Perrin

  • Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.

    Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen Age, depuis les invasions barbares jusqu'à la Renaissance. Pour raconter, avec son talent coutumier, le quotidien du peuple comme des grands, Jean Verdon embrasse tous les thèmes.
    L'on découvre ainsi que l'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place significative au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent l'existence d'un art érotique. Les quantités de nourriture et de vin ingérées impressionneraient nos contemporains fervents de diététique, mais des conditions de vie plus dures que de nos jours entraînent une dépense énergétique plus importante. A ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent - les paysans, qui constituent l'essentiel de la population - s'ajoute, avec le développement des villes, le monde des artisans et des marchands. Sur eux tous la religion exerce une forte emprise, elle structure la société. Malgré les " malheurs du temps ", les hommes savent s'amuser, profiter des instants de loisir plus fréquents qu'on ne l'imagine. Ils se déplacent beaucoup, parfois longtemps, des mois, voire des années.
    Un panorama sans équivalent, riche et fascinant.

  • Si les images de la guerre de 1870-1871 sont nombreuses - Napoléon III à Sedan, les barricades de la Commune, la charge des cuirassiers de Reichshoffen -, sa réalité et ses enjeux sont méconnus. Pourtant, les conséquences du premier conflit franco-allemand de l'ère moderne sur l'Europe sont immenses. Citons, à titre d'exemple, le cas de l'Alsace-Lorraine, perdue par la France lors de cette guerre. Elle n'aura de cesse de la réclamer, jusqu'à la Première Guerre Mondiale.
    Pour nous donner à comprendre ce conflit essentiel, Alain Gouttman a ouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie allemande lors des combats, les répercussions de la guerre dans les opinions publiques françaises et allemandes, la Commune de Paris...
    Ainsi se dessine une synthèse appelé a devenir une référence sur le sujet, tant dans la richesse des apports que par les capacités de narration de son auteur.

  • Dans cet essai, Jacques Le Goff veut expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l'économie, la vie et la mentalité médiévales ; et, dans cette société dominée par la religion, comment l'Eglise a considéré et enseigné l'attitude que le chrétien doit observer face à l'argent et l'usage qu'il peut en faire. Il fait voir aussi que si l'argent a joué un rôle important dans l'essor des villes et du commerce et dans la constitution des Etats, le Moyen Age, faute d'un véritable marché global, n'a pas connu ne fût-ce qu'un précapitalisme, même à la fin. C'est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit de quelques réussites remarquables. Au Moyen Age, donner de l'argent est aussi important que d'en gagner. La vraie richesse n'est pas encore celle de ce monde, même si la place de l'argent s'accroît dans les faits et dans les esprits. Une telle mise au point, conçue pour le plus large public, n'existait pas sous cette forme. Elle redresse bien des idées reçues. "Jacques Le Goff est internationalement reconnu comme l'un de nos plus grands médiévistes. Depuis son premier livre publié en 1956," Marchands et Banquiers du Moyen Age, "il n'a cessé d'explorer les mentalités médiévales et en a profondément renouvelé l'histoire. La liste de ses ouvrages, et des distinctions qu'il a reçues, est impressionnante, et son enthousiasme demeure intact."

  • L'histoire des Phéniciens, à la fois explorateurs et commerçants, est peu connue : quel paradoxe pour ce peuple, ingénieux inventeur de l'alphabet, d'avoir transmis aussi peu de traces écrites ! Leur littérature notée sur des papyrus a disparu. Et pourtant cette civilisation a fait rêver ses contemporains, juifs notamment, les a effrayés parfois à l'instar des Romains et des Grecs qui en firent des êtres cruels pratiquant le sacrifice humain.
    Leurs clients sont pharaons, assyriens, et leurs navires sillonnent la Méditerranée chargés de produits de luxe et courants comme du vin, de l'huile, du blé, des minerais..Josette Elayi ressuscite la Phénicie antique, ensevelie sous les villes modernes du Liban et quelques-unes de Syrie et d'Israël. Elle fait revivre cette zone privilégiée de contacts entre l'Orient et l'Occident, ses célèbres comptoirs comme Carthage ou Bizerte et ses cités phares (Byblos, Tyr, Sidon, Arwad et les autres).
    Écrit par la plus grande spécialiste française de l'histoire de la Phénicie, au fait des derniers développements de la recherche, ce livre se lit comme un roman. Pour comprendre la genèse de ce pays, l'auteur commence son récit avant sa fondation, en 1200, pour montrer ce qui s'est joué dans cette région lorsqu'elle était peuplée par les proto-Phéniciens. Le temps de sa splendeur s'écoule sur plusieurs siècles jusqu'en 883 durant lesquels la Phénicie s'épanouit lors d'une exceptionnelle période d'indépendance.
    Puis la Phénicie passera tour à tour sous la domination de l'Empire assyrien de 883 à 610, puis sous la coupe de l'Empire babylonien de 610 à 539 et enfin sous la domination perse de 539 à 332. C'est la date à laquelle on arrête traditionnellement son histoire car elle est conquise par Alexandre de Grand et intégrée dans le monde grec hellénistique.

  • « Les troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs des plus anciennes chansons d'amour composées en langue d'oc, l'une des langues nouvelles qui dans le sud de l'Europe se sont substituées au latin. Leurs poèmes sont si beaux qu'ils ont modelé jusqu'à nos jours les formes et le langage de l'amour.
    « J'ai voulu dans ce livre les faire aimer autant que je les aime, faire sentir tout ce que leurs chansons recèlent de sophistication et de simplicité, de séduction et de profondeur. Comment rendre proche, immédiatement accessible, immédiatement savoureuse, une poésie d'amour vieille de neuf siècles, écrite dans une langue ancienne et à demi étrangère, parfois volontairement obscure et produite par une civilisation désormais si loin de nous ?
    /> « Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour que sa subtilité apparaisse, pour que ses allusions s'éclairent, qu'elle nous enchante et qu'elle vive en nous. » Michel Zink

  • Parue en 1974 aux États-Unis, l'Histoire de la Russie des tsars est d'abord une formidable introduction à l'histoire et à la civilisation russes, écrite de main de maître par un historien connu pour sa prose limpide et son sens du récit. Ses développements sur le poids de l'État, l'apathie de la bourgeoisie, la sujétion de la paysannerie et la radicalisation de l'intelligentsia au XIXe siècle, entre autres, sont de tout premier ordre.
    C'est ensuite un livre à thèse passionnant qui rappelle utilement que le coup d'État bolchevique de 1917 et le régime totalitaire qui en est issu n'ont jamais fait « table rase » du passé, mais au contraire, ont bénéficié d'un terreau idéal - celui de l'autocratie tsariste que Pipes raconte et dissèque dans la lignée de L'Empire des tsars et les Russes de Leroy-Beaulieu et de La Russie en 1839 de Custine. Cette première édition en français, enrichie d'une préface inédite de l'auteur, constitue donc un événement.

  • Étrangement, une profession aussi célèbre et prestigieuse que celle de médecin n'a que rarement fait l'objet d'une synthèse historique allant de l'Antiquité à nos jours. Stanis Perez, l'un des plus grands spécialistes du sujet, retrace ici les principales étapes de l'évolution de l'art de soigner, sinon de guérir, en s'intéressant à ceux qui en ont la mission et qui en ont fait le serment.
    Depuis Hippocrate, le médecin est tantôt loué, tantôt décrié pour son combat victorieux contre la maladie, mais parfois perdu contre la mort. À la fois artisan et artiste de la santé, il s'est métamorphosé avec le christianisme et l'avènement, au Moyen Âge, d'un savoir essentiellement livresque. Qu'il soit alchimiste, bonimenteur ou universitaire, le praticien de l'époque moderne profite des cours princières pour s'imposer peu avant l'émergence révolutionnaire de la clinique. Au XIXe siècle, c'est un réformateur qui consolide son rayonnement social et entend jouer un rôle croissant dans la vie de la cité. ou dans les campagnes reculées. Les lourdes épreuves du XXe siècle, la faillite de l'État providence et la crise contemporaine de la profession, enfin, ont soulevé des débats qui, pour la plupart, sont toujours d'actualité.
    À la fois culturelle, politique et sociale, cette magistrale Histoire des médecins permet de mieux connaître une profession millénaire dont l'importance se rappelle à nous quotidiennement.

  • Il a plusieurs visages, le premier sous la forme de prêts d´argent et de spéculations Existe également un marché très actif de toutes sortes de valeurs mobilières. D´ailleurs, le mot de « bourse » date de cette époque ; c´était le nom d´une famille de Bruges où l´on négociait des parts et titres dont le cours variait chaque jour et que l´on pouvait vendre, acheter ou hypothéquer. Juifs et Lombards ne sont pas les seuls à pratiquer des taux d'intérêts qui tournent autour de 10%, les bourgeois sont bien plus nombreux que les étrangers. On ne les dit pas « prêteurs » ou « usuriers » mais « changeurs ». Signe que le capitalisme sous ces formes est très actif, les interdits de l´Eglise concernant l´usure et les prêts ne sont pas respectés. Leur multiplication est bien la preuve de pratiques de plus en plus communes. Les compagnies marchandes et financières sont très actives : toute affaire de quelque importance a son capital divisé en un grand nombre de parts, de sorte que des particuliers très modestes peuvent y participer. A cet égard, parler d´un « capitalisme populaire » n´est pas exagéré. Quant aux puissants, ce ne sont pas les grands marchands, mais les usuriers. Dans la cité, ils tiennent le haut du pavé et s´imposent en maîtres, les Médicis étant la figure la plus emblématique de ce phénomène.

  • Personne ne s'est jamais réclamé du jansénisme. Le terme est une injure. Il transforme en sectateurs d'un obscur évêque du XVIIe siècle, Jansenius, ceux qui se voient comme les plus fidèles disciples de saint Augustin, les seuls catholiques véritables. Né au temps du baroque, le jansénisme a marqué de son empreinte spirituelle et culturelle le Grand Siècle puis les Lumières. Les engagements religieux, politiques, sociaux des jansénistes ont traversé la révolution et laissé des traces dans les siècles suivants. Dans la mémoire commune cependant, le jansénisme demeure un moment de la culture classique, entre Pascal et Racine. Il renvoie aussi aux religieuses de Port-Royal résistant au nom de leur conscience contre toutes les autorités, de l'Eglise et de l'Etat.
    Aucune autre forme de contestation religieuse, à l'intérieur du catholicisme, n'a eu de telles conséquences ni une pareille postérité. Cette grande synthèse s'attache à en souligner la diversité ; la pluralité est une force qui permet à cette mouvance de renaître après des périodes de persécution. Les débats théologiques, les arguments judiciaires, les condamnations et les procès ne suffisent pas à rendre compte du rayonnement du jansénisme, de sa diffusion dans tous les milieux. En persécutant les vieilles religieuses, en détruisant le monastère, en chassant les morts de leur cimetière, Louis XIV a, bien involontairement, contribué à légitimer leur révolte. Construit sur une surévaluation de temps historiques glorieux, le jansénisme critique le présent et annonce parfois l'avenir avec les armes du passé.

  • Roi très chrétien, revêtu de l´onction du saint chrême, Louis XIV occupe une place unique dans le domaine religieux, celle de médiateur entre Dieu et les sujets qu´il lui a confiés. En témoignent les rituels publics auxquels il s´est astreint toute sa vie, de la nomination aux grandes charges ecclésiastiques jusqu´au toucher des écrouelles en passant par la célébration d´offices religieux soigneusement codifiés et mis en musique. Il suscite ainsi une vénération envers sa personne qui fonde l´enthousiasme politique dont il bénéficie. De là une action religieuse très consciente, jusque dans ses aspects les plus contestables, comme la révocation de l´édit de Nantes et la persécution de Port-Royal.
    Le roi mène aussi une vie chrétienne marquée par les combats intérieurs. Après avoir beaucoup sacrifiéà la galanterie et versé dans l´adultère, sa conversion progressive lui fait épouser Mme de Maintenon et renoncer au péché. Les ultimes épreuves de sa vie et ses derniers instants révèlent un fidèle pleinement résigné et stoïque, soucieux de laisser à la postérité le souvenir d´une mort héroïque et sainte.
    Ainsi se découvre, sous le regard de Dieu et de l´Eglise, la double identité du roi, prodige de gloire et pauvre pécheur.

  • Les croisades ou la mobilisation intense des forces vives de tout l'Occident de 1096 à 1229 pour reconquérir la Terre sainte.
    Une croisade, c'est quelques centaines de " croisés ", des chevaliers, conduisant, encadrant, nourrissant et protégeant une multitude de " pèlerins ", hommes, femmes et enfants. En 1096-1097, ils ont parcouru ensemble plus de mille kilomètres pour atteindre Constantinople et y trouver quelques jours de repos, puis autant en Asie avant de voir les murailles de Jérusalem, plus de trois ans après leur départ, et de s'en emparer comme ils s'emparèrent d'Antioche après un siège de plusieurs mois. Nous n'avons pas assez dit à quel point cette Terre sainte redevenue chrétienne a mobilisé les forces, l'énergie et l'argent de l'Occident. Chaque année, plusieurs flottes de grosses galères et de navires d'Italie, de Provence et de Catalogne apportaient des milliers de pèlerins qui, bien souvent, se battaient aux côtés de chevaliers et des hommes de pied ou aidaient à la construction des châteaux. Trois rois de France, Louis VIII, Philippe Auguste et Saint Louis, ainsi que trois empereurs germaniques, ont abandonné leur pays pendant de longs mois pour apporter aide aux Francs de Terre sainte et tenter de regagner les territoires repris par l'ennemi. Philippe Auguste est demeuré absent du 4 juillet 1090 à fin août 1091 et Saint Louis pendant plus de cinq ans. La reine Marguerite de Provence l'accompagnait ; deux enfants royaux sont nés en Orient et, tout ce temps, le royaume de France fut gouverné par des conseils tenus à Saint-Jean d'Acre. Richard Coeur de Lion fut retenu prisonnier sur le chemin du retour par Léopold d'Autriche pendant près de deux ans et eut bien du mal à reprendre le pouvoir, son frère, Jean sans Terre, refusant de lui laisser une place usurpée en son absence. L'empereur Frédéric Barberousse s'est noyé le 10 juin 1090 en voulant passer à cheval un fleuve dans les montagnes du Taurus, et Frédéric II, vainqueur du sultan Malik al-Kamel, s'est fait couronner roi de Jérusalem le 18 mars 1229.
    C'est cette épopée qui s'est déroulée en six expéditions successives étalées de 1096 à 1229 que nous raconte ce livre.L'auteur, médiéviste reconnu, ne nous livre pas le récit de chaque croisade l'une après l'autre, mais nous offre un tableau embrasant de manière synthétique l'ensemble des faits, de tout ordre, liés aux croisades. Brillant, maîtrisé et toujours original.

  • Les femmes, paraît-il, seraient partout et toujours porteuses d'un pacifisme marqué par une sainte horreur de la violence, tandis que la guerre serait une activité exclusivement masculine. Ce stéréotype a masqué, dans l'histoire du Moyen Âge, la présence de combattantes conscientes et actives. L'enquête débute avec l'apparition des premières cavalières de l'âge féodal et leur participation aux croisades, et se clôt avec la figure de Jeanne d'Arc, à la fois réelle et idéale. Des femmes, aristocrates pour l'essentiel, partagèrent l'idéal chevaleresque de l'époque, organisèrent des tournois, furent intégrées dans les ordres militaires de chevalerie. Dans la littérature, les chevaleresses prennent la forme de « belles guerrières », les Neuf Preuses de la légende. Ces guerrières de fantaisie trouvent un écho dans les authentiques exploits de certaines dames à qui les hommes n'ont guère à remontrer. Ainsi le Moyen Âge n'a pas été aussi « mâle » qu'on l'a pensé.

  • Consacré au conflit le plus emblématique de la rivalité franco-britannique au XVIIIème siècle, l'ouvrage associe l'histoire militaire et diplomatique à une analyse de la culture politique des puissances belligérantes. Son ambition est de montrer que la guerre de Sept Ans, loin de limiter ses effets au bouleversement de l'ordre européen et à la domination maritime et coloniale britannique, s'est également traduite par des mutations politiques capitales en France, en Grande-Bretagne et dans les colonies d'Amérique.
    Après une première partie qui expose les enjeux et les caractéristiques d'un conflit né en Amérique et qui s'est ensuite étendu à l'Europe et au reste du monde, l'étude aborde les premiers mois de la guerre, souvent négligés par l'historiographie, qui voient la France dans une position militaire favorable et l'Angleterre, alors en difficulté sur les champs de bataille, en proie à une grave crise politique. Les premiers revers de l'armée de Louis XV en Allemagne marquent le terme de ce « moment français ». Examinées dans une troisième partie, les victoires britanniques en Amérique (perte du Canada français) et dans le reste du monde sont replacées dans le contexte politique et idéologique qui les a vu naître. L'ouvrage s'attache notamment à décrire la politique de William Pitt, principal responsable de la guerre au sein du Cabinet britannique, et celle de son rival, le duc de Choiseul. L'étude s'achève par une partie qui examine les bouleversements des rapports de force ainsi que les effets de la guerre sur les opinions et la politique des puissances combattantes. Un chapitre aborde un aspect de la guerre peu traité jusqu'alors : l'effort de propagande mené par la France, la Prusse et la Grande-Bretagne.
    Les mutations de la culture politique en Europe et en Amérique du Nord constituent le fil rouge de l'ouvrage. Contestant la position traditionnelle de l'historiographie soutenant que la guerre de Sept Ans n'aurait suscité que de l'indifférence, l'ouvrage s'attache à décrire la vague de patriotisme qui se développe en France et d'en souligner les enjeux fondamentaux. À la fin de la guerre, un patriotisme de type radicalement nouveau, mobilisant des Français qui ne se considèrent plus simplement comme les sujets du roi, mais comme des citoyens, a vu le jour. La monarchie, défaite, ne s'en relèvera. C'est le commencement de la fin pour l'Ancien-régime.

  • Alors que le Grand Louvre, créé il y a vingt-cinq ans, attire aujourd´hui 8 millions de visiteurs par an, voit ses collections s´enrichir constamment par achats et donations (création d´une salle Islam en 2012) et connaît un rayonnement international remarquable (installation d´une succursale à Abou Dhabi), il était temps de lui consacrer une histoire digne de son nom. Histoire architecturale depuis Philippe Auguste, dont le château ressuscité est une impressionnante découverte ; histoire décorative témoins des différentes étapes du palais et qui se complète aujourd´hui par l´appel à des artistes contemporains ; histoire politique des événements survenus dans ces murs, révolutions, assassinats ou triomphes ; histoire des collections retraçant l´afflux au fil des ans, depuis cinq siècles, de centaines de milliers de chefs-d´oeuvre, de l´Egypte aux grands maîtres de la peinture.

  • L'histoire d'une capitale depuis sa naissance au Moyen Age jusqu'à nos jours.

    Mayrit, la « mère des eaux », fut fondée par les musulmans et ne devint chrétienne qu'à la fin du XIe siècle. En 1561, Philippe II décide d'en faire la capitale aux dépens de villes plus importantes. Madrid devient alors l'emblème du Siècle d'or et se couvre de monuments. C'est à ce moment qu'elle entre dans l'histoire. En 1701, elle accepte un Bourbon venu de France, Philippe V, petit-fils de Louis XIV, pour succéder à Charles II, dernier Habsbourg mort sans héritier. En 1808, les Madrilènes déclenchent une insurrection contre l'occupant français. Ils récidivent en 1936 en faisant échec au coup d'Etat des généraux. Après la dictature de Franco, Madrid exprimera sa reconnaissance à son roi Juan Carlos pour avoir su faire entrer l'Espagne dans l'ère d'une démocratie moderne et apaisée.
    Avec le talent qu'on lui connaît, Bartolomé Bennassar raconte la grande histoire de cette métropole au passé riche et fascinant.

  • La première histoire globale des juifs, des origines à nos jours.
    Voici un peuple dont le passé et le présent se confondent avec ceux de l'humanité tout entière, enjambant les siècles, les continents et les civilisations, depuis l'Egypte des pharaons jusqu'à la Russie soviétique, en passant par le monde gréco-romain, l'Europe chrétienne, l'Orient musulman, les Grandes Découvertes, la Révolution française, la Première Guerre mondiale, la Shoah et la naissance de l'Etat d'Israël.
    Précis et rigoureux, Michel Abitbol retrace cette longue aventure où s'entremêlent événements tragiques et développements heureux, courants religieux, littéraires et politiques, animés par de grandes figures qui ont marqué leur temps. L'auteur nous donne ainsi de précieuses clés pour mieux appréhender l'histoire bien souvent méconnue de ce « peuple-monde ».

  • La campagne de France ne dura que deux mois, du 25 janvier au 30 mars 1814, et se déroula dans un vaste quadrilatère devant Paris, entre Oise, Marne, Aube et Seine. Elle fut pourtant fatale à Napoléon qui, au bout du compte, abdiqua à Fontainebleau le 6 avril. Bien que réduit à des forces dix fois inférieures à celles des coalisés - Autrichiens, Britanniques, Prussiens, Russes et Suédois -, Napoléon use de tout son talent stratégique pour mettre en difficulté l'invasion. Les victoires de Montmirail, Champaubert, Montereau, Reims sont émaillées d'actes de bravoure et de sacrifices hors du commun.
    Au-delà du récit de ces épisodes de guerre, l'auteur s'attache à développer les enjeux politiques et diplomatiques de cette ultime campagne de l'Empire français. La parole est également donnée à une douzaine de grands témoins ou d'acteurs majeurs qui relatent leur expérience vécue. Un livre vif et pénétrant.

  • Cent trente-quatre ans avant les Etats-Unis, un siècle et demi avant la France, l'Angleterre accomplit sa révolution religieuse, politique, sociale. A mi-chemin entre la Renaissance et l'âge industriel, cet événement fut de toute première importance pour l'histoire des mondes modernes, en facilitant l'accouchement d'une société caractérisée par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire, son attachement irrévocable à la propriété privée et ses profondes réticences face aux prélèvements fiscaux.
    Dès les premières années du XVIIe siècle, les frémissements de ce changement se firent sentir, et le mouvement s'amplifia avec l'avènement de Charles Ier en 1625, son exécution en 1649, le protectorat de Cromwell et, en 1660, la restauration des Stuarts dans une Grande-Bretagne profondément transformée par la conquête, encore provisoire, de l'Ecosse et de l'Irlande.
    Par son insistance sur la durée, cette approche originale renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Elle permet ainsi de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.

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