Arts et spectacles

  • Ce livre combat l'idée soutenue par les plus grands spécialistes, en particulier Émile Mâle - l'éminent iconographe de l'art religieux - , et jamais contestée, suivant laquelle, pendant l'Ancien Régime (du XIVe au XVIIIe siècle français) les réguliers (c'est-à-dire les religieux vivant en communauté suivant une règle) étaient trop austères pour posséder des oeuvres d'art. Seule une étonnante prévention a pu faire oublier que les établissements ont été vidés par la Révolution et que les monastères et les couvents avaient été remplis de chefs d'oeuvres des plus grands maîtres. Pour redécouvrir cette évidence, il faut restituer aux oeuvres conservées les provenances oubliées. Par quelques exemples, le livre montre ce que l'histoire de l'art comme l'histoire de la spiritualité gagneront de la restitution et provenance.

    Le livre propose aussi une nouvelle synthèse de l'architecture des religions jusqu'alors trop fondée sur l'héritage médiévale, pas assez soumise aux effets de la modernité ; professionnalisation de l'activité de l'architecte, diffusion d'une règle par les traités imprimés, laïcisation de la commande, le livre consacre beaucoup d'importance à ce qu'on peut appeler l'entrisme de la société civile sur la société cloitrée et la particularité des donateurs qui ont accompagné l'ouverture des chantiers de construction du cloitre et de la fourniture en image.

  • Première publication scientifique en français sur l'azulejo et sa genèse.

  • Tout au long de sa vie, Léonard de Vinci a considéré l'architecture comme l'un de ses sujets d'intérêt. Il a conçu des bâtiments sacrés, des palais privés, des forteresses et des villes, ainsi que des structures éphémères destinées aux fêtes et représentations théâtrales. Par ailleurs, on retrouve des éléments architecturaux dans ses tableaux, comme L'Annonciation, L'Adoration des Mages ou Le Dernier Repas.
    Dans ce domaine, Léonard de Vinci était un fin connaisseur des travaux de ses contemporains, et même si la plupart des siens sont restés à l'état de notes, de croquis jamais contruits, il est un créateur d'idées et de concepts innovants.
    Les essais présentés dans ce volume proposent au lecteur un panorama complet des travaux architecturaux de Léonard de Vinci, ainsi que de leur contexte historique et de leur importance au sein de sa recherche à la fois artistique et scientifique.

  • Réhabilité le Palais de Chaillot, voilà le thème ambitieux de ce livre. Aimé des parisiens, ce monument d'exception a trop souvent été stigmatisé à l'aune d'une vision sombre de l'histoire qui lui colle à la peau et d'évènements funestes dont il ne fut pas responsable. Né sous le Front populaire, c'est un projet culturel et démocratique, une architecture ouvrant ses bras vers Paris et saluant avec bonheur la Tour Eiffel, alors qu'elle lui tournait le dos auparavant. Son décor, celui de son coeur et de ses jardins extérieurs, est remarquable et l'ultime témoignage de la période Art Déco. Il était temps de lui rendre justice et de le magnifier par l'image pour le préserver d'indélicatesses, celles qui nuisirent à son intégrité, toujours promptes à resurgir.

  • L'élaboration des valeurs morales, du sens, de la beauté, de la vérité, suppose un espace franc où chaque homme puisse se sentir libéré des contraintes utilitaristes. A cette condition, la société peut continuer de faire vivre les valeurs humaines et transmettre le meilleur de sa création morale, artistique et intellectuelle.
    L'invention du ministère des Affaires culturelles en 1959 par Malraux répondait à cette ambition. Quinze années seulement après le chaos de la guerre, la décision prise par le Général de Gaulle de doter la France d'un ministère dédié à l'esprit, n'eût rien d'anodin.
    Pour rebâtir la société, il avait compris la nécessité d'un instrument capable de faire vivre au sein de l'Etat les valeurs humaines portées par l'art et la culture.
    Soixante années plus tard, à l'heure ou l'utilitarisme et la vision comptable du monde dominent, et quand le marché impose toujours davantage ses critères à la création artistique, le volontarisme culturel paraît un recours essentiel. Par son désintéressement et son exemplarité, l'action publique représente une garantie autant qu'une source d'encouragement pour le monde culturel et, au-delà, pour l'ensemble des acteurs dédiés à la défense des principes humanistes. Ainsi, dans son rapport Pour une refondation de la politique culturelle (1997), Jacques Rigaud écrivait-il : « la culture n'est pas seulement un secteur de l'action publique. Elle en est une dimension ». Sa place dans l'Etat manifeste bien l'importance que la République continue d'accorder aux valeurs de l'esprit.

  • Images du temps, reflets d'une société, les musées français sous le Second Empire font montre d'une incroyable vitalité. La direction des musées impériaux, qui regroupe les musées du Louvre, de Versailles, du Luxembourg et chapote les musées de province, est le cadre principal de cet ouvrage qui cherche à appréhender l'institutionnalisation des musées à l'époque de Napoléon III.
    Les musées impériaux connaissent alors une période de stabilité sans précédent qui leur permet de se développer dans un Louvre transformé, et de suivre la voie tracée par les régimes précédents. Cette période de l'histoire est aussi propice à un certain nombre de créations : le musée des Souverains, le musée Napoléon III et le musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. La province, par l'ampleur des fondations et des envois d'oeuvres, l'action de figures étonnantes, constitue un catalyseur du transfert du rôle des musées, sublimé par les premières constructions muséales françaises. Enfin, la prise de conscience patrimoniale aboutit en 1870 à la première tentative de protection des collections d'une nation lors d'un conflit international et à l'évacuation des collections du Louvre.
    Aussi, comment d'un instrument politique de la munificence du souverain qu'était le musée au début du régime impérial, celui-ci devient le symbole d'une volonté publique d'édification au service de l'utilité nationale ? Cette question de l'institutionnalisation du musée, du politique vers le social, de la monstration vers la vulgarisation est au centre de ce livre.

  • Dans des milliers de communes françaises, métropolitaines et ultramarines, se dressent des monuments de « grands hommes », statues, bustes, reliefs, érigés en hommage à des hommes et des femmes, des hommes très majoritairement, s'étant illustrés sur les champs de bataille, ayant exercé de hautes fonctions politiques ou laissé une importante oeuvre littéraire, scientifique, artistique. Intégrés au paysage quotidien des Français, ces monuments répondant à des visées idéologiques et politiques ainsi qu'à une certaine esthétique - bien décriée de nos jours - offrent un outil d'analyse des différents régimes politiques qui les ont élevés et traduisent l'évolution de la notion de grand homme : les régimes qui se sont succédé dans la France du XIXe siècle n'ont pas honoré les mêmes grands hommes, la notion de « grand homme » recouvrant d'ailleurs des types de personnages de plus en plus variés, allant du roi au chanteur populaire.

    A partir d'un ensemble de 3 856 statues, l'ouvrage étudie l'évolution chronologique des inaugurations et en suit les phases : croissance ininterrompue jusqu'en 1914, stagnation durant l'entre deux guerres, hécatombe due à la campagne de « mobilisation des métaux non ferreux » lancée par Vichy en 1941, déclin des années 1970-1990 suivi d'une nette reprise dont les effets se font encore sentir.

  • On croit connaître la photographie américaine, mais on oublie que sa vocation d'origine et ses plus grandes réussites sont dans le genre du portrait. Ce livre propose l'exploration d'une galaxie de portraits d'Américains du XIXe siècle, issus de la riche collection de William B. Becker.
    Depuis les expérimentations des premiers mois, qui permirent aux Américains de réussir le portrait au daguerréotype avant les Européens, jusqu'aux fantaisies fin-de-siècle présentant des sujets confrontés à d'improbables fantômes et autres effets de neige, nous suivons l'essor d'un art nourri d'inventivité technique et picturale autant que d'ingéniosité commerciale. Art souvent méprisé, alors qu'il est le vrai et beau visage de la photographie ordinaire depuis bientôt deux siècles.
    Cette collection est aussi un précieux aperçu de la vie des Américains du XIXe siècle, dans son étonnante diversité : buveurs et champions de la tempérance, prisonniers et sheriffs, ramoneurs et femmes de lettres, un marchand de moulins, un agriculteur vendant sa récolte, un homme posant avec un poulet sur son épaule... ainsi que des images d'enfants blancs, noirs et amérindiens, souvent saisissantes de naturel et de modernité.
    Or ces portraits ne sont pas de simples " documents " : ce sont des compositions, qui témoignent de collaborations entre photographes et modèles, et regorgent d'histoires grandes et petites, explicites ou cachées. Le collectionneur se dévoile comme un détective ou un journaliste, qui poursuit le travail de révélation des identités auquel s'adonnèrent les photographes.

  • Le nom de Daguerre est attaché à la découverte de la photographie. De lui, on connaît moins cette invention spectaculaire restée enfouie dans le XIXe siècle, le diorama. Daguerre a pourtant réussi ce tour de force qui consiste à introduire du mouvement dans la peinture même. Ce mouvement, qui est obtenu grâce à la transparence et à un système d'éclairage ingénieux, fait apparaître des figures peintes au gré de la luminosité. Le jour vient remplacer la nuit, un éboulement obstrue une vallée paisible, l'orage menace une journée radieuse, des moines pénètrent dans le choeur d'une église. Si le diorama hérite des principes picturaux de la perspective, il n'en reste pas moins que cette invention participe aussi directement du théâtre. Il concentre un des moments clés de la construction d'une histoire du spectaculaire qui n'attend plus que le cinéma pour trouver son expression la plus complète. Balzac ne s'y est pas trompé en qualifiant le diorama de «merveille du siècle.» Aujourd'hui, le diorama de Bry-sur-Marne est le seul vestige qui témoigne des prodiges techniques ct esthétiques du grand artiste-inventeur que fut Daguerre. Pour l'historien comme pour le spectateur curieux, cette longue nef en trompe-l'oeil est une fenêtre ouverte sur les révolutions optiques du XIXe siècle.

  • L'artiste itinérant

    Collectif

    Cet ouvrage étudie deux prix nationaux, distribués aux artistes par la Troisième République lors des Salons, de 1874 à 1914. En revenant sur l'histoire de ces récompenses, l'auteur a voulu comprendre les motifs qui ont poussé les autorités en charge des beaux-arts à inciter les artistes lauréats à voyager audelà des frontières pour parfaire leur formation.
    Le Prix du Salon a été créé en 1874 par le marquis de Chennevières, directeur des Beaux-Arts. Ce nouveau prix donnait la possibilité au lauréat de partir deux ans à Rome.
    Les bourses de voyage ont été instituées en 1881 et elles entraient alors dans le cadre général d'une politique artistique mise en oeuvre par la IIIe République. 1881 est une date notable pour l'histoire des rapports entre l'État et le domaine artistique. Deux événements importants ont marqué cette année.
    D'une part, le désengagement de l'État de la gestion des Salons annuels, et donc l'autonomie imposée, plus qu'accordée à vrai dire, aux artistes dans la gestion de leurs affaires. D'autre part, la création d'un éphémère ministère des arts, qui avait en charge de centraliser les différentes actions publiques relevant des beaux-arts, et qui multiplia également les missions à l'étranger. Les Bourses de voyages ont été instituées dans ce cadre, à la fois comme un effet de la démocratisation de l'art, en proposant aux artistes une reconnaissance et un soutien plus larges que ceux offerts par l'Académie des beaux-arts avec les récompenses décernées à l'issue du Salon et avec le Prix de Rome et le séjour à la Villa Médicis ; mais également comme un moyen, pour l'État, de poursuivre son contrôle de la carrière des artistes après son désengagement de la gestion du Salon.
    L'ouvrage est divisé en trois grands chapitres, divisés en entrées pour une meilleure compréhension de la démonstration : Le Prix du Salon ; La Ville éternelle et la Ville Lumière ; Les bourses de voyage. Il est suivi d'un dictionnaire des Prix du Salon et des boursiers de voyage.

  • L'Atelier de la Savonnerie de Lodève est la rencontre de plusieurs histoires. Elle débute avec la création de la manufacture de la Savonnerie, à Paris, au début du XVIIe siècle avec la réalisation de tapis selon la technique turc du point noué. Ces tapis, devenus prestigieux, vont se trouver sur tous les sols des palais monarchiques, puis républicains, jusqu'à nos jours.
    L'autre histoire, plus récente, concerne l'implantation d'un deuxième atelier de la Savonnerie à Lodève (Hérault). Ici, c'est l'histoire contemporaine, plus tragique qui est en jeu. En effet, à la fin de la guerre d'indépendance de l'Algérie, en 1962, certains acteurs administratifs et militaires ne veulent pas laisser de côté les anciens supplétifs de l'armée française, les Harkis, seuls à leur destinés. Ils décident d'en installer quelques-uns à Lodève, ancienne ville textile, qui est prête à les recevoir. Leur implantation se fera parfois avec douleur, mais la réussite de l'entreprise après cinquante est incontestable.
    Ce livre, qui célèbre les 50 ans de l'atelier rattaché au Mobilier national, donnant la parole à des acteurs, à des témoignages et à des chercheurs, retrace cette histoire des destinées où la grande histoire est menée par des destinés particulières.

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