La Villette

  • 30 millions de touristes se rendent chaque année à Paris pour visiter ses prestigieux monuments. Mais on oublie que cette ville est riche aussi de ses immeubles ordinaires qui en constituent le paysage quotidien, si apprécié du flâneur. Cet ouvrage rend justice à ce patrimoine mineur et invisible qui compte plusieurs types identifiables depuis la fin du Moyen-Âge, jusqu'au XXe siècle.

  • Journaliste et critique d'architecture, Ulrich Conrads est le premier à entreprendre une anthologie de textes phares de l'histoire architecturale du XXe siècle. Publiée en 1964, elle présente chronologiquement soixante-dix programmes et manifestes significatifs d'une grande variété thématique rédigés entre 1903 et 1963. À travers cet ouvrage, Conrads démontre que les écrits des acteurs de la scène architecturale contemporaine sont aussi importants que leurs oeuvres construites pour appréhender leurs gageures et idéaux respectifs. En parallèle, il fournit aux lecteurs une compilation pédagogique accessible et efficace pour s'initier et comprendre l'évolution de l'architecture sur six décennies.
    Objet de multiples traductions depuis sa parution, l'ouvrage d'Ulrich Conrads demeure une référence bibliographique incontournable.

  • « Dans son histoire de la construction, Giedion attribue à la France un rôle central et paradoxal. De 1830 à l'époque contemporaine (les années 1920 pour Giedion), la France tient, selon lui, une place majeure dans l'innovation technologique : les ingénieurs français sont à la pointe des techniques constructives grâce à la qualité des grandes écoles scientifiques. Mais la pesanteur de la tradition académique empêche selon Giedion les architectes, accablés de références historiques, de tirer profit des inventions, dont l'usage est restreint aux travaux publics et aux constructions industrielles ».

    Nicolas Padiou, in Livraisons d'histoire de l'architecture, 2003.

    « La traduction de l'un des livres cultes de l'historiographie architecturale contemporaine doit être considérée comme un petit événement. Dans l'avant-propos à ce fac-similé, Jean-Louis Cohen replace dans son contexte l'écriture de Bauen in Frankreich, bauen in Eisen, bauen in Eisenbeton, ses fondements théoriques et ses influences : Walter Benjamin s'en inspirera en effet au cours de l'écriture de son Paris au XIXe siècle. [...].

    Aussi la présentation de quelques éléments de la prémaquette permet-elle de comprendre mieux encore le rôle fondamental de l'iconographie dans le déroulement de son propos. L'ouvrage peut être vu, il est vrai, comme une exposition à plat ; son écriture est quasi cinématographique, servie par une mise en page - attribuée à l'artiste hongrois László Moholy-Nagy - qui en accentue l'efficacité ».

    Simon Texier, in Bulletin monumental, 2002.

    « Lorsque votre livre m'est parvenu, les quelques pages que j'ai lues sur le vif m'ont tellement électrisé que j'ai dû m'imposer de ne pas le lire plus loin jusqu'à ce que je fasse meilleure connaissance avec mes propres recherches sur le sujet [...]. Depuis quelques jours, les choses ont repris leur cours normal, et je passe des heures à lire votre livre, en admiration. » Lettre de Walter Benjamin à Sigfried Giedion, 1929.

  • Cette publication consacrée au regard que porte l'architecte sur des oeuvres africaines, asiatiques ou océaniennes permet d'éclairer des aspects essentiels de la modernité architecturale, notamment les équilibres recherchés entre une essence de l'humain, que représentent des « arts dit primitifs » et un progrès technique qui tend, du moins dans un premier temps, à couper l'homme de ses racines.
    La collection constituée par Le Corbusier est importante. La base des dessins de la Fondation Le Corbusier recense une trentaine de dessins réalisés entre 1905 et 1909 ; la collection particulière de Le Corbusier comprenait une dizaine d'oeuvres d'art africain (dont deux toiles du peintre soudanais Kalifala Sidibé), que l'on peut apercevoir sur les photographies de ses appartements, rue Jacob puis rue Nungesser-et-Coli ; des objets d'art exotiques sont reproduits dans différentes publications, de L'Esprit nouveau en 1920 au Poème électronique en 1958. La bibliothèque personnelle de Le Corbusier comprend une vingtaine d'ouvrages et un certain nombre de cartes postales concernant l'art extra-européen.

  • Une veritable somme de connaissances, au sens encyclopédique du terme, sur le dessin d'architecture.

  • Mutations urbaines:
    Une recherche de mixités. La mixité sociale vise à ce que les nouveaux quartiers, jusqu'aux îlots urbains ou même jusqu'aux bâtiments, mêlent logements sociaux et logements en accession à la propriété. A la mixité sociale est liée une mixité programmatique qui s'étend à des programmes autres que d'habitation : bureaux, commerces, équipements publics, etc.

    Il en résulte une autre façon de concevoir les opérations d'aménagement, une autre fabrique de la ville et donc de nouvelles formes urbaines. La recherche de mixités mène à la conception d'un nouveau type d'îlot, généralement nommé macrolot, qui mêle des programmes hétérogènes. Les macrolots soulèvent de nombreuses questions: quel paysage urbain fabriquent-ils ? Leur gestion et maintenance à long terme ne risquent-elles pas de poser des problèmes épineux, en particulier lorsque les bailleurs sociaux deviennent des "utilisateurs" ? Sont-ils une nouvelle expression des mégastructures? Comment imaginer leur mutabilité ou leur évolution? Servent-ils les exigences de développement durable ? Les grandes opérations urbaines qui font de la mixité leur objectif manifestent la place de plus en plus grande, sinon prépondérante, prise par les maîtres d'ouvrage privés.
    Par voie de conséquence, de nouvelles relations et de nouveaux équilibres s'établissent entre des acteurs qui peuvent avoir des buts différents : collectivités locales, maîtres d'ouvrage privés et publics, urbanistes et architectes. A travers l'examen de nombreuses opérations urbaines, tant à Paris et dans sa région que dans les grandes villes françaises, Jacques Lucan décrit l'évolution récente des conceptions urbaines, de façon à la fois pragmatique, réaliste et prospective.

  • En mai 1911, Le Corbusier débute un voyage qui le mènera à Prague, Vienne, Budapest, Istanbul, mont Athos, Athènes, puis Pompéi et Pise avant de regagner la Suisse où il construira, en souvenir de ses impressions, deux villas : l'une surnommée blanche et l'autre turque. Trois aspects caractérisent cet ouvrage et éclairent son importance : ses qualités purement littéraires, la progressive transformation de la personnalité de l'auteur au fil du parcours, le rôle de ces leçons dans son processus de conception tout au long de sa vie.

    De son vivant, Le Corbusier fera paraître une quarantaine d'ouvrages, une activité qui l'amènera à faire inscrire la mention " homme de lettre " sur sa carte d'identité lorsqu'il acquiert la nationalité française. Quelques semaines avant sa mort, il se soucie de la publication du Voyage d'Orient qu'il amende légèrement avant de l'envoyer à l'impression.
    Formé initialement en tant que graveur de boîtier de montre, Le Corbusier s'extirpe lentement au fil de son évolution du moule ornemaniste et des tendances décoratives de l'Art nouveau. Le Voyage d'Orient rend compte du lent passage vers l'architecture d'un personnage initialement ému autant par l'art populaire et l'habileté des artisans potiers slaves qu'averti du grand art rendant visite à Vienne ou à Bucarest à de grands collectionneurs de peintures. L'arrivée à Istanbul, la découverte des mosquées, la géométrie simple qui les caractérise lui fait se rallier à la théorie moderniste de Paul Cézanne : " Il faut traiter la nature selon le cube, la sphère et le cône. " Or ces cubes, ces sphères ou demi-sphères, il les a sous les yeux avec ces coupoles blanches qui parsèment la ville. Cette découverte sera renforcée par la rencontre avec l'architecture classique des temples grecs qui se produira sur les marches de l'Acropole.

    Ce voyage éclaire le rapport de l'auteur entre inspiration et création. Hormis le récit qu'il tire de ses découvertes, Le Corbusier remplit plusieurs carnets de dessins, croquis et annotations (certaines pages sont reproduites dans l'ouvrage). Sa vie durant, il retournera à ces études de l'année 1911 pour ressourcer sa créativité et y puiser la matrice de ses formes nouvelles.

    Le récit est accompagné d'une postface analysant le rôle des voyages dans le travail de Le Corbusier et d'une introduction présentant le contexte de ce déplacement.

  • Publié pour la première fois à Vienne en 1933, à l'heure où les avant-gardes succombaient sous le joug du nationalisme, l'essai d'Emil Kaufmann De Ledoux à Le Corbusier, origine et développement de l'architecture autonome proposait une interprétation inédite de l'architecture moderne. L'auteur considère que la rupture avec la tradition issue de la Renaissance, clamée par le Mouvement moderne, est déjà présente dans l'architecture de la période révolutionnaire du XVIIIe siècle.
    Aussi, puisque mieux que tout autre Claude-Nicolas Ledoux incarne cette rupture, il s'emploie, avec la force de la conviction, à le tirer de l'oubli. Soulignant que l'on assiste, avec cette période, à l'éclatement de l'"enchaînement" baroque, Kaufmann identifie le passage d'une architecture hétéronome à une architecture autonome. Le concept d'autonomie de l'architecture constitue la clé de voûte de sa démonstration.
    Cette autonomie se traduit par l'indépendance des parties de l'édifice et des édifices entre eux, par la liberté des dispositions intérieures, par le recours à la géométrie élémentaire. Déterminées par une logique tectonique, les formes se libèrent des lois étrangères à l'univers de l'architecture que sont celles des ordres, en raison de leur caractère anthropomorphique, ou celles provenant de la doctrine du beau.
    Kaufmann tente également d'établir une filiation entre les formes architecturales et les structures sociales. Ainsi, dans les aspects formels des projets de Ledoux, il discerne des analogies avec la structure de la nouvelle société bourgeoise. Formée d'individus isolés et libres, cette dernière se refléterait dans l'architecture pavillonnaire, également appelée "système des blocs".

  • Énoncées depuis vingt siècles et réactualisées à la Renaissance, les catégories d'utilitas, de firmitas et de venustas (utilité, solidité et beauté) forment le cadre conceptuel pour penser et concevoir l'architecture occidentale. Cette trilogie est suffisamment souples pour intégrer les expériences accumulées au fil du temps, et ouvertes aux apports de chaque époque tout comme aux paroles singulières des architectes.

    La catégorie d'utilitas renvoie aux besoins fondamentaux de l'habitation humaine. Elle se rapporte aux dispositions spatiales et matérielles qui permettent à un bâtiment d'être adapté à sa destination, à son usage, soit à ce que l'on appelle aujourd'hui sa fonction.
    La catégorie de firmitas est celle des matériaux mise en oeuvre. À ce titre elle s'ancre profondément dans l'économie. La classification morphologique des ouvrages de construction, inséparables de leurs systèmes techniques, est abordée au regard de leur capacité à contenir de l'espace habité.
    La catégorie du venustas est la plus complexe des trois et pose d'emblée la question des finalités de l'architecture. Elle est reliée au concept de « modernité » dont l'évolution du sens au cours du XXe siècle mérite un examen attentif.

  • Le numéro 17 des Cahiers de l'École de Blois, Pentes, reliefs, versants, relève la complexité des répartitions foncières dans les montagnes, constate l'oubli des gestes traditionnels et la permanence des attachements, observe les écarts démographiques, les pressions économiques, les résistances et les envies de relancer l'action collective.

    C'est surtout vers la moyenne montagne que ce numéro des Cahiers de l'École de Blois s'est tourné : en direction d'alpages peu fréquentés, de plateaux aux versants autrefois déboisés par les cultures, d'anciennes vallées industrielles.
    À qui appartiennent aujourd'hui les montagnes ? Comment y concevoir des projets de paysage à l'épreuve de situations difficiles ?
    Loin des métropoles, le projet du paysage se fait politique : il élabore des stratégies, cherche à renforcer des coopérations, susciter des échanges.
    Lolita Voisin, paysagiste et nouvelle directrice de l'École de Blois, examine les enjeux politiques de l'aménagement des territoires de montagne. Il est encore temps de recueillir et de transmettre les précieux savoir-faire que leur vie étagée continue d'enseigner. C'est ce que montrent aussi les contributions d'un alpiniste et guide chevronné, Claude Jaccoux ; de Dino Genovese, forestier piémontais devenu chercheur et pédagogue ; de Colette Mazabrard, écrivaine marcheuse des Pyrénées, ou encore les visions utopiques et engagées d'Architecture alpine de l'architecte allemand Bruno Taut (1919), dont un article de Susanne Stacher salue la puissance d'évocation ; ainsi que deux séries photographiques (par Samuel Hoppe et Eric Poitevin) et les dessins du plasticien Franck Léonard, attentifs à l'étrangeté vivante des paysages hérissés.


    Direction de l'ouvrage: Olivier Gaudin. Contributions de: Jean-Christophe Bailly, Ninon Bonzom, Marc Claramunt, Hélène Copin, Claire Duthil, Léna Faury, Olivier Gaudin, Dino Genovese, Samuel Hoppe, Claude Jaccoux, Franck Leonard, Colette Mazabrard, Éric Poitevin, Susanne Stacher, Lolita Voisin.

  • Le projet d'autonomie énergétique défie un ordre centenaire : celui du modèle industriel des grands réseaux qui, à l'échelle des villes ou de vastes territoires, a constitué le mode de production dominant de nombreux services - eau, assainissement, énergie -, marginalisant les solutions décentralisées. À l'heure des appels en faveur de la transition énergétique, ce macro-système technique unifié chancelle. Un nouvel imaginaire d'infrastructure se constitue au sein duquel le monde de l'architecture se saisit de la question énergétique, imaginant des machines habitables autonomes, des cités auto-énergétiques, des éco-infrastructures ou de micro-réseaux...
    Que veulent les protagonistes de la déconnexion ? Dès les origines, ils nourrissent deux ambitions : se couper de l'emprise des grandes infrastructures et, par l'intermédiaire d'un système de services intégré au bâti, garantir un confort minimum en eau, en électricité et en chaleur. Parmi les figures de proue l'on ditingue des personnages oubliés et d'autres autrement célèbres, comme John Adolphus Etzler avec son système mécanique autonome de 1841 ou Thomas Edison et sa maison électriquement autonome de 1912. Le mouvement de l'autonomie énergétique n'arrive pourtant à maturité sur le plan international qu'après le choc pétrolier de 1973. Impulsée par la contre-culture américaine, l'autonomie se propage géographiquement et s'institutionnalise, passant de l'unité domestique à la ville, au territoire. La maison autonome d'Alexander Pike ou la cité auto-énergétique de Georges Alexandroff attestent de la puissance de cette tendance, qui conjugue virtuosité technique et projet économique, politique, social et environnemental. Tous annoncent les débats d'aujourd'hui, que cet ouvrage éclaire de par son approche historique.

  • L'enseignement du paysage. Cela peut s'entendre en deux sens.
    Tout d'abord un sens pédagogique : comment le paysage peut-il s'enseigner, quelles matières en nourrissent l'approche, quelles sont les finalités de cet enseignement ?
    Mais aussi un sens directement relié aux perceptions que nous avons face aux formes du paysage : avec ses allures pérennes ou récurrentes et ses devenirs, ses bouleversements parfois, n'est-il pas lui-même, et constamment, une leçon ? La « matière » du paysage, n'est-ce pas le paysage lui-même ? Mais si l'existant est le recel de toute leçon et la base de tout projet possible, comment avancer, comment ajouter ou corriger, comment projeter ? On le voit, il y a là un véritable noeud, et il est tendu par tous les fils qui tissent le paysage. C'est à tenter de les démêler que ce numéro 12 les Cahiers de l'École de Blois est consacré.

  • L'espace habité est investi, vécu, approprié, mémorisé de façon sélective. Il mobilise les trois catégories vitruviennes avec des poids différents. L'auteur expose plusieurs manières de découper ou d'unir les formes entre. Après une présentation « raisonnée » du processus de mise en forme, l'auteur propose deux manières de faire que l'on peut pratiquer tour à tour : découper une même forme (partition) et réunir entre elles plusieurs formes (ajout, addition).

    Certains thèmes omniprésents dans le processus de mise en forme et de composition architecturale possèdent une valeur particulière parce qu'ils jalonnent l'histoire d'un pays, d'une époque, pour s'ancrer dans une mémoire collective, une civilisation. Ceux qui sous-tendent l'évolution de l'architecture occidentale permettent d'examiner un certain nombre de matérialisations courantes des limites spatiales du bâti telles qu'elles apparaissent à la fin du processus de mise en forme. Parmi celles-ci, les rapports entre les concepts classiques de masse bâtie et d'intervalle non bâti sont décisifs dans une démarche euristique qui puisse contribuer à équiper l'oeil, la main et la capacité d'investigation spatiale du projeteur. Ces deux modes fondamentaux d'expression architectonique des limites sont développés en détail avec deux exemples caractéristiques : la Villa Almerico de Palladio et un projet de maison à trois cours conçu par Mies van der Rohe.

  • Énoncées depuis vingt siècles et réactualisées à la Renaissance, les catégories d'utilitas, de firmitas et de venustas (utilité, solidité et beauté) forment le cadre conceptuel pour penser et concevoir l'architecture occidentale. Cette trilogie est suffisamment souples pour intégrer les expériences accumulées au fil du temps, et ouvertes aux apports de chaque époque tout comme aux paroles singulières des architectes.

    La catégorie d'utilitas renvoie aux besoins fondamentaux de l'habitation humaine. Elle se rapporte aux dispositions spatiales et matérielles qui permettent à un bâtiment d'être adapté à sa destination, à son usage, soit à ce que l'on appelle aujourd'hui sa fonction.
    La catégorie de firmitas est celle des matériaux mise en oeuvre. À ce titre elle s'ancre profondément dans l'économie. La classification morphologique des ouvrages de construction, inséparables de leurs systèmes techniques, est abordée au regard de leur capacité à contenir de l'espace habité.
    La catégorie du venustas est la plus complexe des trois et pose d'emblée la question des finalités de l'architecture. Elle est reliée au concept de « modernité » dont l'évolution du sens au cours du XXe siècle mérite un examen attentif.

  • Ville imaginée par Frank Lloyd Wright à partir de 1932, Broadacre City est une proposition globale défendant un modèle économique, social, politique, différent de celui en cours. Il interroge le devenir de la grande ville, de la campagne, la transformation des paysages, l'uniformisation des modes de vie et des espaces.

  • Énoncées depuis vingt siècles et réactualisées à la Renaissance, les catégories d'utilitas, de firmitas et de venustas (utilité, solidité et beauté) forment le cadre conceptuel pour penser et concevoir l'architecture occidentale. Cette trilogie est suffisamment souples pour intégrer les expériences accumulées au fil du temps, et ouvertes aux apports de chaque époque tout comme aux paroles singulières des architectes.

    La catégorie d'utilitas renvoie aux besoins fondamentaux de l'habitation humaine. Elle se rapporte aux dispositions spatiales et matérielles qui permettent à un bâtiment d'être adapté à sa destination, à son usage, soit à ce que l'on appelle aujourd'hui sa fonction.
    La catégorie de firmitas est celle des matériaux mise en oeuvre. À ce titre elle s'ancre profondément dans l'économie. La classification morphologique des ouvrages de construction, inséparables de leurs systèmes techniques, est abordée au regard de leur capacité à contenir de l'espace habité.
    La catégorie du venustas est la plus complexe des trois et pose d'emblée la question des finalités de l'architecture. Elle est reliée au concept de « modernité » dont l'évolution du sens au cours du XXe siècle mérite un examen attentif.

  • Énoncées depuis vingt siècles et réactualisées à la Renaissance, les catégories d'utilitas, de firmitas et de venustas (utilité, solidité et beauté) forment le cadre conceptuel pour penser et concevoir l'architecture occidentale. Cette trilogie est suffisamment souples pour intégrer les expériences accumulées au fil du temps, et ouvertes aux apports de chaque époque tout comme aux paroles singulières des architectes.

    La catégorie d'utilitas renvoie aux besoins fondamentaux de l'habitation humaine. Elle se rapporte aux dispositions spatiales et matérielles qui permettent à un bâtiment d'être adapté à sa destination, à son usage, soit à ce que l'on appelle aujourd'hui sa fonction.
    La catégorie de firmitas est celle des matériaux mise en oeuvre. À ce titre elle s'ancre profondément dans l'économie. La classification morphologique des ouvrages de construction, inséparables de leurs systèmes techniques, est abordée au regard de leur capacité à contenir de l'espace habité.
    La catégorie du venustas est la plus complexe des trois et pose d'emblée la question des finalités de l'architecture. Elle est reliée au concept de « modernité » dont l'évolution du sens au cours du XXe siècle mérite un examen attentif.

  • A l'heure où les villes sont appelées à des mutations sans précédent, l'ambition de cet ouvrage est de contribuer à extirper l'urbanisme du carcan juridique qui l'enserre actuellement afin de lui redonner une forte capacité d'innover pour assurer une plus grande cohésion de la société. Il s'agit ni plus ni moins que de rendre à la science de la fabrication des villes, l'urbanisme, la capacité d'expérimenter au regard des exigences pressantes et légitimes tant de la participation que du développement durable.
    Si auparavant, le droit a assagi l'urbanisme en l'introduisant dans la cité et ainsi lui a permis de produire plus d'effets, aujourd'hui il lui interdit de préparer la " transition urbaine " qui sera le défi du siècle à venir. Jean-François Tribillon formule une critique des rapports entre l'urbanisme et le droit de l'urbanisme. Le droit, à l'origine, a beaucoup fait pour l'efficacité de l'urbanisme mais, aujourd'hui, il l'anesthésie et le bureaucratise, d'autant que la nécessité d'un développement urbain durable autrement exigeant se profile à l'horizon.
    L'ouvrage compte trois parties. La première partie expose en les commentant les principaux aspects et dispositions du code de l'urbanisme. La seconde propose une relecture critique des excès et entraves qu'il impose à la fabrication de la ville. La troisième partie, à vocation conclusive, consiste en l'élaboration de propositions de réforme afin de mettre les règles existantes en accord avec les attentes de la société en matière de gouvernance partagée tout comme en matière de ville durable.

  • On a souvent discouru sur leur contenu des activités, sur la manière de bâtir, sur le contexte de leur apparition mais rarement sur la mise en forme de bâtiments. Or ce qui fait la spécificité de cet art de la combinatoire c'est le travail de mise en forme, de conjuguer des éléments hétérogènes bref ce qu'on appelle couramment créer alors que le terme approprié est composer.
    Quelques 380 planches spécialement dessinées servent une telle démonstration.
    Dans ce volume, les planches montrent les plans et les tracés de trois bâtiments:
    Maison Fisher, Louis I. Kahn.
    Villa Müller, Adolf Loos et Karel Lotha.
    Projet pour une résiedence à Avignon, François Franque.

  • Hongrois d'origine mais installé à Vienne puis à Berlin, László Moholy-Nagy intègre la fameuse école du Bauhaus. Surtout connue pour ses réalisations en matière d'architecture et reconnue en tant que précurseur en matière de design, cette école a exercé une forte influence sur les arts plastiques.

    Quatre années durant, il y entreprend une carrière de pédagogue dont cet ouvrage témoigne. Restituant les contours d'une expérience créatrice, mieux véritable grammaire de la création moderne, l'ouvrage se présente, comme une compilation de toutes les références et expériences que Moholy-Nagy proposait à ses élèves. Ses recherches (dessins, photogrammes, travaux graphiques) visent à briser le primat du regard, convaincu que l'art ne peut être réduit à la simple observation mais convoque le toucher et la kinesthésie.

    En trois chapitres, « La matière », « Le volume (sculpture) » et « L'espace (architecture) », précédé d'une sorte de manifeste théorique l'artiste expose sa vision du lien inaliénable entre arts, technologie et vie. Bannissant les formules artistiques existantes, il souligne les évolutions des effets optiques avec premier lieu les jeux de lumière remplaçant les effets de la couleur, et pointe les modifications advenues avec la sculpture, passant de statique et modelée à dynamique et constructive. Fort de ces démonstrations, il conclut qu'effets optiques, matérialité redécouverte, jeux de volumes trouvent dans l'architecture moderne leur aboutissement.

  • Le paysage est désormais partout. Limité un temps à un genre de la peinture, étendu depuis quelques décennies à une profession, il déborde aujourd'hui largement ces domaines et, via les questions d'urbanisme, d'environnement, de développement durable, il occupe l'espace de la plupart des problématiques engageant l'avenir de la planète. Il a à voir avec la géographie, l'histoire, les moeurs, l'économie, l'agronomie, les arts et la littérature, le voyage, la philosophie... la politique aussi bien sûr. Mais dans cette étendue il se disperse, il se perd quelque peu. Faut-il dès lors en restreindre l'approche aux stricts attendus d'une profession - paysagiste - qui en a fait son matériau et son médium, ou bien doit-on le suivre partout où on le rencontre ?
    Le parti des Cahiers de l'École de Blois, et justement parce qu'émanant d'un lieu d'enseignement du paysage, aura toujours été jusqu'à présent de ne privilégier aucune de ces voies, de n'en considérer aucune comme seconde. Parler du paysage en termes de métier, en reliant cette préoccupation à la notion de projet, peut-être plus centrale encore qu'en architecture, mais l'approcher aussi de manière sensible ou réfléchie hors du cadre projectuel, via les sciences humaines et les arts - ces deux voies, les Cahiers ont tenté de les suivre ensemble et de les tresser. Avec ce numéro, il ne s'agit pas du tout de dresser un bilan de ce travail, mais de reprendre le chantier à son commencement, en tant qu'il détermine un espace de questions, une sorte d'inquiétude féconde.
    Il y a quinze ou vingt ans encore, quand on parlait d'une école de la nature et du paysage, tout le monde ou presque imaginait aussitôt de la verdure, des pampres, des roseraies... On sait un peu mieux aujourd'hui qu'il s'agit de tout autre chose, et que le nom même de « nature » qui est convoqué dans cette appellation désigne d'abord la complexité de tout le vivant. « Vous avez dit nature ? » - Ce pourrait être là aussi l'axe de réflexion d'un numéro des Cahiers, mais pour celui-ci, la question, plus cadrée malgré tout, se contente de repartir d'un « Vous avez dit paysage ? », dont nous espérons qu'il aura la valeur d'une récapitulation et, par conséquent, d'un point d'appui.

  • " Paris sera toujours Paris " dit la chanson, mais est-ce vrai ? Et Paris n'est-il que Paris, ville enfermée dans sa légende, ou une ville en devenir, gardant son nom et ses prestiges, mais s'ouvrant aussi enfin à tout ce qui l'entoure ? La ville de Paris, on le sait, comprimée à l'intérieur de sa double ceinture, souffre de cette délimitation, qui rend étrangères à sa définition les énergies qui se dégagent à sa périphérie et qui, elles-mêmes, butent sur cette frontière.
    A l'heure des projets du " Grand Paris ", la question est posée des formes de ce devenir et de leurs conséquences pour la métropole tout entière. C'est cette interrogation, qui touche en profondeur au sens même de ce qu'est un paysage urbain, qui est à l'origine de ce numéro 14 des Cahiers de l'Ecole de Blois.

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