Pu Francois Rabelais

  • En deux siècles, du début de la guerre de Cent ans jusqu'aux guerres d'Italie, le canon va radicalement transformer l'art militaire et changer le cours de l'histoire des États européens. Des premiers tonnoires, tout juste bons à projeter des traits incendiaires, jusqu'aux canons de batteries à boulet de fer, pulvérisant en quelques heures des murs de plusieurs mètres d'épaisseurs, l'histoire du canon au Moyen Âge et à la Renaissance est riche, variée, bien loin de l'image d'Épinal des bombardes démesurées et inefficaces.

    Renouvelant l'histoire de l'artillerie médiévale, cet ouvrage identifie les étapes de cette évolution en France du Nord, démêle les pièges d'un vocabulaire foisonnant (qui n'est pas le même, par exemple, pour l'artillerie royale française et l'artillerie ducale bourguignonne), montre l'impact de la nouvelle arme sur la guerre de siège, la guerre en campagne et la guerre sur mer.

    Cette clarification sera précieuse aux historiens de l'architecture, cherchant à comprendre l'évolution de la fortification de transition, aux historiens de l'État, voulant mesurer l'enjeu de la nouvelle arme pour les structures administratives des États modernes en cours de constitution, et, de manière générale, pour tous les passionnés d'histoire du Moyen Âge ou de la Renaissance.

  • AUTOUR DES CHÂTEAUX ou des demeures nobles, les jardins ouvrent sur un environnement recomposé par la main de l'homme. Parterres, fontaines, bosquets invitent au parcours le long des allées ou à l'ombre des berceaux de verdure. Lieux de plaisir, de senteurs et de visions sans cesse renouvelées, les jardins constituent un aménagement remarquable de l'environnement.

    Le jardin du Moyen Âge, subdivisé en plusieurs "courtils", potagers ou fruitiers, avec ses carrés de fraisiers, de plantes médicinales, ses treilles... affiche ses fonctions utilitaires, mais aussi de plaisance : des préaux de verdure sont des lieux de rencontre et de promenade.

    À partir de la Renaissance, le jardin s'aligne sur l'ordonnance du château, répondant à une composition plus savante : des fontaines et bassins ornés de statues en jalonnent les allées, des parterres de broderie y dessinent des ornements géométriques, des belvédères y ménagent des vues sur des horizons inédits. La circulation des hommes et des modèles, la diffusion des livres imprimés, un nouvel esprit scientifique, un goût renouvelé pour les conditions de nature font aussi du jardin de la Renaissance un lieu d'expérimentation botanique.

    Aujourd'hui, alors que l'aménagement des jardins participe des enjeux d'une réflexion sur l'écologie et l'environnement durable, leur recréation à Blois, Chambord, Chenonceau, Villandry, Montpoupon, se modèle sur les traces anciennes ou s'accompagne d'interprétations contemporaines.

  • Barbare ? Informel ? Obscur ? En analysant la question foncière, ce livre démontre qu'au contraire le haut Moyen Âge est une période inventive pour le droit.

    Du VIe au Xe siècle, durant lesquels la détention de la terre est le fondement de toute puissance, les terres publiques sont gérées de manière attentive : comment concéder la terre publique à des fidèles, afin d'éviter le risque d'accaparement ? Analysant le droit foncier, ce livre interroge les cadres et les concepts avec lesquels on parle de la terre dans les sociétés dites "barbares" et permet de dresser un portrait inattendu des sociétés du haut Moyen Âge, plus attaché au formalisme juridique qu'on ne le croit couramment.

    Toutes les institutions foncières sont réexaminées et réévaluées ; des concessions aux églises à la colonisation agraire, en passant par les techniques d'enregistrement et de publicité foncière. En montrant ainsi un formalisme toujours plus affirmé et l'apparition d'innovations juridiques totalement inconnues du droit romain, ce livre propose une approche inédite des sociétés rurales du haut Moyen-Âge.

  • Détruite par les huguenots dans la nuit du 23 au 24 mars 1368, la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans devient un symbole retentissant de la discorde civile et de la folie fanatique qui ont ravagé le royaume de France durant les guerres de religion. C'est pourquoi la paix revenue, Henri IV investit la cathédrale martyre d'une nouvelle charge symbolique, celle de la concorde civile et de la prospérité recouvrée, avec la volonté de reconstruire en plus beau un joyau architectural irrémédiablement détruit. Le souverain catholique pose le 18 avril 1601 la première pierre d'un chantier qui ne s'achèvera que le 8 mai 1829, avec l'inauguration de l'édifice par Charles X. La cathédrale d'Orléans est le plus grand chantier religieux royal de l'époque moderne en France.

    Doit-on parler de restauration ou de rénovation de la vieille cathédrale ? En réalité, il s'agit bien d'une reconstruction quasiment à neuf, incroyablement homogène, qui fonde une oeuvre originale dans le paysage architectural français : une cathédrale gothique à l'âge classique ! Loin d'être la survivance d'un art périmé ou la répétition paresseuse de techniques éprouvées, la cathédrale d'Orléans est l'archétype d'un style à part entière : le "gothique moderne".

    A l'instigation des services du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Centre-Val de Loire), des restaurations de grande ampleur ont été entreprises et se poursuivent avec régularité, confirmant année après année la profonde originalité de Sainte-Croix d'Orléans parmi les grandes cathédrales françaises.

  • Aujourd'hui comme hier, le cahier est le support de l'apprentissage scolaire, celui de la l'écriture, de la musique, des leçons du maître.
    Qu'il soit en papier ou sous la forme de tablette de cire, il offre aux chercheurs une source privilégiée pour l'histoire de l'enseignement. Ainsi, ce livre nous fait découvrir que nos usages pédagogiques n'ont rien en commun avec ceux du Moyen Âge et de la Renaissance.
    A travers d'exceptionnels exemplaires concrets, ce livre montre les différentes facettes de ce dispositif complexe, aux frontières du manuscrit et de l'imprimé, du cahier d'écolier et du cahier du maître, témoin de méthodes pédagogiques où se révèlent, à l'âge de l'humanisme, autant de continuités que de ruptures.

  • Longtemps limitée, la consommation de beurre augmente fortement sous L'Ancien Régime. Des soupers fins aux réfectoires des abbayes, le beurre s'affirme dans l'alimentation de la moitié nord du royaume de France. Répondant à cette demande, une partie du Cotentin et du Bessin se tourne alors vers l'approvisionnement des villes. Au XVIIIe siècle, le beurre frais d'Isigny est déjà réputé à Paris.

    La reconstitution des circuits d'approvisionnement confirme la sensibilité des campagnes normandes aux rythmes de consommation des clientèles urbaines et au jeu de la concurrence. Elle met en lumière le rôle des marchands de beurre, intermédiaires économiques et culturels. En amont, une agriculture originale se développe. L'herbe prend Le pas sur les Labours dans un bocage en cours de constitution, tandis que les marais se transforment.

    À travers l'histoire des premiers siècles d'une denrée alimentaire de renom, cet ouvrage se veut une réflexion sur La spécialisation agricole en Normandie avant le XIXe siècle.

  • Caves et celliers sont des espaces techniques dédiés au stockage et à la conservation, particulièrement des denrées alimentaires telles que le vin. Ces dépendances domestiques sont habituellement cachées, invisibles à la vue du public. Il en résulte que caves, celliers et autres structures souterraines des habitats font figure de parents pauvres de l'histoire de l'architecture.
    Pour autant, au Moyen Âge comme à l'époque moderne, les caves sont essentielles à l'économie des habitations ou des bâtiments dont elles dépendent. Les techniques mises en oeuvre dans leur construction, l'organisation interne, les aménagements spécifiques, ou encore la manière dont elles furent utilisées, attestent l'importance qui leur a été accordée. Figeant le parcellaire et la présence de vestiges antérieurs, les caves sont des témoins essentiels pour comprendre les dynamiques de développement des villes. En milieu urbain, elles s'accompagnent parfois de réseaux souterrains formés par les carrières d'extraction de pierre. Des parallèles peuvent être établis avec les caves et celliers situés en milieu rural, notamment ceux d'ensembles seigneuriaux, de châteaux, d'abbayes ou d'autres établissements religieux.
    Ce livre offre la première synthèse archéologique sur les caves et celliers des maisons médiévales et modernes tant en France qu'en Europe et au Liban.

  • Le projet en urbanisme, et plus largement le projet de territoire, sont souvent analysés au prisme du jeu des acteurs qui les prennent en charge. Par contrepoint, le postulat de ce livre repose sur une double idée. En premier lieu, ne pas prendre en compte les acteurs du projet en vue de renouveler le regard. En second lieu, envisager que c'est le projet qui porte les acteurs, et non l'inverse. Le projet apparaît alors comme un système complexe, c'est-à-dire auto-éco-réorganisé, selon l'expression forgée par Edgar Morin, disposant d'une certaine autonomie, d'une dynamique propre. La notion d'incertitude est ainsi centrale dans ce qui est considéré comme le mode principal de gestion des processus de transformation intentionnelle des espaces. Le projet est une tentative de réduction de sa propre incertitude et de celle de son environnement.

    Ce livre est une contribution à une théorie du projet, saisi comme processus, reposant essentiellement sur sa structure, sur le plan temporel comme sur te plan organisationnel. Ce faisant, l'acteur du projet n'est plus central dans l'analyse du projet; il prend sa véritable place qui est celle d'élément, parmi d'autres, d'un système complexe.

  • Au fil des siècles, le culte de saint Martin n'a cessé de se répandre à travers l'Europe et au-delà. Le contexte de l'empire romain du ive siècle a laissé placé à des situations complètement nouvelles, le royaume de Clovis, le royaume lombard, l'empire de Charlemagne, les Capétiens, les Habsbourgs, et jusqu'aux querelles idéologiques du XIXe siècle. Pourtant le culte du saint s'est toujours renouvelé. Martin missionnaire à Braga au VIe siècle, Anschaire missionnaire chez les Scandinaves au IXe siècle, Matthieu d'Albano grand ami de Pierre le Vénérable au XIIe siècle, sont autant de « nouveau Martin ». Parallèlement un riche folklore enraciné dans les campagnes, contribue à maintenir vivante la tradition des fêtes de novembre, même apparemment sans référence chrétienne.
    /> A travers différentes disciplines, histoire, archéologie, histoire de l'art, théologie, ethnologie, différentes littératures et différents espaces, de l'Italie à l'Irlande, de la Scandinavie à la Galice, ce livre poursuit les avatars de la figure martinienne. De puissants investissements théologiques, chez Sulpice Sévère, comme au XVIIe siècle ou au XXIe siècle, accompagnent des traditions, célèbres ici et méconnues ailleurs, autour de l'oie, des châtaignes ou du vin, et contribuent à produire, à chaque époque, un « nouveau Martin ».

  • Quoi de plus familier que le voisinage ? Sujet classique en sciences sociales, objet privilégié des politiques de la ville, lieu même de la "crise" déclarée du "vivre-ensemble", sa dimension historique a plus rarement été abordée. Pourtant de l'AI-Andalus médiéval à la Moscou soviétique, en passant par le Paris des XVIIIe et XIXe siècles, il existe de multiples manières de voisiner comme en témoignent ces treize contributions. Issues de plusieurs disciplines et ouvrant sur la longue durée, elles interrogent les règles du partage de l'espace, renvoyant au droit et aux pratiques ordinaires, à l'imaginaire et aux manières matérielles d'habiter la ville. En mobilisant une conception large du voisinage, qu'il s'agisse d'un voisinage de propriété ou d'usager, elles questionnent l'idée selon laquelle celui-ci aurait des effets sur les comportements et les relations sociales dans le cadre urbain. Est-il si évident que la proximité spatiale induise unanimement des pratiques, des représentations et des stratégies spécifiques ? Suffit-elle pour créer de l'interaction sociale ?

    En tenant compte des catégories de classe, de genre, de race ou de génération, l'ouvrage met l'accent sur les contextes et conditions spécifiques qui permettent d'instituer une communauté ou inversement de susciter des conflits, voire de détruire. Comment émerge finalement un "voisinage actif", capable d'agir sur le partage de l'espace habité ?

  • Protéger l'homme "au moment où il arrive au port de la vie", telle est la mission que les gouvernements français, de l'Ancien Régime à la IIIe République, assigne aux sages-femmes. Accompagnatrices des mères et désormais membres du corps médical, les sages-femmes se sont constituées au cours du XIXe siècle en profession scientifique, détentrice d'un savoir riche et varié. Partout en France, leur formation a occupé administrateurs et médecins, faisant naître des dizaines d'écoles départementales, dont le dynamisme n'a souvent eu que peu à envier à l'école de l'Hospice de la Maternité de Paris.
    Du cours hospitalier à la véritable école-maternité, les institutions de formation ont accueilli en un siècle des dizaines de milliers de jeunes femmes qui, leur diplôme en main, ont été se faire dans les campagnes les "institutrices du système de santé" français.
    Lettrées, compétentes et respectées, les sages-femmes ont ainsi fait bénéficier leurs patientes d'une qualité de soins acquise aux meilleures sources du savoir obstétrical. Légitimées par leur formation et le monopole que l'État leur accorde face aux matrones, elles ont mis au monde l'essentiel de la population française, ont vacciné des générations de nouveau-nés et se sont faites les chantres de l'hygiène pasteurienne dès ses débuts. L'histoire de l'émergence de ce corps professionnel, né d'une volonté politique et du consentement des accoucheuses, est riche d'enseignements pour les enjeux contemporains de la naissance et de ses acteurs.

  • La cathédrale de Bourges, patrimoine mondial classé par l'Unesco, est couverte sur son vaisseau principal d'une charpente du XIIIe siècle de plus de 100 m de longueur, culminant à près de 50m de hauteur. Par ses dimensions hors normes et l'ampleur du chantier de construction, ce gigantesque ouvrage en bois représentait pour les charpentiers de l'époque l'un des plus grands défis technologiques de leur temps, que ce soit pour l'approvisionnement en bois, le levage ou les solutions techniques pour équilibrer la structure sur des murs minces gothiques. Elle conserve également dans la tour occidentale sud un beffroi du XIIIe siècle de 14 m de haut, considéré comme l'un des plus anciens et des plus grands connus actuellement en France.

    /> Ce livre présente l'étude archéologique de ces charpentes en abordant les bois d'oeuvre utilisés et les questions de leur provenance, du stockage, du profil des chênes abattus (morphologie, croissance, âge...) et par là même des forêts exploitées au XIIIe siècle. L'analyse détaillée des charpentes et des assemblages permet d'en comprendre le fonctionnement mais aussi les dysfonctionnements. On suivra l'évolution du chantier à travers l'étude de la taille des grumes, du marquage des bois et du levage des fermes. Grâce aux datations dendrochronologiques, cette étude permet de reconsidérer l'évolution des campagnes de construction de la cathédrale en renouvelant notre compréhension de l'un des plus vastes chantiers de la période gothique.

  • Il y a 70 000 ans, Homo sapiens sortait d'Afrique pour coloniser le monde. Il y a 6 000 ans, il fondait les premières villes, Aujourd'hui, à l'ère des réseaux de villes, il crée des régions métropolitaines de plus en plus étendues et complexes. De la préhistoire à l'ère des métropoles, l'homme occupe l'espace terrestre selon des modalités d'une infinie variété, sous l'influence d'une multitude de facteurs.

    Comment les Bantu peuplent-ils un espace déjà occupé par les Pygmées en Afrique équatoriale ? Comment naissent les villes à l'Age du bronze ? Comment se développe puis disparaît la société des pueblos aux Etats-Unis ? Quels sont les effets de la romanisation sur le peuplement de Gaule méridionale ? Comment émerge le système villageois aux alentours de l'an Mil en Europe ? Ce livre aborde douze grands changements du peuplement mondial formalisés sous forme de "transitions".

    Qu'est-ce qu'une transition ? Comment l'identifier dans le domaine empirique ? Archéologues, historiens, linguistes et géographes unissent leur regard pour construire, analyser et comparer des modèles de transition du peuplement dans l'histoire mondiale. Observant le particulier, ils recherchent l'universel. Ce livre propose une méthode pour comprendre les lois du peuplement humain dans la très longue durée.

  • A partir de la fin des années 1870, se développe dans le Haut Jura, une industrie diamantaire qui donne du travail à plusieurs centaines d'ouvriers. Pourtant la taille du diamant y était jusqu'alors inconnue.
    Pourquoi cette industrie s'est-elle précisément développée dans ce territoire ? Quels sont les liens entre cette industrialisation et la mondialisation ?
    A travers l'examen de l'industrie diamantaire du Haut Jura, ce livre montre comment le développement industriel à une échelle locale peut être la manifestation d'un processus global, la mondialisation de l'économie.
    En effet, entre 1870 et la première guerre mondiale, les diamants façonnés dans le Haut-Jura sont extraits aux antipodes, essentiellement en Afrique du Sud, et commercialisés principalement à Birmingham où l'industrie de la bijouterie est en plein essor.
    Ce processus de production s'organise à l'échelle internationale : les entreprises diamantaires du Haut-Jura, dans leur très grande majorité, sont les sous-traitantes de maisons de négoce implantées à Londres, Anvers, Amsterdam et Paris.
    Cette histoire industrielle apporte une mise en perspective intéressante de l'histoire de la mondialisation économique.

  • Le Bas Maine, qui couvre l'actuel département de la Mayenne, l'ouest de celui de la Sarthe et le sud-ouest du département de l'Orne, reprend les contours de la cité antique des Diablintes.
    Les recherches anciennes et quelques découvertes ponctuelles laissaient soupçonner la présence de zones de production sidérurgique antérieures au XVe siècle et à l'apparition du haut-fourneau dans cette région. La présente étude le confirme. L'utilisation de différentes méthodes de recherche documentaire et les vérifications au sol ont permis d'enregistrer plus de 420 sites liés à la réduction directe du minerai de fer qui forment des zones de production, dont les plus importantes se trouvent à la limite des départements de la Sarthe et de la Mayenne.
    L'approche régionale a été complétée par la fouille d'un atelier d'époque romaine. Les structures mises au jour à cette occasion ainsi que les analyses archéométriques menées sur les vestiges collectés ont permis d'apporter des éléments nouveaux sur l'organisation de la production du fer durant l'époque romaine, la plus représentée dans la région, et de proposer l'existence de variations techniques au sein de la filière de réduction directe du fer.
    La mise en perspective de ces résultats permet de dresser un tableau de nos connaissances sur la sidérurgie ancienne du fer dans le Bas Maine et de proposer un éclairage nouveau sur les facteurs techniques sociaux et économiques liés à cette production.

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