Pu De Paris-sorbonne

  • Qu'est devenu aujourd'hui le "métier d'historien" dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d'une expérience individuelle, ce livre s'interroge sur le travail de l'histoire, entendu dans un double sens. C'est d'abord le travail sur l'histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques.

    Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l'enseignement de l'histoire ? Pourquoi participer à l'évaluation ou à l'administration au sein des institutions universitaires ? Qu'implique le fait d'intervenir dans la sphère publique ?

    Ces questions font le quotidien de l'historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques.

    Mais, en filigrane, le travail de l'histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l'histoire au travail.

    Non seulement l'histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.

  • Les sociétés médiévales accordent une grande importance à la culture de l'obéissance, au respect de la tradition et au principe hiérarchique. Mais elles sont aussi régulièrement secouées par toutes sortes de rébellions, de dissidences ou de révoltes, voire par de véritables révolutions. Ces différentes figures de la contestation ont constitué un domaine de recherche majeur dans les années 1960-1970, porté par les vents de l'époque, avant d'être délaissés ou traités de façon plus parcellaire. À l'heure où les nouvelles recherches sur l'hérésie revisitent les rapports entre désobéissance et rébellion, où l'histoire intellectuelle réexamine la destinée de figures contestataires et où les grandes révoltes paysannes, urbaines ou nobiliaires suscitent un net regain d'intérêt, il convenait de rouvrir le dossier, sans nécessairement évoquer l'anniversaire de la Jacquerie paysanne de 1358, ni l'actualité brûlante du mouvement des « gilets jaunes ». C'est ce qu'a entrepris le XLIXe Congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public, réuni à Rennes en 2018. Les études rassemblées dans ce volume explorent ainsi tour à tour la manière dont les sociétés latines, byzantines ou musulmanes du Moyen Âge ont dit et défini les contestations, les motifs variés qui animaient dissidents ou révoltés, et les formes que prit la remise en cause de l'ordre établi, avant de s'interroger sur la fin des contestations et leurs effets par-delà leur dénouement souvent tragique et leur mémoire dissonante.

  • C'est un parcours sur les sentiers du temps que ce livre propose, d'une plume vive et engagée. A la rencontre de quelques spectres, des fragments d'un passé personnel, intime parfois même, s'imbriquent dans le récit historien taraudé de questions. Quel est le rapport au temps selon les sociétés ? Quels liens l'histoire peut-elle nouer avec la psychanalyse ? L'écriture de l'histoire peut-elle être neutre - et doit-elle l'être ? Quelle part y occupent les émotions et l'intensité des sensibilités ? Ces pages vagabondent aussi parmi des romans, pour agripper en eux la matière du temps, robuste, charnelle, étourdissante.

    Les morts reviennent ici à la vie : car l'histoire est peuplée de fantômes qui viennent nous visiter sans toujours nous hanter. L'ouvrage part à la recherche d'un temps ravivé où surgit l'intensité historique celle de l'événement en particulier. C'est l'occasion d'explorer les rapports de générations, leurs conflits et plus encore leurs solidarités, dans une écriture au présent, où l'on pense possible d'abolir l'imparfait : les temps grammaticaux expriment tant de choses sur nos sociétés, leurs conceptions de l'avenir comme celles du passé. Le livre s'aventure pour finir sur quelques chemins d'espoir ouvrant sur d'autres temps, des futurs imaginés mais non pas imaginaires pour autant : afin que vienne enfin un temps dont on s'éprenne.

  • Depuis les travaux menés à l'époque coloniale, Tlemcen (Algérie) n'a plus été prise comme objet d'étude à part entière, l'historiographie ayant privilégié l'histoire politique et évènementielle à l'échelle d'un royaume. Cet ouvrage replace la ville au coeur de la réflexion pour interroger les modalités de son affirmation en tant que capitale de la dynastie abdelwadide à partir VIIe/XIIIe siècle, en l'envisageant d'abord comme une construction sociale.
    L'affirmation de ce statut est ainsi le résultat de stratégies discursives déployées par le pouvoir abdelwadide mais aussi mérinide, puis partagées, diffusées et réappropriées au-delà du Maghreb. Ce sont ainsi de nouvelles catégories qui émergent et participent de la recomposition des représentations spatiales à l'époque post-almohade. Mais ce sont aussi les pratiques de l'espace mises en oeuvres par divers acteurs, pouvoirs sultaniens, saints et savants, qui contribuent à faire de Tlemcen une capitale et qui favorisent son affirmation à l'échelle régionale, ainsi que son insertion dans les réseaux méditerranéens et transsahariens.
    A travers l'étude de la construction matérielle et symbolique de Tlemcen comme capitale de la dynastie abdelwadide, cet ouvrage revisite l'histoire du Maghreb central et d'un pouvoir abdelwadide trop souvent considéré comme instable et soumis à ses concurrents mérinides et hafsides, pour donner à voir les dynamiques qui l'animent et les interactions dont il se nourrit.

  • En 1913, à l'issue des guerres balkaniques, le consulat de France à Salonique sort de la juridiction de l'ambassade de France à Constantinople, dont il dépendait depuis sa création en 1686. S'il est désormais rattaché à la Légation de France à Athènes, sa circonscription est, elle, éclatée entre plusieurs entités étatiques et nationales : Grèce, Serbie ou encore Bulgarie.

    Cette double mutation, territoriale et administrative, n'est pourtant que le résultat tangible de 150 ans de profonds bouleversements constitutifs de la fameuse question d'Orient, qui ont transformé tant l'Empire ottoman, notamment dans sa partie balkanique, que le poste d'observation avancé de la diplomatie française que représente l'institution consulaire de Salonique. L'étude du consulat sur le temps long, véritable fil conducteur du livre, permet de saisir l'ensemble des temporalités diverses - locale, nationale, ottomane, française, méditerranéenne, européenne, internationale - dans lesquelles l'institution consulaire s'inscrit, de réfléchir aux ruptures, adaptations et autres contretemps et, sans toutefois les hiérarchiser, de souligner les décalages entre la théorie, les discours et les réalités de l'action consulaire.

    Tour à tour objet d'histoire humaine et urbaine, d'histoire politique, diplomatique et économique, d'histoire institutionnelle et administrative, le consulat, en interaction aussi bien qu'en représentation à différentes échelles, est réfléchi au miroir de lui-même.

  • Depuis le lancement de sa politique d'ouverture économique (le Dôi môi en 1986), le Viêt Nam s'est profondément transformé et n'a plus grand-chose à voir avec les clichés formés autour du mythe de l'Indochine coloniale qui continuent de lui coller à la peau en France. Après une brève tentative de retour dans les années 1990, l'influence de la France a fortement diminué dans ce pays. Pourtant le Viêt Nam continue d'attirer des candidats fascinés par l'émergence économique de cette région d'Asie... et par le romantisme trompeur des clichés indochinois. Très ancré dans sa région depuis vingt ans, émancipé de ses alliés et ennemis d'hier (la France, la Russie ou les États-Unis), dépendant de ses grands voisins et perméable aux idéologies occidentales, le Viêt Nam poursuit sa recherche de l'équilibre entre la Chine et l'Occident pour mieux préserver ses intérêts nationaux.

    Cette histoire du Viêt Nam, écrite à plusieurs mains, renouvelle profondément notre regard du pays. Cette riche synthèse - qui mêle l'étude historique, politique, économique à celles des sociétés et des cultures et s'appuie sur des sources vietnamiennes -, nous fait redécouvrir une puissance émergente, une nation dynamique au centre des enjeux stratégiques contemporains en Asie, tout en insistant sur la nouvelle identité asiatique d'un pays que l'on a longtemps cru si bien connaître.

  • Au milieu des années 1880, les marges septentrionales de la péninsule Indochinoise sont soumises à une double conquête coloniale, celle de l'Annam et du Tonkin par les Français, et celle de la Haute-Birmanie par les Britanniques. Aux explorations fluviales s'ajoutent la délimitation des frontières et la cartographie régulière des territoires sous l'égide des différents services géographiques. Diplomates chinois, siamois et européens négocient dans les capitales et dans les montagnes, sous la tente. Topographes européens et indiens arpentent les routes et les sentiers pour lever les itinéraires et mesurer l'espace. Ils s'enquièrent auprès des habitants du juste toponyme, collectent et font traduire des cartes autochtones, interrogent leurs guides, les chefs locaux et les marchands venus de Chine.

    Ce livre retrace les politiques institutionnelles, les pratiques de terrain et les constructions territoriales qui en découlent. Par une étude croisée de la cartographie dans ces espaces, il met en lumière le statut central d'un territoire spatialement périphérique, à propos duquel on a pu parler d'une "géographie de l'ignorance". À rebours de quelques idées reçues, il montre que les cartes ont un pouvoir limité, même en contexte colonial, si l'on accepte de dépasser les discours pour observer les modalités de leur production et leurs différents usages.

  • Cet ouvrage propose une série d'études fondées sur des travaux de jeunes chercheurs éclairant la façon dont l'essor de l'écrit documentaire au cours d'un long XIIIe siècle a transformé en profondeur les pratiques administratives des sociétés médiévales occidentales. De la Sainte-Trinité de Caen au Mont-Cassin, de Paris au Midi toulousain, ces textes interrogent la façon dont l'écrit administratif est produit, utilisé, archivé. Écrire, est d'abord une façon d'appréhender le territoire, par l'inventaire des ressources d'une institution, par l'enquête, par l'enregistrement d'actes, renvoyant aux préoccupations propres au contrôle d'un espace éclaté, ou dans l'affirmation d'une personnalité institutionnelle. Les formes prises par ces documents administratifs et leur place dans les processus de gouvernement dépendent des hommes qui en gouvernent la genèse, de leur conception à leur rédaction, que ces dynamiques soient collectives, comme dans l'administration du comte de Toulouse, ou individuelles, comme dans la pratique toute personnelle de l'artisan Jean Teisseire. L'objet-document ainsi produit résulte d'une stratification de pratiques évoluant dans le temps, que seule une étude codicologique minutieuse et rigoureuse peut restituer, comme dans le cas du livre-outil de Saint-Martin de Pontoise. Enfin, la dimension archivistique de l'écrit apporte un recul sur la constitution de mémoires documentaires indissociables de certaines transformations sociales de la fin du Moyen Âge. L'étude des cartulaires de Notre-Dame de Paris et des regards croisés sur la documentation de la Sainte-Chapelle, par exemple, viennent ainsi compléter notre compréhension des mécanismes d'archivage et de la fonction des archives au sein des institutions.

    Les auteurs :

    Anne-Laure Alard-Bonhoure, Christophe Boucheron, Gael Chenard, Harmony Dewez, Charlotte Fain, Catherine Letouzey-Réty, Mélanie Morestin-Dubois, Vianney Petit, Gabriel Poisson, Alisée Rosa, Albane Schrimpf-Patey, Lucie Tryoen.

  • Comment reconnaître une information véridique ? Dans un monde bercé par la litanie des fake news, la question est d'une actualité cruciale. Comment croire autrui, sur quels critères accepter ou réfuter les nouvelles transmises, comment être cru ? Ces questions étaient aussi pertinentes dans l'Athènes classique qu'elles le sont aujourd'hui avec les réseaux sociaux. Dans les plaidoiries du ive siècle avant J.-C. conservées grâce à la transmission manuscrite, les plaignants répètent en effet sans cesse à leur auditoire qu'ils « disent vrai ».
    Les chercheurs ont cherché depuis longtemps à déterminer si c'était bien le cas, en croisant les événements décrits avec les faits attestés par ailleurs. Ce livre, en interrogeant les mécanismes employés pour rendre vrai un discours, adopte une approche radicalement différente. En situant la fabrique de la vérité du côté de l'énoncé du discours, l'ouvrage déploie pour le lecteur l'éventail des preuves auquel les plaignants avaient recours lors de leur intervention au tribunal, appelé le dispositif de vérité. Au centre de ce dispositif émerge une figure majeure, celle du témoin.
    La place faite aux déposants dans l'enceinte judiciaire ne va pas de soi, pas plus que les gestes attendus d'eux au moment de leur témoignage. Les dimensions orales et écrites des dépositions testimoniales sont alors soigneusement articulées. La valorisation de la parole des témoins varie en fonction de leur sexe et de leur statut, qu'ils soient libres ou non. Les individus qui montent à la tribune sont tenus responsables de leur parole selon des principes qui nouent étroitement le droit et la religion, le regard des juges et celui des dieux. Témoigner et convaincre sont des actes qui s'insèrent par conséquent dans un dispositif de vérité contraignant. Les Anciens étaient soucieux, à leur manière, de placer leurs discours sous le signe de la vérité.

  • « Je suis convaincu que les lecteurs de mon ego-histoire attendent de ma part le récit d'un retour au pays, la rassurante trajectoire d'un fils d'immigrés espagnols devenu un médiéviste français de l'Espagne. Pourquoi pas. Mais les chemins du retour ne sont pas toujours les plus droits, et ramènent-ils toujours au point de départ attendu ? ». Loin de proposer l'histoire linéaire de sa trajectoire, François Foronda la soumet ici à un exercice d'auto-analyse, en historien, sur la base de ses archives personnelles. Mais davantage que des retours, cet exercice le conduit à réaliser un voyage fait d'un constant va et vient : entre quatre lieux de mémoire, entre deux pays, entre le passé et le présent, entre la vie académique et la vie personnelle, que l'auteur tient au fond pour une vie également majuscule. Et une forme de réconciliation libératrice se fait jour au bout de ce voyage, pratiquement circulaire, dans l'arrière pays retrouvé de la vocation historienne de l'auteur.

  • Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'État du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).
    Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État : la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État : la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l'Occident latin, clé de l'essor des États modernes européens.

  • Connaît-on vraiment la manière dont notre modernité a fait l'expérience de son milieu, la manière dont elle l'a pensé comme problème politique, scientifique et philosophique ? L'histoire de la question environnementale, souvent élaborée à partir de la tradition darwinienne et de l'écologie politique, semble en effet négliger toute une tradition réflexive sur les milieux de vie, pourtant centrale pour les sciences sociales naissantes dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. En poursuivant les travaux de Georges Canguilhem et de Michel Foucault, en explorant notamment cette science des milieux que le médecin Bertillon nommait "mésologie" dans les années 1860, cet ouvrage dresse l'histoire d'une rationalité "mésopolitique" : un ensemble de connaissances et de techniques qui visent à altérer, améliorer ou transformer les humains par l'aménagement de leur milieu de vie.

    Au croisement de plusieurs domaines de savoir (géographie, histoire naturelle, médecine, biologie lamarckienne, sociologie comtienne et durkheimienne) et de pratiques de gouvernement (urbanisme, criminologie), on assiste ainsi à l'émergence du "milieu" dans une problématisation à la fois scientifique et politique. Il en découle une histoire alternative et critique de la question environnementale, de cette "mésopolitique" qui pose aujourd'hui encore le problème de l'autonomie des populations gouvernées et des milieux dégradés.

  • À l'heure du réchauffement climatique, des catastrophes nucléaires et de la recherche des moyens de "décarboner" nos économies, personne ne doute plus que les questions énergétiques soient cruciales pour nos sociétés. L'idée que leur étude puisse concerner les sciences humaines et sociales est en revanche beaucoup moins consensuelle. L'énergie est pourtant une question éminemment sociale. Ce qui pose problème, en effet, n'est pas tant la quantité d'énergie à notre disposition (le soleil nous en procure bien plus que nous n'en utilisons) que la façon de la mobiliser et de la partager, questions sociales par excellence.

    L'évolution du rapport de l'humanité à l'énergie ne saurait se réduire à un récit linéaire des innovations techniques qui ont permis d'exploiter telle ou telle ressource ou de mettre en oeuvre tel ou tel convertisseur plus efficace que ceux dont on disposait auparavant. Un système énergétique est toujours sous-tendu par des structures et des choix politiques, économiques, sociaux. Pour comprendre la façon dont les sociétés industrialisées sont arrivées au régime énergétique dont elles prétendent - dans le meilleur des cas - vouloir sortir, il nous faut comprendre comment elles y sont entrées et, pour cela, étudier l'histoire du rapport des sociétés à l'énergie dans le temps. C'est cette histoire qu'explorent les vingt-trois contributions réunies ici. Elles s'efforcent de montrer les enjeux de la mobilisation et de la dépense énergétiques, les intérêts qui les sous-tendent, les acteurs qui ont bénéficié des choix effectués et ceux qui en ont pâti, l'influence de ces choix sur la santé, l'environnement, les modes de vie. La complexité des systèmes et des transitions énergétiques se révèle au fil de ces analyses, de l'Écosse médiévale au Cameroun contemporain en passant par l'Espagne du premier XXe siècle.

  • Vivre la steppe Qdeir, un campement néolithique en Syrie Cet ouvrage nous révèle la steppe syrienne, territoire des nomades. Frappé à la fois par la désertification récente de la région et par les similitudes que lui révèlent les ouvriers de la fouille entre le campement préhistorique de Qdeir et le village actuel, l'auteur nous livre les résultats d'une enquête surprenante où les traces les plus ténues du passé rejoignent les modes de vie d'aujourd'hui.

  • Définir toujours plus finement les contours des sociétés médiévales et les hiérarchies qui les traversent, mettre en lumière leurs stratégies économiques, scripturaires et politiques en valorisant l'agency des individus, tels sont les champs embrassés par François Menant ces quarante dernières années. Le crédit, les conjonctures de crise et les réponses qu'y apportent les sociétés urbaines et rurales, leur litteracy et leur communication politique sont autant de thèmes sur lesquels cet ouvrage a l'ambition d'offrir un panorama actualisé.

    Couvrant un large arc chronologique, du haut Moyen Âge à la Renaissance, dans un espace européen généralement orienté autour de la Méditerranée, ce livre collectif a également vocation à retracer les vastes réseaux scientifiques internationaux tissés par François Menant au cours de sa carrière : anciens élèves de l'Ecole normale supérieure de Paris, maîtres de conférence, professeurs des universités, venus de France, d'Europe ou des Amériques offrent ainsi un instantané de la recherche en histoire économique et sociale actuelle. De l'individu au groupe, de la figure de l'entrepreneur médiéval aux élites rurales, de François Menant à ses élèves et à ses collègues, tel est le chemin que permettra de parcourir cette étude.

  • Ce volume est le second d'une série d'ouvrages portant sur "Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)", visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source "normative" mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu.

    Cet ouvrage, plus spécifiquement, se donne pour but de replacer la matière statutaire de l'Italie (Sienne, Ferrare, Gênes, Rimini, Milan, Orvieto, Pérouse, Todi, Pise, Lucques, la Sicile et Candie vénitienne) et du Midi de la France (Agen, Marseille, Avignon, Rodez et Comtat Venaissin) au sein d'un ensemble de documents produits par les autorités communales, par d'autres institutions présentes dans la commune ou par une autorité supérieure (seigneur laïc ou ecclésiastique, prince, roi ou pape) exerçant son dominium. Il s'agit donc d'éclairer le statut dans son paysage documentaire pour mesurer les circulations documentaires en repérant et en analysant tous les points de contact entre les statuts et les autres documents.

    Du niveau le plus haut ou le plus large (comtal, provincial ou royal) au plus restreint (groupements professionnels) en passant par l'échelon communal, les différentes strates normatives se superposent et se complètent mais peuvent également entrer en concurrence, nous dévoiler des tensions entre les divers niveaux de réglementation, chacun de ceux-ci espérant marquer son emprise, dominer un espace ou un secteur d'activité. Statuer peut, en ce sens, apparaître comme un enjeu social de toute première importance.

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