Norma

  • Invitée en 1940 par le gouvernement japonais pour orienter la production d'art industriel du pays, Charlotte Perriand découvre une pensée, un mode de vie et une architecture ancestrales, conformes aux préceptes modernistes qu'elle défendait avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret. L'élaboration de son « art d'habiter », qui modifia profondément la manière de vivre des Français dans les années 50, est née des réflexions qu'elle a menées pendant sa mission au Japon.
    En retour, elle a contribué avec passion, à travers ses interventions dans les ateliers de production, au renouveau de l'artisanat japonais. « De tous les Occidentaux qui ont travaillé au Japon, c'est probablement elle qui a eu la plus grande influence sur le monde du design japonais », a déclaré le grand designer Sôri Yanagi, qui fut son assistant.
    Ses expositions au Japon, « Sélection, Tradition, Création » (1941) et « Proposition d'une synthèse des arts » (1955), qui eurent un grand retentissement, ses publications et ses études, ses réalisations à Tôkyô, la maison de Jacques Martin (1953), l'agence Air France (1959), ou à Paris, la résidence de l'ambassadeur du Japon (1966-1969), le showroom Shiki Fabric House (1975) et la maison de Thé à l'Unesco (1993) sont autant de témoignages des liens entre cultures occidentale et japonaise et de leur enrichissement réciproque.
    L'ouvrage, qui révèle la liberté de pensée de cette grande créatrice face aux enjeux d'une période complexe, est d'un enseignement précieux pour les nouvelles générations d'architectes et de designers, mais aussi pour l'homme d'aujourd'hui.

  • Jacques Majorelle

    Amélie Marcilhac

    • Norma
    • 21 Août 2019

    Jacques Majorelle (1886-1962) est une figure emblématique de l'orientalisme.
    Fils de l'ébéniste Louis Majorelle, il se forme à l'École régionale des beaux-arts de Nancy, puis à Paris, à l'Académie Julian.
    Majorelle se rend dès 1908 en Espagne, en Égypte et en Italie avant de s'établir en 1917 au Maroc. Il y développe un langage chromatique singulier qui lui offre une place dépouillée de toute influence parmi ses contemporains.
    Paysages, scènes de souks, portraits, il conçoit à Marrakech, où il réside, comme dans le reste du Maroc ou lors de nombreux voyages au Soudan, en Guinée et en Côte-d'Ivoire, un corpus conséquent de plus de 1 000 oeuvres, peintures, aquarelles, dessins et illustrations dans lequel la lumière, la couleur et un certain regard sur l'exotisme jouent un rôle déterminant.
    Publié à l'occasion d'une rétrospective à la Fondation Jardin Majorelle de Marrakech, l'ouvrage, largement illustré, revient sur le parcours de l'artiste. L'ensemble des oeuvres y est présenté, accompagné de notices biographiques et bibliographiques.

  • Ce deuxième volume de l'oeuvre complète de Charlotte Perriand retrace des périodes particulièrement importantes de son oeuvre: ses deux séjours au Japon en 1940-1941 et 1953-1955, et ses réalisations pour la Reconstruction, marquées par sa collaboration avec les Ateliers Jean Prouvé et de grands architectes de l'époque : Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Paul Nelson, Jean de Mally, Kenzo Tangé etc.
    Bien au-delà de son rôle de conseiller pour le gouvernement japonais, Charlotte Perriand récolte en 1941 une riche documentation photographique sur tous les aspects du Japon traditionnel pour les publier dans des journaux après la guerre. On retrouve dans cet ouvrage plus d'une centaine de ces photographies sur l'histoire de l'art du Japon, publiées pour la première fois.
    Autre étape capitale dans son oeuvre : la convention de collaboration que Charlotte Perriand signe avec les Ateliers Jean Prouvé en 1952. Cette collaboration (1952-1955), est marquée par un ensemble de réalisations emblématiques et de chefs-d'oeuvre du design, comme les bibliothèques Mexique et Tunisie créées par Charlotte Perriand.
    L'ouvrage relate également ses réalisations en Indochine où elle tente d'orienter l'artisanat et la petite industrie en 1943-1944, et détaille la collaboration de Charlotte Perriand et de Pierre Jeanneret après la guerre, notamment avec l'éditeur américain Knoll, et tous les chantiers pour l'Afrique, les cités universitaires (Antony, Maisons du Mexique et de la Tunisie, Maison de l'étudiant en Médecine), l'unité d'habitation de Marseille de Le Corbusier, ainsi que l'aménagement de nombreux appartements. Le livre montre également la naissance du mouvement Formes Utiles en 1949, dont Charlotte Perriand est co-fondatrice, qui marque profondément l'histoire du design en France, placée sous le signe de la synthèse des arts : objets utiles, peinture, sculpture, architecture.
    Sont reproduites in-extenso les 60 pages de son fameux article L'art d'habiter pour la revue Technique et Architecture en 1950, qui explicitent sa pensée et sa démarche d'architecte d'intérieur et de designer.
    Les auteurs Jacques Barsac est réalisateur d'une quarantaine de documentaires sur l'art et sur l'histoire, dont Charlotte Perriand et Le Corbusier pour lequel il a reçu le trophée de la promotion de l'architecture du ministère de l'Équipement.
    Depuis 2002, il consacre son activité autour de l'oeuvre de Charlotte Perriand. Auteur de quatre ouvrages de référence : Charlotte Perriand, un art d'habiter, Éditions Norma, 2005, Charlotte Perriand et le Japon, Éditions Norma, 2008, Charlotte Perriand et la photographie, Édition 5 Continents, 2011.
    Conseiller scientifique des expositions Charlotte Perriand depuis 2005, il a assuré le commissariat des expositions : Charlotte Perriand et la photographie,Petit-Palais, Paris, 2011 et Charlotte Perriand et le Japon , Musée d'Art moderne, Saint-Étienne, 2013.
    Paul Thomson est le recteur du Royal College of Art, Londres. Il a été directeur, de 2001 à 2009, du Smithsonian's CooperHewitt, National Design Museum à New York. Il a également été le commissaire de l'exposition Charlotte Perriand: Modernist Pioneer and Modern Britain 1929-1939 au Design Museum de Londres.

  • Ce troisième volume de l'oeuvre complète (1956-1968) présente le travail de Charlotte Perriand au coeur des Trente Glorieuses, période pendant laquelle son statut de créatrice internationale va se confirmer.
    Dès 1956, Charlotte Perriand développe une collaboration soutenue avec la galerie Steph Simon, éditeur notamment de ses bibliothèques Nuages. Elle renforce ses liens avec Air France, aménage des agences en Europe, au Japon et au Brésil et conçoit les premiers espaces de travail en open space.
    À Genève, elle consacre plus de dix ans à la rénovation de l'immense palais des Nations, siège de l'ONU en Europe, pour en faire un outil moderne au service de milliers de diplomates et d'ONG.
    L'ouvrage illustre également son « art d'habiter » à travers des réalisations comme la résidence de l'ambassadeur du Japon à Paris, la maison du Sahara, son chalet à Méribel, son appartement à Rio de Janeiro, ou encore l'équipement intérieur du pavillon du Brésil à la cité universitaire, à Paris, avec Le Corbusier.
    Autre pays d'élection de Charlotte Perriand après le Japon, le Brésil, où elle se rend régulièrement de 1959 à 1970, occupe une place importante dans son univers. Elle y noue des liens d'amitié avec Lúcio Costa, Oscar Niemeyer et les grandes figures du milieu culturel progressiste. En 1963, elle commence une mission sur le développement de l'artisanat dans le Nordeste, interrompue par le coup d'État militaire.
    Près de 800 documents, pour la plupart inédits, retracent une douzaine d'années de création dans les domaines du mobilier, de l'aménagement et de l'architecture de cette pionnière du design, et préfigurent son travail pour la station des Arcs en Savoie dans les années 70 et 80.

  • Pendant sept décennies, Charlotte Perriand (1903-1999) a contribué à façonner le Inonde de ses inventions, laissant derrière elle un sillage d'images, d'objets, de lieux et d'édifices, autant de registres d'une oeuvre qui apparaît désormais dans toute son ampleur.

    Ce premier volume de l'oeuvre complète offre une analyse détaillée de ses premières années de création, très fertiles, aussi bien dans le domaine du design que de l' architecture ou de la photographie. S'appuyant une grande partie sur les archives conservées par la famille de l'artiste dans son atelier parisien, il permet de faire la lumière sur ses sources, son environnement, ses années d'apprentissage à l' école de l'Union centrale des arts décoratifs, ainsi que sa rencontre et son association avec Pierre Jeanette et Le Corbusier, en 1928, qui va donner naissance à des meubles emblématiques tels que la Chaise longue basculante (1928), et à ses premiers aménagements (la villa Savoye, la villa Church, la villa MARTINEZ de Hoz).

    Il nous fait également découvrir son engagement militant, qui l'amène à voyager à Moscou, puis à réfléchir à une architecture vernaculaire au service du peuple, qui aboutira notamment, dans les années 30, à la Maison au bord de Peau (1934), à un centre de vacances (1935), ou encore à ses premières architectures de montagne.

    Les années 30 sont par ailleurs celles de la création de l' UAM, dont elle est l'un des membres fondateurs aux côtés de Robert Mallet-Stevens, mais aussi de sa rupture idéologique avec Le Corbusier, qui va l'amener, à l'orée de la Seconde Guerre mondiale, à faire cavalier seul.

  • Tours

    Collectif

    • Norma
    • 8 Février 2017
  • Fadia Ahmad, Beyrouth

    Pascale Le Thorel

    • Norma
    • 4 Octobre 2019

    Fadia Ahmad, née en 1975, vit et travaille à Beyrouth. Photographe, elle a réalisé des séries sur la ville de Beyrouth, les camps de réfugiés, et sur le thème du voyage, en Afrique et en Asie.
    Elle sillonne quotidiennement sa ville depuis 2003 selon un parcours de 10 452 mètres qui est un échantillon de la surface du Liban, 10 452 km2. Quartier après quartier, maison après maison, elle explore la ville tel Le Piéton de Paris de Jean-Paul Fargue. « J'ai décidé, explique-t-elle, de suivre cet itinéraire, toujours le même, pour ne pas me disperser. C'est sa constance qui me permet de me découvrir, de faire union avec cette ville. » Saisissant les marchands des coins de rue et les épiciers, les pêcheurs, les baigneurs et les street artistes, les constructions du passé et du futur, mais aussi les effondrements, Fadia Ahmad restitue l'image d'une cohabitation complexe dans le monde d'aujourd'hui.
    Les photographies de Fadia Ahmad, qu'elle conçoit comme des tableaux, sont à l'image de Beyrouth, de la partition, de la différence, du ressenti. Ce sont les fragments d'une vie comme les fragments d'une ville. Elles montrent la résilience des Libanais en capturant la beauté, les instants poétiques qui se nichent dans les moindres détails.

  • « Quel lien y a-t-il entre L'Origine du monde de Gustave Courbet et Le Palais idéal du facteur Cheval ?
    Il y a Jean-Jacques Lequeu qui, sans en être conscient, pressent que l'origine du rêve architectural a quelque chose à voir avec cette origine du monde » suggère Annie Le Brun dans sa contribution au catalogue de l'exposition « Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes », se tenant au Petit Palais, du 11 décembre 2018 au 31 mars 2019.
    Architecte sans oeuvre, Lequeu (1757-1826) est d'abord un dessinateur hors du commun, dont l'imaginaire, nourri de références telles que Le Songe de Polyphile, se déploie dans la création de monuments et fabriques fictives donnant naissance à des paysages d'invention, complétés par une impressionnante galerie de portraits grimaçants ou de détails d'anatomie dépeints sans complaisance.
    Issu d'un milieu artisanal, qui tente à la faveur de la Révolution, de s'élever socialement, Lequeu, réduit sa vie durant à un emploi de bureau subalterne, est le fils du libertinage des Lumières et des jardins anglochinois.
    Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l'oubli, il lègue à la Bibliothèque nationale de France l'une des oeuvres graphiques les plus singulières et les plus fascinantes de son temps, qui permet de s'immerger dans la dérive solitaire et obsédante d'un artiste hors du commun.

  • Marc Held

    Michèle Champenois

    • Norma
    • 11 Septembre 2019

    Un ouvrage qui rend hommage à la carrière de l'architecte et designer Marc Held, à travers la présentation de ses oeuvres majeures et notamment huit villas construites sur une période de trente années sur l'île de Skopelos.

  • L'enfer selon Rodin

    Collectif

    • Norma
    • 18 Octobre 2016

    L'Enfer selon Rodin permet de revivre la création d'une icône de l'art : La Porte de l'Enfer, l'oeuvre centrale de toute la carrière d'Auguste Rodin (1840-1917). Commandée en 1880 pour le musée des Arts décoratifs, cette porte qui ne s'ouvre pas va occuper Rodin pendant vingt années durant lesquelles il va inlassablement revenir sur son thème, l'épurant et tirant quelques-unes de ses sculptures les plus connues : Le Penseur, Le Baiser, Ugolin ou encore Les Ombres.
    S'inspirant de La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du mal de Baudelaire, le sculpteur crée une oeuvre exceptionnelle par le nombre de personnages grouillant à sa surface (près de 200), par sa taille (6,35 m de haut et 4 m de large) et par son traitement des corps.
    Le catalogue présente les cent cinquante oeuvres exposées - dont cinquante « dessins noirs » rarement présentés et une trentaine de sculptures montrées pour la première fois -, qui permettent de découvrir l'histoire fascinante de ce chef-d'oeuvre dont l'influence fut considérable dans l'évolution de la sculpture et des arts, abordant de manière inédite les passions humaines.
    Véritable condensé des recherches stylistiques du sculpteur, La Porte de l'Enfer sera également un point de départ pour de nombreuses variations permises par ses techniques de prédilection : fragmentation, assemblage, agrandissement, répétition, qui permettent de cerner l'obsession de l'artiste pour un thème qu'il travaillera jusqu'à en livrer une version beaucoup plus dépouillée à l'Exposition internationale de 1900, visible au musée Rodin de Meudon.

  • Source de fantasmes et d'espoirs comme de malentendus, le craft est depuis longtemps l'objet de débats qui nécessitent aujourd'hui un éclairage critique et théorique renouvelé que le seul mot « artisanat » restreint parfois. Politiques, écologiques, entrepreneuriales, humanitaires, patrimoniales, technologiques, éducatives, etc., les formes du craft se sont étendues, réinventées et complexi&ées. Chacun, des craftivists aux makers, du folk craft au craft art, d'une nouvelle génération de créateurs aux maisons de luxe, s'empare de ce domaine, bouleversant la tradition et ses codes souvent hérités du passé. Aux États-Unis, en Chine, en France, comme en Italie ou dans de nombreux autres pays comme le Brésil, l'Afrique du Sud, la Thaïlande, ces différentes approches nous obligent à prendre en compte de plus vastes questions articulées autour de quatre thématiques : AFFINITÉS aborde l'esprit collaboratif et la porosité entre les différents domaines de la création et le craft ; CULTURES, les valeurs portées par les artisans au-delà de leurs savoir-faire ; ÉDUCATIONS, les expériences pédagogiques innovantes qui renouvellent la transmission des savoirs ; ÉCONOMIES traite de la grande variété des modèles économiques dans ce secteur aujourd'hui.
    Cette anthologie rassemble 65 textes des années 1970 à nos jours traitant de la question du craft, accompagnés d'essais, de textes explicatifs et de bibliographies. Leurs auteurs, venus du monde entier, professionnels ou observateurs éclairés, témoignent de la richesse de leur expérience et de leurs ré;exions à visée prospective.
    Textes de Fabien Petiot, Chloé Braunstein-Kriegel, Andrea Branzi, Grace Lees-Maffei, Linda Sandino, Gloria Hickey, Jacques Anquetil, Nina Strizler-Levine, Garth Clark, Maria Elena Buszek, Stéphane Sauzedde, Annick Colonna-Césari, Emmanuel Barrois et Frédérique Le Graverend, Dana Buntrock, Laura M. Richard, Wang Shu, Charlotte Benton, Teleri Lloyd-Jones, Mònica Gaspar, Marcus Fairs, Alice Rawsthorn, Peter Siegenthaler, Anne Jourdain, Paul Greenhalgh, Anthea Black et Nicole Burisch, Clara Mantica, Unfold, Toby Glanville, David Caméo, Eriko Horiki et Blaine Brownell, Enzo Mari et Elvio Facchinelli, Stefano Micelli, Bruce Altschuler, Chunmei Li, Anneke Bokern, Hervé Barbaret, Kajsa Borg, Glenn Adamson, Bruce Metcalf, Caroline Maniaque, Grégoire Talon, Gerard C.J. Lynch, Patricia Woods, Teleri Lloyd-Jones, Namita Gupta Wiggers, Mary Douglas, Nicole Van Dijk, Patrick Bouchain, Penny Sparke, Serge Le Roux, Hugues Jacquet, Robin Mellery-Pratt, Guy Salter, Yuri Na et Michel Lamblin, Ruth Brewerton, Miguel Angel Gardetti et Subramanian Senthilkannan Muthu, Alberto Cavalli, Caroline Roux, Justin McGuirk, Jennifer Beamer, Anitra Nettleton, Eleanore Herring, Darrin Alfred, Daniel Nicolas, Jean-Marc Huygen, Sumanatsya Voharn...

  • Intensive Beyrouth

    Collectif

    • Norma
    • 1 Juillet 2014

    « Construire au Liban est ma manière de prendre position face à la guerre. » Cette phrase de l'architecte franco-libanais Youssef Tohme est la clé pour entrer dans Intensive Beyrouth. Cet essai illustré mêle des réflexions urbaines sur la capitale libanaise aux expériences de projets de ce maître d'oeuvre engagé à rouvrir le débat sur l'architecture dans son pays. À Beyrouth, où toute situation n'est jamais qu'un état provisoire, l'espace de l'analyse est fondamental.
    Youssef Tohme envisage sa discipline comme un outil critique et politique. Il ne l'aborde jamais comme un univers formel ou stylistique mais comme la possibilité de questionner le monde, réfléchir aux conditions de la ville.
    Profondément liées à son vécu, ses positions sur le vide, l'échange, le rêve ont un écho particulier dans un pays où la culture du fragment et de la superposition est poussée à l'extrême.
    La première partie de l'ouvrage expose les idées de Youssef Tohme en relation avec 25 photos de Ziad Antar. Outillé d'une Holga et d'un Rollefleix, l'artiste libanais a saisi quatre des réalisations majeures de l'architecte - l'université Saint-Joseph de Beyrouth (conçue avec 109 architects), la villa T et la villa M à Kornet Chehouane, la villa SC à Akoura - au regard de la ville de Beyrouth et de ce qui en déborde. La seconde partie est réalisée par Karine Dana. L'auteur met en conversation Youssef Tohme avec des personnalités importantes de la scène culturelle libanaise telles que l'architecte Tony Chakar, l'artiste Ziad Abilama ou encore le chanteur Ahmed de Maschrou.

  • Rétrospective des oeuvres présentées à l'Exposition des arts décoratifs de 1925, qui a su réunir des artistes du monde entier : des architectes comme H. Sauvage ou P. Patout, des décorateurs tels que A. Véra, L. Süe, le couturier P. Poiret ou encore le sculpteur F. Pompon.

  • Le renouveau des arts décoratifs dans la France d'après-guerre est d'une extrême diversité, du style 40 qui perdure à travers les commandes officielles au meuble classique ou néoclassique dont le succès est sans précédent. La modernité reste un combat à mener après l'échec de l'Union des Artistes Modernes (UAM) qui n'a pas su convaincre. Ce défi est relevé par la jeune génération des décorateurs présentés dans cet ouvrage. Leur approche répond aux besoins et aux aspirations d'un pays en pleine reconstruction, avec l'extraordinaire vitalité qui caractérise l'époque.
    Après une introduction qui met l'accent sur l'alliance d'esthétique, de fantaisie et de rigueur, de cette création française foisonnante, ce livre s'organise en quatre parties, chacune précédée d'une introduction qui en définit le contexte historique.
    -les maîtres de l'entre-deux-guerres, tels qu'Adnet, Arbus ou Old.
    -les représentants d'un style 50 en liberté, ludiques et affranchis de tout discours en «isme», Matégot, Royère...
    -les grandes figures de la Reconstruction - Gascoin, Hitier ou Sognot - qui ont transmis à la génération suivante le sens d'une modernité exigeante et puriste.
    -leurs fils spirituels, Gautier-Delaye, Guariche, Motte, Paulin ou Philippon et Lecoq.
    Outre ces trente-trois monographies, Patrick Favardin analyse la mise en place de structure d'édition et de diffusion, avec des fabricants comme Airborne, Les Huchers-Minvielle ou Steiner, des galeries comme Steph Simono ou MAI ou encore les Salons.

  • Métal contre bois, industrie contre artisanat, équipement contre décoration, peuple contre élite. La création de l'Union des artistes modernes (UAM), en 1929, par René Herbst, Francis Jourdain, Robert Mallet-Stevens, Charlotte Perriand, Hélène Henry et Raymond Templier, est souvent présentée comme une scission des « modernes » contre les « anciens », réunis au sein de la Société des artistes décorateurs (SAD). Ces modernes, auxquels se joindront Pierre Chareau, Eileen Gray, Le Corbusier, les frères Martel, Jean Prouvé et bien d'autres, militent pour un art fonctionnaliste, sans ornement, destiné au plus grand nombre. Ils auraient tourné le dos aux décorateurs et à l'artisanat de luxe, incarné par l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, pour créer un mouvement en phase avec les besoins de leur époque. Cet ouvrage retrace les moments décisifs de cette scission et la naissance de l'UAM, en s'appuyant notamment sur les archives des deux groupements, dont il reproduit des extraits, comme sur de nombreux documents d'époque.

  • Mathieu Matégot

    Patrick Favardin

    • Norma
    • 1 Octobre 2014

    Mathieu Matégot (1910-2001) est l'un des designers les plus inventifs des années 50. Cet artiste d'origine hongroise, créateur, décorateur et entrepreneur, est l'inventeur d'un véritable langage, dont l'un des supports principaux est le Rigitulle, une tôle perforée qu'il a brevetée et qui lui permet de déployer, par un système de plis, son métal perforé dans l'espace. À l'aise avec tous les matériaux, il a également travaillé le verre, le bois, le rotin ou encore le laiton. Il a régulièrement participé, durant les années 50, aux plus grands Salons. Très sollicité, il a répondu à de nombreuses commandes, publiques ou privées : le restaurant végétarien La Saladière, à Paris, une partie du Drugstore des Champs-Élysées, deux foyers-bars à la Maison de la radio ou encore un aérodrome à Casablanca.

    Grâce à de nombreux documents d'époque provenant notamment des archives familiales, cet ouvrage revient sur l'ensemble du parcours de Matégot, de sa découverte du métal perforé pendant la Seconde Guerre mondiale à ses dernières tapisseries des années 80. Il permet avant tout de redécouvrir une oeuvre riche et variée, qui fait de Mathieu Matégot l'un des plus grands créateurs de la période des Trente Glorieuses.

  • Le globe et l'architecte

    Yann Rocher

    • Norma
    • 1 Décembre 2017

    « L'architecture est semblable aux astres bienfaisants qui éclairent le monde » Claude Nicolas Ledoux, L'Architecture considérée sous le rapport de l'art, des moeurs et de la législation, 1804 Représenter le monde, la planète et le cosmos est l'une des plus grandes utopies de l'architecture. Il est ainsi possible, entre culture populaire et recherche savante, de construire une histoire transversale de l'architecture lorsqu'on la croise avec la géographie et l'astronomie.
    La présentation de quatre-vingt-dix projets architecturaux, répartis du IIe siècle avant notre ère avec Apollodore de Damas au début du XXIe siècle avec Rem Koolhaas, permet de raconter une double histoire. Sphères, globes, coupoles et autres représentations à échelle réduite des formes de la Terre et de la voûte céleste montrent comment les architectes ont participé, aux côtés des géographes, astronomes, mathématiciens et artistes, à la découverte et à la représentation du globe terrestre, et comment, en retour, cette découverte est venue hanter et hante toujours l'architecture. Richement illustrés par de la documentation inédite, ces projets atypiques, tels que le Globe céleste conçu pour l'Exposition universelle de 1900, sont accompagnés de quinze approfondissements thématiques menés par des spécialistes : Peter Sloterdijk, Bruno Latour ou encore Charles Jencks s'appuient sur l'anthropologie ou la science-fiction pour finalement montrer l'architecte comme témoin et acteur de la découverte du monde.

  • Michel Buffet

    Guillemette Delaporte

    • Norma
    • 6 Décembre 2018

    Dans le sillage de Jacques Viénot, MICHEL BUFFET (né en 1931) participe à la naissance et au développement du design industriel en France.
    Diplômé en 1953 de l'École nationale supérieure des arts décoratifs, où il côtoie René-Jean Caillette et Pierre Guariche, Michel Buffet expose ses premiers meubles et luminaires au Salon des arts ménagers, au Salon des artistes décorateurs, à la Triennale de Milan (1957), puis aux Expositions universelles de Bruxelles (1958) et d'Osaka (1970).
    Il intègre la CEI de chez Raymond Loewy en 1956 et y reste, jusqu'en 1985, avant de créer sa propre société, Vecteur Design Industriel.
    Liée au développement des transports, l'essentiel de sa vie professionnelle coïncide avec le boom des Trente Glorieuses dont il incarne avec élégance l'esthétique, les formes et les couleurs.
    En charge de l'aménagement de nombreux avions, pour le Concorde (1972) comme pour le Falcon du groupe Dassault (1964- 1967), de trains, du métro de Caracas (1980-1983), il réinvente un véritable art de vivre dans les transports.
    Ll intervient également pour le groupe Shell (1967-1974) pour qui il conçoit des concepts de stations-services.
    Michel Buffet est également un créateur de meubles et de luminaires remarqué. Sa ligne de meubles de cuisine DF 2000, qui met en place des systèmes de rangement modulaires, est saluée par la revue italienne Domus en 1969.
    Les luminaires qu'il a conçu dans les années 50, initialement édités par Biny, sont, grâce à leurs formes courbes et leur piètement délicat, devenus des classiques réédités par Lignes de démarcation.

  • Apparues au xvIe siècle pour éclairer les ruelles étroites des villes et villages japonais, les chochin, lanternes mobiles de papier et de bambou, ont occupé une place centrale dans la culture et l'artisanat japonais.
    Intégrées dans les compositions d'artistes influencés par la mode du japonisme en europe et aux États-unis à la fin du xIxe siècle, ces lanternes légères, fragiles et éphémères se démocratisent en occident dans les années 50 grâce à Isamu Noguchi qui les électrifient. vendus pour quelques dollars chez Bonniers, à New York, les créations de Noguchi connaissent un vif succès et sont commercialisées en France par la galerie Steph Simon dans les années 60.
    Rond, rectangulaire, triangulaire, polygonale, le répertoire des formes déployées par les chochin est sans limite et en fait de véritables sculptures éclairantes, blanches ou décorées de motifs peints et d'inscriptions.
    Leur usage dans le temps invite à comprendre autant la nature des fêtes et rituels qui rythment la vie au japon, le rapport particulier de ses habitants à la lumière, que la force et la pérennité de leur artisanat.
    À travers une sélection d'bjets, d'estampes et de photographies, cet ouvrage, qui accompagne l'exposition se tenant au MADD, Bordeaux, du 31 janvier 2019 au 19 mai 2019, présente la fabrication de ces objets, leur évolution et leur adoption par les designers depuis les années 1950

  • Avec cet ouvrage, Jean-Louis Cohen, architecte et historien, et Monique Eleb, psychologue et sociologue, proposent une promenade architecturale dans le Paris intra-muros et sa proche banlieue.
    Trente-trois bâtiments photographiés par Antonio Martinelli sont visités parmi la multitude de réalisations qui ont marqué le XXe siècle. Ils ont été choisis en fonction de leur contribution au paysage urbain, de leur force esthétique et de leur rôle dans la transformation des modes de vie. Des architectes du début du siècle à qui les découvertes techniques ont permis de se libérer des conventions à la génération actuelle qui a retrouvé une dimension intellectuelle après la crise architecturale des années 1960-1970, on suit dans le Paris d'aujourd'hui les transformations d'identité d'une ville dont le centre dense est enserré dans une agglomération de plus de dix millions d'habitants.
    Par la succession et la mise en correspondance d'édifices en apparence étrangers les uns aux autres, des ossatures de béton des frères Perret aux prismes transparents de Jean Nouvel, Jean-Louis Cohen et Monique Eleb révèlent combien l'idéal d'une architecture rationnelle et lisible aura marqué l'architecture du siècle. This book takes the form of an architectural promenade devised by the architect and historian Jean-Louis Cohen and the psychologist and sociologist Monique Eleb.
    Thirty-three buildings in Paris and the inner suburbs are presented with photographs by Antonio Martinelli. Selected from the multitude of buildings which have marked the 20th century, each has been chosen for the contribution it makes to the cityscape, for its aesthetic value and for the role it has played in transforming life-styles. From the technical discoveries which enabled architects to break free from conventions in the early 20th century, to the rediscovery of an intellectual dimension by the present generation of architects in the wake of the architectural crisis of the 1960s and 1970s, this itinerary through today's Paris reveals transformations in the identity of the densely-built capital city at the center of an agglomeration populated by over ten million people.
    By explaining the connections between a sequence of buildings which look very different from one archer, ran no from the Perret brothers' concrete frames to Jean Nouvel's transparent prisms, Jean-Louis Cohen and Monique Eleb reveal the extent to which the long-established French architectural ideal of rationality and legibility has marked the architecture of the 20th century

  • 1880. L'impératrice Eugénie vend son domaine de Biarritz. La propriété est immédiatement lotie et divisée en 269 terrains destinés à accueillir des villas.
    1900. Henri Sauvage (1873-1932) un jeune architecte déjà renommé à Paris, ouvre une agence à Biarritz avec son confrère Charles Sarazin. Il en sortira deux chefs-d'oeuvre de l'Art nouveau : les villas Océana et Natacha (qui abrite la Direction des affaires culturelles de la ville). À l'exemple de tant d'autres personnalités du monde de la finance et de l'industrie, Madame Chaslon-Roussel, mère de l'écrivain Raymond Roussel, se fait élever une villa baroque qui prend ses assises directement sur la plage de l'Impératrice.
    1920. Biarritz devient définitivement un lieu de villégiature recherché, reconnu en Europe et outre-Atlantique, qui entraîne le développement touristique de la Côte basque. Les architectes tirent parti du laissez-faire urbanistique et s'essaient à tous les styles, Art déco, moderne, néo-basque.
    Les grandes propriétés sont bientôt démantelées et la ville se transforme par la création de nombreux lotissements, dont le Parc d'hiver, le plus élégant. Une décade d'or s'ouvre pour les jardins composés aux formes géométriques qui succèdent aux grands parcs à l'anglaise du XIXe siècle. Pas de villas sans jardins, dessinés et réalisés entre autres par les frères Gélos, les entreprises Roumagniac, Rossiaud...

  • Sommeillant dans un tiroir, deux petits carnets de toile enduite noire ont été retrouvés dans une maison de famille, dans les années 1970. Ces carnets étaient ceux d'Henri Badetz, le grand-père de l'auteur, qui a consigné, à 20 ans, le récit de ses quatre années de captivité pendant la Première Guerre mondiale. À ces deux carnets s'ajoutait un cahier de trente-deux dessins relatant la vie dans ce camp de prisonniers. Autant de témoignages d'une détresse certaine, mais peut être également chanceuse, dans une guerre qui fut particulièrement terrible.
    Incorporé à Bayonne, blessé et prisonnier de la première heure, Henri Badetz a vécu une guerre particulière qui lui a épargné de connaître les véritables « boucheries humaines » quotidiennes des soldats de 14-18. Blessé puis captif, ce jeune homme va passer toute la guerre en captivité, pendant deux ans dans le camp de prisonniers d'Alten-Grabow, à Dornitz, près de Magdebourg en Saxe, avant d'être envoyé comme ouvrier agricole dans un domaine tenu par une Allemande, francophile, ancienne élève de la Sorbonne et de l'École des chartes.
    De la vie dans le camp subsistent ces dessins touchants qui conservent à la fois la fraîcheur d'un message optimiste et le souvenir du cauchemar collectif des prisonniers, celui des années volées par l'ignoble guerre. Fort heureusement il vécut longtemps, alors qu'autour de lui ses beaux-frères, tous gazés, moururent des suites d'une guerre qui l'avait effleuré et miraculeusement protégé.
    Ces trente deux dessins accompagant les courts textes décrivant avec minutie et concision la vie dans les camps constituent un témoignage boulversant sur la vie quotidienne des prisonnsiers pendant la Grande Guerre.

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