Langue française

  • Une étude comparée des argots des classes dangereuses à travers une dizaine de pays d'Europe et d'Amérique met en lumière les influences communes qui, voilà déjà plus de cinq siècles, avaient favorisé leur formation. S'y trouvent ainsi établies l'étymologie et la véritable signification de mots devenus aussi courants qu'arnaque, cave, came, toc, tapin, boudin, micheton, thune, dèche, rousse, poulaille, vache, tabasser, mouton, mais aussi bistrot, flamenco, fado, cocu, racket, tchao, mafia, chicane, pagaille, rôdeur ou camarade...

  • Partout se propage la contamination du nationalisme, partout s'observe l'affaiblissement de la nation.
    Or, la nation moderne est un projet politique singulier. née au xviiie siècle en angleterre, aux états-unis et en france, elle a pour fonction première d'intégrer également chacun à la vie d'une communauté politique et de défendre celle-ci sur la scène internationale. elle se veut une communauté idéale de citoyens; elle ne connaît que des égaux, qui partagent une langue, une histoire et une volonté de vivre ensemble; elle ignore résolument les particularités ethniques, régionales, culturelles, linguistiques, religieuses de chacun.
    Ainsi, la nation moderne est historiquement indissociable de la démocratie et essentiellement opposée au nationalisme. quel peut être l'avenir de cette communauté de citoyens, quand les uns se réclament de leurs particularismes ethniques ou de leur identité religieuse, quand les autres confondent leurs devoirs de citoyens avec leurs droits de consommateurs ?.

  • " le langage en qui parle l'origine, est essentiellement prophétique.
    Cela ne signifie pas qu'il dicte les événements futurs, cela veut dire qu'il ne prend pas appui sur quelque chose qui soit déjà, ni sur une vérité en cours, ni sur le seul langage déjà dit ou vérifié. il annonce, parce qu'il commence. il indique l'avenir, parce qu'il ne parle pas encore, langage du futur, en cela qu'il est lui-même comme un langage futur, qui toujours se devance, n'ayant son sens et sa légitimité qu'en avant de soi, c'est-à-dire foncièrement injustifié.
    Et telle est la sagesse déraisonnable de la sibylle, laquelle se fait entendre pendant mille ans, parce qu'elle n'est jamais entendue maintenant, et ce langage qui ouvre la durée, qui déchire et qui débute, est sans sourire, sans parure et sans fard, nudité de la parole première. " m. b.

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