Lindbergh, ces soldats de retour d'Irak, ces motards en balade autour de la cité des Anges. Mais une question demeure à laquelle nul n'échappe: qu'y a-t-il au bout du chemin ?

  • Un vieux prof d'Histoire précolombienne, Javier Leonardo Borges, rendu soudain fringant par une mystérieuse découverte ; son collègue stambouliote qui fouine dans les mosquées à la tombée de la nuit ; un manuscrit turc du xvie siècle dans lequel, anachronisme insensé, une déesse aztèque se pavane ; et un sultan, Suleyman le Magnifique, qui confie pour la première fois son terrible secret.
    Leur point commun ? Être au coeur d'une incroyable supercherie dont la révélation pourrait bien changer notre regard sur l'Histoire officielle.
    Des couloirs de l'université de Buenos Aires au palais de Topkapi, entre parchemin codé et crypte secrète, Mélanie Sadler mêle avec beaucoup de virtuosité fantaisie littéraire et roman d'aventure. Ce livre emprunte aussi bien à Borges qu'à Hergé dans le seul dessein de nous mener tous sacrément en bateau.

  • M comme une histoire d'amour. Mais quand on a dit ça, on n'a rien dit.
    Ou alors, il faut tout dire.

  • En août 2001, Olivier Weber porte son livre, Le Faucon afghan, au commandant Massoud. Deux jours avant les attentats du 11 Septembre 2001, le « Lion du Panshir » est tué dans un « attentat suicide ».
    Dans La Confession de Massoud, Olivier Weber emprunte la voix de celui qu'il a bien connu pour écrire un texte entre fiction et essai. Il porte le message que Massoud n'aura pas eu le temps de livrer au monde : une véritable profession de foi en faveur d'un Islam des Lumières.
    Dans cette confession imaginaire, un médecin, Hugo Baryton, qui connaît bien Massoud et la vallée du Panshir, est présent au moment de l'assassinat du « Lion ».
    Daoud, fidèle ami et responsable de la sécurité de Massoud, lui remet les enregistrements de ses dernières paroles, des confessions dans lesquelles il revisite le sens de son combat, se livre à un plaidoyer pour un Islam de la tolérance, qui s'incarne dans une vision poétique de la vie.
    Ce récit, au-delà de l'hommage rendu à Massoud, est une invitation à la liberté, à la tolérance et à la concorde entre les peuples. Le message de Massoud est un message de paix, celui qu'il aurait voulu transmettre et pour lequel, toujours, il a combattu.

  • En 1949, Albert Camus embarque pour le Brésil. La tuberculose, les violentes fièvres qui l'assaillent, l'ennui des longues journées en mer rendent ce voyage difficile, sombre. Chaque jour, dans sa cabine exiguë, il travaille au manuscrit des Justes quand une mystérieuse femme, Moira, fait son apparition. Avec elle, Camus se souvient alors de sa jeunesse à Alger. L'époque ensoleillée des premières amours et des combats politiques et littéraires a des allures de paradis perdu. Pourtant, Camus oppose à la nostalgie qui le ronge un féroce appétit de vivre.
    Salim Bachi nous livre, dans ce roman, le portrait d'un Camus inquiet, exalté, sensuel, brillant et fraternel.

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