Passes Composes

  • L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941 par l'entrée des Panzers de l'Allemagne hitlérienne en Union soviétique, est une guerre d'idéologies : le nazisme et son armée donnent alors la pleine mesure de leur potentiel de destruction. En face, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence : la guerre ne change pas le stalinisme, elle l'exalte. En 1941, Wehrmacht et Armée rouge sont, de loin, les deux plus gros instruments militaires de l'époque. Dix millions d'hommes s'affrontent et se détruisent lors d'opérations militaires aux proportions monstrueuses : les plus gros encerclements, les percées les plus spectaculaires, les retournements les plus improbables aussi.
    Combats, exécutions, exactions, famines délibérées tuent en 200 jours plus de 5 millions d'hommes, femmes et enfants, soldats et civils.
    Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri brossent la fresque du plus terrible affrontement de la Seconde Guerre mondiale, passant du Kremlin au QG du Führer, des états-majors des Fronts à ceux des groupes d'armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d'exécution. Une somme unique et exceptionnelle.

  • L'histoire de france de napoleon Nouv.

    Dans son testament dicté à Sainte-Hélène, Napoléon met la dernière touche à la geste impériale en chargeant Edouard Bignon (1771-1841), un de ses diplomates les plus fidèles, d' "écrire l'histoire de la diplomatie française de 1792 à 1815" . L'Empereur s'assure ainsi du jugement de la postérité. Dès 1829-1830 paraissent les six premiers tomes d'une Histoire de France qui en comptera quatorze et se clôturera en 1846.
    A l'ampleur de cet ouvrage répond la brillante analyse d'abondantes sources documentaires. Conformément au voeu de son commanditaire, l'Histoire de France est la première histoire du Consulat et de l'Empire jamais publiée. Loin d'être une apologie des conquêtes du grand homme, elle propose une réflexion inédite sur les années 1799-1815. L'intuition brillante de son auteur est de mettre en lumière une des tensions fondamentales de l'Empire : l'impossibilité pour Napoléon d'obtenir une paix en Europe sans amoindrir la position française et donc sa propre légitimité.
    Jusqu'ici indisponible, voici la première anthologie de cette Histoire de France, laquelle restitue deux spécificités : l'étude de la France et de son empire au sein de l'Europe, et sa narration par un acteur impérial, attaché aux valeurs de 1789 et à la Charte de 1814.

  • Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, telle est l'ambition des Mondes en guerre. Dès l'Antiquité, objet du premier volume, la formation d'empires alimenta un vaste processus de confrontations et d'échanges militaires, avant que l'ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l'intégration de tous les continents dans un espace martial unifié. La séquence des guerres mondiales et impériales, de 1870 à 1945, introduisit finalement la sujétion du globe aux grandes puissances militaires.
    Au terme de cette histoire des Mondes en guerre, l'arme nucléaire change la donne et les défis de sécurité se mondialisent. Nous entrons dans une période de « longue paix », qui ne signifie pourtant pas l'absence de conflits : de la guerre froide et des guerres de décolonisation aux opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU, en passant par la lutte contre le terrorisme et la cyberguerre, la guerre reste en effet quotidienne. À travers une diversité d'études - culturelles, politiques, juridiques, stratégiques, techniques -, conjuguée à une diversité des approches - anthropologique, économique, sociologique -, c'est une histoire d'un monde en guerre qui se dessine, dont les frontières semblent abolies.

  • Tout au long de sa carrière militaire, Napoléon a frôlé la mort. Mais à différentes reprises, il est parvenu à échapper aux boulets de canon, à la peste puis, devenu chef de l'Etat, à plusieurs tentatives d'assassinat. Véritable enquête à Sainte-Hélène, en plein Atlantique Sud, là où l'Empereur a été retenu captif pendant plus de cinq années à partir de 1815, ce livre rappelle ces moments-clés qui ont rythmé l'existence du plus grand personnage de notre histoire.
    Au moyen de spectaculaires mises en abîme, il permet de suivre les derniers instants de la vie de celui qui est parvenu à écrire sa légende, pour finalement atteindre l'éternité. A 17h49, le 5 mai 1821, moment de sa mort. Une fresque littéraire et flamboyante.

  • L'histoire antique est-elle de l'histoire ancienne ? C'est la question à laquelle un des plus éminents spécialistes de l'antiquité répond dans ce livre. En une succession de courts chapitres, il montre la proximité entre le monde hellénique et romain et le nôtre. A bien des égards, nos problèmes les plus contemporains sont également les leurs. Ecologie, professeurs mal payés, sociétés offshore, Etat providence, ingérence, technocratie, manifestations : ce qui nous apparaît comme " l'enfer " de notre modernité n'est que la répétition de l'Antiquité.
    Ainsi découvrira-t-on que l'inventeur des fake news n'est pas Donald Trump, mais Philippe II de Macédoine ; qu'avant Notre-Dame, un autre lieu de culte périt dans les flammes et provoqua l'émoi, le temple de Delphes ; que bien avant l'ONU, une instance supranationale fut créée, celle de l'Amphictyonie. A la faveur de ces exemples, où anecdotes, curiosités et révélations se succèdent, François Lefèvre montre que des civilisations ne sont pas soeurs pour rien, que notre créativité n'est pas le fait du hasard et que le passé, une fois de plus, éclaire de façon décisive notre présent.

  • Louis XIV domine son époque. Sur le plan international, il étend les frontières du royaume, établit des colonies en Amérique, en Afrique et en Inde, et contribue à faire de son petit-fils le roi d'Espagne. Il est l'un des plus grands mécènes de l'histoire européenne - Molière, Racine, Lully, Le Brun, le Nôtre travaillent pour lui, Versailles et ses satellites à Marly sont jalousés. Partout Louis encourage la danse, la chasse, la musique, la conversation, en particulier avec les femmes, dont le pouvoir est l'un des thèmes les plus originaux de ce livre. Obsédé par les détails du gouvernement, Louis XIV fut un roi politique, même si ses choix de ministres et généraux se sont avérés désastreux, notamment après la mort du très compétent Colbert.

    C'est de cette figure hypnotique bien qu'imparfaite, incarnation idéale du grand monarque, que Philip Mansel brosse le portrait, en s'appuyant sur les toutes dernières recherches tant en France qu'en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il porte une attention particulière à la culture de cour et à la politique étrangère du roi, réintroduisant dans l'histoire européenne puis mondiale un roi de France aux prétentions universelles.

  • Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les Croisades entre dans le récit plus vaste de l'effondrement de l'Empire islamique. La grande offensive des " Francs " en Méditerranée constitue l'une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l'Islam aux XIIe-XIIIe siècles, et menace de l'anéantir. L'autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l'est avec les invasions mongoles.
    Au regard du gouffre de cette apocalypse orientale, les événements de la part occidentale du monde islamique, où s'inscrivent nos Croisades, nous ramènent presque à l'ordinaire des temps. C'est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros, en nous positionnant à Damas ou Bagdad, voire Pekin, et non plus seulement en regardant Jérusalem depuis Rome ou Paris. Ainsi se révèle, dans une perspective mondiale et par un historien nourri de sources aussi bien latines qu'arabes, ce que furent les Croisades, l'empire de l'Islam et la puissance mongole.

  • Jamais encore l'histoire de Rome n'avait été pensée et racontée ainsi, par le recours à la datavisualisation, à l'infographie. Nourri par l'érudition de John Scheid, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et extraordinairement mis en musique par Nicolas Guillerat, ce livre offre à tous les publics, avec des niveaux de lectures adaptés à chacun, une plongée dans la Rome antique, de la naissance de l'Empire aux guerres puniques, du système politique romain à l'économie de l'Urbs. Dans une démarche historienne rigoureuse et en puisant aux meilleures sources internationales, mais avec le souci constant de la clarté, les auteurs proposent un livre unique au monde, aussi important par la masse de données qu'il rassemble que par son exceptionnelle proposition graphique. L'histoire, par l'infographie, se voit ainsi offrir un nouveau mode de narration capable de séduire des lecteurs de tous âges et horizons.

  • De la prise de la Bastille à l'invasion de la convention, en passant par l'attaque de Versailles ou la prise des Tuileries, Antoine Boulant raconte 8 journées qui ont fait la Révolution. Caractérisées par un déroulement similaire - rassemblement puis marche des émeutiers, réaction du pouvoir, attitude des troupes, invasion des lieux de pouvoir, combats, massacres... -, ces journées voient le peuple en armes faire basculer les régimes, les hommes et les hiérarchies.
    En ce sens, elles sont le coeur de la Révolution française, elle-même matrice de bien des épisodes révolutionnaires de l'histoire mondiale. C'est aussi un retour au peuple, acteur toujours cité mais rarement étudié pour son action et son poids. Pour bien comprendre ces moments clés, à travers une narration remarquablement incarnée, l'auteur traite des causes de l'insurrection, du profil des émeutiers, du rôle des politiques ou encore de la réaction de la force armée du pouvoir.
    C'est ainsi le mécanisme de la révolution en marche qu'expose Antoine Boulant, mécanisme dont l'actualité se fait encore l'echo un peu partour dans le monde.

  • Les statues des " grands hommes " sont aujourd'hui au coeur de l'actualité, tant en France qu'aux Etats-Unis ou en Angleterre, par le débat qu'elles soulèvent. La vandalisation de plusieurs dizaines d'entre elles interroge, parfois électrise, nombre de Français. C'est bien la mémoire des peuples qui est en cause, et la perception qu'ils se font de leur pays. Pour mieux comprendre la réalité française, où la question de l'esclavage n'est pas celle de la colonisation, Jacqueline Lalouette, qui travaille depuis 20 ans sur le peuple de statues en France, fait le tour de la question dans cette essai court mais incisif.
    L'objet n'est pas de polémiquer sur des concepts creux, mais bien de donner une réponse historique. Sans juger des motivations et intérêts des différents acteurs, l'auteure donne les clés de compréhension de ce débat passionnant, et passionné, en lui-même révélateur des oppositions mémorielles qui traversent la France. En trois parties, où les hommes et les statues qui les incarnent sont au coeur de la narration, Jacqueline Lalouette s'intéresse ainsi à la question de la mémoire de l'esclavage, puis de la colonisation, en l'inscrivant dans une histoire plus longue que les 5 dernières années.

  • Révolution et religion Nouv.

    La décennie révolutionnaire fut le théâtre d'un conflit politico-religieux passionné dont l'histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, refugiés dans la clandestinité, massacrés, d'églises vandalisées et d'un catholicisme malmené et banni. S'il est impossible de nier ces excès, la question religieuse est bien trop ambiguë pour porter un jugement tranché et hâtif, qui fatalement conduirait au contresens, en amalgamant antireligion et anticléricalisme. En effet, un gouffre opposa frontalement le fanatisme de quelques déchristianisateurs de ceux, majoritaires, qui dénonçaient déjà les conséquences néfastes de l'intrusion du clergé aussi bien dans le domaine public que privé. A dessein, leurs buts, leurs actions n'avaient d'objectif qu'encadrer l'influence et la puissance cléricales. Reste qu'ils furent, plus souvent qu'à leur tour, assimilés à de farouches antireligieux alors que la plupart ne visaient qu'à endiguer le cléricalisme. En un rien de temps, comme un fétu de paille, une partie du clergé et de la société s'enflammèrent, la crise religieuse, devenue un enjeu crucial et dramatique de la Révolution, atteignit un point de non-retour.

  • Au-delà des polémiques, que sait-on vraiment de l'assimilation et de son histoire ? La pratique qui consiste à exiger de l'étranger qu'il devienne un semblable remonte à l'Antiquité, et n'est le privilège ni d'un pays, ni d'une époque. Aucun ouvrage n'avait jusqu'ici proposé une histoire globale de l'assimilation. L'ambition de cette entreprise inédite est de donner un panorama des pratiques d'assimilation à travers l'histoire, de l'Antiquité à nos jours, de l'Europe à l'Amérique, du Japon à l'Arabie, des grands empires aux pays d'immigration.
    Un fait se dégage : même si elle se révèle parfois contraignante, l'assimilation est toujours associée à l'universalisme, tandis que le refus de l'assimilation a souvent partie liée avec le racisme ou la xénophobie. Loin d'être synonyme de repli sur soi, l'assimilation se révèle historiquement le propre des sociétés ouvertes. En creux, ce sont les problématiques de notre époque, marquée par les crises migratoires et la mondialisation, que ce livre cherche à éclairer, en abordant les problématiques de l'étranger et de l'immigration sous un nouveau jour.
    Faut-il chercher à rendre nos sociétés diverses plus homogènes ? Quel type de culture, quel rapport à nous-mêmes et à autrui voulons-nous ? Bref : à Rome, doit-on encore demander de faire comme les Romains ?

  • Si l'histoire de la guerre comme l'approche globale de l'histoire sont dans l'air du temps, jamais n'avait été proposé aux lecteurs français une histoire rassemblant les deux éléments. C'est chose faite avec cette exceptionnelle série de 4 volumes consacrés à toutes les formes de la guerre dans le monde, de la préhistoire à nos jours.
    L'ensemble est dirigé par Hervé Drévillon, appuyé par un directeur pour chaque volume, et rédigé par un collectif de 8 à 10 historiens par volume. La volonté des auteurs est simple : décloisonner les éres civilisationnelles pour penser une histoire embrassant toutes les périodes et tous les continents, en les liant entre eux. Il ne s'agi t donc pas de photographier les différents espaces historiques, mais bien de montrer leurs interactions et leurs influences réciproques, leurs oppositions aussi. Ce tome 1 s'ouvre sur les premières traces de guerre entre groupes humains, pour se prolonger par les espaces gréco-romain, chinois et indien, puis s'achèver sur les conflits médiévaux.

  • Le monde des mythes révèle une pensée intimement articulée au quotidien. Omniprésents à Athènes, ils surgissent dans tous les espaces du paysage grec pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s'ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entrainant une cohorte d'images qui voyage de main en main. Sur les décrets de l'Assemblée du peuple, c'est Athéna qui, en image, fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d'olivier, qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l'effigie d'Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique.

    C'est tout le propos de l'auteur, qui a choisi de retracer une histoire d'Athènes entre mythe et politique, en racontant les discours et les images qui contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.

  • Si l'histoire de la guerre comme l'approche globale de l'histoire sont dans l'air du temps, jamais n'avait été proposée aux lecteurs français une histoire rassemblant les deux éléments. C'est chose faite avec cette exceptionnelle série de 4 volumes consacrés à toutes les formes de la guerre dans le monde, de la préhistoire à nos jours.
    L'ensemble est dirigé par Hervé Drévillon, appuyé par un directeur pour chaque volume, et rédigé par un collectif de 8 à 10 historiens par volume. La volonté des auteurs est simple : décloisonner les ères civilisationnelles pour penser une histoire embrassant toutes les périodes et tous les continents, afin de montrer leurs interactions et leurs influences réciproques, leurs oppositions aussi. Ce second volume débute avec la naissance de la guerre moderne et de la puissance de feu qui lui est associée, pour se conclure sur les guerres nationales au XIX siècle, en passant par la guerre sur mer, la question religieuse ou la guerre à l'âge des révolutions.

  • À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'empire tout entier, enfin pacifié. Le suzerain de la maison Tokugawa sera le troisième des Unificateurs du pays. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. A l'issu de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs et des citadelles est révolu.

  • Le temps des guerres de Religion fut un moment de profond bouleversement : les institutions les plus anciennes vacillaient, les royaumes se disloquaient, l'Église explosait. Dans cet univers chaotique, les apparences trompeuses, les mensonges et les ruses furent souvent nécessaires à la survie. Pour mieux le comprendre, Nicolas Le Roux offre une analyse des tensions qui marquèrent la noblesse française dans le second XVIe siècle. Il examine ainsi, à travers les portraits d'hommes et de femmes de pouvoir - Guy de Lanssac, les Guise, Mme de Montpensier, le duc de Mercoeur et d'autres -, les différentes formes de contestation de la légitimité d'Henri III. L'auteur retrace les étapes de la construction de ces principales forces d'opposition, qu'il s'agisse de la nébuleuse constituée autour du duc d'Anjou ou des associations catholiques radicalement opposées à l'idée qu'un hérétique puisse prétendre à la couronne. À l'issue de ce parcours, c'est bien le fascinant portrait kaléidoscopique d'un royaume en mutation que brosse Nicolas Le Roux, à travers une galerie de personnages captivants et souvent surprenants.

  • Cet essai en quatre actes s'ouvre sur un dialogue entre Achille (la force) et Ulysse (la ruse) en présence d'un Hector (l'humilité) venu en observateur les voir s'invectiver sur les ambivalences de la victoire du Néolithique à nos jours. Que signifie « gagner une guerre » dans l'histoire ? A quand remonte justement la dernière guerre victorieuse ? Les Vietnamiens contre la France et les Etats-Unis entre 1946 et 1975 ? La guerre de l'OTAN contre le Kosovo en 1999 ou encore l'intervention de la France au Mali en 2013 ? En second lieu, Hector et Achille écoutent le stratège Ulysse leur expliquer où se situe la notion de victoire sur la matrice guerre-paix et négociations-conflictualités. Dans un troisième temps, Hector et Ulysse se tournent vers le guerrier Achille, qui revisite nos trois dernières décennies d'hubris et s'explique sur ces impossibles victoires lors des guerres onusiennes ou des interventions humanitaires souvent ratées. Enfin, dernier acte de cet échange, Hector s'adresse pour la première fois à Achille et à Ulysse pour leur démontrer que la plus efficace des manières de « gagner une guerre aujourd'hui » consiste d'abord à renoncer à la puissance et à la ruse ; ensuite à endosser l'éthique d'humilité. Un livre ambitieux au propos fondamentalement original, extrêmement fécond, et appelé à devenir un incontournable des études sur la guerre et la paix.

  • Cette biographie de Machiavel, fondée tant sur les archives que l'ensemble des textes écrits par l'auteur, notamment sa correspondance, fait le récit d'une vie dont la spécificité est qu'elle naît et se développe dans une situation de guerre permanente qui bouleverse l'Italie et Florence. Sans ces « Guerres d'Italie » rien ne se comprend de ce que Machiavel a fait, dit et rédigé. Dans une telle situation, les enjeux et les nécessités de l'écriture et de l'existence s'entrecroisent et se nourrissent l'un l'autre, au-delà des lieux communs et des seuls débats entre spécialistes. L'attention de ce livre à la lettre des textes entend donc faire entendre la voix de Machiavel, dégagée des exégèses, comme des simplifications abusives. Se faisant, tous ces écrits, même les plus célèbres comme Le Prince, redeviennent autant d'éléments d'une expérience de vie et de pensée. En somme, les auteurs, par ailleurs traducteurs de Machiavel, entendent proposer l'histoire d'une oeuvre-vie

  • Guillotiné le 28 juillet 1794 à l'âge de 26 ans, en même temps que Robespierre, Louis-Antoine de Saint-Just a suscité la fascination de tous les historiens de la période révolutionnaire et inspiré de nombreux philosophes, artistes et écrivains. Membre du Comité de salut public, auteur de rapports qui contribuèrent à bouleverser le cours de la Révolution, organisateur de la victoire aux armées, penseur des institutions républicaines et incarnation d'une Terreur fanatique, celui que Michelet surnommait l'Archange de la mort a tout d'un personnage singulier.

    Alors que sa dernière biographie a été publiée voici plus de trente ans, Antoine Boulant s'appuie sur les travaux les plus récents et de nombreuses sources d'archives pour brosser un portrait aussi rigoureux que nuancé de cet acteur flamboyant et de premier plan.

  • À la veille de l'invasion allemande le 22 juin 1941, l'Union soviétique comptait environ 5 millions d'habitants juifs, dont presque 2 millions résidant sur les territoires annexés entre 1939 et 1940. Sur ces 5 millions, à peu près la moitié furent victimes de la politique génocidaire nazie. La plupart d'entre elles furent fusillées au bord de fosses, tandis que d'autres périrent de la faim, du froid, du typhus, dans des ghettos, ou asphyxiées dans des camions à gaz sillonnant les routes de l'Est. De la forêt de Ponary au ravin de Babi Yar, de la plage de Skede à Liepaja aux tranchées antichars de Moguilev, les campagnes soviétiques devinrent un vaste cimetière.

    Ce livre est l'aboutissement de plus de dix années de recherche. La démarche choisie est celle d'une histoire à échelle humaine, dans la mesure où tant d'hommes et de femmes furent impliqués de près ou de loin dans la machine génocidaire, du bourreau à la victime, en passant par les innombrables voisins, situés dans cette zone grise qu'il faut encore préciser tant les comportements furent complexes. C'est une histoire qui s'ancre dans un territoire, dans un quotidien, dans une proximité.

  • « Les empires du futur seront des empires de l'esprit », déclarait Churchill en 1943, imaginant des empires universels vivant dans une harmonie pacifique. En lieu et place, Robert Gildea expose les réalités brutales de la décolonisation et du néo-colonialisme qui ont façonné le monde de l'après-guerre. Plus particulièrement, il montre, avec une érudition communicative et une finesse d'analyse exceptionnelle, sans peur des polémiques, qu'après les espoirs soulevés par la décolonisation française et britannique dans les années 1960, les chaînes du pouvoir économique et militaire sont en réalité très souvent restées entre les mains des anciennes puissances coloniales. Et paradoxalement, plus les empires français et britannique déclinaient, plus se développaient des fantasmes sur les empires, jusqu'à légitimer des interventions en Afghanistan, en Irak et en Syrie. Ces agressions, tout comme la mise en place parallèle des hiérarchies coloniales dans la société métropolitaine, a exclu, aliéné voire radicalisé tant les populations immigrées que locales. Entre-temps, en Angleterre, la nostalgie de l'empire a compromis les relations avec l'Europe et joué un rôle important dans le Brexit.

  • Si les fils de Phillipe le Bel, qui régnèrent de 1305 à 1328, sont bien connus grâce aux livres de Maurice Druon et à la série qui en a été tirée, ce ne sont que des caricatures d'eux-mêmes, écrasés qu'ils sont par la puissance de l'image de leur père. Pour mieux comprendre la vie et la politique des derniers capétiens, et la dynamique qui entraine la fin d'une dynastie qui régna sur la France pendant plus de trois siècles, l'auteure s'emparent de toutes les pièces à disposition de l'historien. Louis X (1305-1316), Philippe V (1316-1322) et Charles IV (1322-1328) apparaissent alors dans toutes leurs nuances. Tous trois font face aux frondes des grands barons, et dans un siècle délicat pour le pouvoir royal, font preuve, sinon de la détermination de fer de leur père, du moins d'un sens politique et d'une vision du royaume qu'il était temps de restituer.

  • Si l'histoire se lit dans les livres, elle peut également se comprendre par les images. Au début du Moyen Âge, en France, l'Église chrétienne utilisa la représentation iconographique pour enseigner à ses fidèles les évangiles et la vie des saints. Le pouvoir royal l'imita. Des artistes y trouvèrent une occasion de se distinguer. Sur la toile, des scènes intimes, où des personnages prennent vie.
    Au début du XIX siècle, le genre faisait toujours fureur. Il est aujourd'hui appelé peinture d'histoire et contribue à la glorification d'un passé que l'on veut commun aux Français. Alors, sans naïveté, laissons-nous aller à la rêverie, amusons-nous à décrypter, par quelques figures emblématiques - Vercingétorix, Clovis, Geneviève, Charlemagne, Saint Louis, Jeanne d'Arc, François I et Henri IV -, un sentiment national qui s'affirme à partir d'une iconographie riche, audacieuse et toujours vivante, puisque exposée dans les lieux les plus fréquentés de France.

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