Religion & Esotérisme

  • La religion - on l'oublie souvent - structure la vie des hommes du Moyen Age. Les dogmes qui régissent la foi chrétienne ont été essentiellement définis lors du concile de Nicée en 325. Certes des pratiques païennes ont subsisté, mais elles ont diminué au cours des siècles. Et l'Eglise a su en assimiler certaines en christianisant d'anciennes fêtes.
    L'auteur a choisi de suivre ce chrétien tout au long de sa vie, du baptême qui le lave du péché originel à la mort qui l'introduit dans l'au-delà, où il obtiendra récompense ou châtiment. Après son baptême, il reçoit une éducation religieuse, notamment auprès de sa mère, puis au fil des ans, satisfait à des pratiques collectives, par exemple l'assistance à la messe, ou individuelles, comme la réception des sacrements de l'eucharistie, de la pénitence, du mariage. Il doit respecter une morale en particulier dans les domaines de la sexualité, de l'argent ou du comportement : ne pas s'adonner à la violence.
    Si les dogmes, vérités à croire car elles sont révélées, ne changent pas, les pratiques ou certaines croyances peuvent connaître des transformations. Le baptême par immersion fait place au baptême par aspersion. Le purgatoire, esquissé par saint Augustin, naît véritablement au XIIe siècle. Les limbes apparaissent vers la même époque pour les enfants morts sans baptême, qui n'ont pas mérité des châtiments éternels. La naissance du purgatoire a entraîné une inflation des messes en faveur des défunts, car elles permettent de raccourcir le temps passé en ce lieu, d'où la floraison des indulgences.
    Moins libres que nous d'exprimer leurs doutes sur le plan religieux, plus sensibles aux pratiques et aux rites (reliques, miracles), les chrétiens du Moyen Age sont bien souvent écartelés entre les tentations de ce monde durant leur existence et la crainte du châtiment divin au moment de leur mort.
    Une synthèse limpide par un spécialiste incontesté.

  • Si l'ordre religieux militaire des chevaliers teutoniques est né en terre sainte, c'est en Europe septentrionale et aux marches de l'est qu'il a bâti sa gloire et sa légende.
    Dès le début du XIIIe siècle, l'ordre fut appelé à combattre les tribus slaves. Frédéric II de Hohenstaufen lui donna tous les privilèges des princes d'empire et les teutoniques se virent investis d'une double mission : la conversion des païens des régions baltiques et leur colonisation. dès lors, les chevaliers teutoniques allèrent de conquête en conquête, créant un véritable empire monastique, mais aussi politique et commercial.
    Cet impérialisme dressa contre eux la Pologne et la Lituanie qui, unies sous le sceptre des jagellon, leur infligèrent la fameuse défaite de Tannenberg (1410), point de départ du déclin et de l'éclatement de l'ordre. On a fait des Teutoniques, fondateurs de la Prusse, les ancêtres du militarisme prussien et les nazis ont cherché à les " récupérer ". Henry Bogdan n'a voulu se fonder que sur des faits établis et aboutit à une réalité bien éloignée de cette caricature.

  • Comment le monde romain est-il passé du paganisme au christianisme ? Cette mutation a-t-elle été aussi complète et profonde que l'a prétendu le christianisme victorieux ? Pour répondre à ces deux questions, Ramsay MacMullen se livre d'abord à un examen critique des sources pour ensuite montrer les oppositions qu'a soulevées le christianisme, les obstacles rencontrés par les chrétiens et aussi ce qu'ils ont dû concéder.
    Ainsi, à partir de l'empereur Constantin (mort en 337), les chrétiens ont-ils usé de la persécution (depuis les lois impériales à la terreur que faisaient régner les moines dans les campagnes) pour éradiquer le paganisme. Sous le règne de Dioclétien, la connaissance scientifique et rationnelle est progressivement remplacée par la superstition et les dogmes chrétiens au sein même d'une élite entièrement renouvelée, choisie parmi des paysans ou d'anciens soldats sans formation intellectuelle.
    L'auteur examine enfin comment le christianisme n'a d'autre choix que de tolérer le culte des saints et des martyrs, afin de se faire plus aisément accepter par des populations qui vénérant des dieux mineurs.

  • Jean sans terre

    Frédérique Lachaud

    • Perrin
    • 20 Septembre 2018

    Traître à son frère Richard Coeur de Lion, responsable de la disparition de son neveu Arthur de Bretagne, combattant incapable qui ne sut pas défendre la Normandie et d'autres terres des Plantagenêts dans le royaume de France, gouvernant tyrannique à qui les barons anglais arrachèrent les concessions mises en forme dans la Grande Charte, Jean sans Terre n'a pas bonne presse. Et s'il occupe une place centrale dans la tradition littéraire, la filmographie et les études historiques, c'est sous la figure d'un prince lâche et cruel. Cette biographie, qui n'est pas une tentative de réhabilitation, a pour objet de mieux faire comprendre les grands enjeux auxquels ce roi malheureux, qui n'était sans doute pas destiné à monter sur le trône, se trouva confronté, dans une période de transformation des équilibres politiques et diplomatiques d'une partie de l'Occident.
    L'ouvrage reconstitue la jeunesse et la formation de Jean, sa tentative de prise de pouvoir pendant la captivité de Richard, puis son accession difficile au gouvernement du patrimoine dynastique en France comme au royaume d'Angleterre. La perte de la Normandie, combinée aux effets de la dispute avec la papauté autour de l'élection d'Étienne Langton à l'archevêché de Cantorbéry, conduisit à la désagrégation progressive du pouvoir du roi dans son royaume. Aux complots contre lui succéda bientôt un mouvement baronnial inédit. Après une phase de guerre civile ouverte où Jean dut faire face à un nouveau rival pour le trône dans la personne de Louis, le fils de Philippe Auguste, ce fut peut-être la disparition brutale du roi qui sauva la dynastie et permit l'accession de son jeune fils Henri sur le trône.

  • Qui était exactement Marie-Madeleine ?
    Quelle fut la nature de ses relations avec Jésus ?
    Y a-t-il eu une ou trois Marie-Madeleine ?
    Depuis vingt siècles, ces questions ont alimenté les controverses religieuses, ésotériques, et même fourni l'alibi romanesque du célèbre Code Da Vinci. A partir des sources fiables ? le Nouveau Testament, les évangiles apocryphes et les documents médiévaux ? Roland Hureaux décrypte l'énigme Marie-Madeleine.

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