Sindbad

  • Jawad est le fils cadet d'une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et de préparer les morts avant leur enterrement. Mais Jawad s'y refuse et rêve de devenir sculpteur «pour célébrer la vie plutôt que vivre avec les trépassés».

  • Pendant de longues années, Najla Jraissaty Khoury a sillonné le Liban afin de constituer le corpus le plus exhaustif possible des contes populaires libanais. Le présent ouvrage rassemble trente de ces contes, des histoires de femmes, racontées par des femmes à l'adresse d'autres femmes. On y retrouve la faconde des conteurs, la sagesse féminine, et de l'humour à toutes les pages...

  • Vingt siècles de l'histoire de l'humanité sont ici évoqués en fonction de leur rapport à la plus modeste des Légumineuses : le pois chiche. Avec une bonne centaine de recettes, glanées autour de la Méditerranée, mais aussi en Iran et en Inde, et des commentaires alliant érudition et humour.

  • Sous ce nom (le Fou, ou le Fou de Laylâ : Majnûn Laylâ) se cache un jeune homme, Qays ibn al-Mulawwah, qui n'a peut-être jamais existé. D'entrée de jeu, il s'agit d'un inextricable duo entre histoire et légende. La première nous dit qu'au désert d'Arabie, dans la seconde moitié du VIIe siècle, circulent des poèmes chantant un amour parfait et impossible. Leurs auteurs, sous divers noms, se veulent, d'une tribu à l'autre, les meilleurs dans le genre, et pour avoir vécu cet amour, et pour le dire.
    La légende, elle, nous parle d'un jeune homme, Qays, de la tribu des Banû 'Amir, qui tombe amoureux de sa cousine Laylâ. Tout devrait concourir à leur bonheur : ils n'ont aucune crainte quant à l'accord de leurs familles, portées, comme les autres, à ce type de mariage entre cousins. Mais voilà... Qays est poète, et il décide de chanter son amour à tous vents. Ce faisant, il enfreint une règle majeure du code bédouin. Dès lors, tout s'enchaîne : le refus de la famille, le mariage forcé de Laylâ, son départ de la tribu, Qays sombrant dans la folie et allant vivre avec les bêtes du désert, sa mort enfin, d'épuisement et de douleur.
    Quel qu'en soit l'arrière-plan social, la légende crée un mythe : celui de l'amour parfait et impossible. De tous les poètes qui l'ont chanté dans l'Arabie de ce temps, Majnûn est sans doute le plus grand. Homme de chair et de sang, ou personnage inventé, il fixe au poème un unique sujet : l'amour dans toutes les variations possibles.

  • Sous le signe du grand cuisinier et gastronome arabe du IXe siècle, un voyage gourmand imaginaire autour de la Méditerranée, plein de citations littéraires, de références savantes, de recettes succulentes et d'anecdotes surprenantes.

  • Courrier de nuit

    Hoda Barakat

    • Sindbad
    • 3 Octobre 2018

    Un réfugié sans-papiers hébergé par une femme charitable avoue avoir commis un meurtre dans une lettre qu'il n'enverra jamais. Une femme abandonnée par son amant pour lequel elle a quitté le Liban retrouve la lettre par hasard et se met à écrire à son tour, comme pour conjurer le sort, dans la chambre d'hôtel où elle attend sans trop d'espoir la fin de ses vingt ans d'errance. Jamais postée, oubliée, la lettre se retrouve par hasard entre les mains d'un autre étranger, bourreau du conflit syrien, qui, à son tour, raconte des épisodes scabreux de son passé, mais la lettre tombe entre les mains d'un autre réfugié. Et ainsi de suite, des lettres anonymes sont relayées par d'autres qui n'arriveront jamais à leurs destinataires. En une centaine de pages troublantes de bout en bout, Hoda Barakat campe des personnages, hommes et femmes, en butte à la misère sociale et à leurs propres démons, et pointe l'incommunicabilité humaine dans notre village planétaire, féru de ses moyens de communication.

  • L'échelle de la mort

    Mamdouh Azzam

    • Sindbad
    • 8 Janvier 2020

    Roman court et dense, L'Échelle de la mort commence par la mort d'une jeune femme, Salma. Accusée d'avoir souillé «l'honneur de la famille», elle a été condamnée par ses proches à périr lentement, cruellement, dans le secret d'une cave obscure. L'auteur excelle dans la restitution de l'atmosphère à la fois austère et lubrique d'un village où les crimes d'honneur continuent à être commis impunément et sans susciter la moindre compassion.

  • Al-Najdi, le marin

    Taleb Alrefai

    • Sindbad
    • 12 Février 2020

    Inspiré par la vie du célèbre marin Ali Al-Najdi (1909-1979), à partir de ses souvenirs d'enfance et des récits de ses aventures rapportés par son petit-fils et ses amis, ce roman concis et mélancolique témoigne de l'ancienne passion des Koweïtiens pour la mer, avant les transformations qui ont affecté la société et le paysage urbain sous l'effet de l'exploitation du pétrole.

  • Les personnages de Mustafa Taj Aldeen Almosa sont des Syriens ordinaires qui se meuvent dans des lieux familiers, nullement exotiques, mais où soudain surgit le surnaturel sous les traits d'un fantôme ou d'un génie ou encore d'un animal doué de raison. Cette anthologie, tirée des six recueils de l'auteur publiés entre 2012 et 2019, témoigne à la fois d'une vision pénétrante de la réalité syrienne, hantée par la violence et la mort, et d'une approche originale et maîtrisée du genre difficile de la nouvelle.

  • Dans un village situé au sud-ouest de l'Arabie saoudite, vit paisiblement une communauté de paysans enracinés dans leur terroir et fidèles à leurs traditions égalitaires. Un émirat voisin fondé sur une doctrine austère et conquérante cherche à abolir ce qu'ils ont de plus cher : la mixité hommes-femmes et les rites de passage à travers lesquels ils célèbrent leur communion avec la nature. Ils se décident alors à émigrer, guidés par les récits légendaires de leurs ancêtres.

  • Cette anthologie est la sixième série de nouvelles extraites des plus célèbres écrits de l'Égyptien Naguib Mahfouz, premier auteur arabe à avoir obtenu le prix Nobel de littérature en 1988. Elle offre la vision d'une Égypte aux multiples facettes où se côtoient mystères et intrigues, nostalgie et réalisme et souvent cocasserie et extravagance.

  • Par un intellectuel libanais de premier plan, dix articles sur l'empêchement de la modernité en terres arabo-islamiques, à travers des thèmes convergents, comme l'antagonisme entre la tradition collective et les aspirations individuelles, l'ambiguïté du concept de laïcité dans son usage commun, ou l'image du corps en islam.

  • Loin du vacarme

    Mohamed Berrada

    • Sindbad
    • 6 Février 2019

    Après plusieurs mois de chômage, un jeune diplômé en histoire se voit enfin confier des travaux d'enquêtes par un historien chevronné. Il est chargé de mener et d'analyser des entretiens avec des personnalités marocaines dans le cadre d'une étude d'envergure sur l'évolution de la société depuis l'Indépendance. Captivé par les récits francs et intimes de ses différents interlocuteurs, surpris par l'évolution des moeurs et des idéaux, par les chemins que chacun emprunte pour s'adapter aux mutations qui ont traversé le Maroc ces cinquante dernières années, il entreprend d'en faire un roman. Écrire hors du cadre académique revient pour lui à braver la censure de l'Histoire officielle.

  • Saint-Jean-D'Acre en 1799. Protégée par ses remparts et réputée imprenable depuis les Croisades, la ville est gouvernée par Jazzâr Pacha, un Bosniaque sanguinaire au service de l'Empire ottoman. Venant d'Égypte, Bonaparte l'assiège mais échoue à son tour. La confrontation entre ces deux hommes hors du commun est un événement bien connu des historiens. Ala Hlehel nous en livre une version truculente où il pose la question toujours actuelle de la lutte pour la domination entre puissances étrangères, indifférentes au sort tragique de la population locale.

  • Panorama historique, magistrale synthèse et savante vulgarisation, ce livre veut faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Ici, le mot arabe renvoie à une langue : celle qu'employèrent des Arabes certes, mais aussi des Persans, des Turcs, des Juifs et des Espagnols. Langue de la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité, de l'Orient ancien et du monde musulman au Moyen Age occidental. Ces savoirs, l'Islam les accrut d'apports décisifs, qu'il s'agisse de la philosophie, des sciences (de la médecine à la géologie, du nautisme à l'astronomie), des arts (de la narrativité à la musique, du vêtement à l'architecture). L'analyse minutieuse du mouvement des traductions est admirablement cernée. Les pages sur la littérature et l'art lyrique nous amènent tout naturellement à Dante et aux troubadours. Car cet héritage andalou a changé l'Europe médiévale et sa conception de l'amour, avant de nourrir le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance. Dans la polémique déclarée ou implicite sur le rôle historique des Arabes, ce livre a, assurément, sa place

  • Il s'agit ici de la traduction de trois poèmes préislamiques, trois questions qui nous mènent de l'histoire même de la poésie arabe préislamique à son interprétation, anthropologique ou mythologique. Le cédrat, c'est le fruit à l'odeur pénétrante, métaphore de la femme en son palanquin, qu'Alqama b. 'Abada évoque dans son poème en mîm ; la jument, c'est la monture de l'aïeul que Khidash ibn Zuhayr invoque dans sa Mujamhara comme le symbole de la foi jurée ; la goule, c'est le cryptide associé à Ta'abbata Sharran, qui, dans un poème en lâm, raconte l'avoir rencontrée et tuée.

  • Au fil du temps, la question israélo-palestinienne est devenue une sorte de question coloniale d'un autre âge. Cinquante ans après la guerre des Six Jours, Jean-Paul Chagnollaud montre qu'au Moyen-Orient, la violence est toujours là, fragmentée et donc bien peu visible, mais en constante évolution. Une évolution qui met en cause la viabilité de la solution à deux États pour une paix juste, après négociation et, en dernière instance, par un accord entre les parties fondé sur le droit international. Sans cette nécessaire recherche de légitimité par le droit, les victoires remportées sur le terrain demeureront toujours précaires et, sur le long terme, elles préfigurent la défaite du vainqueur.

  • Mystiques, intrigantes, désabusées, absurdes, nostalgiques, réalistes ou drôles, ces nouvelles de Mahfouz extraites d'une dizaine de recueils frappent par la maîtrise technique de l'auteur, par son étonnante capacité de renouvellement et par la vision kaléidoscopique qu'il offre de l'Égypte contemporaine.

  • La minette de Sikirida

    Rachid El-Daïf

    • Sindbad
    • 10 Janvier 2018

    Dans le Liban des dernières décennies, des femmes bravent avec courage le machisme ambiant exacerbé par la violence guerrière. Rachid El-Daïf leur rend hommage avec humour et tendresse à travers les portrait de Sikirida, une bonne éthiopienne qui assume une liberté sexuelle scandaleuse. Celui de sa pieuse patronne, qui l'aidera à trouver un mari pour braver le jugement des autres. Ou encore celui d'Amal, jeune orpheline handicapée qui, une fois adulte, s'efforcera, non sans difficulté, de réaliser son rêve de maternité.

  • Ave Maria

    Sinan Antoon

    Youssef est un vieil irakien moyen de confession chrétienne. Célibataire endurci, très attaché à son mode de vie oriental, fidèle à ses amitiés multiconfessionnelles, il refuse obstinément de quitter Bagdad, sa ville natale, comme l'ont fait tant de chrétiens après l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Maha vient s'installer chez lui avec son mari, mais ne rêve, elle, que de partir loin, très loin, et le plus rapidement possible. La confrontation entre Youssef et Maha, qui se relaient pour raconter leur histoire, oppose deux générations d'Irakiens, celle des nostalgiques d'un passé convivial, qui finissent par le payer de leur vie, et celle qui cherche par-dessus tout à fuir l'horreur du présent.

  • Voici le récit de voyage d'un chrétien maronite d'Alep, Hannâ Dyâb, effectué lorsqu'il avait environ vingt ans, en compagnie du voyageur français Paul Lucas qui l'avait embauché lors de son passage en Syrie en 1707. C'est sous la forme d'un manuscrit unique conservé dans la collection Paul Sbath de la Bibliothèque Apostolique Vaticane, que nous parvient le récit de son périple qui l'a conduit à Nicosie, Alexandrie, Tunis, Gênes et Marseille jusqu'à son séjour prolongé à Paris et sa réception à Versailles dans les appartements de Louis XIV.

  • Comme d'autres peuples du monde, et peut-être plus que les autres, les Arabes n'ont cessé jusqu'à nos jours d'émailler leurs propos quotidiens de sentences, de maximes et de proverbes. Dès l'époque antéislamique et les premiers balbutiements de leur littérature, des poètes, des orateurs et des personnages connus pour leur pondération et la profondeur de leur pensée ont contribué à forger une longue chaîne faite de traits sapientiaux ou "hikam". En un minimum de mots, ces propos se répandirent parmi les tribus de la péninsule arabique et de ses confins syriens mésopotamiens.
    Cette propension à la concision dans l'expression ressortit au génie même de la langue arabe qui affectionne particulièrement la litote, le fait d'"exprimer le plus en disant le moins". D'où le recours à ces formules lapidaires qui constituent un trait caractéristique de la poésie arabe à travers tous ses thèmes, du panégyrique à la satire, en passant par la jactance, l'élégie et l'amour. C'est aussi l'une des principales préoccupations de la littérature en prose, AlAdab, dont l'objectif, depuis Jâhiz (m. 867) jusqu'aux encyclopédistes de l'époque mamelouke (1260-1516), était à la fois d'instruire et de divertir.
    Les sentences et maximes choisies dans ce livre sont présentées par thèmes et par ordre alphabétique. Elles ont été sélectionnées à partir de plusieurs anthologies, notamment Nathr al-durr (Perles éparses) d'Abû Sa'îd ibn al-Hasan al-Âbi (Xe siècle) et Al-Dhakhâ'ir wa al- 'abqariyyât (Trésors et génies littéraires) de l'auteur égyptien contemporain 'Abd al-Rahmân al-Barqûqî. Des notices biographiques concernant les personnages cités figurent à la fin du volume, donnant des précisions sur leur contexte historique, social et culturel.

  • Né en 915 à Kûfa, en Irak, Mutanabbî est généralement considéré comme le plus grand poète arabe de tous les temps. Il entreprit très jeune une carrière de panégyriste professionnel qui le conduisit en Syrie. Il devait alors avoir dix-huit ans à peine, mais était déjà en pleine possession de ses moyens et nourrissait de grandioses desseins.
    Il fut aussitôt jeté en prison à Hims, parce qu'il aurait, selon certaines sources, fomenté une révolte dans le désert et même, diront ses ennemis, prétendu être un nouveau prophète. Relâché, il sillonna la Syrie pendant quinze ans, de Tibériade à Tripoli et de Ramleh à Antioche, s'attachant à plusieurs potentats locaux, en général sans conviction.
    En 948, il trouva enfin à Alep un patron à sa mesure en la personne du prince hamdânite Sayf al-Dawla, maître de la Syrie du Nord, qui défendait, seul contre Byzance, les frontières de l'islam. Il l'accompagna dans ses campagnes et lui dédia des poèmes somptueux, qui comptent parmi les plus beaux de la langue arabe.
    Déçu cependant par les intrigues de la cour, il s'en sépara en 957 pour se rendre en Égypte auprès de l'ikhshîdite Kâfûr, peu fait pour combler ses ambitions et sa quête d'absolu. Il le quitta donc quatre ans plus tard, non sans lui avoir adressé une très méchante satire. De nouveau en Irak, où son attitude hautaine lui valut des ennemis supplémentaires, il poussa jusqu'à Chiraz, à l'invitation du prince Buyide 'Adud al-Dawla.
    Il mourut en 965, sur le chemin du retour, près de Bagdad, assassiné par des bédouins.

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