Inculte

  • Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d'installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi. Accueilli comme une bête curieuse par les habitants du village, Guillaume travaille avec acharnement ; sa bergerie prend forme, une vie s'amorce. Mais son troupeau pâture sur le territoire qui depuis toujours est dévolu à la chasse aux sangliers. Très vite, les désaccords vont devenir des tensions, les tensions des vexations, les vexations vont se transformer en violence. «La certitude des pierres» est un texte tendu, minéral, qui sonde les âmes recroquevillées dans l'isolement, la monotonie des jours, l'hostilité de la montagne et de l'existence qu'elle engendre, la mesquinerie ordinaire et la peur de l'inconnu, de l'étranger. D'une écriture puissante, ample, poétique, Jérôme Bonnetto nous donne à voir l'étroitesse d'esprit des hommes, l'énigme insondable de leurs rêves, et l'immensité de leur folie.

  • Jérusalem

    Alan Moore

    • Inculte
    • 30 Août 2017

    " Et si une ville était la somme de toutes les villes qu'elle a été depuis sa fondation, avec en prime, errant parmi ses ruelles, cachés sous les porches de ses églises, ivres morts ou défoncés derrière ses bars, les spectres inquiets ayant pris part à sa chute et son déclin ? Il semblerait que toute une humanité déchue se soit donné rendez-vous dans le monumental roman d'Alan Moore, dont le titre - Jérusalem - devrait suffire à convaincre le lecteur qu'il a pour décor un Northampton plus grand et moins quotidien que celui où vit l'auteur. Partant du principe que chaque vie est une entité immortelle, chaque instant humain, aussi humble soit-il, une partie vitale de l'existence, et chaque communauté une cité éternelle, Alan Moore a conçu un récit-monde où le moindre geste, la moindre pensée, laissent une trace vivante, une empreinte mobile que chacun peut percevoir à mesure que les temps semblent se convulser. Il transforme la ville de Northampton en creuset originel, dans lequel il plonge les brûlants destins de ses nombreux personnages. Qu'il s'agisse d'une artiste peintre sujette aux visions, de son frère par deux fois mort et ressuscité, d'un peintre de cathédrale qui voit les fresques s'animer et lui délivrer un puissant message, d'une métisse défoncée au crack qui parle à la braise de sa cigarette comme à un démon, d'un moine du IXe siècle chargé d'apporter une relique au « centre du monde », d'un sans-abri errant dans les limbes de la ville, d'un esclave affranchi en quête de sainteté, d'un poète tari et dipsomane, tous sentent que sous la fine et fragile pellicule des choses, qui déjà se fissure, tremblent et se lèvent des foules d'entités. Des anges ? Des démons ? Roman de la démesure et du cruellement humain, Jérusalem est une expérience chamanique au coeur de nos mémoires et de nos aspirations. Entre la gloire et la boue coule une voix protéiforme, celle du barde Moore, au plus haut de son art." Claro

  • Une ville de papier

    Olivier Hodasava

    • Inculte
    • 24 Avril 2019

    Etats-Unis, année trente. L'industrie automobile fait la pluie et le beau temps de l'économie américaine. Le pays, gigantesque, s'offre à des routes rectilignes qui en traversent chaque état. Les citoyens s'équipent en nouveaux modèles, le crédit marche à flot, les autoroutes fleurissent, les stations-services éclosent. Afin d'encourager ces trajets qui enrichissent géants du pétrole et adeptes du fordisme automobile, on offre à tour de bras des cartes autoroutières aux conducteurs. Et pour s'assurer qu'elles ne sont pas copiées par des concurrents, on y place des fausses villes en guise de signature invisible, des «villes de papier». Desmond Crothers, jeune cartographe, conçoit une telle carte de l'état du Maine pour Esso. Mais sa ville aura un tout autre destin : elle existera vraiment, une fois qu'un commerçant obstiné décidera de la fonder quelques années plus tard, comme pour valider cette ville imaginaire. Autour de ce monde qui prend forme, on croise des cartographes, une violoniste au destin tragique, Stephen King, des acteurs venus pour y tourner un épisode de «Twilight Zone», des amoureux qui n'ont que ce territoire pour s'épancher.

  • De Beyrouth a` Damas, de la Russie au Tadjikistan, aux Balkans et a` l'Espagne, Mathias Enard de´peint a` travers un recueil d'errances poe´tiques l'immense carte de son monde d'e´criture, mais aussi sa ge´ographie intime. L'auteur de Boussole (prix Goncourt 2015), en lieu de poe`mes, nous offre ici des re´cits poe´tiques, brefs, e´clate´s, fulgurants, sensuels parfois, brusques souvent.
    Des re´cits dont le style rappelle Cendrars, Apollinaire, Pessoa et me^me Garcia Lorca par leur brutale simplicite´, leur e´vidence poe´tique. Dernie`re Communication a` la Socie´te´ proustienne de Barcelone traverse vingt ans d'e´criture et dessine pour l'auteur une manie`re d'autobiographie voyageuse.

  • Lucius est vieux. Retraité. Seul. Quand il étreint Mona, son amante alzheimer, il tient la mort dans ses bras. À cet âge, le médecin devient une relation trouble, entre dealer et unique ami... Et puis Frank Lahire lui montre un truc, dans le sous-sol d'une boîte de nuit, et lui propose d'en faire partie, lui aussi. Des combats de vieux, sous le regard d'une foule jeune, avide et fascinée. Un «Fight club» gériatrique, faisant la part belle à des combats mous et des corps dégénérescents. Où les lunettes sont scotchées à même le crâne, où l'oubli d'un dentier au moment du combat peut se révéler fatal... Et les corps jeunes des filles viennent se coller à celui du vainqueur. À côté des combats il y a aussi le quotidien, la vieillesse, le corps qui lâche et les sentiments qui fanent. Il y a le business des paris, il y a ces vieux qui acceptent d'entrer dans l'arène ; il y a les enterrements, le médecin, la faiblesse.

  • Quelle ville contemporaine, parmi la myriade des cités qui ont connu une explosion démographique sans pareille ces cinquante dernières années, devrions-nous choisir pour accéder au sens de notre époque, afin d'espérer entrevoir le secret de notre présence au monde ? Los Angeles, ville indéfinie et précaire, «helldorado» urbain. Avec ce livre, Bruce Bégout achève son oeuvre critique sur les grandes métropoles qui font le contemporain.

  • Soft City

    Hariton Pushwagner

    • Inculte
    • 3 Avril 2017

    « Soft City », du dessinateur norvégien Hariton Pushwagner est un joyau du graphic novel, une dystopie unique en noir et blanc qui retrace la journée ubuesque d'un cadre moyen dans une mégalopole anonyme, au beau milieu des années 1970. Le trait unique de Pushwagner, alors tout juste adulte, bien avant qu'il ne devienne un artiste contemporain reconnu, plonge dans la vie morne et aliénante de la société de consommation. Ce livre culte n'avait jamais été publié jusqu'alors : recommandé par WS Burroughs, un éditeur anglais avait voulu le publier en 1979 mais l'artiste avait perdu toutes ses planches dans le bateau l'amenant d'Oslo à Londres. Données pour perdues, elles refont surface trois décennies plus tard, et c'est la New York Review of Books qui se charge de la publier, fin 2016. Rappelant David Lynch et son Eraserhead, Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenitsyne ou encore les grands romans de Ballard, ce roman graphique unique est un chef-d'oeuvre sans nul autre pareil » - Chris Ware, 2016.

  • Dériville

    Bruce Bégout

    • Inculte
    • 11 Octobre 2017

    Dans cet essai concis, historique et philosophique, Bruce Bégout passe en revue le rapport complexe des situationnistes à la question urbaine. Les relations des situationnistes et de la ville forment, selon la belle image qu'emploie Debord, une sorte de « Pompéi inversée », les « reliefs d'une cité qui n'a pas été édifiée ». Comme un archéologue peu soucieux de son temps, qui baguenaude, inspecte et collecte ici et là, ce texte examine les magnifiques ruines de cette utopie avortée qui prit naissance au début des années cinquante et stupéfia, pour une grande part, l'esprit d'une époque.

  • Les villes imaginaires

    Darran Anderson

    • Inculte
    • 16 Octobre 2019

    Inspiré par les voyages surréalistes de cet « homme aux millions de mensonges » qu'est Marco Polo, «Les Villes Imaginaires», premier récit de l'Anglais Darran Anderson, plonge dans les rapports complexes entre les métropoles et l'imagination populaire. Le livre traverse le temps, l'espace et les possibilités fictionnelles, cartographiant les sons, la mélancolie, les rêves et l'au-delà des villes. Voyages opiacés, longues dérives aquatiques, hallucinations de prisonniers entassés dans des prisons logées dans les nuages, décadence de la vie nocturne, gratte-ciel post-soviétiques sans fin, golems errant dans les ruelles, civilisations souterraines, prophéties apocalyptiques, visions architecturales à la Buckminster Fuller... ce livre unique en son genre qui alterne utopies et dystopies, exploration urbaine et résistance sociale, reprend le grand slogan de Mai 68 là où les contemporains de Debord l'avaient laissé : « Sous les pavés, la plage. » Dans cette démarche qui dépasse les oeuvres psychogéographiques d'Alan Moore, Will Self ou Iain Sinclair, Darran Anderson réinvente l'histoire urbaine et notre relation à l'endroit où nous vivons. Il s'inscrit ainsi dans la lignée de Borgès, d'Italo Calvino, Chris Marker et Kenneth White, plongeant du macrocosme au microcosme, collant aux rêves et aux aspirations des habitants de ces cités oniriques.

  • Ougarit

    Camille Ammoun

    • Inculte
    • 21 Août 2019

    Ougarit Jérusalem, urbanologue de renom, est appelé à Dubaï pour une mission qui consiste à insuffler une âme urbaine à cette ville perçue comme une juxtaposition de tours ultramodernes reliées par des autoroutes tentaculaires. Originaire d'Alep, une ville plusieurs fois millénaire aujourd'hui ravagée par la guerre, il pense trouver en Dubaï une ville facile à lire et dans ce projet un moyen de découvrir un aleph borgésien - quête qui le taraude depuis qu'adolescent, il a été exfiltré par son père pour échapper à la conscription de l'armée syrienne. À Dubaï, tiraillé entre ses quêtes personnelles et ses missions professionnelles, Ougarit devient l'enjeu d'une lutte de pouvoir entre deux visions opposées de la ville... et du monde. Il finit par trouver dans la création littéraire le moyen de conserver l'âme des villes anciennes du Croissant Fertile, et d'insuffler une humanité à ces villes nouvelles qui bourgeonnent dans le Golfe. Pour lui, c'est aussi la seule façon d'entrer dans cette Cité dont il se sent exclu depuis son premier exil... Avec «Ougarit», Camille Ammoun signe un premier roman qui est un véritable tour de force littéraire et politique.

  • À la fin de la première guerre mondiale, le gouvernement français a planifié la construction d'un « double » de Paris, une fausse ville destinée à leurrer d'éventuels pilotes allemands en route pour bombarder la capitale. La fausse ville, dont la construction était prévue près de Maisons-Laffitte, au nord-ouest de la capitale, reproduisait certains éléments marquants du paysage parisien : un bras de Seine, la place de l'Étoile et celle de l'Opéra, les grands boulevards. Certaines cibles que les aviateurs auraient cherché à repérer, comme les gares, devaient également être reproduites. Conçu à une époque où les aviateurs naviguaient sans radar et pouvaient être trompés, de nuit, par de fausses illuminations, ce projet n'a pas fait la preuve de son efficacité... Xavier Boissel dévoile les détails de cette ville-leurre dans un texte fourmillant et littéraire, agrémenté des documents d'époque inédits.

  • « Je me suis souvent imaginé en Edmond Dantès. Être noir en Amérique est un sort au moins aussi terrible que celui d'être jeté sans raison dans un cachot à vingt ans. Quand Edmond devient le comte de Monte-Cristo, c'est comme le jour où moi, Arthur, je me suis mué en Jack Johnson ».

    9 juin, 1946, aux environs de Raleigh, en Caroline du Nord. Un Noir de soixante-huit ans, bien entretenu et vêtu d'un impeccable costume en lin blanc, roule à bord de sa Lincoln-Zephyr prune. Cet homme, c'est Jack Johnson, premier champion du monde noir des poids lourds, autoproclamé « empereur de la masculinité » et « Napoléon des Nègres ». Ce soir, il va projeter pour un public exclusivement noir le film de son fameux combat contre le redoutable Jim Jeffries, qui a eu lieu près de quarante ans plus tôt...

  • La dissipation

    Nicolas Richard

    • Inculte
    • 10 Janvier 2018

    Comment écrire la biographie la plus complète et totale d'un homme qui a voulu disparaître ? C'est la question que se posent les narrateurs de ce roman, littéralement, «d'espionnage »: documentalistes, cinéastes, traducteurs, étudiants, journalistes, analystes fous... ils passent en revue tous ceux qui auraient croisé un jour, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, le chemin de « P », mystérieux auteur sans visage ou presque, pur produit de la culture alternative et psychédélique de la côte ouest américaine. Tous ceux qui l'étudient, qui le traquent, l'observent, le dévoilent se livrent face à nous. De ce maëlstrom de voix discordantes, aigües, peu fiables ou trop précises, Nicolas Richard réussit à dresser en creux un portrait incroyablement détaillé de « P », figure tutélaire de la littérature américaine, mais aussi de la cohorte de «stalkers» hystériques qui n'ont pour obsession que l'identité réelle de P. Un glissement romanesque progressif dans le vortex de la perte d'identité. Nicolas Richard a mené une enquête littéraire de plus de trois ans à propos de « P ». En parallèle, il est traducteur, notamment de Thomas Pynchon.

  • Depuis le début du 21ème siècle, dans de nombreuses villes du monde, les places se sont imposées comme les principaux foyers des élans de contestation populaire. En partant du motif de la place, au sens spatial et géographique du terme, mais aussi en tant que lieu de surgissement d'une hypothèse politique - la place comme événement -, ce volume dresse ainsi un panorama subjectif des luttes et des bouleversements en cours. Avec : François Beaune, Arno Bertina, Jérôme Bourdon, Anne Collongues, Leyla Dakhli, Pierre Ducrozet, Mathias Enard, Valérie Gérard, Elitza Gueorguieva, Hakan Gunday, Ayman Abdel Hafez, Maylis de Kerangal, Cloé Korman, Mathieu Larnaudie, Camille Louis, Oliver Rohe, Emmanuel Ruben, Irina Teodorescu, Camille de Toledo.

  • A travers la figure de l'aventurier et naturaliste russe Nikolaï Miklouho-Maclay, premier homme blanc à avoir vécu au contact des papous de Nouvelle-Guinée, Claro livre un nouveau roman dans lequel biographie et autobiographie se mêlent. Au terme de ces étonnants allers-retours Claro questionne la machine romanesque. Sous ses coups de boutoir, la figure de l'auteur vacille et tombe de son piédestal.

  • Sui generis

    Renaud Monfourny

    • Inculte
    • 9 Mars 2016

    131 portraits photographiques par Renaud Monfourny le photographe emblématique des Inrocks : Lou Reed, Neil Young, Patti Smith, Iggy Pop, Nick Cave, Pj Harvey, Leonard Cohen, Bjork, Lee Hazlewood, Nico, Robert Wyatt, Gun Club, White Stripes, Nirvana, Rem, Morrissey, Pulp, Oasis, Blur, Eno, David Byrne, Richard Hell, Grantmac Lennan/Robert Forster, Elliott Smith, Mark e Smith, Scott Mattew, Antony, Palace, Kills, Catpower, Jef Barbara, Hunx, William Burroughs, Allan Ginsberg, Paul Bowles, Hubert Selby, Nick Toshes, Tom Wolfe, Brett Easton Ellis, Don de Lillo, Russel Banks, Barcelo, Soulages, Gilbert & George, Ernest Pignon, Davis Hockney, Louise Bourgeois, Richter, Asia Argento, David Lynch, Clint Eastwood, Woody allen, Tarantino, Dennis Hooper, Almodovar, Bela Tarr, Gus van Zandt, Wenders, Godard, Pialat, Claire Denis, Bertrand Bonello, Duras, Modiano, Rushdie, Houellebecq, Calaferte, Jg Ballard, Sarraute.

  • Vénus s'en va

    Damien Aubel

    • Inculte
    • 9 Janvier 2019

    Dans ce roman aussi virtuose qu'érudit, Damien Aubel revisite la vie de l'empereur Claude. De ce personnage méconnu, époux de Messaline, père adoptif de Néron, il retrace les métamorphoses secrètes, la quête charnelle et spirituelle, où s'exprime la quintessence de l'éros romain.

  • Sommes-nous face à un nouveau Front national depuis que Marine Le Pen a remplacé son père à la présidence du parti ? Valérie Igounet retrace à travers les principaux slogans rattachés à la propagande graphique du FN une histoire du parti d'extrême droite et de ses idées. Elle décrit comment, malgré ses contorsions, ses ruptures et ses confl its internes, le Front national a pour l'essentiel conservé le socle idéologique à partir duquel il s'est constitué. Slogan après slogan, dans cet ouvrage aux archives souvent inédites, c'est autre chose qui se dessine : la viralité du discours frontiste au sein de la famille des droites françaises, la propagation sémantique et la contamination idéologique qui commencent dès l'émergence du FN pour peu à peu s'insinuer dans le discours de grandes formations politiques.

  • Zones de divergence

    John Feffer

    • Inculte
    • 19 Avril 2017

    Il y a trente ans, en 2020, l'universitaire Julian West a publié un best-seller visionnaire, Zones de divergence, qui anticipait les catastrophes survenues depuis : le réchauffement climatique, la montée des nationalismes, la propagation du terrorisme islamiste, la fin de l'État-nation. Désormais, l'Europe saturée de réfugiés s'est effondrée ; le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine se sont disloqués ; Washington a été détruit par l'ouragan « Donald » en 2022... Au crépuscule de sa vie, le vieil homme qui veut saluer une dernière fois sa femme et ses trois enfants entame un tour du monde pour les retrouver. Depuis le fond de son lit, West traverse les cinq continents sous la forme d'un avatar numérique et ne peut que constater la triste réalité de ses prédictions les plus noires et dystopiques...

  • Des «Time Capsule »d'Andy Warhol aux voix étouffées des « Rouleaux d'Auschwitz », Xavier Boissel livre un essai unique sur ces « bouteilles à la mer » provenant du passé qui fascinent artistes et scientifiques.

  • Il serait possible de raconter l'histoire du xxe siècle à travers celle des procès qui l'ont jalonné. C'est le pari qu'avait esquissé le collectif inculte dans un numéro de la revue du même nom, et auquel nous avons décidé de donner ici une ampleur nouvelle : en effet, c'est le récit de tout un siècle qui peut être parcouru ainsi, dans toute son envergure historique mais surtout dans toute sa diversité.
    Si certains grands procès bien connus font date et marquent irrémédiablement leur époque, d'autres, peut-être moins célèbres, plus anecdotiques, voire incongrus, en sont des symptômes plus discrets mais non moins significatifs. Ils disent toute la complexité de leur temps, de ses évolutions historiques, politiques, mais aussi morales, culturelles, esthétiques. Ainsi qu'ont coutume de le faire les historiens, nous avons donc fait commencer cette chronique du xxe siècle avec l'attentat de Sarajevo, qui déclencha la première guerre mondiale : l'auteur de l'attentat, Gavrilo Princip, sera la première de ces figures dont le jaillissement rappelle à nous, par éclats, la geste de ce siècle terrible et passionnant, si bref, si long.

  • La ville de Terezín, à 60 km de Prague, a quelque chose d'un îlot qui tranche sur le paysage. Forteresse inutile, jamais utilisée en temps de guerre, ville de garnison puis lieu d'internement devenue l'antichambre d'Auschwitz, cette cité est de plus en plus désertée par ses habitants, figée dans une histoire qui l'isole du monde. Terezín a été une ville camp, que les nazis ont voulu faire passer pour un « ghetto modèle », une ville décor puisqu'y a été tourné, en 1944, un film de propagande nazie commandé à un interné juif. Ici se noue un rapport particulier à l'image, à la langue, à l'artifice - symbole de la dissimulation qui est au coeur de la mise en place du projet criminel nazi, écran où les images, sans cesse, recouvrent d'autres images. Au fil de rencontres, de témoignages, d'archives, ce livre interroge un lieu en mutation, coincé entre une mémoire impossible et l'espoir jamais tout à fait éteint d'une renaissance. On y croise les fantômes de Robert Desnos et de W. G. Sebald, les figures de Petr Ginz, de Kurt Gerron et bien d'autres, fils distendus d'existences qui se sont croisées entre les murs de la forteresse. Il creuse la question du mensonge, des traces et de leur imbrication intime, puisque même les traces peuvent devenir mensongères selon qui les exhume et qui les met en scène.

  • Mojave epiphanie

    Ewen Chardonnet

    • Inculte
    • 30 Mars 2016

    Entre 1935 et 1955, un petit groupe d'hommes et de femmes aux États-Unis a posé les bases de l'aérospatiale américaine. Inventeurs visionnaires, ils ont été bien souvent dénigrés par leurs contemporains et successeurs, harcelés par le pouvoir politique pour leurs sympathies libertaires et communistes, critiqués pour leurs sensibilités existentielles et artistiques, déchirés par leurs relations interpersonnelles. La saga de ces pionniers, dans laquelle interviennent des personnalités connues ou moins connues de la science, de la politique, des arts, de l'ésotérisme, de la science-fiction, nous a légué un héritage riche d'enseignements sur notre époque, mais dont peu sont conscients. Au fil de ces pages vous croiserez Aldous Huxley, L. Ron Hubbard, Kenneth Anger, Fritz Lang, Ray Bradbury, Walt Disney, Howard Hugues, Frank et Robert Oppenheimer...
    Pour la première fois en français, le récit de cette page méconnue de l'histoire contemporaine, fruit d'une enquête minutieuse et enrichi d'archives inédites, mêle politique, science, art, poésie, sexe et occultisme.

  • Janine

    Olivier Hodasava

    • Inculte
    • 27 Janvier 2016

    C'était au début des années 1980, la presse voyait volontiers le renouveau du rock passer par une sainte trilogie : Taxi Girl, Indochine, WC3. Dans WC3, c'était une fille qui tenait les claviers. Par jeu, elle se faisait appeler Janine. Elle était belle, virtuose. Pour beaucoup, elle semblait destinée à devenir essentielle sur la scène musicale française. Et puis il y a eu ce concert à Grenoble et tout a dérapé.

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