Arts et spectacles

  • Grands ensembles, centres commerciaux, gratte-ciel, gated communities et « grands projets » sont les principaux dispositifs architecturalo-urbanistiques qui accompagnent l'accélération de l'urbanisation partout dans le monde. Emblématiques de la société productiviste et construits au nom du « progrès » et de la « marche de l'histoire », ces désastres urbains n'ont en réalité comme seule fonction que de rentabiliser des territoires désincarnés et interconnectés.
    Cette enquête montre - visites de bâtiments, romans, essais, films ou rapports officiels à l'appui - comment ils façonnent l'uniformisation des paysages urbains, amplifient les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques et contribuent à l'enfermement et à l'assujettissement de leurs habitants. Sans compter qu'ils se combinent aujourd'hui aux catastrophes dites « naturelles » (ouragans, tsunamis, séismes, inondations...) pour créer une instabilité et une dangerosité sans équivalent historique.
    Ce livre combatif vise à fournir des outils critiques pour les contester et faire advenir dans un avenir proche des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et émancipateurs.

  • En 1984-1985, Robert Doisneau (1912-1994) participe à l'aventure mythique de la Mission photographique de la Datar. En utilisant une chambre au format 6 x 7 et en travaillant pour la première fois en couleur, le photographe bouleverse ses habitudes pour arpenter une nouvelle fois la banlieue parisienne, son territoire d'élection. Restées jusqu'alors inédites, ces images surprennent par le regard plasticien, teinté d'ironie et de désenchantement, que le photographe porte sur les débordements urbains des années 1980.

  • On dit des murs qu'ils ont des oreilles, mais sait-on qu'ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du XIXe siècle, s'emploient illégalement à y laisser des traces - avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol - l'ont bien compris : les murs nous interpellent. Avec leur ironie revêche, leurs espoirs tronqués, leur fantaisie abrupte, ils font écho à des paroles enfouies au plus profond de nous. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et « contaminent » l'espace public, troublant ainsi l'ordre du discours.
    La folle et jouissive collecte textuelle d'Yves Pagès - plus de 4000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, fidèlement retranscrits, datés et localisés - forme une mémoire inédite. Une mémoire de la joie virale du bon mot, de l'énergie politique gratuite, de l'audace minuscule, de la poésie mineure et éphémère, des marges de la syntaxe, de l'invention maladroite, du plaisir de l'inachevé. On pourra dévorer ce livre en respectant son avancée chronologique, s'y perdre par associations flâneuses d'idées, en extraire à mesure son propre florilège ou, tout simplement, l'ouvrir n'importe où et se fier au seul hasard d'un cadavre exquis.

  • Dès la seconde moitié du XIXe siècle, aux États-Unis comme en Europe, espaces libres et jardins publics occupent une place prépondérante dans l'aménagement des villes. Les concepts de parkway américain, de gardencity anglais ou de «système de parcs » en France seront autant de manières d'exprimer et d'expérimenter une nouvelle relation entre la ville et la nature. C'est dans ce cadre que s'est engagée la planification des nouvelles villes marocaines entre 1912 et 1930, période durant laquelle furent réalisés les plans directeurs d'aménagement et d'extension des principales cités du royaume.
    L'étude des projets paysagers à Rabat, Marrakech, Meknès, Fès et Casablanca permet de mieux comprendre le contexte de création des parcs et jardins publics au Maroc sous le protectorat. Ces jardins, aujourd'hui objets d'une attention particulière (réhabilitations, classements), restaient encore mal connus malgré la renommée internationale d'urbanistes, d'architectes et de paysagistes français tels que Henri Prost, Albert Laprade et Jean Claude Nicolas Forestier.
    Ode visuelle à l'art des jardins et à la création des villes, l'ouvrage est jalonné de plans historiques inédits, de somptueux dessins et de photographies anciennes. Il a également bénéficié de campagnes de prises de vue photographiques en couleur qui rendent hommage au savoir faire des grands créateurs de jardins méditerranéens.

  • (Re) contruire la ville sur mesure : par sa formulation duale, le titre de ce livre recouvre les champs de la construction et de la reconstruction. Publié à l'occasion d'In-Situ 2016, quatrième biennale d'architecture et d'urbanisme de Caen, cet ouvrage réunit des contributions d'horizons variés et s'inscrit dans une continuité avec Habiter. Imaginons l'évidence, paru en 2013 chez le même éditeur.
    Dans un premier temps, ce livre explore les réinventions de la ville, tandis que l'architecte et urbaniste Christian de Portzamparc s'interroge sur le fait d'être moderne aujourd'hui en se positionnant dans le futur. S'ensuivent des contributions qui ont trait à l'esprit des lieux, les aménités urbaines, les villes reconstruites et les mesures de l'Homme.  L'ensemble ouvre des perspectives nouvelles pour faire de la ville un luxe à la mesure de tous.
       

  • Les grandes séquences de la vie de Jacques Henri Lartigue (1894-1986) recoupent celles de l'histoire balnéaire française, de la découverte du monde marin à celle du tourisme de masse. Ce dandy du XXe siècle est le chroniqueur attentif d'un mode de vie privilégié où les élites urbaines françaises et internationales découvrent les bienfaits du bon air marin et de l'héliotropisme. À cette description sociale correspondent le renouvellement de l'ensemble du littoral français et la naissance d'un patrimoine urbain et paysager, depuis la Belle Époque jusqu'au Mouvement moderne en passant par la période Art Déco, dont Lartigue, aux bras de ses femmes, fait une description intuitive et avisée.

  • On peut, sa vie entière, tout ignorer d'une ville en la traversant chaque jour en sous-sol. De même, les usagers du métro et du RER ignorent, en passant de couloir en couloir, comment fonctionne le labyrinthe de correspondances qu'ils empruntent quotidiennement, ce qui se passe au-dessus d'eux - voire très au dessus -, ou au-dessous - voire très au-dessous. On ne sait jamais vraiment à quel niveau, à quel étage ni à quelle profondeur on se trouve, mais peu importe, l'intérêt pour le voyageur réside dans la bonne continuité des parcours et la juxtaposition efficace des lieux.
    C'est cette interface, entre souterrain et aérien, que ce livre tente d'explorer en proposant pour la première fois une vision d'une architecture métropolitaine qui se développe, dans la plupart des grandes métropoles, à la manière d'un écosystème végétal. Appuyant leur analyse des exemples de Montréal et de Singapour, les auteurs ont choisi, regardé, parcouru ou analysé une vingtaine de sites de Paris et du Grand Paris afin de tirer quelques règles concernant le fonctionnement de ces mangroves urbaines, leurs programmes, leurs modes d'apparition et leur mode de gestion.

  • Ces vues aériennes du monde entier, magnifiquement illustrées par Steve McDonald, offrent des perspectives saisissantes de villes comme New York, Londres, Paris, Istanbul, Tokyo, Melbourne, Rio, Amsterdam, et bien d'autres. L'ouvrage comprend également des mandalas en immersion architecturale, créés à partir de ces paysages urbains, à colorier pour méditer et voyager en imagination.

  • Il existe peu d'opportunités en France, pour un architecte, de faire connaître son travail dans une collection d'ouvrages à dimension internationale. Certes, on connaît les magnifiques livres-revues que sont GA au Japon et El Croquis en Espagne. Mais ces éditions monographiques sont d'autant plus sélectives qu'elles ne retiennent, le plus souvent, que les architectes-stars. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont une oeuvre de valeur internationale, parfois publiée, mais trop souvent sans véritable travail éditorial. Le principe de la revue, outre qu'il convoque l'idée de la périodicité, induit quelques éléments qui la rendent plus efficace que le livre - même si la frontière est ténue.
    - Bilinguisme. Une revue est plus libre qu'un livre. Si un livre bilingue trouve difficilement sa place, la revue, elle, s'honore d'être bilingue. Et cette dimension est bien sûr primordiale pour l'architecte et la représentation de son oeuvre à l'étranger.
    - 2 à 3 numéros par an Chacun des architectes choisi et présenté s'inscrit ainsi dans un schéma éditorial haut de gamme qui convoque naturellement la reconnaissance d'une qualité architecturale.

  • Avec l'Allemand Georg Gerster et le Français Yann Arthus-Bertrand, Alex MacLean est l'autre figure mondiale de la photographie aérienne à valeur scientifique et démonstrative. Urbaniste et architecte de formation, MacLean travaille presque exclusivement sur la description du paysage nord-américain, qu'il « laboure » seul, année après année, du haut de son avion, pour en montrer de façon critique les évolutions et les atteintes quelquefois fatales.
    Dans la lignée des géographes-humanistes du début du XXe siècle, il décrypte et donne à voir les conséquences d'un mode de vie non raisonné - le fameux American Way of Life - sur notre environnement.
    Son travail, d'abord axé sur les États-Unis, a bien sûr une réelle valeur métaphorique sur l'avenir environnemental de nos pays européens, tant on connaît la puissance exportatrice, à la fois culturelle et sociale, des États-Unis. La critique que MacLean donne de « son » territoire est dès lors loin de nous être étrangère, alors que les pratiques que montre ce livre - dont quelques-unes peuvent nous faire justement sourire ou pleurer - sont en pleine expansion chez nous.
    Que l'on regarde l'urbanisation à l'échelle des subprimes américains autour du complexe Walt Disney à Marne-la-Vallée ; que l'on regarde plus au sud en Aquitaine l'implantation des premières « gatted communities », ces cités fermées réservées à des classes sociales uniques ; que l'on regarde l'usage généralisé de l'agriculture extensive ou l'urbanisation sauvages des rivages côtiers, et plus généralement les atteintes globales portées aux paysages.

  • Donner à voir des réalisations d'architectes français qui se produisent sur la scène internationale, telle est l'ambition de ce livre qui, en toile de fond, tente d'apporter une réponse à la question : comment caractériser la culture architecturale française quand elle s'exprime ailleurs que dans l'Hexagone ? À travers les projets des palmarès du Grand Prix AFEX, l'ouvrage dresse, en une cinquantaine d'oeuvres, un panorama de la production française dans le monde ces dix dernières années. Il est aussi un hommage au travail réalisé depuis deux décennies par l'AFEX au service des architectes et de l'architecture. Un engagement qui a rendu pour chacun la planète plus proche, plus accessible, et peut-être meilleure.
    La présence de l'architecture française dans le monde a autant bénéficié de l'influence importante de Le Corbusier en Inde, particulièrement à Chandigarh, que, sur un plan prosaïque, du savoir-faire mondial des entreprises françaises de BTP et des maîtres d'oeuvre institutionnels passés à la maîtrise d'oeuvre privée (Aéroport de Paris, SNCF). S'est développée une architecture française à l'export. Paul Andreu ouvre la voie. Bâtisseur de l'essentiel des bâtiments de l'aéroport Charles-de-Gaulle, il a construit quelques-uns des grands aéroports internationaux des années 1980-1990, comme ceux de Abu Dhabi, Jakarta, Le Caire, Dar-es-Salam, Shanghai.
    Cette présence a profité à de nouvelles générations comme l'agence Architecture Studio (auteur du Parlement européen de Strasbourg) qui s'est installée très tôt en Chine où elle établira le plan-masse des jeux olympiques de Pékin en 2008 et au Moyen-Orient. D'autres, victimes temporaires d'un désamour national comme Dominique Perrault (université pour femmes Ewha à Séoul), ou bénéficiant déjà d'une aura internationale, ont suivi comme Jean Nouvel (Louvre d'Abu Dhabi), Christian de Portzamparc (La Cité des arts à Pékin), etc. Le Grand prix 2016 a été attribué à la jeune agence DGT pour le nouveau Musée national de Tartu en Estonie.

  • Il existe peu d'opportunités en France, pour un architecte, de faire connaître son travail dans une collection d'ouvrages à dimension internationale. Certes, on connaît les magnifiques livres-revues que sont GA au Japon et El Croquis en Espagne. Mais ces éditions monographiques sont d'autant plus sélectives qu'elles ne retiennent, le plus souvent, que les architectes-stars. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont une oeuvre de valeur internationale, parfois publiée, mais trop souvent sans véritable travail éditorial. Le principe de la revue, outre qu'il convoque l'idée de la périodicité, induit quelques éléments qui la rendent plus efficace que le livre - même si la frontière est ténue.
    - Bilinguisme. Une revue est plus libre qu'un livre. Si un livre bilingue trouve difficilement sa place, la revue, elle, s'honore d'être bilingue. Et cette dimension est bien sûr primordiale pour l'architecte et la représentation de son oeuvre à l'étranger.
    - 2 à 3 numéros par an Chacun des architectes choisi et présenté s'inscrit ainsi dans un schéma éditorial haut de gamme qui convoque naturellement la reconnaissance d'une qualité architecturale.

  • Rassemblant plusieurs générations de concepteurs aux origines disciplinaires et géographiques très diverses, l'AUA a développé son activité pendant 25 ans dans une France saisie par la modernisation et en proie à une activité politique intense - de la guerre d'Algérie finissante au premier mandat de François Mitterrand. En quelque sorte banni des grands centres urbains, il a opéré dans les territoires de banlieue et dans les premières villes nouvelles, dans un jeu permanent entre les initiatives des collectivités locales et les programme de l'État.
    L'engagement, défini par une participation active à l'histoire, marque l'ensemble des actions de l'AUA, qui n'a jamais dissocié la réponse aux attentes des élus et des militants de ses objectifs architecturaux. Cette démarche traverse tous les domaines dans lesquels l'Atelier a déployé son action ; l'habitation et les équipements publics ; l'urbanisme des tissus de banlieue et un souci pionnier du paysage ; la confrontation avec les techniques d'industrialisation et les modèles innovants. L'AUA a par ailleurs été parmi les pionniers d'un nouvel exercice professionnel fondé sur la coopération, le dialogue et le partage, qui a fait figure d'exemple et dont l'esprit pionnier et fécond est lisible dans les projets conduits par une nouvelle génération d'architectes issus de l'enseignement d'après 1968. La diversité des écritures architecturales (Jacques Kalisz, Henri Ciriani, Paul Chemetov, etc.) s'accompagne d'une adhésion partagée à un ensemble de principes, comme la fidélité aux idées du mouvement moderne, une réflexion persistante sur le travail d'équipe avec le souci de la pluridisciplinarité et l'attachement à la dimension sociale de l'architecture.
    Conçu comme un livre-catalogue, l'ouvrage accompagnera une exposition temporaire du même nom à la Cité de l'architecture et du patrimoine qui se tiendra du 30 octobre 2015 au 29 février 2016.

  • La naissance d'Architecture-Studio est associée aux courants esthétiques qui ont agité l'univers de l'architecture dans la France des années 1970 et 1980. Depuis, l'agence s'est développée en France et sur la scène internationale. Aujourd'hui, Architecture-Studio réunit des architectes de 25 nationalités qui façonnent l'ADN de l'agence et influencent son travail. Avec la création à Venise en 2011 de la CA'ASI, une maison ouverte aux jeunes architectes et artistes du monde entier, l'agence continue à engager des débats et à chercher de nouvelles voies. Philip Jodidio, nourri de nombreux entretiens avec les associés d'Architecture-Studio, esquisse ici leur position sur les enjeux environnementaux et sociaux et sur la place de l'architecture dans le contexte de la mondialisation.

empty