Hoebeke

  • C'est en 1947 que Willy Ronis découvre le quartier de Belleville-Ménilmontant, dont il tombe immédiatement amoureux ; c'est une révélation : plus que nulle part ailleurs, là-haut, le temps a suspendu son cours. Entre les Buttes-Chaumont et le Père-Lachaise, le photographe s'arrête dans les ateliers, les bistrots et les salles de bal. Il arpente avec passion les ruelles, les passages, les venelles, les terrasses et les arrière-cours. Dans ce village populaire qui surplombe la ville, on tire à l'arc, on joue aux boules et l'on déjeune dans les jardinets. L'omniprésence de la végétation fait dire à ses habitants qu'ils n'ont pas besoin de partir en vacances. Certains vont encore chercher l'eau au puits. D'autres s'accordent une sieste sur un coin d'herbe. Personne n'est riche mais tout le monde semble heureux. Chaleureux, pittoresque et poétique, le Belleville-Ménilmontant de Willy Ronis représente un témoignage hors pair sur un Paris disparu, celui d'une douceur de vivre modeste et insouciante. Ému par ses images et ayant souvent écouté Willy Ronis évoquer ses souvenirs, Didier Daeninckx a imaginé le récit d'un «gars» de Ménilmontant : longtemps exilé contre son gré, l'homme revient sur ses pas et nous fait redécouvrir la légende du quartier.

  • Paris éternellement

    Willy Ronis

    • Hoebeke
    • 15 Octobre 2015

    Photographies de l'auteur

  • Il y a bien des manières de donner à voir «les Années Noires». Celle de Robert Doisneau évite le pathos, parle simplement du grand vide de l'Occupation, de la vie quotidienne : rues sans automobiles, pénuries généralisées, étalages déserts remplis seulement du maître-mot de Vichy : «Factice». Sensible au cocasse jusque dans les situations les plus pénibles, l'oeil de Doisneau repère les astuces et les incongruités du système D : un homme transforme son poêle en clapier, une parisienne fait prendre l'air à sa poule dans un jardin public. S'il décrit l'héroïsme, Doisneau montre des typographes résistants ; l'amie de Vercors, Yvonne Paraf, dite Desvignes, brochant le premier exemplaire du Silence de la mer dans sa cuisine ; les multiples combattants anonymes de la Libération. Pour la plupart inédites, ces photographies en disent long sur ce moment dramatique de l'histoire.

  • Plonk et Replonk revisitent dans cet album, selon un principe qui est leur marque de fabrique, deux grandes thématiques de la carte postale ancienne : Les Merveilles du monde, lieux et monuments incroyables et les Petites métiers d'ici et d'ailleurs. Toujours en quête de pittoresque, leurs divagations attribuées à la découverte des lieux inattendus de la planète donne une géographie plus qu'absurde et hilarante. Ainsi l'arc de Triomphe se voit affublé les jours de grand vent d'une porte en bois qui semble avoir été récupérée d'un château fort pour éviter les courants d'air au soldat inconnu. Du côté helvète, on peu découvrir le musée de la neige, en neige qui fond au printemps. Ou sur des terres lointaines, une gare qui semble n'être reliée à aucune voie mais construite dangereusement au bord d'un précipice. On y découvre (enfin) les sources d'eau chaude et surprise elles sont alimentées par un radiateur géant ! Le tunnel sur la Manche était déjà une grande réalisation franco-anglaise. Ou encore vous rêverez sûrement de découvrir Machenouille-les-Bains : paradis des bains de pied ! À côté de ces élucubrations, les pyramides d'Égypte, le Mont Saint-Michel ou la Grande muraille de Chine font pâles figures. Dans un autre registre, les deux compères de la Chaux-de-Fonds complètent leurs séries des métiers d'antan : certaines de leur images sont devenues des classiques comme « la berceuse de marmotte » ou « le livreur d'atomes ». Aujourd'hui sur le sujet, les deux artistes perfectionnent leur art de faussaires en images anciennes en recréant des fausses plaques de verre plus vraies que nature pour nous faire découvrir par exemple « le caleur de table ». Déjà des chefs-d'oeuvre ! On croyait Dada mort : il est ressuscité. On pensait l'humour loufoque et farfelu incarné par les Monty Python une exclusivité anglo-saxonne, ce n'est plus vrai, il est brillamment réincarné sur les monts jurassiens.

  • Paris tendresse

    Modiano/Brassai

    • Hoebeke
    • 23 Janvier 1992

    Il se servait d'un matériel rudimentaire si on le compare à celui des photographes d'aujourd'hui.
    Il appartenait à la race des vrais artistes qui ne se laissent pas déborder par la technique. Quelques bouts de ficelle et ils font éclore la magie. Ce photographe nommé Brassaï ressemblait à l'opérateur de cinéma allemand Woody Bredell qui avait si bien étudié les éclairages de Rembrandt qu'on disait de lui qu'il n'avait pas besoin de projecteurs. Il lui suffisait d'une allumette pour illuminer un stade de football.

    Je ne crois pas qu'on puisse parler au sujet de Brassaï d'expressionnisme ni même de fantastique social. Il était si réceptif, si sensible aux différents aspects de la ville, si curieux de s'enfoncer dans " les plis sinueux des grandes capitales où tout, même l'horreur, tourne à l'enchantement ", qu'il finissait par se fondre naturellement dans la nuit parisienne. Quelle patience lui aura-t-il fallu pour capter les sources de lumière de Paris !
    Patrick Modiano.

  • Première monographie de Robert Doisneau, cet ouvrage est aussi son dernier livre, le dernier auquel il participa activement.
    L'essentiel de sa vie de photographe, de "pêcheur d'images" comme il aimait à se définir, Robert Doisneau l'a consacré à la quête obstinée des petits moments de bonheur de la vie quotidienne, activité exigeant tout à la fois expérience et patience. Ainsi, durant plus de soixante ans, Robert Doisneau (1912-1994) a créé une incomparable documentation, tout particulièrement sur la vie des Parisiens et des banlieusards :
    Des Halles au Gentilly d'avant-guerre, sa banlieue natale; du Saint-Germain-des-Prés existentialiste aux villes nouvelles des années 1980...
    Ses milliers d'images dépassent largement leur valeur documentaire; obéissant à une perspective d'ensemble, elles forment une oeuvre exprimant une vision unique. On a pu étiqueter le regard de Robert Doisneau de diverses façons:
    Reportage humaniste, réalisme poétique..., mais, au fond, aucune catégorie n'est parvenue à définir la richesse et la diversité de son travail. Doisneau a tout photographié: des ouvriers travaillant à la chaîne, un bal mondain dans un palace vénitien, des jeunes mariés, des cyclistes vétérans, des tatoués au bistrot, mais aussi les grandes figures de notre temps, Picasso, Jacques Tati, Orson Welles, Simone de Beauvoir...

    Davantage que «ce charmant photographe plein d'humour» auquel il fut souvent réduit, Doisneau est avant tout le témoin engagé d'une histoire en mouvement, hanté par une réflexion profonde sur le temps qui passe, le superflu, l'inachevé, la modernité au sens baudelairien du terme... C'est la raison pour laquelle il sut si bien capter ce qui allait irrémédiablement disparaître. S'appuyant sur de longues conversations avec Doisneau durant les dernières années de sa vie, cette monographie explore toutes les facettes de son travail y compris ses aspects techniques.
    Un parcours qui débute dans les années 1930 avec la naissance du photojournalisme, puis rencontre le modernisme, le réalisme social et les idées de l'art brut, autant que la publicité pour les automobiles Renault ou la mode pour le magazine Vogue... Robert Doisneau souhaitait être porté par la magie des rencontres, "laisser toujours son pied un peu dans la porte pour que le hasard pénètre".

    Tranches de vies, contacts fortuits, amitiés soudaines et durables: tel est le portrait kaléidoscopique que brosse Peter Hamilton du photographe. Un éternel promeneur qui se lia avec Blaise Cendrars, Maurice Baquet, Jacques Prévert, mais aussi avec tel ou tel anonyme: concierge ou clochard, boucher ou forain... Autant d'images vivantes du "petit théâtre" des univers qu'il traversa. Illustré par quelque cinq cents photographies et documents, cet album dévoile un grand nombre d'images inédites ou oubliées.
    Une vision synthétique de l'oeuvre de ce grand photographe, paradoxalement aussi célèbre que méconnu.

  • L'école des colonies

    Didier Daeninckx

    • Hoebeke
    • 14 Octobre 2015

    « Nos ancêtres les Gaulois » Est-ce ainsi que débutaient les cours d'histoire des écoles du Tonkin, du Soudan ou du Dahomey. N'inscrivait-on pas au tableau noir le matin, en français - la langue enseignée dès les petites classes - « Mes enfants, aimez la France, votre nouvelle patrie ».
    L'école a été un des moyens privilégiés de la Mission civilisatrice de la France pour faire de tous les petits « indigènes » de bons Français. Il faut enseigner au plus grand nombre (qui restera restreint) les connaissances nécessaires aux besoins des colonisateurs. Il faut accroître la main-d'oeuvre et mieux tirer profit des richesses coloniales.
    Le matériel scolaire, à destination des colonies, a été souvent adapté du matériel imaginé pour les écoles françaises. Les planches pédagogiques s'adaptent à la flore et à la faune locales. L'écorché du lapin ou du chat que les petits écoliers français étaient habitués à découvrir sur les murs de la classe se transforme en un écorché de lion. On détaille le squelette de l'éléphant et la molaire du pachyderme est commentée sous tous ses angles.
    Les manuels scolaires ont eux aussi été édités spécialement pour les colonies : il faut ajouter aux leçons de lecture courante quelques éléments propres au territoire : l'hygiène ou « l'art de bien se nourrir ». On insiste sur la valeur du travail manuel. Ainsi était l'école des colonies.

    Dans une seconde partie, les colonies à l'école, le livre présentera un autre aspect, l'enseignement des colonies pour les élèves de la métropole : Les cartes de géographie de Vidal-Lablache ne vont pas oublier les territoires de l'Union française : elles vont bien détailler, territoire par territoire, nos « possessions ». La Cochinchine ou l'Afrique occidentale sont souvent abordées sous l'angle de leurs ressources.
    Les manuels scolaires eux vont faire l'apologie de l'oeuvre coloniale pour « les bienfaits de l'humanité ». Ils montrent la grandeur de la métropole « une nation riche et puissante » et pour parfaire l'idée d'égalité de la République, ils véhiculent une imagerie d'Épinal : une vision idéalisée : de beaux bâtiments bien équipés, de bons élèves souriants propres et reconnaissants.

  • «La plus belle rencontre littéraire de notre temps», dit ici J.M.G. Le Clézio. Et vingt-cinq années d'une aventure littéraire hors du commun, qui aura vu le festival, né à Saint-Malo, se projeter à Bamako, Missoula, Dublin, Sarajevo, Haïfa, Port-au-Prince, Brazzaville, Rabat, rassembler de plus en plus d'écrivains du monde entier autour de l'idée d'une littérature-monde, favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains africains et haïtiens, initier un «manifeste pour une littérature-monde en français» rassemblant quarante-quatre écrivains, qui proposait une vision nouvelle de la francophonie, et se retrouver aujourd'hui membre d'une Word Alliance regroupant huit des plus grands festivals du monde : Édimbourg, Berlin, Jaipur, Pékin, Melbourne, Toronto, New York. Au départ : la conviction qu'un monde disparaissait, qu'un autre naissait et que ce sont les artistes, les romanciers, les poètes, toujours, qui disent l'inconnu du monde qui vient. Et qu'il était urgent, s'arrachant aux visions supposées avant-gardistes d'une littérature n'ayant d'autre objet qu'elle-même, d'affirmer l'urgence d'un retour aux puissances d'incandescence de la littérature. Vingt-cinq années d'une aventure humaine et intellectuelle exceptionnelle dont cinquante-six écrivains disent ici l'intensité...

  • Illustrant son propos à l'aide de planches pédagogiques autrefois utilisées dans les classes, D. Picouly trace ici, sur le mode de la rêverie, les contours d'une France faite de souvenirs d'écolier.

  • Daniel Picouly n'a pas son pareil pour faire parler l'époque où le bureau de l'instituteur trônait sur l'estrade. Une école « libre, gratuite et obligatoire pour tous », qui faisait néanmoins la distinction entre les filles et les garçons comme elle l'affichait fièrement au fronton de ses établissements. À l'école des filles, les planches pédagogiques détaillent le moindre aspect de la vie domestique : les indispensables travaux de couture, l'utilisation des ustensiles de cuisine, comment ranger un placard, découper un poulet, dresser une table. L'analyse exhaustive des procédés de nettoyage fait l'objet d'instructions pour faire la vaisselle (les verres d'abord, les casseroles en dernier), blanchir le linge, faire briller le carrelage. À l'école des garçons, la technique prime sur l'usage. On ausculte le fonctionnement du moteur à explosion et on apprend des mots savants - cardan, arbre à cames, culasse. Au programme : la conception du pied à coulisse, les caractéristiques du courant triphasé et monophasé. Les toilettes s'examinent pour le mécanisme de la chasse d'eau, l'évier pour son siphon, irremplaçable pour comprendre la mécanique des fluides. On se préparait jusqu'en 1969 pour le certif : autre temps, autres moeurs. Les classes de fin d'études ont disparu et avec elles leurs programmes masculin ou féminin. Les murs qui séparaient la cour des filles de celle des garçons sont tombés.

  • De sa gastronomie à ses impressionnants monuments, tout ce qui fait le charme de la Ville Lumière est reconstitué ici en petites briques de plastique. Laissez-vous guider dans un Paris inédit où les grands édifices, les statues, les véhicules, les pièces de musées et même les fromages se présentent sous forme de drôles de petites constructions.
    Avec pour toile de fond d'incroyables répliques en Lego® des plus fameux monuments de la ville, ce guide unique regorge d'anecdotes inédites et facétieuses sur Paris et propose 20 projets DIY à réaliser grâce à des instructions détaillées étape par étape.

  • Derrière l'objectif de Reza

    Reza

    • Hoebeke
    • 9 Novembre 2010

    Iranien en exil basé à Paris, Reza parcourt le monde depuis plus de trente ans. Reconnu par ses pairs et connu du grand public, Reza est un photographe engagé, dont le parcours est aussi remarquable qu'atypique. Du Maghreb à l'Asie, de l'Afrique aux Balkans, les images de Reza savent capter les regards, la lumière et la mémoire des pays traversés. Adepte de la sobriété dans les cadrages, Reza appartient à la grande tradition des photographes humanistes. Ses images, largement diffusées dans la presse internationale (Time Magazine, Stern, Newsweek.), témoignent de sa foi en l'homme et en son courage. Dans cet ouvrage, le photographe nous fait entrer dans son univers, derrière son objectif, commentant une centaine de photographies emblématiques de son parcours. Reza retrace les étapes de la création en révélant le contexte d'une prise de vue, son intention, le choix d'une technique ou d'un cadrage, et éclaire ainsi son travail d'un jour nouveau.

  • Elles fleurissent partout sur le visage des hommes d'aujourd'hui, plus ou moins longues, plus ou moins travaillées ou fournies. Leur forme et leur style renseignent sur leurs propriétaires, mais aussi sur notre époque. Ainsi, la barbe des hipsters n'est pas celle des juifs hassidiques de Brooklyn, de même que la moustache d'Hitler ne saurait être confondue avec celle du séduisant Clark Gable.
    Séduction, pouvoir, virilité, religion, bien de thèmes rejoignent l'histoire du poil et de ses modes. Retracer cette histoire inédite était l'occasion pour les auteurs de rassembler toutes les anecdotes surprenantes et savoureuses qui s'y rapportent en les ponctuant d'illustrations variées et hautes en couleur.
    Un livre qui s'adresse à tous ceux qui ignoreraient que les Beatles ont été moustachus, qu'il y a autant de moustaches possibles qu'il y avait de joueurs de foot dans les années 1970 ou que les pharaonnes de l'Égypte antique avaient recours à des barbes postiches pour asseoir leur autorité !

  • Notre drapeau tricolore est l'emblème de deux révolutions, politique et esthétique, toutes deux de portée universelle. Si l'idéal républicain a, en effet, fait rêver le monde depuis Paris, la peinture moderne avec ses trois moments, impressionnisme, fauvisme, cubisme, nés tous trois à Paris, a fait quant à elle la renommée des musées du monde. L'insistance avec laquelle les plus grands noms de l'art moderne en firent le sujet de leurs tableaux mérite d'être soulignée. Plus de 120 toiles chantent les couleurs de notre République, sous les pinceaux de nos plus grands peintres tels Boudin, Manet, Monet, Renoir, Sisley, Caillebotte, Pissarro, Van Gogh, Seurat, Maximilien Luce, le Douanier Rousseau, Maurice Denis, Derain, Dufy, Léger, Picasso, Roger de La Fresnaye, Utrillo, Lapicque, Braque, Poliakoff, et d'autres encore. En introduction, Michel Pastoureau traite de l'origine incertaine du drapeau tricolore et Pascal Ory de l'histoire mouvementée de son enracinement. Quant à Jérôme Serri, qui a aussi rédigé l'ensemble des commentaires sur les oeuvres, il nous fait découvrir comment notre emblème national symbolise une révolution esthétique.

  • Le 27 mars 2016, Palmyre, cité antique classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, a été reprise des mains de l'EI après près d'un an d'occupation. Reconquérir Palmyre, c'est, pour la Syrie, le moyen de reprendre le contrôle de son histoire après les années de guerre qui ont ravagé le pays. Une victoire tant stratégique que symbolique. Outre Palmyre et la Syrie, bien d'autres pays et leur patrimoine sont menacés ou déjà détruits par les troupes de Daesh : c'est le cas de Leptis Magna en Libye, Mossoul en Irak, des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan ou encore la ville de Sanaa au Yémen. Face au danger et à l'urgence, plusieurs initiatives visent à constituer une mémoire de ces lieux grâce notamment aux nouvelles technologies : l'imagerie et l'impression 3D ou les images satellitaires. Dans cette perspective, Jean-Pierre Perrin, journaliste, grand reporter pour Libération et spécialiste du Moyen-Orient, retrace l'histoire mouvementée de ces sites en s'appuyant sur une iconographie variée alliant archives et photos contemporaines.

  • Jacques prévert et robert doisneau : des amis - ils le disent tous les deux.
    Cet album est l'histoire de leurs balades, de leur amitié, de leur complicité. " c'est prévert qui m'a appris le château tremblant et le pont de crimée ", se souvient doisneau.
    En lisant prévert, on voit surgir les photographies de doisneau : rue de buci, les halles, le canal saint-martin. en regardant doisneau, on entend les poèmes de prévert : " les enfants qui s'aiment ", " et la fête continue ", " les feuilles mortes ".

    Leurs promenades les emmènent dans les quartiers les plus populaires - ceux qui parlent -, les photos qui en résultent semblent toutes inspirées par l'amour des choses qui vont ensemble : les accordéonistes et les danseurs, les tatoueurs et les tatoués, gréco et saint-germain-des-prés, les amoureux et les quais de la seine.
    Le gag tendre et ironique à la prévert, rehaussé par des légendes écrites par doisneau, est présent un peu partout : c'est ce chien qui vit sur deux pattes avant et deux roues arrière, ou ces trois cages vides sur un étal de marché avec cette pancarte " j'achète tous les oiseaux ".
    L'apparition de la tête de prévert qui ressemble à un graffiti dessiné par un gamin sur un mur de paris, c'est le miracle d'une pincée de poudre de perlimpinpin lancée sur la réalité.
    Le poète et le photographe, c'est jacques prévert qui l'écrit, ont la complicité du gibier et du braconnier. ici, le poète se laisse tirer le portrait sans méfiance par doisneau, car quelque chose lui dit qu'il est en pays de connaissance, qu'il est face à un compagnon du voyage, à un compatriote de la vie.

  • Le grand photographe Robert Doisneau (1912-1994) s'est toujours attaché à sauver de l'oubli la vie quotidienne des faubourgs et de leurs habitants. Avec un regard vif et tendre, il a su rendre la poésie des rues, son humour aussi. Parmi les milliers de clichés pris par lui, certaines images sont devenues de véritables icônes modernes, tel «le Baiser de l'Hôtel de ville». Mais sur l'ensemble de son oeuvre, les photographies qui ont toujours eu sa préférence, celles qu'il continuait à regarder avec plaisir, sont ses photos d'enfants. Les Doigts pleins d'encre nous invite à fouiller dans notre mémoire : les empoignades dans la cour de récréation, les exploits des terrains vagues et les courses folles en patins à roulettes ; tous les plaisirs de l'enfance sont ici restitués et les enfants d'aujourd'hui découvriront, grâce à ces photos, que leurs grands-parents aussi ont eu dix ans. Ce que Doisneau photographiait avant et après-guerre en se rendant dans les classes ou en saisissant dans la rue des images inoubliables, Cavanna l'avait vécu. Il aurait pu être n'importe lequel de ces gosses photographiés en rang, au tableau noir, installé à un pupitre en bois ou s'enfuyant après avoir tiré une sonnette dans la rue. Toutes ces images émouvantes et drôles lui ont inspiré un texte où il nous raconte la vie des gosses de Doisneau en culottes courtes et genoux couronnés.

  • Sur les routes de la soie

    Reza/Weber

    • Hoebeke
    • 18 Octobre 2007

    De Venise à la Chine, les routes de la Soie demeurent un axe mythique, un chemin d'initiation et d'échanges entre l'Orient et l'Occident. La magie des photos de Reza plonge directement le lecteur dans le mythe, tandis que les textes d'Olivier Weber croisent subtilement légendes et actualité. Sur les routes de la Soie invite à sillonner huit pays et découvrir différentes tribus, civilisations et traditions, à travers plus de 140 photos dont certaines n'ont jamais été publiées malgré les nombreuses parutions rendant hommage au travail de Reza. Aujourd'hui, l'esprit de cette route perdure dans les oasis, les caravansérails, des villes de la vieille Europe jusque dans l'Asie profonde. Cet esprit d'hospitalité et d'ouverture se retrouve dans les paysages, les patrimoines, les trésors qui s'offrent tout au long de cette voie de négoce et d'invention. On va d'Istanbul à Xian, de Konya à Samarcande, de Bakou à Bamyan où les bouddhas détruits semblent encore transmettre leur sagesse. Autant de messages de tolérance, autant d'oasis de la pensée. Dans ces temps troublés de civilisations en rupture, Sur les Routes de la Soie, l'anti-route des Croisades, plaide au contraire pour un rapprochement. Un chemin qui nous renvoie aussi à nos origines et à la nostalgie du nomadisme.

  • Le rutabaga, le topinambour, le crosne, le chou-rave, le panais, mais aussi la carotte pourpre, la pomme de terre vitelotte, la betterave crapaudine, les poirées, le navet boule d'or, le cerfeuil tubéreux, les tomates Ananas et tant d'autres... Des goûts subtils, des arômes, des délices que nos ancêtres ont connus et dont nous nous sommes privés. Bêtement. Par négligence. Pour des motifs de mode. Parce que l'agriculture industrielle privilégie le rendement et que les grandes surfaces ne jurent que par l'apparence du produit. Parce que certains de ces végétaux ont été associés à des périodes de malheur ou de disette... Il est temps de remettre la main - et surtout le palais - sur ces trésors de la terre. Les espèces ou les variétés oubliées renaissent. Des maraîchers font revivre les semences de leurs grands-pères. Et l'on trouve aujourd'hui sur les étals des marchés et même des grandes surfaces les produits des anciens jardins revisités. Non seulement ces légumes sont bons à manger - d'une texture agréable, parfumés, délicats, surprenants, toujours subtils -, mais ils sont excellents pour la santé. Riches en vitamines, en protéines, en sucres naturels, en bons lipides, en sels minéraux, en oligoéléments... Les remettre au goût du jour, c'est servir cette civilisation et cette cuisine de terroir dont nous sommes tous nostalgiques. C'est, avant tout, promouvoir le plaisir de la bouche ! Ces légumes ont souvent des formes et des allures originales et très esthétiques. Le photographe Marc Dantan nous les présente mis en scène comme de véritables stars du potager ! Un beau livre qui donne envie de vaincre sa timidité et d'assouvir sa curiosité en osant enfin acheter ces légumes bizarres et les cuisiner. Kathleen Paccalet nous offre plus de 150 recettes originales toutes dédiées à ces fabuleux légumes.

  • Pierre Dubois poursuit son exploration des mondes enchantés pour nous emmener dans le Royaume du Nord, le pays des Trolls, des Nisses et des Tomtes. Il a suivi le chemin déjà tracé par «les peintres, les illustrateurs de là-haut, de là-bas, dans l'aube et le couchant, qui ont emprunté leurs couleurs à même les paysages, brun de terre, gris de lichens, carmin et or aux feux des volcans, aux geysers...». Il y a rencontré les Trolls chevelus, hirsutes, rugueux, monstrueux, à la fois roc, montagne, mousse, ou arbre de Theodor Kittelsen, le Norvégien, et ceux de John Bauer, le Suédois, moins cruels, vivant le plus souvent en groupe et toujours en harmonie avec la nature dans les profondeurs des forêts. Elsa Beskow lui a dévoilé ses Enfants de la forêt, petits êtres cachés qui habitent sous le tronc d'un vieux pin et sont amis avec tous les animaux. Hasse Bredenberg lui a ouvert les portes dérobées de son atelier pour l'inviter à partager le quotidien des Nisses domestiques, et il est certain que Pierre Dubois a dû se plaire en leur compagnie. Et tant d'autres... Il en a ramené cette imagerie exceptionnelle, peu ou pas connue en France. Mais en bon elficologue, il nous offre aussi ses connaissances pour tout apprendre de ces personnages fabuleux et, en bon conteur, nous livre des histoires qui lui ont été soufflées par les génies des lieux.

  • Après trois célèbres encyclopédies sur les êtres féeriques, devenues des ouvrages de référence, Pierre Dubois entreprend de nous faire voyager dans l'imaginaire des saisons à travers les légendes, les contes et les dictons se rapportant au climat, aux bêtes, aux plantes et à toutes ces coutumes dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Saviez-vous que les taupes sont les âmes damnées des paysans grippe-sous ? Que l'homme aux 365 nez n'apparaît que le 31 décembre et que la nuit de Noël, les menhirs se déplacent pour aller boire aux fontaines ? Avez-vous déjà entendu l'histoire de sainte Apolline qui soigne les douleurs dentaires ou le conte du lièvre dont la lèvre s'est fendue à force de rire ? On raconte aussi que pour faire fuir la brume en octobre, on devait lui présenter la pointe d'une lame en fer, d'où l'expression, encore utilisée aujourd'hui, "un brouillard à couper au couteau".
    En écoutant les anciens et en s'instruisant du murmure des fées, Pierre Dubois a pu tirer le fil et nous ramener aux sources d'un légendaire oublié. Son Eenéide compose un almanach du merveilleux, une petite mythologie qui complète la grande, celle du Panthéon et de l'Olympe. Deux cent cinquante histoires qu'il est important de connaître, car "les ignorer, c'est ne pas savoir pourquoi le ciel est bleu, la mer salée, la neige froide, le soleil brillant, c'est tout ignorer de la pluie et du vent".
    L'ouvrage est mis en images et enluminé par autant de dessins superbes de René Hausman, un des grands illustrateurs belges.

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