Le Pommier

  • Depuis les années 1970, la molécule d'ADN était considérée comme l'unique support de l'hérédité, ce qui a permis une immense quantité d'observations et a conduit - par exemple - au décryptage de divers génomes. Mais ce cadre conceptuel est peut-être devenu trop étroit...
    Plusieurs phénomènes ont révélé que l'expression ou le silence d'un gène se transmettait de génération en génération non pas uniquement grâce à la fameuse double hélice, mais également par le biais d'autres mécanismes qui, eux, ne dépendent pas des gènes. Cette nouvelle hérédité est qualifiée d'« épigénétique », du grec ancien épí, « au-dessus de », et de génétique.
    Or, depuis que les chercheurs étudient les mécanismes moléculaires qui modulent l'expression du patrimoine génétique en fonction du contexte, ils vont de surprise en surprise. Certains vont même jusqu'à parler d'une véritable révolution...

  • Des premières tentatives de classification à la théorie de l'évolution, l'idée émerge d'une classification naturelle qui serait le résultat de l'histoire des organismes vivants sur Terre.
    Mais comment construire l'histoire du vivant? L'émergence de nouveaux outils conceptuels dès les années 1960 et les avancées de la biologie moléculaire ont été à l'origine d'une véritable révolution. Cet ouvrage retrace cette passionnante histoire qui nous mène des premières tentatives de classification des espèces aux résultats les plus novateurs de ces dernières années en phylogénie moléculaire.

  • Quel est le point commun entre les lions, les fourmis et les ouistitis ? Chacune de ces espèces vit en société. Communication, coopération, répartition des tâches, mais aussi conflits sociaux ou familiaux, la vie sociale des animaux est régie par des comportements complexes et très variés selon les espèces.
    Bienvenue en éthologie, la science sociale du vivant qui permet de comprendre pourquoi les paons et les éléphants de mer sont polygynes, les ouistitis et les jacanas prédisposés à la polyandrie et les loups et les flamants roses strictement monogames...
    Et bien d'autres choses encore !

  • Astronomie, médecine, mathématiques, géographie. autant de domaines dans lesquels la civilisation arabo-musulmane apporta des contributions originales. Non seulement elle assimila les savoirs grec, indien, babylonien, égyptien qu'elle sût transmettre au temps des grandes traductions, mais elle élabora aussi une grande tradition scientifique proprement arabe, avec de grands noms comme Ibn Sînâ (Avicenne), le mathématicien et astronome al- Khwârizmi ou encore le scientifique et polygraphe Al-Bîrûnî, pour ne citer qu'eux.
    Revenir sur l'âge d'or des sciences arabes, entre les VIIIe et XIVe siècles, nous permet de mieux comprendre cet héritage mal connu et de suivre la circulation des savoirs en Méditerranée, depuis la Grèce jusqu'à l'Europe médiévale.

  • Comme l'histoire longue du vivant, celle, courte, des cultures humaines, est jalonnée de moments d'innovation, de "mutations" à la fois biologiques, sociales et cognitives, qui donnent naissance à des comportements, des savoirs et savoir-faire appelés à se transmettre : des premiers outils à l'invention de l'écriture, en passant par la domestication du feu, l'apparition du langage symbolique, les premières expressions artistiques, l'invention de l'agriculture et de l'élevage...
    Si cette dynamique apparaît chez les animaux, elle s'accélère et se multiplie avec le genre Homo. Pourquoi ? Comment ? Roland Schaer, philosophe du vivant, nous invite à revenir au fondement de notre histoire, à penser ce qui nous est propre, et d'abord la faculté qu'a l'homme d'apprendre des autres. A l'heure où l'emprise humaine sur le monde et les autres vivants s'intensifie, au point de devenir plus que problématique, cette enquête philosophique et anthropologique acquiert une nouvelle ampleur plus que nécessaire. Nos facultés et nos héritages ne nous rendent-ils pas responsables du vivant ?

  • « Dès le début de sa longue histoire, l'homme se présente comme un élément de la nature. À l'instar de certains oiseaux ou de certains crabes, il entreprend aussitôt la longue collecte d'un bric-à-brac de productions naturelles aux formes bizarres et colorées. Par le choix qu'il en fait, il proclame ces objets «oeuvres d'art» et rêve d'en être l'auteur ».
    Collectionneur dès ses premiers temps, l'homme deviendra ensuite créateur. C'est là une étape spirituelle inédite, spectaculaire : ce comportement d'artiste constitue l'un des caractères sélectifs favorables à l'évolution de l'espèce humaine. Dès son origine, l'homme est, dans tous les sens du terme, un Homo aestheticus. Son histoire se confond avec celle de l'art, que nous raconte ici Michel Lorblanchet, en suivant pas à pas les traces laissées par nos premiers ancêtres...

  • Il y a plus de 3 millions d'années, des primates issus d'une grande famille empruntent un chemin évolutif qui aboutira aux hommes modernes. Au cours de ces millénaires, nos ancêtres imaginent, créent, inventent, transmettent, échangent. et inventent des outils.
    Comment les identifier ? Quand sont-ils apparus ? À quoi correspondent-ils du point de vue de l'évolution du bagage cognitif (le cerveau) et moteur (la main) de l'homme préhistorique ?
    Après bien des années de réductionnisme, qui ont conduit à une conception rigide de l'hominisation - c'est l'outil qui fait l'homme -, nous avons appris que les chimpanzés utilisent toutes sortes d'outils, dont des outils en pierre pour briser des noix. Et il semble bien que les orangs-outans en fassent de même. L'outil et la culture ne sont donc pas les attributs du seul homme.
    Toutefois, la fabrication d'outils en pierre dure participe d'une activité idéomotrice qui implique un projet, des connaissances, des savoir-faire, et une dextérité manuelle, qui reste unique à l'homme et à ses lointains ancêtres. Et pour comprendre un ensemble de pierres taillées préhistoriques, il faut savoir reconnaître toutes les étapes de la réalisation de ce projet, depuis l'acquisition des matières premières jusqu'à l'abandon de l'outil, en passant par sa fabrication, et son utilisation.

  • Engagée il y a plus de 10 000 ans au Proche-Orient, la domestication des animaux compte parmi les événements majeurs de l'histoire de l'humanité.
    Quand et où ont eu lieu les premières domestications animales ? Quelles techniques étaient utilisées par les premiers éleveurs ? Pourquoi des domestications ont-elles été pratiquées ? Quels ont été leurs effets sur l'environnement ? Autant de questions auxquelles, tels des fins limiers, les scientifiques répondent à partir des indices abandonnés par nos ancêtres près de leurs habitats, en particulier les ossements trouvés sur les sites archéologiques. Ainsi par exemple, l'analyse de l'âge auquel les animaux sont abattus, âge qui peut être déduit du degré d'usure de leurs dents, permet de savoir comment se faisait le contrôle de la démographie des troupeaux, si l'élevage se faisait pour l'exploitation de la viande ou du lait.
    Enfin, en montrant combien la naissance de l'élevage au Néolithique a eu d'incidences écologiques, il établit un parallèle avec l'époque actuelle et ses légitimes préoccupations concernant l'équilibre écologique de la planète.

  • L'homme entretient avec la mort une relation très ancienne. Les restes fossiles humains exhumés lors de fouilles témoignent de pratiques funéraires très variées, qui peuvent être analysées selon des critères biologiques ou culturels.
    Aborder les relations entre les vivants et les morts dans les sociétés du passé, pour lesquelles nous n'avons pas de traces écrites, est un problème d'autant plus délicat que l'on remonte dans le temps. Des méthodes scientifiques précises ont été mises au point, qui se fondent essentiellement sur l'analyse de la disposition des restes humains et sur leurs relations avec les contextes archéologiques et sédimentaires environnants, constituant une véritable problématique de terrain.

  • Il y a environ dix millénaires, l'histoire de l'humanité connut une véritable révolution, qui marqua le passage du paléolithique au néolithique : dans différentes régions du monde, de petits groupes de chasseurs-cueilleurs entreprirent de domestiquer certains animaux - chien, mouton, chèvre, porc, boeuf, buffle, lama. - et certaines plantes - blé, orge, lentille, mil, riz, maïs, courge, pomme de terre. Le contrôle des ressources alimentaires leur permit de se sédentariser et d'accroître considérablement leur population, éliminant progressivement les sociétés de chasseurs-cueilleurs.
    Cette expansion démographique continue déboucha sur la création des premières villes, des premiers États et, finalement, de l'écriture et de l'histoire.

  • L'intelligence et la culture ne suffisent pas à caractériser l'humain. Nous partageons avec tous les vivants une histoire commune que les chercheurs expérimentent de plus en plus finement.
    Henri Atlan s'interroge sur la « fin des frontières ». Depuis un siècle les découvertes en biologie interroge la philosophie : la vie a changé de statut. On s'est en effet rendu compte que certaines molécules, qui jouent un rôle déterminant pour expliquer ce qu'on croyait être la vie, ne sont ellesmêmes pas vivantes. Ainsi, les gènes ne sont pas vivants ! Ces découvertes établissent une continuité graduelle entre le non vivant et le vivant.
    De la même manière, les découvertes en éthologie brouillent la frontière entre l'humain et le non humain. Pour Frans de Waal, nous sommes, comme les chimpanzés et les bonobos, les héritiers d'une longue lignée d'animaux sociaux. Toutes les différences entre l'homme et le singe sont graduelles. Les animaux sont aussi des êtres culturels et nous n'avons jamais perdu tout lien avec la nature.
    Sur ce fond de continuité, il nous incombe d'établir de nouvelles barrières, de nature morale, sociale et juridique, entre humain et non humain, afin d'éviter de former de nouvelles formes d'inhumain.

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