Pu Du Septentrion

  • Dès le Haut Moyen Âge, la cour de France observe une pratique qui frappe par son ampleur et sa persistance à travers les siècles : elle se déplace régulièrement d'une résidence à l'autre et traverse parfois le pays entier dans le cadre de grands voyages. Ce mode de vie a laissé des témoignages émerveillés des contemporains qui assistaient au passage d'un cortège dont la taille pouvait atteindre 14 000 personnes.

    Peu étudiée, cette pratique du pouvoir est au coeur du présent ouvrage qui explore la mobilité royale sur le temps long et dans une perspective comparative. Il permet de mieux appréhender les effets de l'itinérance sur la vie politique et sociale ainsi que sur la cour royale qui en a été profondément marquée. L'histoire des déplacements est révisée grâce à une étude statistique inédite portant sur cinq siècles ; ses particularités émergent d'enquêtes dédiées à d'autres cours européennes et à la mobilité de grands courtisans.

    En s'inscrivant dans la recherche sur les pratiques du pouvoir, les dix-huit études réunies dans cet ouvrage proposent un regard neuf sur une tradition indissociable de l'histoire politique française et européenne.

    Contributeurs Alexandra Beauchamp ;
    Boris Bove ;
    Benoît Carré ;
    Sylvain Destephen ;
    Martin Gravel ;
    Éric Hassler ;
    Gergely Kiss ;
    Élisabeth Lalou ;
    Bénédicte Lecarpentier-Bertrand ;
    Christophe Levantal ;
    Xavier Mauduit ;
    Pierre Monnet ;
    Pascale Mormiche ;
    Ludovic Nys ;
    Stéphane Péquignot ;
    Alain Salamagne ;
    Jean-Baptiste Santamaria ;
    Jean Sénié ;
    Caroline zum Kolk ;

  • Le monde artisanal grec antique, dont les aspects techniques ont déjà fait l'objet de nombreuses recherches, cache d'autres réalités. L'artisan n'est en effet pas seulement producteur de biens matériels, mais aussi acteur de la vie religieuse et évolue dans un riche univers symbolique, psychologique et social. L'étude des pratiques religieuses des artisans grecs, de l'époque archaïque à l'époque hellénistique, a pour ambition d'explorer ce champ presque vierge, dont les indices, quand ils existent, sont souvent discrets et épars. Les données recueillies n'en forment pas moins un corpus cohérent qui dessine un nouveau profil du monde artisanal, avec des spécificités religieuses mais aussi culturelles et sociales. La vie religieuse des artisans grecs antiques se révèle riche et bigarrée, à l'image du groupe socialement et culturellement composite qu'ils constituent.

  • Image évocatrice, objet convoité, enjeu de pouvoir, la carte dessine le monde. Outre les géographes-cartographes, de nombreux chercheurs, stimulés par sa puissance de représentation, l'utilisent afin de répondre à quelques-unes des interrogations de la société actuelle. La diversité des points de vue, des regards et des usages scientifiques, par conséquent la multiplicité des questionnements, se combine à la profondeur historique des références en apportant au lecteur curieux du monde des éléments de compréhension spatiale de processus, de circonstances, d'événements et de concepts propres à l'humanité. La carte, vivante et mouvante, est un reflet de l'imaginaire et la représentation d'un réel. Depuis l'Antiquité, les représentations de la Terre instaurent des mondes successifs, en jouant avec la géométrie, les distances et les formes, les plans et les volumes. Inscrites dans le temps, les cartes intègrent les temps de la terre et des sociétés. De nouvelles cartographies réinventent le monde du XXIe siècle.

    Contributeurs : Anne-Laure Amilhat Szary - Sophie Braun - Michel Capderou - Ahmed Djebbar - Francis Meilliez - Alain Milon - Sébastien Oliveau - Gilles Palsky - Patrick Popescu-Pampu - Alicia Sanchez-Mazas.

  • Au moment où les historiens de l'art réhabilitent l'architecture de la fin du Moyen Âge, nous avons souhaité rééditer l'ouvrage pionnier consacré par Roland Sanfaçon en 1971 à L'Architecture flamboyante en France. Notre motivation se fonde sur l'appel encore incontournable à son contenu, sur l'absence d'une synthèse française équivalente et, enfin, sur la nécessité de faire de cet ouvrage un objet de réflexion historiographique et épistémologique.
    Plusieurs auteurs se sont ainsi réunis Autour de cette réédition pour évaluer leur dette envers la réflexion prodromique engagée par l'historien québécois sur l'architecture des xve et xvie siècles. Tout en interrogeant la problématique élaborée par l'auteur en son temps, forts d'un nouvel « outillage mental », ils écrivent les premières lignes d'une réflexion critique sur une architecture encore méconnue.

  • Avec cette histoire compacte de la Suisse, l'historien suisse Thomas Maissen délivre la nouvelle vue d'ensemble longtemps attendue. S'appuyant sur les recherches les plus actuelles, il décrit dans un style fluide l'émergence de la Confédération suisse, son extraordinaire continuité, mais aussi ses nombreuses lignes de fractures jusqu'au passé le plus récent. Quiconque veut connaître les données essentielles de l'état actuel de la recherche les trouvera dans cette synthèse. Comment se sont formés les ligues fédérales et les mythes fondateurs ? Pourquoi la Confédération, divisée entre catholiques et protestants, n'a-t-elle pas été déchirée par ces tensions ? La Guerre du Sonderbund a-t-elle été nécessaire pour que naisse en 1848 un État fédéral moderne ? Pourquoi Hitler n'a-t-il pas conquis la Suisse en juin 1940, et comment la Suisse se positionne-t-elle à l'échelle internationale au XXIe siècle ? Écrit de manière compréhensible, ce livre explique l'ordre politique actuel de la Suisse à travers ses racines historiques.

  • Quoi de plus banal que l'acte de manger... et pourtant, que l'on soit d'ici ou d'ailleurs, l'acte de manger est un acte hautement culturel, symbolique et social parce qu'il présuppose, avant même que la nourriture soit consommée, un véritable travail de mise en culture alimentaire, c'est-à-dire un travail matériel, social et culturel par lequel la communauté des hommes désigne ce qui est bon ou non à manger, les modalités par lesquelles ces biens nourriciers doivent être fabriqués, comment ils doivent être consommés (quand, où, avec qui) et pour quelles raisons (sanitaires, ludiques, politiques ou religieuses). Et, en la matière, n'en doutons point : l'Homo sapiens a inventé et continue d'inventer des formes variées de se nourrir qui sont autant de grammaires du manger nous permettant de comprendre combien manger est avant tout une manière de faire société.
    Cet ouvrage nous invite ainsi à un voyage dans la diversité des manières de manger, autrement dit dans la diversité des façons de faire société, ici et ailleurs, hier et aujourd'hui, entre jeunes et moins jeunes, seul, en famille ou entre pairs. Pour ce faire, il est construit en trois temps, de la terre à la table en passant par l'assiette, au prisme de trois grands thèmes qui intéressent les sciences sociales : l'innovation alimentaire, les goûts (et les dégoûts) et la commensalité.

  • À la lumière des découvertes archéologiques récentes de production de sel dans le nord de la Gaule, ce livre rassemble une série de contributions montrant la variété des approches pour l'étude du sel. En effet, l'exploitation du sel depuis les Temps anciens correspond à la sédentarisation des hommes. L'imagination déployée par les populations pour produire le sel indispensable à la vie peut être perçue à travers divers prismes. La géologie nous offre l'occasion de comprendre la formation du sel et de mieux repérer les lieux d'exploitation de cet élément précieux que l'on appelle aussi l' « or blanc ». L'archéologie et l'histoire nous aident à percevoir les modes de production et de commercialisation du sel. Les usages du sel sont variés (salaisons, usage médical...). En outre, si la conversation « ne manque pas de sel », ce sont les auteurs antiques qui ont adopté les jeux de mots de la gamme piquante et relevée du sel. Enfin, le commerce du sel a fait la richesse et contribué au rayonnement de nombreuses villes au fil des siècles.

  • A l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l'ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l'intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d'une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l'analyse d'une génération d'historiens - ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d'âge précédant celle des Baby Boomers - de "leur Mai". Privilégiant le dialogue "d'entre soi" car les entretiens étaient ceux d'historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l'objectif consistait à faire surgir le "retour d'expériences" d'experts, témoins oculaires ou auriculaires, d'un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l'échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l'histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l'ouvrage livré à l'issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu'il se demande s'il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

    Contributions de :

    Patrick Boucheron.
    Agnès Callu.
    Valérie Carpentier.
    Myriam Chermette.
    Benoît Corvez.
    Alain Dubois.
    Cécile Formaglio.
    Anne-Sophie Lechevallier.
    Jean-François Moufflet.
    Julie Pagis.
    Damien Richard.
    Jacques Revel.
    Daniel Roche.
    Violette Rouchy-Lévy.
    Gabriel Séjournant.
    Michel Zink.
    Témoignages sonores du "moment 68" de :

    Jean Delumeau.
    Claude Nicolet.
    Michel Pastoureau.
    René Rémond.
    Des extraits de ces témoignages sont téléchargeables sur le site des Presses universitaires du Septentrion sur la fiche du livre.

  • La traduction est aujourd'hui omniprésente et indispensable pour permettre la communication entre les peuples et les cultures. C'est pourtant une activité multimillénaire, qui n'a pas toujours revêtu les mêmes formes ni connu les mêmes enjeux. L'histoire de la traduction, partie intégrante de la discipline que l'on appelle la traductologie, permet de mieux cerner les contextes culturels dans lesquels s'inscrit la traduction et de suivre l'évolution des réflexions concernant cet objet polymorphe.

    Dans cet ouvrage publié à titre posthume, le chercheur internationalement reconnu qu'est Michel Ballard nous livre le fruit de ses dernières réflexions et apporte un nouvel éclairage sur la place de la traduction dans l'Antiquité, en tenant compte des publications récentes dans le domaine. La période examinée va de l'Égypte ancienne à saint Jérôme, en passant par la Mésopotamie, la Grèce, l'époque ptolémaïque et Rome.

    Avec la collaboration de Yves Chevrel et Christian Balliu.

  • Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils « adoptif », prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.

  • Virgile et Ovide, l'indétrônable classique de la littérature latine et son meilleur lecteur, génial et insoumis, forment un des « couples » les plus féconds parmi ceux qui font fonction de véritables catégories de la réception au sein de l'histoire de la culture - Homère et Hésiode, Platon et Aristote, Léonard de Vinci et Michel Ange... Parmi ces auteurs, philosophes ou artistes dont la confrontation, sur le mode de la complémentarité ou du contraste, informe et inspire profondément cette histoire, Virgile et Ovide semblent avoir joué un rôle majeur.Contrairement à une doxa critique qui a longtemps prévalu, Virgile et Ovide n'ont pas toujours été considérés comme des « frères ennemis » que tout opposerait. La vision que l'on eut d'eux, et de leur relation, n'a cessé d'évoluer selon les genres, les pays, les époques et les goûts - au point qu'il leur arriva aussi d'être confondus.C'est à l'exploration de telles variations (et des constantes associées) et à une forme d'archéologie du modèle interprétatif constitué par les deux grands poètes que se livre cet ouvrage. Réunissant vingt contributions de spécialistes de littérature et d'histoire de l'art, de l'Antiquité à l'époque contemporaine, il propose un parcours qui ne se veut pas exhaustif, mais entend faire apprécier autrement le rayonnement d'un « couple » d'auteurs dont la confrontation a toujours été un puissant stimulus de la création littéraire et artistique, comme des débats critiques.

  • Édifice religieux monumental, la cathédrale représente un symbole spirituel, patrimonial, culturel et politique. C'est pourquoi elle est confrontée, en temps de guerre, aux effets et à la violence de celle-ci : sa taille la désigne comme un objectif repérable de loin ; sa fonction religieuse en fait un symbole pour rassembler la population ; elle peut susciter au contraire une volonté de destruction, notamment iconoclaste, de la part de l'adversaire ; les cérémonies qui s'y déroulent pendant ou après les conflits implorent la protection divine, demandent la victoire, honorent les morts. Les enjeux politiques se mêlent aux dimensions spirituelles pour élever certaines cathédrales en symboles nationaux. Enfin, l'édifice est un lieu de mémoire des guerres, par ses cicatrices, ses mémoriaux, ses cérémonies du souvenir, voire de réconciliation. La situation des cathédrales en Europe occidentale des guerres de Religion jusqu'à nos jours - une période marquée par de nombreux et amples conflits - en témoigne.

  • Les limites et les frontières ne sont pas une anecdote érudite ou formelle. Tout d'abord, la vie des êtres humains a été délimitée et précisée par les limites juridictionnelles locales (communautés d'habitants, seigneuries et paroisses) et par les aires d'influence des communautés urbaines. Treize cas, concentrés en France et s'étendant jusqu'au Bas-Rhin et la côte atlantique portugaise en passant par la Catalogne, sont ici analysés par de prestigieux historiens, afin de saisir les axes qui permettent de reconnaître et de délimiter l'espace local depuis la fin de l'Empire romain jusqu'à la fin du Moyen Âge. Il s'agit d'une période de formation pour l'identité européenne, où le profil territorial joua un rôle essentiel qu'il faut connaître afin de saisir de façon appropriée les racines du présent.

  • L'approche archéologique des économies du monde classique est ici mise en oeuvre par filières de production et sur le long terme, bien au-delà de la Grèce classique : écartant délibérément l'artisanat céramique, bien étudié par ailleurs, les auteurs se concentrent sur des domaines de la production artisanale généralement mal connus des historiens, qu'ils abordent à travers des études de cas, des bilans et des exposés de méthode : la corderie, la vannerie et le textile, les métallurgies et la fabrication des monnaies, le verre et même l'alun.
    Une large place est réservée aux questions de méthode, à travers le fréquent recours à l'archéologie expérimentale et la comparaison avec la Gaule, dans deux domaines où la recherche y est plus avancée : l'organisation spatiale et la métallurgie du fer. Après deux ouvrages consacrés d'abord aux artisans et aux ateliers, puis aux productions et aux diffusions, cet ensemble d'études clôt une trilogie sur l'artisanat en Grèce ancienne.

  • L'actualité de la création de la Métropole du Grand Paris qui redéfinit le périmètre de la capitale, resté inchangé depuis sa dernière modification en 1860, invite à une réflexion historique sur les limites de la ville. S'il s'agit d'un thème de recherches faisant l'objet de continuels renouvellements en géographie et en sociologie urbaine, la question des découpages parisiens reste relativement peu étudiée pour les périodes médiévale et moderne.

    Qu'elles circonscrivent la ville ou qu'elles la sillonnent, les limites constituent des facteurs essentiels à la compréhension et à l'interprétation des dynamiques urbaines. Etudier la façon dont elles sont vécues et perçues par les citadins permet en outre d'observer les fonctions diverses qu'elles jouent dans la construction des rapports sociaux et dans la territorialisation des pratiques.

  • Les berserkir comptent parmi les figures les plus fascinantes de la littérature scandinave médiévale.
    Ces combattants d'élite, "semblables à des ours ou des loups", manifestent leur "être second" lors de terrifiants accès de sauvagerie. Très appréciés des souverains de l'ancien Nord, les berserkir sont considérés comme les compagnons d'Odin - divinité furieuse, maîtrisant l'art de la métamorphose. Dépassant l'analyse des stéréotypes légendaires, cet ouvrage s'attache à démontrer l'historicité d'une tradition associée aux aspects sacrés de la fonction royale.
    Les berserkir incarnent un modèle de compagnonnage militaire attesté sous diverses formes dans les sociétés germaniques anciennes. Il s'agit de la première étude complète publiée en France sur le sujet. L'auteur soumet à un rigoureux examen critique l'ensemble des sources médiévales (poèmes, sagas, chroniques, documentation épigraphique, onomastique, archéologique) ainsi que les interprétations proposées depuis deux siècles par les spécialistes scandinaves, allemands ou anglo-saxons.
    L'approche retenue est résolument interdisciplinaire : elle associe la philologie et l'étude des témoignages iconographiques, la mythologie comparée, l'histoire des sociétés et des institutions. Ce livre ne s'adresse pas seulement aux spécialistes de la civilisation des Vikings - linguistes, historiens ou archéologues - mais également aux lecteurs intéressés par les pratiques martiales et les croyances religieuses de l'Europe pré-chrétienne.

  • Fêtes de précepte, fêtes civiques, jours fériés, autant de réalités qui, dès le Moyen Âge, à l'époque moderne et jusqu'à nos jours, rythmèrent le temps des sociétés occidentales. Ces fêtes sous-tendent une adhésion à des valeurs - qu'elles relèvent du temps sacré ou du temps profane -, mais aussi un rapport au travail - proscrit à ces occasions. Sont ainsi envisagés l'origine des fêtes chrétiennes, leur développement, les obligations liées et, en corollaire, les comportements qu'elles suscitent, qu'ils s'inscrivent ou non dans la norme. En lien intervient la question de l'attitude des autorités ecclésiastiques et civiles face à d'éventuelles déviances, en prenant en compte les ruptures confessionnelles (protestantisme), l'évolution des sociétés et les critiques formulées sur la base de motifs sociaux, économiques ou philosophiques. Le XIXe siècle marquera un tournant fondamental qui, tout en établissant de nouvelles fêtes, liées à la laïcisation en vigueur, conservera un statut privilégié à nombre de moments religieux.

  • L'obligation faite aux gens de loi de conduire les mendiants dans les prisons de la ville la plus proche soulève la question de l'enfermement dans les grandes cités des provinces du Nord. En France, l'État royal croit remédier à ces difficultés par l'édit de juin 1662 ordonnant la création d'un hôpital général dans chaque ville. Les provinces du Nord échappent à ce mouvement jusqu'au XVIIIe siècle. Depuis le XVIe siècle, l'assistance repose sur des institutions charitables placées sous la tutelle des villes. Après les guerres de Succession de Pologne et d'Autriche, sous l'effet d'une croissance démographique et du chômage, ces provinces sont confrontées à une recrudescence de la mendicité. La monarchie renforce d'un coup le cadre réglementaire répressif, les arrestations se multiplient et révèlent l'insuffisance des structures d'enfermement. Dès 1730, les autorités des principales villes du Nord appellent de leurs voeux une nouvelle prise en charge du paupérisme: les hôpitaux généraux.

  • Dans l'imaginaire collectif, Néron est à jamais figé dans la posture du tyran dépravé, meurtrier, incendiaire : un mythe s'est forgé, éternel et persistant. C'est précisément cette mythologie que l'auteur se propose de décoder.
    Car parallèlement à l'effacement des traces visibles de la mémoire du prince, les auteurs antiques, tant païens que chrétiens, se sont employés à reconstruire son histoire, jusqu'à ce que Néron, dépouillant son enveloppe d'individu historique, devînt une figure emblématique, incarnation de la tyrannie et de la monstruosité elles-mêmes.
    Enquête sur les codes philosophiques, rhétoriques ou littéraires qui ont contraint la réécriture de l'histoire du dernier Julio-claudien, l'ouvrage se propose aussi de suivre les mutations de cette figure au cours de l'Antiquité, au gré des erreurs de lecture, des confusions, des manipulations narratives ou des tentatives d'adaptation de la geste néronienne aux préoccupations du temps.
    Toute une mythographie se fait jour.

  • Les bâtiments des centres d'archives, des bibliothèques et des musées fonctionnent comme des espaces de conservation et de présentation des collections. Présentant une diversité de formes architecturales et de modes de fonctionnement, réalisés à différentes périodes et susceptibles de transformations régulières, ils forment un corpus difficilement saisissable. Il s'agit donc, au travers d'études de cas et d'approches comparatives, de favoriser les croisements et les échanges sur plus de cinquante ans d'architecture de la conservation en France.L'évolution et les mutations des espaces sont interrogés dans une visée pluridisciplinaire. Les questionnements sur les pratiques, les expériences d'aménagement et de gestion des espaces, permettent de dresser un état des lieux global et de faire émerger des problématiques contemporaines, tout en dressant des pistes de réflexion communes. L'ouvrage se situe ainsi pleinement dans une actualité des politiques de la conservation et de la communication, et des pratiques d'aménagement de l'espace (architecture, urbanisme, design).

  • Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Ernest Hamy joua en France un rôle clef dans l'émergence de disciplines nouvelles aussi diverses que l'anthropologie, l'archéologie, l'histoire et la muséologie. Ses découvertes de terrain comme ses travaux scientifiques marquèrent leur temps et leur réputation dépassa les frontières nationales.Les auteurs analysent les circonstances qui accompagnent la trajectoire exceptionnelle du savant, de sa ville natale, Boulogne-sur-Mer, carrefour culturel secondaire mais dynamique de l'époque, à Paris, où il fonda le musée d'ethnographie du Trocadéro. Homme de réseau, il contribua activement à la circulation des biens matériels et immatériels, entre France et Amérique notamment, et participa activement à la création de sociétés savantes et de revues. L'actualité de ses ouvrages codicologiques et historiques est abordée, car Hamy a inspiré des générations de chercheurs, dont les publications reposent sur des matériaux qu'il a édités ou sur des thématiques qu'il a contribué à «défricher».

  • Ce numéro comporte un dossier sur plusieurs femmes écrivains de la France du Nord et de Belgique. Il met en valeur des écrivaines liées au Nord de la France ou à la Belgique dont l'oeuvre est mal connue, (parfois parce qu'elles étaient des femmes dans un univers littéraire très marqué par des hommes).

  • «Qu'est-ce que l'architecture gothique?» Les essais rassemblés dans ce volume offrent des réponses inédites à cette question. Le singulier employé pour la formuler est volontaire. Il n'occulte pas la réalité d'une multiplicité d'architectures gothiques résultant de la longévité de son expression (XIIe-XVIe s.), de la mutation constante des formes et des techniques comme de la disparité des foyers culturels, des milieux géographiques, des structures sociales et des rythmes historiques.Au contraire, l'ambition de la question ainsi formulée est celle du croisement. En sollicitant, pour y répondre, un panel de spécialistes investiguant les gothiques des quatre pôles du domaine européen, il s'agit de permettre aux lecteurs d'identifier les lieux communs et de laisser apparaître les permanences gothiques à travers les âges et les milieux.Ce volume propose ainsi des interpréta-tions, soulève des hypothèses et suggère de nouvelles visions.

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