Nouveau Monde

  • - 4700 avant J. C. Les environs de Carnac sont occupés par deux groupes d'humains. Les Nomades des forêts vivent de chasse et de cueillette comme leurs ancêtres les plus lointains. Les Pêcheurs de la côte se sont fixés là où l'ampleur de la marée permet d'abondantes récoltes de poissons à l'aide de barrages de pierres. Un équilibre s'est instauré entre les deux groupes, fait d'échanges (de nourritures, de biens et de femmes) et aussi de conflits qui cessent au premier sang versé.
    Mais voilà que de nouveaux venus incendient les forêts, bâtissent des maisons et interdisent le passage sur de vastes territoires. Ils retiennent prisonniers des animaux inconnus. Ils domestiquent la terre qui leur offre de grosses quantités de céréales. Ce sont les Cultivateurs des vallées.
    Le conflit semble inévitable quand, Longues-jambes, le commerçant voyageur (qui connaît déjà les trois groupes) propose sa médiation. Il est assassiné. Cette fois, la guerre est déclarée et des humains visent à mort d'autres humains - une nouveauté effrayante.
    Le soir de cette première bataille, au milieu des cadavres et des blessés, trois femmes s'interposent : Sourire-de-lynx chez les Nomades, Paruline chez les Pêcheurs, Ardente chez les Cultivateurs. Elles proposent de découvrir ensemble qui a tué le commerçant : le meurtrier porte la responsabilité de la guerre. Chacune garantira pour son groupe l'impartialité de l'enquête. Le coupable et son peuple devront quitter la région, laissant les deux autres se la partager. Persuadé que l'assassin se trouve chez ses ennemis, chacun accepte cette issue radicale.

  • Ce manuel bi-média (un livre papier + une plateforme Web en Open access) offre un outil pédagogique innovant, inédit dans sa conception comme dans ses contenus. Fondé sur l'apprentissage des méthodes indispensables aux étudiants en histoire, il propose une approche décloisonnée et réflexive des quatre grandes périodes historiques afin de mettre en évidence la cohérence de la discipline dans ses approches les plus diverses et la variété des outils, des méthodes et des concepts qui permettent de la maîtriser.
    Rédigé par des enseignants-chercheurs rompus aux problématiques du premier cycle universitaire, cet ouvrage a été conçu en modules permettant de construire plusieurs parcours pédagogiques et thématiques, afin de favoriser l'échange entre les étudiants et les enseignants et de répondre à quatre exigences :
    Favoriser l'apprentissage des modes de réflexion propres à l'historien : synthèse de contenus divers, analyse critique et mise en perspective des réalités politiques, économiques, sociales et culturelles dans leur profondeur historique.
    Familiariser l'étudiant à la maîtrise des sources primaires de l'historien, des papyrii antiques aux ressources du Web, en proposant une présentation détaillée et des exercices pour chaque type de source, des moyens d'appréhender leur traitement, leur croisement, leur analyse (qualitative et quantitative) et leur interprétation.
    Ouvrir l'étudiant aux disciplines qui environnent et nourrissent la science historique, en particulier à celles qui entrent dans les différents cursus d'histoire proposés par les universités françaises : archéologie, histoire de l'art, sociologie, anthropologie, science du patrimoine mais aussi épigraphie, numismatique ou encore diplomatie.
    Donner à l'étudiant les repères historiographiques nécessaires pour s'approprier une culture de la discipline telle qu'elle s'est faite et se renouvelle.

  • Voici  une  introduction  inattendue  aux  guerres  menées  par  Jules  César,  commentées  d'un point  de  vue  militaire  par  un  autre  grand  général,  Napoléon  Bonaparte.  L'auteur  compare  la tactique  militaire  du   I er  siècle  avant  J.-­-C.  avec  celle  du  début  du   XIX e  siècle,  avec  tous  les changements  qu'ont  apporté  les  progrès  techniques  dans  l'armement  et  l'équipement.  Les campagnes  de  la  guerre  des  Gaules  sont  racontées  d'une  façon  stimulante  (avec  les  noms actuels  des  lieux  et  des  villes).  C'est  l'oeuvre  d'un  militaire  érudit  plus  que  d'un  historien  pur, mais  c'est  un  point  de  vue  original.  On  retrouve  chez  les  deux  stratèges  les  mêmes  qualités  de concision  et  de  clarté.

    Cet  ouvrage  classique  fut  particulièrement  populaire  à  la  fin  du   XIX e  et  au  début  du   XX e  siècle avant  de  subir  une  éclipse  injustifiée.  Le  voici  à  nouveau  disponible  dans  une  édition commentée.

  • Déjà traduit dans une dizaine de langues, ce maître livre d'histoire globale se classe d'emblée par son ambition, son écriture et l'ampleur de ses approches au rang des Braudel ou Hobsbawm (dont il offre un contrepoint libéral).
    Cet ouvrage offre un panorama historique particu- lièrement ambitieux du monde au xix e siècle, une époque de fort bouleversement. À partir d'une masse de sources et d'une grande variété d'angles de vision se dessine le portrait à facettes d'une époque cru- ciale de notre histoire. Osterhammel s'appuie sur des structures et des modèles, des ruptures marquées et des continuités, des similitudes et les différences.
    Cette histoire globale du xix e siècle est d'abord une his- toire des villes, des transports, de la production, des échanges, des migrations, de la démographie, etc.
    à l'échelle du monde. Ce sont avant tout les phéno- mènes transnationaux ou transcontinentaux, non événementiels, qui occupent le devant de la scène.
    L'objet de cette histoire, ce sont donc les structures « braudéliennes » de la vie quotidienne et des dyna- miques à l'oeuvre.La mise en service des égouts de Londres est ainsi présentée comme un événement de portée mondiale...
    L'auteur décentre le point de vue par rapport à l'his- toire nationale et événementielle. Il rétablit le poids des événements hors d'Europe occidentale à une plus juste mesure. C'est bien une histoire post-colo- niale et une histoire mondiale, c'est-à-dire ni particuliè- rement européenne ou nationale, même pour le siècle de la domination européenne (ou « occidentale ») du monde.

  • En 1412, Jeanne d'Arc naît à Domrémy dans une fa- mille de paysans aisés. Adolescente, les voix de plu- sieurs saints l'exhortent à délivrer la France du joug anglais. Elle est présentée au roi Charles VII, qu'elle convainc de sa mission divine. L'épopée de Jeanne d'Arc commence.

    En quelques semaines, la jeune villageoise triomphe des troupes anglaises, Orléans est libérée et le roi sa- cré à Reims. Rompant avec les traditions sociales, elle est capturée par les Bourguignons en 1430 et vendue aux Anglais. Jugée pour hérésie, elle est condamnée au bûcher à l'âge de 19 ans.

    Son élan à la fois politique et religieux en a fait une chef de guerre et sainte de l'Église catholique. Deve- nue peu à peu figure majeure de l'histoire de France, celle qu'on surnomme « La Pucelle » est aujourd'hui le symbole de la nation.

  • Cet  ouvrage  classique,  longtemps  resté  indisponible,  retrace  l'essor  des  cités  médiévales entre  le   X e  et  le   XII e  siècles,  dont  il  attribue  l'origine  à  l'essor  du  commerce.  Il  décrit  le  rôle  clé de  la  classe  moyenne  urbaine  dans  le  développement  d'un  système  économique  et  d'une culture  modernes.

    C'est  la  première  grande  oeuvre  du  médiéviste  belge  Henri  Pirenne,  dans  laquelle  il  affirme  sa thèse  centrale  sur  l'Europe  médiévale  :  ce  n'est  pas  l'invasion  des  tribus  germaniques  qui  a détruit  la  civilisation  de  l'Antiquité,  mais  plutôt  la  rupture  du  commerce  méditerranéen  du fait  des  conquêtes  arabes  au   VII e  siècle,  provoquant  le  déclin  des  cités  antiques.

  • Engagées en première ligne dans la politique de contrôle et d'exclusion du gouvernement de Vichy, la gendarmerie et la police devaient plus que toute autre institution affron- ter le cruel dilemme : « servir face à l'ennemi ou servir l'ennemi ». Une partie des gendarmes et des policiers ont appliqué les ordres par vice, par fanatisme, par discipline, par antisémitisme, par aveuglement, par indifférence, par peur ou par intérêt. Mais nombreux sont ceux qui ont aidé à dissimuler des armes, à faire passer la ligne de démar- cation ou la frontière à des Juifs, à cacher des résistants et autres fugitifs, à faire libérer certains, etc. Même s'ils n'ont pas rejoint un réseau ou un mouvement de résistance, leur activité ne doit pas être oubliée, car elle a permis de sauver des vies. Or cette histoire-là est totalement ignorée. Déso- béir aux ordres, pour un gendarme ou un policier, c'est aller à l'encontre de toute sa formation initiale. Une attitude d'autant plus difficile à adopter en période de guerre et d'occupation. Mais ce livre démontre qu'il était possible de refuser d'obéir aux ordres de Vichy ou des Allemands.
    Face à une histoire traditionnelle, qui met en avant l'acti- vité des policiers ou des gendarmes qui ont appliqué avec un zèle excessif les lois et les ordonnances, il convient de « remettre les pendules à l'heure » et de révéler une autre histoire, celle des gendarmes et des policiers qui ont risqué leur vie pour secourir d'autres personnes. Cette fresque sans concession ni-faux semblant, basée sur de nombreux documents d'archives étudiés par l'auteur depuis une dizaine d'année, met à mal nombre d'idées reçues.

  • Des publicités médiévales aux représentations des politiques people, en passant par les visions d'horreur des camps nazis, la culture visuelle joue un rôle dans la mémoire collective. Photographies, affiches, films ou caricatures touchent au politique, au social, au culturel et au religieux. Puissantes armes de pouvoir ou de contre-pouvoir, les images sont utilisées par les sociétés, interprétées et partagées, jusqu'à s'imposer au plus grand nombre.
    Rassemblant textes inédits et publiés depuis 2003 dans la revue Le Temps des médias par une vingtaine d'historiens, cet ouvrage analyse la construction, La circulation et la réception d'images qui ont marqué l'histoire dans le monde.

  • Conquérir le pouvoir ? Rien de plus simple, pour ceux que favorise la Fortune et qui acceptent d'être des créateurs d'Etats. Mais le conserver, voilà qui exige de la virtus. Car il faut conduire les hommes selon la nécessité d'un temps politique toujours incertain. Dans Le Prince, Nicolas Machiavel (1469-1527) expose cet art de gouverner en brisant les miroirs au prince des temps médiévaux. Il l'écrit en 1513, alors que le retour des Médicis l'éloigne de l'engagement républicain qui fut la passion d'une vie entièrement tournée vers l'action politique.
    Il l'écrit pour parer les coups et comprendre sa défaite. Non pour rêver de cités idéales, mais pour nommer avec exactitude la réalité du pouvoir, cet exercice habile de la domination. Provocateur, drôle parfois, mais toujours surprenant, Le Prince fut écrit en état d'urgence, la traduction de Jacqueline Risset restitue à sa langue son irrésistible vélocité. Car Le Prince file droit jusqu'à nous. Quelle que soit l'idée préconçue que l'on se fasse du "machiavélisme", on le lit toujours au présent.
    Aussi les commentaires que propose ici Patrick Boucheron visent en même temps à resituer le texte dans son temps historique d'incertitude politique et à le donner à lire dans sa capacité d'actualisation. Ce qui s'y joue ? Rien moins que l'idée de Renaissance. Cette édition illustrée tente de reconstituer la culture visuelle du temps de Machiavel. Peinture, sculpture, architecture, mais aussi objets plus ordinaires du cadre de vie princier, choisis et légendés par Antonella Fenech Kroke.
    Tout ici concourt à donner à voir l'éclat d'un moment où le prince se vivait comme le créateur d'un Etat considéré comme une oeuvre d'art.

  • Des splendeurs bleues et or de Samarcande à la ville sainte de Boukhara qui peut s'enorgueillir de posséder presque une mos- quée pour chaque jour de l'année, en passant par le khanat de Khiva entouré de déserts, le patrimoine architectural de l'Ouzbé- kistan est tout simplement extraordinaire.
    Irriguées par les eaux du Toit du monde, ses oasis fertiles ont attiré, tout au long de l'histoire bimillénaire de la Route de la Soie, d'innombrables voyageurs et conquérants qui ont profondément marqué l'histoire humaine : Gengis Khan, Tamerlan et bien d'autres ont légué un héritage dont on peut encore aujourd'hui admirer les vestiges.
    Par sa position géographique, le territoire, aujourd'hui connu comme l'Ouzbekistan ancien, a été marqué par un brassage de cultures : les voisins de Mésopotamie, Iran, steppes de l'est, Sibérie, Inde et Chine ont additionné leurs influences sur les arts locaux. Avec le temps et la route de la Soie, ces échanges n'ont cessé de croître. Des cités comme Samarkande, Boukhara, Tashkent et Andizhan sont devenues fameuses au Moyen Âge pour leur richesse culturelle, mais aussi scientifique.
    Héritier de ce patrimoine, cet ouvrage constitue un musée idéal des arts et des traditions picturales en Ouzbekistan. Des pho- tographies d'oeuvres architecturales, de peintures murales, de céramiques, de tapisseries ou de textiles ornés mettent en valeur les trésors culturels du pays, tandis que de courts textes retra- cent leur histoire. En page de droite, l'ouvrage propose des colo- riages à réaliser à partir des très belles photographies.

  • Il y a 15.000 ans, au coeur du Périgord, les Sapiens Sapiens doivent faire face à un événement inattendu : l'assassinat de la jeune Iranie, apprentie chamane. Pour sauvegarder l'harmonie du clan et assurer sa survie, Puissance-de-Licorne doit trouver le coupable.

  • Cet ouvrage analyse l'introduction des danses de société venues des Etats-Unis (fox-trot, shimmy, charleston, etc.), des Caraïbes (biguine martiniquaise, rumba cubaine, etc.) et d'Amérique du Sud (tango et samba) en France entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, d'un point de vue technique et sociologique.

  • Paris, mars 1855. Victor Grumel, commissaire au service de surveillance des chemins de fer, est chargé de retrouver Alfred Deveux, un bagnard en fuite. Au même moment, à la Sainte-Chapelle, alors qu'une visite de l'Empereur est programmée, le peintre italien Eugenio Scassini a peur de ne pas terminer à temps les travaux de rénovation des verrières.

  • Contrairement à une idée largement répandue , ce n'est pas le Sacre du 2 décembre qui créa l'Empire napoléonien mais un sénatus-consulte du 18 mai 1804 adopté à l'issue d'un processus bien maîtrisé. L'efficacité tacticienne de Napoléon et de son entourage apparaît en pleine lumière dans cet épisode. Les sources permettent ici de mieux comprendre ce moment fondateur, aboutissement d'une manoeuvre politique de grande ampleur.Ce recueil des débats parlementaires au Sénat, au Corps législatif et au Tribunat, inédit depuis 1804, est donc indispensable pour appréhender un temps fort de l'Histoire de France : l'avènement de l'Empire. En exploitant ces sources, ou simplement en les lisant, on ne perdra pas de vue les événements qui se déroulèrent en même temps que les débats parlementaires : conspiration de Cadoudal, arrestation de Moreau, exécution du duc d'Enghien, départements en état de siège.Cet ouvrage permet une relecture des circonstances de la proclamation impériale à travers les opinions de quelques héritiers de la Révolution qui formaient encore le plus gros contingent des chambres du Consulat triomphant.

  • 1430. Assiégé par les Anglais, le Mont-Saint-Michel résiste depuis trente ans à tous les assauts, grâce à de grands capitaines comme Bertrand du Guesclin, quand, soudain, la cité héroïque est le théâtre de crimes mystérieux qui frappent moines et chevaliers, sans distinction. Meurtres politiques ? Rituels ? Sataniques ? Louis d'Estouteville, le nouveau chef de la garnison, enquête avec l'aide du nouveau supérieur des Bénédictins, savant chimiste et physicien, et l'aubergiste de la cité, complice de tous les contrebandiers. L'atmosphère étrange de l'île, avec ses brumes propices aux hallucinations, oriente les recherches vers des causes surnaturelles.
    Entre réalisme historique et ambiance fantastique, un roman dans la lignée du Nom de la Rose, dans le décor fascinant de « l'île au péril de la mer ».

  • Napoléon empoisonné ? La thèse, controversée, rencontre pourtant depuis quelques temps un succès inattendu dans la presse et auprès du public. Après en avoir souri, les historiens sont aujourd'hui amenés à répondre aux questions du public. Ce volume collectif, préfacé par Jean Tulard, permet de faire le point avec méthode et rigueur. Depuis une quarantaine d'années, la théorie de " l'empoisonnement" a connu de nombreuses versions et rebondissements. Le docteur Jean-François Lemaire en reconstitue l'histoire et établit une bibliographie critique détaillée. De leur côté, les docteurs Paul Fornès et Pascal Kintz, récemment cités à l'appui des thèses "empoisonnistes" ont accepté de publier ici leurs conclusions complètes, pour le premier sur une relecture de l'autopsie de Napoléon et, pour le second sur l'analyse toxicologique des cheveux attribués à l'Empereur. Enfin, Thierry Lentz fait le point sur les certitudes et les doutes qui entourent les théories des tenants de la thèse de l'empoisonnement. Voici un ouvrage non-polémique qui présente enfin clairement toutes les pièces du dossier.

  • Depuis plus de quarante ans, Mai 68 occupe, dans les imaginaires collectifs, une place singulière.
    Que des affrontements violents opposent, au quartier Latin, forces de l'ordre et étudiants, qu'une manifestation dans les rues de Paris rassemble des centaines de milliers de participants, qu'une grève avec occupation d'usine prenne de l'ampleur et se prolonge, et naturellement les images et les sons du printemps 1968 rejaillissent dans les têtes et sur les écrans. Des images et des sons, Mai 68 en a suscité en quantité dans un temps pourtant très court, et sous des formes étonnamment variées.
    Aux productions des forces contestataires se sont jointes celles des adversaires du mouvement, mais aussi celles des médias qui ont alimenté les contemporains en information. Et, une fois la page de la contestation refermée, celle-ci a stimulé les imaginations, devenant objet ou prétexte d'oeuvres visuelles ou audiovisuelles tout aussi diverses. Face à une production aussi considérable, l'objet de cet ouvrage n'est pas seulement de démêler la confusion documentaire qui contribue à donner de l'événement des interprétations contradictoires.
    A travers l'observation de matériaux multiples, il est aussi de mettre en évidence les mécanismes par lesquels s'est construite la mémoire de Mai 68. Des affiches de l'Atelier populaire aux bandes dessinées et des reportages télévisés aux films de fiction, il restitue la "culture visuelle et sonore" du printemps 1968 et son rôle dans le regard porté collectivement, en France comme à l'étranger, sur la révolte de Mai.

  • Soldats allant de champ de bataille en champ de bataille, émigrés, diplomates, cardinaux et courtisans passant de capitale en capitale, administrateurs, marchands et savants ou encore pèlerins et curieux : au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, les routes d'Europe sont pleines de voyageurs. De part et d'autre de la ligne de faille que dessinent les événements traumatiques de 1814-1815, ils manifestent et incarnent les bouleversements politiques et sociaux et du temps. Ils en sont les phénomènes - des phénomènes qui n'ont de sens qu'à l'échelle de l'Europe entière. C'est pour les décrire et les comprendre que vingt-cinq historiens, représentant huit nationalités et travaillant sur l'ensemble de l'espace européen ont été réunis dans cet ouvrage, avec une double ambition. D'une part, il s'agit de retrouver, par-delà la rupture née de la fin de l'Empire français et de ces « french wars » qui révolutionnèrent l'Europe, l'unité d'une période : celle qui, des lendemains de la Révolution française à ceux des différentes Restaurations, vit s'inaugurer la modernité politique et culturelle du continent. D'autre part, il s'agit de considérer le fait social qu'est le voyage comme un poste d'observation privilégié du territoire de l'historien. Les pratiques qui le caractérisent, les discours qui le prennent pour objet engagent en effet plus que lui-même. Les mutations que ceux-ci subirent, entre 1790 et 1840, redoublent et expliquent ainsi, en partie, ceux d'une époque fondatrice pour les temps actuels.

  • Dès  ses  origines,  le  christianisme  fait  face  aux  hérésies.  En  1022,  les  chanoines  de  la  cathédrale  d'Orléans  sont victimes  du  premier  autodafé.  De  grandes  voix  comme  celle  de  Bernard  de  Clairvaux  s'élèvent  contre  la persécution  des  hérétiques,  mais  en  1200  le  pape  Innocent  III  décide  d'envoyer  une  légation  en  Languedoc pour  combattre  le  catharisme.   Croisade  des  Albigeois  contre  les  Cathares,  création  des  ordres  mendiants  dominicains  et  franciscains constituent  les  premières  étapes  de  la  mise  en  place  de  l'organisation  inquisitoriale,  qui  ne  cessera  en  France qu'avec  Louis  XII.  Pour  le  seul  Languedoc,  5  %  de  la  population  sera  victime  de  persécutions  entre  le   XII e  et  le XIV e  siècle.
    L'inquisition  se  développe  dans  toute  la  chrétienté  :  en  Italie  (avec  pour  victimes  célèbres  Bruno,  Savonarole, Galilée),  en  Bohême  (Hus),  en  Allemagne  et  plus  encore  en  Espagne,  après  le  Reconquista.  Juifs  et  musulmans sont  martyrisés  puis  expulsés.  20  000  victimes  sont  brûlées  vives  en  deux  siècles.  L'Église  s'attaque  ensuite  aux sorciers,  en  France  et  en  Allemagne,  jusqu'à  ce  que  la  Réforme  débouche  sur  les  guerres  de  religions.  et  plus de  tolérance.   Cette  grande  fresque  menée  d'un  rythme  vif  court  sur  cinq  siècles  d'histoire  :  une  période  noire  de  l'histoire européenne  qui  trouve  écho  dans  les  fanatismes  religieux  d'aujourd'hui.

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