Rouergue

  • Ultra Violette

    Raphaëlle Riol

    21 août 1933, une jeune fille de 17 ans empoisonne ses parents, son père en décède. Ce fait divers sordide suscite, dès l'arrestation de la meurtrière, un déchaînement de passions. Les Surréalistes font d'elle une héroïne littéraire à la « beauté convulsive », on célèbre la garçonne aux cheveux courts, ayant rompu les liens familiaux.
    Plus tard, elle sera graciée puis réhabilitée. La légende « Violette Nozière » est née.
    Quatre-vingts ans après, Raphaëlle Riol se ressaisit de la légende, dans un roman inventif et impertinent. Elle invite le personnage à sa table d'écrivain et, à partir de ce fait divers, trafique sur le territoire de la fiction, invente hypothèses et interrogations.
    Elle redessine ainsi le portrait de cette jeune fille troublante et trouble, et dresse un tableau de cette avant-guerre complexe. Une nouvelle fois, Violette Nozière est réhabilitée comme personnage littéraire, dans son énigme et la fascination qu'elle a suscitée.

  • Attila Kiss, cinquantenaire hongrois en bout de course, tombe amoureux d'une jeune Viennoise riche et cultivée. Tout les sépare : la classe sociale, l'Histoire de l'Empire austro-hongrois, l'ancien mur entre l'Est et l'Ouest. Dans son deuxième roman, Julia Kerninon illustre magistralement l'idée que l'amour est un art de la guerre, avec ses victoires, ses défaites, ses frontières, et sa conquête de l'altérité. Par l'auteur de «Buvard», premier roman aux nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan.

  • Encore vivant

    Pierre Souchon

    Alors qu'il vient de se marier avec une jeune femme de la grande bourgeoisie, l'auteur, bipolaire en grave crise maniaco-dépressive, est emmené en hôpital psychiatrique. Enfermé une nouvelle fois, il nous plonge au coeur de l'humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, sur le monde paysan dont il est issu ou sur le milieu de la grande bourgeoisie auquel il se frotte. Il est rare de lire des pages aussi fortes sur la maladie psychiatrique, vue de l'intérieur de celui qui la vit. Ce récit autographique est le premier livre publié par Pierre Souchon, journaliste au Monde diplomatique et à L'Humanité.

  • Allongé dans son lit en costume noir, ce matin du 15 février, Mortimer Decime attend son anniversaire : il aura 36 ans à 11 heures du matin. Il attend plutôt sa mort, car depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés le jour de leur 36e anniversaire. Malédiction familiale ? La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Quand ce destin funeste pèse sur vous depuis la naissance, cela n'incite pas à faire des projets, comme se marier, engendrer, s'engager avec énergie dans la vie professionnelle ou même tomber amoureux. A quoi bon ? Mortimer s'est donc laissé vivre, modestement et sans ambition, jusqu'à ce dernier anniversaire. En prévision, il a même démissionné de son travail, mis fin au bail de son appartement et vendu sa voiture...
    Mais le sort lui joue un drôle de tour. Car ce 15 février à 11h, Mortimer ne meurt pas. Pour son malheur, le voici en pleine santé, sans travail et sans appart... et il va lui falloir désormais vivre vraiment, sans connaître l'heure de sa mort, comme tout un chacun, en somme !

  • Les singuliers

    Anne Percin

    Durant l'été 1888, Hugo Boch, jeune peintre d'origine belge, prend pension chez Marie Gloanec, à Pont-Aven. Ce village pittoresque du Finistère attire l'avant-garde qui, rejetant l'académisme, cherche à peindre d'après nature. Même des Américains viennent ici finir leurs études, comme ils iraient à Rome... Le chef de la meute est un certain Gauguin, autodidacte à la grande gueule qui croit en son génie, et mène une correspondance avec un type intéressant à ce qu'on dit, un Hollandais, Vincent Van Gogh, reclus dans le Sud.
    Hugo, lui, n'est plus sûr de vouloir continuer à peindre, après avoir raté l'entrée aux Beaux Arts. Ce qui l'intéresse vraiment, c'est la photographie, mais elle n'est pas encore considérée comme un art, au mieux comme une aide technique pour les peintres ou un passe-temps... Bientôt ses parents, des industriels de la faïencerie Villeroy et Boch, lui coupent les vivres. Durant les deux années qui suivent, Hugo fait rupture avec les siens, s'enferme dans une certaine solitude, à la recherche, peut-être, de sa singularité, notamment un rapport énigmatique avec la mort au travers de la photo...

  • Dans ce court récit, Julia Kerninon, pas encore trente ans, façonne sa propre légende. Née de parents fous de lecture et de l'Amérique, elle tapait à la machine à écrire à cinq ans et a toujours voulu être écrivain. Dans une langue vive et imagée, un salut revigorant à la littérature comme « activité respectable ». A dévorer ! Prix Françoise Sagan et prix de la Closerie des Lilas pour ses deux premiers romans.

  • À la fin de la Seconde guerre mondiale, en Bretagne, Maria Salaün est tondue par son ami d'enfance, Antoine, pour avoir vécu une histoire d'amour avec un officier allemand.
    Le commando de maquisards, débarquant dans une Jeep de l'armée américaine, impose à la jeune fille l'humiliation publique, en l'asseyant sur une chaise de bistrot, dans la cour de l'auberge de son père, devant la foule friande de spectacle. Maria n'oppose aucune résistance, sauf celle de se présenter devant eux pieds nus, dans une magnifique robe de mousseline blanche, sa flamboyante chevelure rousse déployée. Sans pleurer ni baisser les yeux, elle se laisse tondre. Car la honte n'est pas dans son camp, mais dans celui de ceux qui ont agi, laissé faire ou favorisé.
    Après cette humiliation publique, la jeune fille décide de se venger. Six noms sont sur sa liste...

  • Petit frère

    Alexandre Seurat

    Dans ce roman, Alexandre Seurat affronte une nouvelle fois une question tragique : le décès brutal d'un jeune homme, avant trente ans, d'addictions diverses. Remontant le fil de sa courte vie depuis l'enfance, le narrateur tente de comprendre ce qui a fait dévier son frère de sa trajectoire. Livre de la douleur et de la culpabilité, «Petit frère» interrogera tous ceux qui ont pu être confrontés à des destins très tôt brisés. Par l'auteur remarqué de «La Maladroite» et de «L'administrateur provisoire».

  • De la naissance du 7e Art à nos jours, Guillaume Guéraud revisite l'histoire du cinéma au travers de vingt-huit héroïnes, méconnues pour la plupart. En mettant l'accent sur des figures bien trempées, en redonnant le contexte historique et politique, ce recueil de nouvelles/portraits éclaire différemment de nombreux films. Entre littérature et documentaire, un recueil de nouvelles/portraits ambitieux et original. Et féministe !

  • Un funambule

    Alexandre Seurat

    Un jeune homme est réfugié dans la maison de vacances de ses parents, en bord de mer. Cela ne « va » pas, tout l'engloutit, la pensée de sa mère, sa relation avortée à la seule femme qu'il ait aimée, sa non-existence sociale. C'est un être effrondré, un funambule qui marche au-dessus du vide. Alors qu'il retrouve les siens pour la fête des mères, il apprend qu'il doit se rendre avec son père à un rendez-vous médical dont il ne sait rien. Après «La maladroite» et «L'administrateur provisoire», Alexandre Seurat poursuit son exploration des failles familiales. Il plonge le lecteur dans un monde sans repères, dont on ne sait si l'absence de limites tient à la folie du personnage ou à la violence du monde extérieur.      

  • Depuis toujours, Amaury da Cunha est baigné dans les images et nous raconte ses « petites histoires » de photographies, professionnelles, familiales et privées. Comment on choisit une image pour la Une du Monde, comment on vit avec la dernière photo de son frère décédé, comment photographier une femme désirée... Ces histoires sensibles, petits fragments de vie, nous renvoient à notre propre rapport aux images, redevenues très présentes dans notre quotidien, via les portables et les réseaux.

  • Une mer d'huile

    Pascal Morin

    Depuis 45 ans, Danielle, neurologue à la retraite, vient passer ses vacances dans la  maison de famille, sur la Côte d'Azur. Comme chaque été, elle y accueille son fils Pierre-Marie, psychiatre, et son unique petit-fils, Arthur, élève en classe scientifique. La seule nouveauté, cet été-là, c'est la présence de Prisca, une jeune fille recrutée pour aider aux tâches ménagères. Prisca, comme une météorite tombée d'une autre planète, va agir, par sa seule présence, comme un révélateur de leurs manques et de leurs frustrations... et les remettre en mouvement. Dans les paysages magnifiques de la Côte d'Azur, une parabole sur la vie comme nécessaire renouveau perpétuel.

  • « Pourquoi mon regard est-il si souvent aimanté au bizarre, à tout ce qui menace de sombrer ? » s'interroge l'auteur dans ce récit mêlant faits divers anciens et contemporains, intimes et célèbres. Tour de Singapour, métro parisien, train sicilien : avec lui on voyage d'une histoire d'amour à un souvenir d'enfance, d'une expo photo à un suicide en direct, dans une série d'associations souvent en liaison avec des images. Deuxième récit d'Amaury da Cunha, par ailleurs photographe, après Fond de l'oeil, petites histoires de photographies.

  • Placé depuis des années dans un asile, Joseph écosse des petits pois, fabrique des sacs, c'est son travail. Mais avant, Joseph était un grand écrivain, d'ailleurs le directeur et le médecin l'incitent à reprendre l'écriture. Mais lui préfère le simple, la lumière, les oiseaux, les cailloux, le détachement absolu. Dans ce roman, Arnaud Rykner s'est inspiré de la vie de l'écrivain suisse Robert Walser, avant de prendre des libertés.
    « «Surtout, ne pas penser (.) Juste devenir idiot »» écrivait ce dernier. Un roman bouleversant sur la condition humaine.

  • Sous la vague

    Anne Percin

    Mars 2011. Alors que le Japon s'enfonce dans le chaos nucléaire, l'héritier d'une prestigieuse propriété de cognac vit son propre tsunami. Dégringolade financière, fille enceinte d'un ouvrier syndicaliste, grève, etc. Il résiste à sa façon, molle et naïve, ne trouvant du réconfort qu'auprès de son chauffeur, un fumeur de joints, ainsi que d'un chevreuil, comme si, face à la sauvagerie globalisée, seule la chaleur d'un animal, ou les fragrances d'un vieil alcool, lui apportaient réconfort.
    Démarrant comme une comédie sociale, le nouveau roman d'Anne Percin bascule progressivement dans une fable fantaisiste et décalée. Une nouvelle veine pour cette auteure appréciée en littérature générale comme en jeunesse.

  • Dans la zone industrielle d'une ville en bord de mer, une boîte de nuit, le Mephisto, en fin de course, comme semble aussi l'être son patron, Samuel, un vieux beau arrogant et cynique. Au vestiaire se tient Sandra, une quadragénaire solitaire, enfermée dans un passé douloureux dont on ne sait rien. Cet été-là, surgit brutalement le troisième homme de ce qui fut un  trio, Rodolphe, l'ex-mari de Sandra, l'ex-ami de Samuel, déchiré quinze ans auparavant par la mort d'une enfant. D'une forte tension, avec la sécheresse d'une écriture cinématographique qui éclaire et assombrit chaque visage, ce roman noir est poisseux et addictif.

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