La Manufacture De Livres

  • « Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
    - Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
    Demandais-je.
    - Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
    - De quoi parlez-vous ?
    - Les cahiers... Ceux de Rose.
    Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d'aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l'âme humaine.

  • 1945. La guerre est terminée, l'armistice est signé.
    Mais à ce moment précis, le jeune lieutenant Hiro Onoda, formé aux techniques de guérilla, est au coeur de la jungle sur l'île de Lubang dans les Philippines. Avec trois autres hommes, il s'est retrouvé isolé des troupes à l'issue des combats.
    Toute communication avec le reste du monde est coupée, les quatre Japonais sont cachés, prêts à se battre sans savoir que la paix est signée. Au fil des années, les compagnons d'Hiro Onoda disparaitront et il demeurera, seul, guérillero isolé en territoire philippin, incapable d'accepter l'idée inconcevable que les Japonais se soient rendus.
    Pendant 29 ans, il survit dans la jungle. Pendant 29 ans il attend les ordres et il garde sa position.
    Pendant 29 ans, il mène sa guerre, au nom du Japon.
    Ce récit incroyable est son histoire pour la première fois traduite en français. Une histoire d'honneur et d'engagement sans limite, de foi en l'âme supérieure d'une nation, une histoire de folie et survie.

  • Ces photographies d'identité judiciaire, prises au cours des arrestations, constituent une galerie de portraits de voyous et montrent leurs tatouages, slogans, souvenirs, pensées et dessins qui témoignent de leur vie marginale, entre détention et exclusion sociale. L'ouvrage raconte l'histoire de cette pratique et décrypte les marques de reconnaissance des motifs.

  • Après des années d'errance, Karl joueur compulsif et désargenté retourne au sein de sa famille qu'il n'a plus revue depuis plus de vingt ans. Son père est un vieillard égoïste qui a rejeté ses deux fils comme lui-même le fut par son propre père. Sa mère sous calmants attend un fils de dix-huit ans qui n'existe plus. Pierre, dit l'Indien, frère mal aimé par tous, vit désormais à l'écart. Aucun n'attache une réelle importance à ce retour. Aux abois, stigmatisé par son échec, Karl est un poids pour ses vies construites sans lui. Au coeur d'une forêt limousine rode un sanglier solitaire que les chasseurs ne parviennent pas à abattre.
    Le Plateau de Millevaches en hiver se prêtait idéalement à l'écriture de ce roman particulièrement froid sous la plume de Séverine Chevalier. Un lieu vaste et silencieux, où les arbres sont noirs ; noirs comme la bête qui se cache dans les bois. Où la neige voile tout, à l'instar de l'obstination de chacun des personnages à taire d'anciens secrets, à contenir des douleurs qui n'ont jamais cicatrisé. Le Plateau est la scène d'une pièce dramatique découpée en courts fragments. Ce décor muet comme un drap immaculé posé sur des corps torturés que l'auteur ausculte avec une écriture concise, légère, qui lui permet de s'immiscer dans les chairs vives. Comme dans son premier roman, Recluses, l'auteur choisit d'investir un endroit en retrait, pourvu de vieilles pierres, de bâtisses inquiétantes, chargées comme les coffres d'un vieux grenier. Un endroit à l'abri de l'agitation et des regards du reste du monde, où des personnages profondément seuls sont confrontés. Un lieu silencieux afin de mieux entendre résonner les coups de feu.
    Roman dense et tendu, où chaque souffle, chaque craquement de branche sous le poids de la neige a son importance, où un geste et un regard sont aussi capitaux qu'une déclaration de guerre, Clouer l'Ouest joue avec les mots, rend en quelques images une scène vivante et nous colle au plus près de ses personnages.

  • Deux jeunes filles d'une quinzaine d'années et un petit garçon aiment à s'aventurer dans une forêt du Massif Central, au bord d'un lac qui vient d'être vidé. Autour d'eux, les adultes vaquent à leur existence, égarés, tous marqués de séquelles plus ou moins vives et irréversibles.
    Il y a les anciens, ceux qui sont nés ici, aux abords des volcans d'Auvergne. Il y a les moins anciens, il y a les très jeunes, puis ceux qui viennent d'ailleurs. Il y a aussi ceux qui sont partis, ont tout abandonné, et dont les traces subsistent dans les esprits. Une des deux jeunes filles est retrouvée morte, puis c'est sa dépouille à la morgue qui disparaît en pleine nuit...
    Les Mauvaises dresse deux paysages infiniment blessés :
    Celui des volcans où l'on déboise intensivement les forêts et où l'on vit dans les vestiges de l'ère industrielle ; celui des hommes et des femmes qui se trouvent ici, enracinés ou parachutés au hasard.
    Les alternances d'époques dans le roman interviennent à la façon de doigts posés sur des brèches de vécus. Il y a pourtant très peu de sang dans ce roman noir, car les blessures les plus éprouvantes et durables ne saignent pas ;
    Elles se vivent. Blessures et drames se succèdent ainsi sous la plume rigoureuse de l'auteur de Clouer l'Ouest, façonnés sous la forme de courts épisodes où le poids des mots agit comme un venin très lent, mais redoutable.

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