Sciences humaines & sociales

  • Le Roi Arthur n'a jamais été aussi présent sur les écrans.
    Il apparaît de façon revisitée dans la fantasy (Le Seigneur des anneaux), la science-fiction (Star Wars), ou dans des séries comme Kaamelott. Comment expliquer un pareil succès ? D'où vient ce renouveau?
    Le Roi Arthur, un mythe contemporain se propose de répondre à ces questions en explorant la légende du souverain de Camelot et ses représentations au cinéma, à la télévision, dans la bande dessinée, dans les romans, mais aussi dans le champ politique.
    Ce voyage permet de percevoir les différentes mutations des figures arthuriennes : chevaliers de la Table ronde mobilisés par les colonisateurs britanniques puis le maccarthysme ; Morgane héroïne féministe ; ou encore Merlin en précurseur écologiste dans la fantasy.

  • Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s'apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu'il a appelé «cher Bibi», il lance : « Nous ne céderons rien à l'antisionisme, car il est la forme réinventée de l'antisémitisme. » Jamais un chef de l'État n'avait commis une telle erreur historique doublée d'une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l'histoire du sionisme, de la diversité de l'antisionisme, de l'antisémitisme hier et aujourd'hui, enfin de la politique proche-orientale de la France.

  • « Les dragons et les Hobbits ont toujours été des animaux politiques. Voyager avec eux, c'est prendre des détours pour mieux parler de l'indicible, c'est s'aventurer sur des chemins de traverse vers d'autres futurs. » Grande fresque épique de fantasy inspirée des romans de G. R. R. Martin, Game of Thrones est désormais la série la plus célèbre au monde. Cette fascination pour un univers médiéval, dont les protagonistes craignent la venue d'un long hiver apocalyptique, fait écho aux angoisses contemporaines concernant le dérèglement climatique causé par l'activité humaine.
    G. R. R. Martin n'a pas été le premier auteur à utiliser la fantasy pour parler des dérives du monde moderne et d'écologie. À bien y regarder, le genre du merveilleux contemporain développé à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne a constamment servi d'outil pour critiquer la société industrielle.
    De William Morris à J. R. R. Tolkien en passant par Ursula Le Guin, Robert E. Howard ou Hayao Miyazaki, ce petit ouvrage invite à questionner la généalogie politique de la fantasy.

  • De l'histoire au mythe identitaire.

    La bataille de Poitiers, en 732 (ou 733), opposant les troupes arabo-berbères d'Abd el-Rahman aux Francs de Charles Martel, est un événement de l'histoire de France, peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. Alors que le dernier livre véritablement consacré à la question date de 1966, les années 2000 ont vu l'apparition d'un nombre croissant de publications souvent écrites sans distance ni mesure. Au même moment, la commémoration de l'événement devient l'objet d'utilisations politiques par l'extrême droite occidentale, phénomène qui a culminé en France avec l'occupation en octobre 2012 du chantier de la mosquée de Poitiers par le groupe Génération Identitaire.

    Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire propose, alors que les mémoires s'enflamment, de revenir tout d'abord à l'histoire mal connue de la bataille en la resituant dans le contexte large des relations entre le monde franc et l'empire islamique. Puis d'analyser, en deuxième partie, les échos successifs rencontrés par le souvenir de la bataille au Moyen Âge, à l'époque moderne, auprès des philosophes des Lumières et des romantiques, dans les écoles de la IIIe et de la IVe République et au sein de la culture populaire. Une attention particulière est portée à l'actualité récente du mythe de Poitiers, notamment au sein des extrêmes droites française et européenne. Ce travail inédit d'histoire et d'historiographie permet de nuancer la portée réelle de la bataille, tant au moment des faits que dans les mémoires.

  • Il s'agit d'un incroyable manuscrit absolument inédit : les souvenirs du Docteur Collin (1890-1970). Retrouvés dans le grenier de la maison familiale par Philippe Collin, son petit-fi ls, ces deux carnets (qui comportent 146 clichés stupéfi ants) relatent les années vécues par le jeune docteur aux côtés des forçats de Guyane puis de Nouvelle-Calédonie (de 1907 à 1912).

  • En 1913, Eugène Dieudonné, membre de la bande à Bonnot, est condamné à tort aux travaux forcés à perpétuité. Évadé en 1927, puis gracié à la suite d'une campagne de presse orchestrée par le grand reporter Albert Londres, Dieudonné publia ses souvenirs du bagne en 1930 (Gallimard). C'est ce texte, épuisé depuis 80 ans, et magnifi quement illustré par le dessinateur Thierry Guitard, que Libertalia a réédité en 2007 puis en 2009, et dont voici une nouvelle édition enrichie.

  • Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) raconte l'histoire de l'opposition ouvrière à la montée vers la guerre, et notamment celle de sa fraction antimilitariste et « antipatriote » la plus radicale, incarnée par la Fédération communiste anarchiste (FCA), qui menace ouvertement de « saboter la mobilisation ». Animée par de jeunes ouvriers révolutionnaires de la « génération de 1906 », cette organisation était jusqu'ici très mal connue, n'ayant fait l'objet d'aucune étude spécifi que.

  • Issu des mouvements féministes américains des années 1970, le concept de « culture du viol » s'est popularisé dans la pensée féministe au cours des années 2000. Il reste pourtant mal compris tant les deux termes qui le composent semblent antinomiques.
    L'auteure tente d'expliquer et de rendre accessible un concept entendu comme une provocation mais qui ne fait que relater une part sombre de notre culture.
    Elle propose une définition de la culture du viol qu'elle confronte à la réalité des violences sexuelles, avec de nombreuses études à l'appui, et démontre que les stéréotypes sont encore tenaces. Elle s'intéresse ensuite à la culture française qui fait de la séduction et de la galanterie deux composantes de l'identité nationale.
    Enfin, elle propose des mesures de lutte contre ce fléau.

  • Ce livre, écrit pour des étudiants de troisième année mais se donnant comme horizon un plus large public, réussit pleinement son pari. Il est à la fois d'une lecture agréable et claire, mêlant fortes conclusions et questionnements pour un public de spécialistes. Il serait vain, en quelques lignes, de résumer son contenu. Notons furtivement l'importance accordée au gouvernement quotidien de la Commune, à la guerre civile, ou aux questions de genre, et, surtout, à la façon dont la Commune s'inscrit dans l'histoire.

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