Littérature traduite

  • Pendant mon séjour à Memphis, j'appris encore d'autres choses dans les entretiens que j'eus avec les prêtres d'Héphaïstos...
    Les prêtres disent que Khéops ferma d'abord tous les temples, et interdit les sacrifices aux Egyptiens ; il les fit après cela travailler tous pour lui. Les uns furent occupés à fouiller les carrières de la montagne d'Arabie, à traîner de là jusqu'au Nil les pierres qu'on en tirait, et à passer ces pierres sur des bateaux de l'autre côté du fleuve ; d'autres les recevaient, et les traînaient jusqu'à la montagne de Libye.
    On employait tous les trois mois cent mille hommes à ce travail. Quant au temps pendant lequel le peuple fut ainsi tourmenté, on passa dix années à construire la chaussée par où on devait traîner les pierres. La pyramide même coûta vingt années de travail.

  • L'accession de Septime Sévère à la tête de l'empire, marque un tournant dans l'histoire romaine. Avec lui le pouvoir s'affirme désormais ouvertement monarchique, héréditaire, militaire et provincial. Hérodien, ancien fonctionnaire impérial, est une des sources principales de ce règne. "Sévère s'avança ensuite à la tête de son armée jusqu'aux portes de Rome. Cet appareil redoubla la crainte du peuple déjà étonné de tant de résolution. Les citoyens sortirent avec le sénat, tenant à leurs mains des branches de laurier, et vinrent au-devant de ce prince, le premier et peut-être le seul qui, sans répandre de sang et sans courir de risques, ait connu et exécuté une entreprise si délicate. Les sénateurs vinrent le complimenter à la porte de la ville, et le conduisirent à son palais, après qu'il eut visité les temples des dieux, dans lesquels il offrit les sacrifices rituels".

  • L'histoire de Cyrus, le fondateur de l'empire perse, est l'occasion pour Hérodote de rapporter ce qu'il a appris sur les différents peuples et pays qui ont fait l'objet de la conquête du Grand roi.
    On y retrouve l'histoire des Assyriens (Ninive), des Mèdes (Cyaxare, Astyage) et des Perses (Cambyse, Cyrus). Celle des tyrans Thrasybule (à Milet), Périandre (à Corinthe) et Pisistrate (à Athènes) ; des législateurs Solon et Lycurgue ; de la Pythie de Delphes ; ou encore des souveraines de Babylone (Sémiramis, Nictoris) et du Caucase (Tomyris). La description des peuples (Lydiens, Babyloniens, Perses, Phocéens, Massagètes) est un véritable exposé de leurs moeurs, de leurs coutumes et croyances.
    Et toujours le récit d'Hérodote est agrémenté d'anecdotes saisissantes : Arion le citharède, la chasse d'Atys, le tombeau d'Oreste, le fils muet de Crésus, le festin d'Harpage... Rompant avec les seules énumérations des victoires et des monuments à la gloire exclusive de tel ou tel puissant, Hérodote parle et raconte, en homme, la diversité du monde et de ses habitants, sa voix ouvre les chemins de l'histoire.

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