Sindbad

  • Jawad est le fils cadet d'une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et de préparer les morts avant leur enterrement. Mais Jawad s'y refuse et rêve de devenir sculpteur «pour célébrer la vie plutôt que vivre avec les trépassés».

  • Sous ce nom (le Fou, ou le Fou de Laylâ : Majnûn Laylâ) se cache un jeune homme, Qays ibn al-Mulawwah, qui n'a peut-être jamais existé. D'entrée de jeu, il s'agit d'un inextricable duo entre histoire et légende. La première nous dit qu'au désert d'Arabie, dans la seconde moitié du VIIe siècle, circulent des poèmes chantant un amour parfait et impossible. Leurs auteurs, sous divers noms, se veulent, d'une tribu à l'autre, les meilleurs dans le genre, et pour avoir vécu cet amour, et pour le dire.
    La légende, elle, nous parle d'un jeune homme, Qays, de la tribu des Banû 'Amir, qui tombe amoureux de sa cousine Laylâ. Tout devrait concourir à leur bonheur : ils n'ont aucune crainte quant à l'accord de leurs familles, portées, comme les autres, à ce type de mariage entre cousins. Mais voilà... Qays est poète, et il décide de chanter son amour à tous vents. Ce faisant, il enfreint une règle majeure du code bédouin. Dès lors, tout s'enchaîne : le refus de la famille, le mariage forcé de Laylâ, son départ de la tribu, Qays sombrant dans la folie et allant vivre avec les bêtes du désert, sa mort enfin, d'épuisement et de douleur.
    Quel qu'en soit l'arrière-plan social, la légende crée un mythe : celui de l'amour parfait et impossible. De tous les poètes qui l'ont chanté dans l'Arabie de ce temps, Majnûn est sans doute le plus grand. Homme de chair et de sang, ou personnage inventé, il fixe au poème un unique sujet : l'amour dans toutes les variations possibles.

  • Panorama historique, magistrale synthèse et savante vulgarisation, ce livre veut faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Ici, le mot arabe renvoie à une langue : celle qu'employèrent des Arabes certes, mais aussi des Persans, des Turcs, des Juifs et des Espagnols. Langue de la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité, de l'Orient ancien et du monde musulman au Moyen Age occidental. Ces savoirs, l'Islam les accrut d'apports décisifs, qu'il s'agisse de la philosophie, des sciences (de la médecine à la géologie, du nautisme à l'astronomie), des arts (de la narrativité à la musique, du vêtement à l'architecture). L'analyse minutieuse du mouvement des traductions est admirablement cernée. Les pages sur la littérature et l'art lyrique nous amènent tout naturellement à Dante et aux troubadours. Car cet héritage andalou a changé l'Europe médiévale et sa conception de l'amour, avant de nourrir le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance. Dans la polémique déclarée ou implicite sur le rôle historique des Arabes, ce livre a, assurément, sa place

  • Mystiques, intrigantes, désabusées, absurdes, nostalgiques, réalistes ou drôles, ces nouvelles de Mahfouz extraites d'une dizaine de recueils frappent par la maîtrise technique de l'auteur, par son étonnante capacité de renouvellement et par la vision kaléidoscopique qu'il offre de l'Égypte contemporaine.

  • Voici le récit de voyage d'un chrétien maronite d'Alep, Hannâ Dyâb, effectué lorsqu'il avait environ vingt ans, en compagnie du voyageur français Paul Lucas qui l'avait embauché lors de son passage en Syrie en 1707. C'est sous la forme d'un manuscrit unique conservé dans la collection Paul Sbath de la Bibliothèque Apostolique Vaticane, que nous parvient le récit de son périple qui l'a conduit à Nicosie, Alexandrie, Tunis, Gênes et Marseille jusqu'à son séjour prolongé à Paris et sa réception à Versailles dans les appartements de Louis XIV.

  • Khaled Khalifa explore en profondeur la vie d'une famille alépine ballottée par l'histoire. À travers elle, il restitue les moments les plus douloureux des cinquante dernières années en Syrie, marqués autant par la répression policière que par la corruption, mais aussi par tes peurs et les méfiances communautaires, le fanatisme religieux et une profonde crise morale,

  • A la différence du haïku japonais ou des rubâ'yyât d'Omar Khayyâm, le genre poétique de la qasîda, ou ode arabe préislamique a rarement inspiré la poésie occidentale. Pierre Larcher met en rapport deux exceptions, deux poèmes de cette période parmi les plus beaux, adaptés par Goethe et Armand Robin.
    La première exception est un poème de Ta'abbata Sharran, un des deux plus célèbres poètes-brigands de l'Antéislam. Connu très tôt en Occident à travers l'anthologie poétique la Hamâsa d'Abû Tammâm (IXe siècle), il fut plusieurs fois traduit en latin et en allemand, avant d'être adapté par Goethe dans le Divan occidental-oriental.
    La seconde exception est un célèbre poème d'Imru' al-Qays, la lâmiyya, traduite en français sous l'appellation fautive de "première mu'allaqa" par le poète Armand Robin, d'après l'édition et la traduction en latin du Dîwân d'Imru' al-Qays faites par de Slane, en 1837.
    Pierre Larcher propose une traduction poétique de ces deux poèmes, suivie d'une traduction juxtalinéaire de l'adaptation de Goethe, comparée à l'original arabe, et d'une étude sur la traduction de Robin.
    La réunion de ces deux poèmes ayant en commun d'avoir été adaptés par des poètes occidentaux se veut une contribution à l'histoire de l'"orientalisme", dont les deux faces - sa-vante et littéraire -, sont étroitement connectées, mais aussi à une meilleure connaissance de la poésie arabe préislamique, ici illustrée par deux de ses grands types, le brigand et l'amant, qui donnent son titre au livre.

  • Francesco Gabrieli a non seulement rassemblé des textes traduits en français par les orientalistes du XIXe siècle, mais également des textes arabes publiés mais non traduits, et des textes manuscrits inédits à ce jour. Epopées, chroniques, portraits, tous les genres se succèdent afin d'éclairer les événements majeurs : siège de Tyr, prise et reconquête de Jérusalem, chute de Damiette, bataille de Tibériade, rencontres sous les murs d'Acre, sans oublier de longues années de paix armée, d'interminables négociations. Sont aussi précisés les grands profils : Baudouin II, Saladin, Nûr ad-Dîn Zinkî, saint Louis, Coeur de Lion, les Templiers, Frédéric Barberousse, Baïbars...
    Par la richesse de la matière, l'abondance des précisions, l'historiographie arabe des Croisades soutient la comparaison avec celle des chrétiens du Moyen Age. Mais on y voit se renverser notre échelle des valeurs.

  • Ce recueil réunit les articles et les études d'Henry Laurens publiés dans la revue L'Histoire où il écrit depuis vingt ans. L'auteur y livre l'essentiel de ses travaux sur l'histoire de l'orientalisme, sur le concept d'empire, sur l'histoire de la Méditerranée et sur la question de la Palestine. Un ouvrage édifiant, qui rend plus intelligible cet Orient que le général de Gaulle qualifiait de "compliqué".

  • Le fil conducteur du récit est la vie de trois personnages, une femme émancipée, Naïma, un homme du peuple éclairé et un vieux politicien déluré, qui se racontent et se confient, se croisent et se séduisent, s'entraident et se trompent. En filigrane de leurs mémoires et de leurs confessions se dessine une image contrastée de la société marocaine contemporaine, avec ses aspirations au changement et ses blocages structurels.
    Les vies voisines sont autant de quêtes existentielles qui questionnent l'origine du plaisir, le sens et la raison d'être au monde, le drame de la temporalité et de la finitude humaine. La construction narrative elle-même invite à s'interroger sur la subjectivité des regards et des récits, car Vies voisines est un roman à trois personnages et à cinq voix. A celle des personnages principaux vient en effet s'ajouter la voix du narrateur-narrataire qui a partagé la vie, voisine, des trois héros, a enregistré leurs récits et qui le relate.
    La dernière voix qui s'élève est enfin celle du conteur ou râwî, figure traditionnelle des textes arabes anciens. Celui-ci est chargé de mettre à distance et de présenter chacune des existences entremêlées. Il est pour ainsi dire le regard extérieur, mais est-il pour autant plus objectif ?, le présentateur ou le chef d'orchestre du roman. Chaque existence est ainsi racontée plusieurs fois, jusqu'à ce que le conteur choisisse à son tour en fin d'ouvrage son propre mode de narration, et revendique sa propre subjectivité en s'intronisant auteur d'un scénario.

  • Quelle perspective adopter pour comprendre l'histoire du Liban et de la Syrie depuis leur fondation comme États il y a près d'un siècle ? Comment analyser l'évolution des relations syro-libanaises ? À travers ses recherches sur les relations entre la Syrie et le Liban, sur les plans politique, économique, social et culturel, Elizabeth Picard nous donne les clés pour mieux comprendre les enjeux actuels, notamment depuis le déclenchement du soulèvement syrien.

  • Le 15 mai 1826, débarquent à Marseille les membres enturbannés d'une mission envoyée par le pacha d'Egypte. Tahtâwî sera le plus célèbre d'entre eux. Parisien durant cinq ans, il observe, écoute, lit, traduit. Il s'initie à la pensée des philosophes des Lumières et dialogue avec les grands maîtres de l'orientalisme.
    Il raconte aussi. Car son récit se veut un guide pour les voyageurs, un traité sur Paris et un manuel d'enseignement sur la civilisation occidentale à l'attention des peuples musulmans. L'imam-étudiant, devenu chercheur d'or, passe tout au tamis : la Constitution et la démocratie, le soulèvement de 1830, l'activité scientifique et culturelle. Et il découvre : la fourchette, les cafés, l'usage généralisé des miroirs, le rôle de la presse, la légèreté des moeurs de la femme. qui l'étonnent. Un livre où, pour une fois, nous sommes vus à travers les yeux de l'autre.

  • L'auteur tente de suggérer ce qu'ont pu être les vies des cinq cent quarante-huit Maghrébins, provenant en majorité de différentes régions d'Algérie, qui se succédèrent, pour des séjours en captivité et en exil pouvant aller jusqu'à quinze ans, entre 1871 et 1903, dans la petite cité génoise de Calvi, en Corse occidentale.

  • Née à Jérusalem, May est partie en 1948 pour s'exiler aux Etats-Unis où elle s'est forgée une renommée internationale dans la peinture. A l'approche de la mort, l'artiste exprime le voeu d'être inhumée dans sa ville natale. Peut-on retourner sur une terre lorsque celle-ci change et qu'on n'habite plus son enfance ?
    May est une artiste peintre américaine, d'origine palestinienne, qui a quitté Jérusalem en 1948, dans des conditions dramatiques. A la fin de sa vie, elle est tentée par le retour au pays. Cinquante ans d'absence, d'exil forcé et autant d'années pour se forger une renommée internationale dans la peinture. Les années passent, elle tombe gravement malade et souhaite être enterrée à Jérusalem, sur la terre de ses origines, mais les autorités israéliennes lui refusent cette requête, ce dernier souhait. Elle demande donc à son fils, Juba, de l'incinérer et de disperser ses cendres sur les lieux de son enfance.
    Une question ontologique traverse entièrement le roman : peut-on retourner sur une terre lorsque celle-ci change et qu'on n'habite plus son enfance ? May, qui a fini de buter contre les murs de la solitude, inculque à Juba, malgré sa profonde détresse, l'art de s'ouvrir à une conversion vers l'homme, c'est-à-dire à un dialogue positif. Et l'art musical est le meilleur moyen d'y arriver.

  • Dans un petit village libanais, à la veille de la révolte arabe de 1916 contre la domination turque, un militant nationaliste, Sami Assem, est contraint de se replier dans une vieille cabane en haute montagne où son amoureuse, Zeina, lui apporte régulièrement de quoi se nourrir et les dernières nouvelles du pays. Lassé de son isolement, il quitte sa cachette, tue par inadvertance un soldat déserteur et finit par être arrêté. Deux cadavres sont aussitôt retrouvés, et les autorités militaires font circuler une fausse rumeur selon laquelle il s'agirait de Sami et du gardien de prison qui l'aurait aidé à s'enfuir. Désespérée, Zeina décide alors de se rapprocher, pour le tuer, du gouverneur turc qui la poursuivait de ses assiduités.
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  • L'auteur propose une analyse historique des contes des Mille et Une Nuits, tels qu'ils sont donnés dans la première édition de l'ouvrage en Égypte en 1835, et tels qu'ils ont été diffusés, par exemple en français, par Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel en 2005-2006, dans la "Bibliothèque de la Pléiade". Il s'avère que le recueil a été composé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle par un cheikh inconnu. Son texte a été depuis considéré comme une sorte de vulgate des Mille et Une Nuits et traduit comme tel dans toutes les langues.
    La comparaison entre les textes arabes retenus par ce cheikh et certaines versions antérieures de ces mêmes contes montre chez lui un souci constant de recourir à une langue plus classique, de corriger les anciennes versions en vue d'en effacer ce qu'il estimait dangereux (par exemple tout ce qui pourrait ressembler à de la complaisance envers l'amour des garçons), et de proposer une version morale, voire religieuse des contes.
    Si le recueil rassemble quelques contes antérieurs au XVe siècle, il prend pour point de départ une série de contes plus récents, dont ceux que Galland a fait connaître en Europe à partir de 1704. Ces Nouvelles Mille et Une Nuits, composés au XVe siècle par un auteur syrien, se caractérisent par la reprise, d'un conte à l'autre, de vers ou de situations qui assurent l'unité de l'ensemble. L'analyse des "indices contextuels" des autres contes montre qu'après l'occupation de la Syrie et de l'Égypte par les Ottomans en 1517, la production de contes a cessé pendant environ un demi-siècle. Lorsque l'intégration dans l'Empire ottoman a été plus ou moins acceptée, on a créé des Mille et Une Nuits modernes inspirées des Nouvelles Mille et Une Nuits de l'auteur du XVe siècle, en ayant recours à leurs procédés de "citations" littéraires.
    Jean-Claude Garcin estime ainsi que 56 % des textes de la version de 1835 appartiennent aux Mille et Une Nuits modernes, et qu'ils furent donc élaborés à l'époque ottomane, aux XVIe et XVIIe siècles.

  • Le Livre de l'art du commensal traite des règles que doit observer le commensal, le compagnon de table (nadîm). A l'époque de l'auteur, c'est un professionnel et la munâdama, un véritable métier exigeant un savoir-faire transmis de père en fils.
    Cet ouvrage décrit donc les usages d'une corporation bien plus restreinte que le milieu du " raffinement, (zarf), même si certaines règles sont communes au nadîm et au zarîf. Le premier rivalise avec d'autres figures majeures de la cour : poètes, musiciens, astrologues, chanteuses, secrétaires. Comme eux, il n'est pas forcément de noble extraction. Seuls son talent et ses capacités intellectuelles, sa connaissance du Coran, de la poésie, de la musique, du chant, du jeu d'échecs, de la jurisprudence, déterminent son statut et peuvent lui valoir les plus hauts rangs. Cependant, un choix minutieux s'impose, car le commensal représente une sorte de " reflet " de son maître, un confident du calife qui entend et voit ce qu'un vizir ne devrait pas entendre ni voir. Il jouit d'une certaine liberté d'expression, mais la vigilance est de mise et il a intérêt à être discret. Il est celui qui sait tout mais n'exerce aucun pouvoir.

  • La prose arabe classique, dans son genre majeur, al-adab, destiné à instruire et divertir, abonde en histoires d'amour merveilleuses, parfois légendaires, à l'instar des autres littératures d'Orient et d'Occident. Puisée dans cet énorme corpus, la présente anthologie s'adresse au grand public et se limite délibérément - à deux exceptions près - aux récits fondateurs portant sur les premiers temps de la littérature arabe, entre le VIe et le VIIIe siècle.

  • Amran a quitté Aden pour la France au milieu des années 1970 en tant que boursier. À l'époque, son pays s'appelait la République démocratique populaire du Yémen et se présentait comme le phare du «socialisme scientifique» dans la péninsule Arabique. Après plusieurs années passées en France, affecté par la perte de sa femme française qu'il aimait passionnément, ayant perdu ses illusions de jeunesse, il rentre dans son pays, désormais uni au Yémen du Nord, et s'y sent totalement étranger. Il rencontre par hasard à Sanaa une prédicatrice salafiste en niqab, et il est abasourdi de reconnaître en elle son amour d'adolescence, Hâwiya, la fille d'un grand dirigeant du parti socialiste, surnommé Souslov, du nom de l'idéologue du parti communiste soviétique. En renouant avec elle, il parvient à comprendre les méthodes de recrutement du mouvement salafiste, son mode de fonctionnement et ses relations équivoques avec la dictature militaire. Quand éclate en février 2011 le «printemps» yéménite, il est dans la rue avec ses rêves de changement démocratique, mais les salafistes sont là aussi, et ils attendent leur heure de gloire...

  • "L'Egypte écrit, le Liban imprime et l'Irak lit", disait-on il n'y a pas très longtemps pour résumer en une boutade la situation du livre et de la lecture dans le monde arabe.
    Les choses étaient déjà bien plus complexes et elles le sont davantage de nos jours. A partir d'une étude, la première jusqu'à présent, du rôle de Beyrouth en tant que capitale de l'édition arabe, rôle qu'elle partage avec Le Caire, Franck Mermier dresse un tableau du paysage éditorial en montrant notamment l'émergence dans ce domaine des pays du Maghreb et de la péninsule Arabique. Une analyse du marché du livre fait ressortir les difficultés que rencontrent les éditeurs à tous les niveaux et insiste sur les efforts déployés par eux pour s'adapter aux nouveaux moyens de production et de circulation.
    Efforts qui tendent à une recomposition du champ éditorial et à une approche plus moderne du métier d'éditeur.

  • Jusque-là traduit dans la plupart des grandes langues européennes mais pas en français, Villes de sel relate, sur un ton épique et à travers une impressionnante saga, la découverte du pétrole en Arabie saoudite - où il est encore interdit.

  • Dans ce roman mêlant fiction et réalité, Taleb Alrefai met en scène son propre personnage, témoin d'une histoire d'amour dont il nous livre les soubresauts avec compassion, sans porter de jugement. Une jeune koweitienne, Kawthar, défie sa famille, pourtant libérale, et dévoile aussi bien le machisme ambiant que le mensonge et la dissimulation dans la vie sociale et intime des femmes.

  • Parmi les dizaines de récits de voyage édités ou réédités ces dernières années, celui-ci est certainement l'un des plus étranges. Non seulement en raison des informations de première main qu'on y trouve sur la faune et la flore de l'Amérique hispanisée, ou sur le comportement des autorités militaires et religieuses espagnoles, mais surtout parce qu'on se demande en le lisant comment l'auteur, un ecclésiastique irakien appartenant à la très modeste communauté catholique chaldéenne, a pu obtenir de la reine d'Espagne toutes les facilités nécessaires pour sillonner l'immense contrée qu'il nous décrit.

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