La Decouverte

  • La pratique du soin et la préservation de la santé ont toujours représenté une préoccupation majeure pour l'ensemble des sociétés humaines, depuis les premières organisations sociales jusqu'à nos jours, et ce, sur tous les continents. L'approche archéologique et anthropologique adoptée dans cet ouvrage permet de retracer, sur plusieurs dizaines de milliers d'années, la manière dont les groupes humains ont appréhendé la maladie, le handicap et le soin. De la préhistoire à l'époque contemporaine, les contributeurs et contributrices nous racontent aussi la diversité des pratiques, car à chaque mal correspond un remède déterminé par des normes sociales et des choix contextuels.
    Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire entre archéologues, anthropologues, biologistes et historiens qui, dans une double approche sociale et biologique, se posent la question du soin et de la santé à l'échelle des individus comme des populations.

  • Au coeur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque.
    L'archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire - avec les premiers Hominidés quittant l'Afrique - au XXIe siècle. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.
    Confrontant les données archéologiques, historiques, génétiques, géographiques, démographiques et linguistiques, Archéologie des migrations propose un réexamen critique des sources disponibles. Cet ouvrage a pour ambition de mettre en perspective de nouvelles hypothèses scientifiques et d'aller au-delà de la simple observation des mouvements de population, en abordant notamment les contacts entre les migrants et les sociétés qu'ils rencontrent.

    Avec des contributions de :
    Jean-Paul Demoule, Eva-Maria Geigl, Pascal Picq, Peter Bellwood, Jean-Jacques Hublin, Jérôme Dubouloz, Colin Renfrew, Patrice Brun, Vincenzo Bellelli, Ana Delgado Hervas, Claudia Moatti, Christophe Sand, Augustin Holl, Bruno Dumezil, Jean-Luc Boudartchouk, Vincent Carpentier, Paul Salmona, Marc Terrisse, Susan Peabody, Christian Grataloup, Theresa A. Singleton, Anne Richier et Nicolas Weydert, Krish Seetah, Dirk Hoerder, Sophie Bouffier, Isabelle Catteddu, Philippe Joutard.

  • Comment l'affirmation berbère s'est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? À rebours des clichés sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali entreprend dans ce livre de définir un cadre d'analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L'occupation française a-t-elle pu être un agent d'intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l'Algérie ? Y a-t-il eu une « politique kabyle » de la France ? Pourquoi les berbéro-nationalistes du PPA-MTLD, critiques envers sa doctrine arabo-islamique, sont-ils restés minoritaires ? Y a-t-il eu au sein du FLN, entre 1954 et 1962, une guerre entre « Arabes » et « Kabyles » ? Pourquoi dans les régions berbérophones de l'Est, l'affirmation berbère n'est-elle pas aussi ancienne qu'en Kabylie ? Et comment expliquer qu'à l'indépendance, en 1962, ces régions se soient positionnées de façon différente vis-à-vis du régime d'Ahmed Ben Bella ?
    S'écartant des sentiers battus de l'essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l'auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie... Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des « récits identitaires » en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans ce pays.

  • Nos manières de manger, comme ce que nous mangeons, ne tiennent pas seulement à nos besoins, nos cultures et nos goûts. Car tout un ensemble de normes juridiques, d'accords commerciaux et de recommandations de santé entend diriger notre alimentation. Le statut et la définition même des aliments que nous consommons relèvent de cette intense production normative, qui ne cesse de se déployer au nom de notre bien-être, de nos traditions et de nos terroirs.
    C'est cet univers méconnu qu'explorent les auteurs de cet ouvrage, à partir d'une série d'études de cas fort éclairantes. Ils montrent ainsi que rien n'échappe à la construction de normes et de valeurs, alors que la multiplication des échanges et la circulation des produits alimentaires élargissent constamment l'espace des choix et des goûts. Mais aussi que nos conduites alimentaires sont loin d'être totalement déterminées par le pouvoir des normes. Alors que nous savons ce qui est sain, beaucoup préfèrent manger ce qui est réconfortant et commode à cuisiner, parfois au risque de leur santé. La diversité des rapports à l'alimentation est ainsi illustrée ici par plusieurs études relatives aux pratiques des enfants, des hommes et des femmes.

  • En 1989, la chute du mur de Berlin s'est accompagnée d'une plus libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises, laissant croire à l'abolition progressive des frontières. Cette chimère fut rapidement démentie par l'apparition, dans différentes régions du monde, de conflits visant à redéfinir les territoires et les souverainetés, de nouvelles affirmations nationalistes et de mouvements sociaux appelant au retour des frontières perçues comme des protections économiques, culturelles et sociales.
    Cet ouvrage retrace, à travers l'étude de cas particulièrement éclairants, cette évolution planétaire. Il montre ainsi comment, au sein même de l'Europe, de nombreux mouvements ont revendiqué l'instauration de nouvelles frontières après les guerres de l'ex-Yougoslavie, et de quelle manière la mondialisation et la construction européenne ont renforcé de petits territoires, les émancipant de leurs voisins. Récemment, bien des pays ont édifié des murs et fermé leurs frontières afin de se protéger de vagues migratoires vues comme dangereuses : entrons-nous dans un monde où seules les marchandises, les informations et les élites mondialisées circuleront librement ? À quoi les frontières servent-elles ? À qui profitent-elles ? À qui manquent-elles ?

  • L'archéologie, par la documentation considérable qu'elle apporte sur l'expérience de la guerre et la réalité de la violence, renouvelle notre compréhension des conflits, depuis la Préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Son approche anthropologique a en effet libéré la recherche des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, les violences du XXe siècle conduisant la discipline vers de nouveaux enjeux liés à l'expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique et au droit.
    Guerres et combats ne sont plus uniquement relatés par les archives des vainqueurs, mais étudiés par l'archéologue en prenant en compte l'ensemble des documents mis au jour : champs de bataille, dépôts d'armes, restes humains, garnisons, camps de prisonniers ou d'internement. La propagande est déconstruite, images et objets sont contextualisés, le cadre économique et social du conflit est restitué, la réalité de la violence collective est analysée. Et les morts peuvent sortir de leur anonymat.
    Dans cet ouvrage, qui propose une grande variété d'éclairages sur les violences et les guerres, l'archéologie apparaît ainsi à la fois comme la science de la mémoire matérielle des hommes et comme un instrument au service de la longue histoire du savoir, des techniques et de la diversité culturelle qui fait la richesse de l'humanité.

  • L' ambition de ce livre est de faire le point sur les connaissances aujourd'hui disponibles sur le sexe biologique et ses variations, dont on sait désormais qu'il ne permet pas de séparer les individus en deux catégories bien distinctes. Il veut aussi évaluer l'impact du genre (c'est-à-dire la répartition des êtres humains en deux catégories sociales hiérarchisées) sur le développement du corps des êtres sexués et sur la construction de leur identité. Enfin, il cherche à apprécier dans quelle mesure les croyances liées au genre (bicatégorisation mâle-femelle stricte, supériorité masculine) ont pu influencer les recherches menées sur le sexe biologique.
    Les contributions réunies ici proviennent d'une part de spécialistes en sciences de la vie (anthropologie biologique, endocrinologie, génétique, médecine, neurologie.), d'autre part de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales (droit, esthétique, musicologie, philosophie, sociologie.). Après une présentation de l'histoire évolutive du sexe, l'étude de l'humain (formation des organes et du squelette, évolution, rôle des hormones, des gènes.) est éclairée de comparaisons avec le monde animal, qui permettent de mieux mesurer l'immense variabilité que présente la « nature » et l'importante plasticité du vivant. Des témoignages de personnes intersexes et transgenres apportent un éclairage complémentaire sur la question de l'identité sexuelle, en confrontation avec les « réponses » que la médecine et la science ont apporté à cette question, ou qu'elles se posent aujourd'hui. L'ensemble s'adresse tant aux publics concernés par la diffusion des connaissances (enseignants, étudiants, journalistes.) qu'au grand public intéressé par les questions sociétales et éthiques que posent les connaissances scientifiques les plus récentes. Il permet de mieux saisir les enjeux des récentes polémiques sur l'enseignement du genre au lycée, ainsi que la réalité des processus physiologiques et culturels qui y sont liés.
    Ce livre est issu du colloque international « Mon corps a-t-il un sexe ? », organisé à Paris en juin 2011 par l'Institut Émilie du Châtelet.

  • Les changements climatiques ont-ils favorisé le peuplement de la planète ? À quelle époque le Sahara s'est-il désertifié ? Comment les civilisations de l'Antiquité se sont-elles adaptées aux crises climatiques ? Pourquoi l'agriculture a-t-elle été possible au Groenland pendant le haut Moyen Âge ? Que nous apprennent les dates des vendanges, la récession des glaciers ou la variation des cernes de croissance des arbres à travers les siècles ? Comment les hommes se sont-ils adaptés aux fluctuations incessantes du climat ?
    Dans cet ouvrage, climatologues, glaciologues, archéologues et historiens confrontent leurs travaux pour ébaucher une histoire du climat sur plusieurs millions d'années et appréhender les effets, parfois favorables et souvent dramatiques, des variations climatiques sur les sociétés humaines. Alors qu'aujourd'hui l'action de l'homme modifie radicalement l'environnement, la connaissance des climats du passééclaire l'analyse des rapides changements en cours et nous aide à aborder avec lucidité les conséquences des bouleversements climatiques à venir.

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