Pu De Paris-sorbonne

  • L'émeri, le (...) grec, est une roche abrasive par excellence. D'après les sources écrites, il est exploité aux époques archaïque et classique. Ce livre, s'intéressant au monde égéen du Néolithique et de l'âge du Bronze (VIe-IIe millénaires av. J.-C.), tente de retracer les origines de cette exploitation et d'en éclairer les modalités. Ce travail propose un outil méthodologique adapté pour l'étude de ce matériel fondé sur une documentation variée et une approche pluridisciplinaire. Une analyse géologique et pétrographique a permis de définir la matière désignée dans la littérature sous le terme "émeri". Celui-ci s'avère concerner une grande gamme de roches, les métabauxites (diasporites et émeris) et autres roches à corindon. Les propriétés mécaniques de ces roches et les critères de leur identification sont examinés.

    Une étude des gisements connus a permis d'éclairer les modalités d'approvisionnement et d'évaluer la possibilité d'établir des critères de détermination de la provenance géographique. Une étude technomorphologique des outils en métabauxites couplée à des expérimentations et des analyses tribologiques des surfaces a mis en évidence une grande variabilité typologique et fonctionnelle, et a montré le lien entre le type de la matière première et l'utilisation des outils. Des variations géographiques et chronologiques ont été cernées, notamment une mise en valeur de la qualité abrasive des émeris, ainsi que leur diffusion à plus grande échelle à partir du Bronze Récent.

  • Pourquoi détourner un objet de sa fonction initiale ? Comment valoriser des déchets inutiles ? Pour quelles raisons transformer des thermes en nécropole, un habitat en église paléochrétienne, un sanctuaire païen en carrière de pierre ? Telles sont quelques-unes des questions posées dans cet ouvrage collectif, publié en hommage à Françoise Dumasy, professeur émérite d'archéologie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

    Destruction, remploi, recyclage et reconversion sont les mots clés des travaux présentés ici par dix auteurs qui, pour la plupart, ont participé aux journées d'études sur ces thèmes dans le cadre du groupe "Mondes antiques et médiévaux" de l'HiCSA.

    La première partie de l'ouvrage aborde la métamorphose des objets, à partir de trois cas d'étude : la tuile, l'amphore et la scorie. Dans la deuxième partie est examinée la métamorphose des lieux, à l'échelle d'une villa, d'un quartier ou d'une agglomération antiques, dont les évolutions sont suivies jusqu'au Moyen Age. Une place de choix est faite à la Gaule romaine, mais d'autres zones sont abordées dans l'Occident romain, en passant par la vallée du Jourdain. Qu'elles relèvent de choix techniques, logistiques, économiques ou sociétaux, ces mutations illustrent bien les savoir-faire, les capacités d'adaptation et les mentalités des constructeurs de ces périodes.

    Ont contribué à cet ouvrage : Taisir Al Halabi, Jean Andreau, Olivier Blin, Laurence Brissaud, Mathieu Brisson, Jean-Philippe Carrié, Hélène Dessales, Laure Laüt, Jean-Juc Prisset, Didier Vermeersch.

  • L'archéologie du territoire a cherché le plus souvent à cerner des zones d'approvisionnement, des zones de culture et des zones d'élevage et a pu retracer ainsi l'organisation progressive de ces ensembles, depuis le territoire « ethnique », défini par le groupe qui l'occupe, jusqu'au territoire « civique », défini par une organisation politique et défendu par elle. Les recherches présentées dans cet ouvrage, qui portent sur une vaste région centrée sur la Méditerranée, le monde égéen - de Chypre à la Macédoine - et les Balkans, mais aussi sur le Sahara d'un côté, la France et l'Europe occidentale de l'autre, se répartissent en outre sur un large éventail chronologique : Paléolithique, Néolithique, Âges des métaux, Antiquité, époque contemporaine.
    Si les vestiges archéologiques fournissent toujours une trame fondamentale, que des modèles d'analyse spatiale peuvent aider à interpréter, des perspectives nouvelles s'ouvrent aujourd'hui avec l'utilisation de la géomorphologie, les raisonnements sur l'outillage lithique et osseux, l'étude approfondie des habitats, l'épigraphie, la prise en compte des vestiges animaux et végétaux, le recours aux données de la faune marine. L'anthropologie culturelle complète efficacement le tableau et conduit au principal enseignement méthodologique qui parcourt ce volume : dépasser l'archéologie « pure » et croiser systématiquement toutes les sources potentielles.
    Les études de cas mettent en évidence que bien des territoires ne répondent pas au modèle courant, forgé dans le monde occidental pour des périodes récentes. Certains territoires ne s'organisent pas autour d'un centre, mais de façon linéaire le long d'un parcours. D'autres sont enclavés, certains sont fragmentés, répartis par exemple entre plusieurs îles. Les territoires maritimes, les territoires lointains, les territoires intermittents défient l'archéologie, tandis que les territoires mentaux lui échappent dans une large mesure.
    Ainsi ce livre est une contribution majeure à cette question centrale pour les sciences humaines : le rapport des sociétés au territoire.

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