Langue française

  • Vingt siècles de l'histoire de l'humanité sont ici évoqués en fonction de leur rapport à la plus modeste des Légumineuses : le pois chiche. Avec une bonne centaine de recettes, glanées autour de la Méditerranée, mais aussi en Iran et en Inde, et des commentaires alliant érudition et humour.

  • Sous le signe du grand cuisinier et gastronome arabe du IXe siècle, un voyage gourmand imaginaire autour de la Méditerranée, plein de citations littéraires, de références savantes, de recettes succulentes et d'anecdotes surprenantes.

  • Par un intellectuel libanais de premier plan, dix articles sur l'empêchement de la modernité en terres arabo-islamiques, à travers des thèmes convergents, comme l'antagonisme entre la tradition collective et les aspirations individuelles, l'ambiguïté du concept de laïcité dans son usage commun, ou l'image du corps en islam.

  • Au fil du temps, la question israélo-palestinienne est devenue une sorte de question coloniale d'un autre âge. Cinquante ans après la guerre des Six Jours, Jean-Paul Chagnollaud montre qu'au Moyen-Orient, la violence est toujours là, fragmentée et donc bien peu visible, mais en constante évolution. Une évolution qui met en cause la viabilité de la solution à deux États pour une paix juste, après négociation et, en dernière instance, par un accord entre les parties fondé sur le droit international. Sans cette nécessaire recherche de légitimité par le droit, les victoires remportées sur le terrain demeureront toujours précaires et, sur le long terme, elles préfigurent la défaite du vainqueur.

  • Mystiques, intrigantes, désabusées, absurdes, nostalgiques, réalistes ou drôles, ces nouvelles de Mahfouz extraites d'une dizaine de recueils frappent par la maîtrise technique de l'auteur, par son étonnante capacité de renouvellement et par la vision kaléidoscopique qu'il offre de l'Égypte contemporaine.

  • Les Accords d'Oslo signés en 1993 par Arafat et Rabin constituent un tournant décisif dans l'histoire du mouvement national palestinien. L'auteur retrace les évolutions sur le terrain depuis cette date en insistant sur les grands débats qui agitent la scène politique en ce qui concerne les frontières entre Israël et la Palestine et les différentes stratégies de résistance proposées par les forces en présence.

  • Ce recueil réunit les articles et les études d'Henry Laurens publiés dans la revue L'Histoire où il écrit depuis vingt ans. L'auteur y livre l'essentiel de ses travaux sur l'histoire de l'orientalisme, sur le concept d'empire, sur l'histoire de la Méditerranée et sur la question de la Palestine. Un ouvrage édifiant, qui rend plus intelligible cet Orient que le général de Gaulle qualifiait de "compliqué".

  • Ce livre regroupe une quinzaine d'articles de fond et de chroniques publiés dans la Revue d'études palestiniennes par Ilan Halévi (1942-2013), militant de gauche au parcours atypique qui se définissait «comme 100% juif et 100% palestinien», mais qui était d'abord citoyen du monde.

  • Ce livre propose plusieurs analyses approfondies sur la notion d'orientalisme, dont les prémisses en Europe remontent au Moyen-Âge. Terme auquel, dès le départ, on attribue deux significations : l'une que l'on peut qualifier de savante, fondée sur un apprentissage plus ou moins rigoureux, mais toujours laborieux des langues de l'Orient musulman, l'arabe d'abord, le turc et le persan ensuite ; l'autre que l'on peut qualifier de littéraire, et, plus largement, artistique, mettant ce même Orient, tantôt réel, tantôt rêvé, au centre de l'oeuvre.

  • Un livre pour mieux comprendre le phénomène du printemps arabe et ses conséquences actuelles, notamment l'expansion inquiétante de Daesh. Structures rentières, inégalités criantes, insécurité alimentaire, corruption généralisée : Bachir El-Khoury explore dans cet essai, chiffres à l'appui, les racines du mal qui ravage les sociétés arabes, réfutant au passage les interprétations culturalistes en vogue aussi bien en Occident qu'au sein même de ces sociétés.

  • Quelle perspective adopter pour comprendre l'histoire du Liban et de la Syrie depuis leur fondation comme États il y a près d'un siècle ? Comment analyser l'évolution des relations syro-libanaises ? À travers ses recherches sur les relations entre la Syrie et le Liban, sur les plans politique, économique, social et culturel, Elizabeth Picard nous donne les clés pour mieux comprendre les enjeux actuels, notamment depuis le déclenchement du soulèvement syrien.

  • L'auteur tente de suggérer ce qu'ont pu être les vies des cinq cent quarante-huit Maghrébins, provenant en majorité de différentes régions d'Algérie, qui se succédèrent, pour des séjours en captivité et en exil pouvant aller jusqu'à quinze ans, entre 1871 et 1903, dans la petite cité génoise de Calvi, en Corse occidentale.

  • L'auteur propose une analyse historique des contes des Mille et Une Nuits, tels qu'ils sont donnés dans la première édition de l'ouvrage en Égypte en 1835, et tels qu'ils ont été diffusés, par exemple en français, par Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel en 2005-2006, dans la "Bibliothèque de la Pléiade". Il s'avère que le recueil a été composé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle par un cheikh inconnu. Son texte a été depuis considéré comme une sorte de vulgate des Mille et Une Nuits et traduit comme tel dans toutes les langues.
    La comparaison entre les textes arabes retenus par ce cheikh et certaines versions antérieures de ces mêmes contes montre chez lui un souci constant de recourir à une langue plus classique, de corriger les anciennes versions en vue d'en effacer ce qu'il estimait dangereux (par exemple tout ce qui pourrait ressembler à de la complaisance envers l'amour des garçons), et de proposer une version morale, voire religieuse des contes.
    Si le recueil rassemble quelques contes antérieurs au XVe siècle, il prend pour point de départ une série de contes plus récents, dont ceux que Galland a fait connaître en Europe à partir de 1704. Ces Nouvelles Mille et Une Nuits, composés au XVe siècle par un auteur syrien, se caractérisent par la reprise, d'un conte à l'autre, de vers ou de situations qui assurent l'unité de l'ensemble. L'analyse des "indices contextuels" des autres contes montre qu'après l'occupation de la Syrie et de l'Égypte par les Ottomans en 1517, la production de contes a cessé pendant environ un demi-siècle. Lorsque l'intégration dans l'Empire ottoman a été plus ou moins acceptée, on a créé des Mille et Une Nuits modernes inspirées des Nouvelles Mille et Une Nuits de l'auteur du XVe siècle, en ayant recours à leurs procédés de "citations" littéraires.
    Jean-Claude Garcin estime ainsi que 56 % des textes de la version de 1835 appartiennent aux Mille et Une Nuits modernes, et qu'ils furent donc élaborés à l'époque ottomane, aux XVIe et XVIIe siècles.

  • 1975 : le Liban entre dans la guerre. Il y restera quinze ans, pendant lesquels il occupera presque continuellement le devant de l'actualité. Plus qu'une reconstitution méthodique de la chronologie de cette guerre, cet ouvrage en fournit, à chaque séquence, les différentes clés de lecture, recherchées dans la dynamique même de la société libanaise aussi bien que dans l'environnement régional, loin de toute généralisation et de tout anachronisme.

  • La documentation iconographique de l'egypte ancienne nous permet de connaître d'une manière assez précise la préparation des denrées essentielles, celles dont la production, le stockage et la redistribution étaient l'un des rouages du fonctionnement de l 'etat.
    De multiples témoignages nous informent aussi sur la mentalité qui présidait à la réalisation des plats. mais, en l'absence de véritables recettes culinaires, on en est réduit à deviner quels modes de cuisson étaient privilégiés et quelles étaient les proportions des ingrédients. fondé sur une profonde connaissance des sources de l'histoire de l'egypte ancienne, mais aussi sur les recherches ethnologiques les plus récentes, cet ouvrage se propose de déterminer ce qui pouvait véritablement figurer sur la table de l'egyptien de l'antiquité, qu'il s'agisse du pharaon lui-même et de son entourage ou du petit peuple.
    Sont ainsi présentées les différentes catégories de nourritures : la fabrication du pain et des gâteaux, la consommation des viandes et des poissons, celle des fruits et des légumes, les usages des corps gras, des sucres et des épices, la préparation des boissons légères ou alcoolisées (vins, bières). une trentaine de recettes simples, restituées d'après toutes ces données, offrent aux lecteurs la possibilité de manger, banqueter et s'enivrer à la manière des pharaons.

  • "L'Egypte écrit, le Liban imprime et l'Irak lit", disait-on il n'y a pas très longtemps pour résumer en une boutade la situation du livre et de la lecture dans le monde arabe.
    Les choses étaient déjà bien plus complexes et elles le sont davantage de nos jours. A partir d'une étude, la première jusqu'à présent, du rôle de Beyrouth en tant que capitale de l'édition arabe, rôle qu'elle partage avec Le Caire, Franck Mermier dresse un tableau du paysage éditorial en montrant notamment l'émergence dans ce domaine des pays du Maghreb et de la péninsule Arabique. Une analyse du marché du livre fait ressortir les difficultés que rencontrent les éditeurs à tous les niveaux et insiste sur les efforts déployés par eux pour s'adapter aux nouveaux moyens de production et de circulation.
    Efforts qui tendent à une recomposition du champ éditorial et à une approche plus moderne du métier d'éditeur.

  • Écrits le plus souvent à la première personne du singulier, avec une infaillible érudition et une pointe d'humour, les différents articles, conférences et notes de lecture réunis dans ce recueil étudient les rapports entre l'arabe littéral, les arabes parlés et les langues étrangères, dans la vie quotidienne et en littérature. Ce faisant, Abdelfattah Kilito éclaire de façon originale la problématique de la traduction, les avatars du bilinguisme littéraire, les origines du roman arabe et l'évolution de la littérature marocaine contemporaine.

  • Cet ouvrage s'appuie sur des enquêtes de terrain réalisées durant des séjours prolongés de l'auteur au Yémen et au Liban. Alliant coups de sonde historiques et expériences du quotidien, il retrace, à travers certains lieux et moments emblématiques et signifiants, les contours changeants de la puissance de la ville dans le monde arabe.

  • Sous la forme d'un échange de courriels entre elle et son père récemment décédé, l'auteur raconte comment le pays qui n'était que celui de ses "origines", la Syrie, l'a rattrapée après cinquante ans d'oubli et a bouleversé sa vie, tant personnelle que professionnelle. Issue d'une famille damascène aisée qui avait choisi de s'installer en France, puis de porter la nationalité française, son projet initial était d'expliquer son rapport à son pays d'adoption alors que le débat empoisonné sur l'identité nationale battait son plein et qu'elle se sentait gagnée par la morosité ambiante.
    Mais voici que les Tunisiens se révoltent, suivis par les Égyptiens et les Libyens, avant que d'autres pays arabes, dont la Syrie, se soulèvent à leur tour. Dès lors, la correspondance de Hala avec son père s'enflamme, elle lui narrant les principaux événements en cours sur un ton tantôt enthousiaste tantôt indigné mais toujours passionné, lui se rappelant les vicissitudes de l'histoire contemporaine de la Syrie qu'il avait vécues en militant nationaliste arabe convaincu.
    L'ensemble, écrit d'une plume élégante, se lit comme le parcours personnel d'une Syrienne qui se découvre elle-même en découvrant son pays au moment où il renaît à la vie - et où il risque de mourir.

  • L'effervescence sociale et politique des trente dernières années a propulsé sur le devant de la scène, dans la plupart des pays musulmans, toutes sortes de groupes intégristes qui s'accordent à rejeter la séparation du spirituel et du temporel.
    Le propos de cet ouvrage est de faire connaître l'autre visage de l'islam contemporain, lequel se compose d'attitudes et de projets soucieux de retrouver le sens premier de la prédication du prophète muhammad par-delà les formulations rigides qui lui ont été données à telle ou telle époque de l'histoire. l'auteur fournit pour commencer des précisions d'ordre conceptuel, puis historique, qui permettent d'aborder dans la clarté le débat sur le rapport islam-laïcité.
    Il commente ensuite l'ouvrage capital à cet égard du réformiste égyptien ali abderraziq (1888-1966) avant d'évoquer la contribution des penseurs qui représentent ce qu'on pourrait appeler " la nouvelle conscience islamique " - et qui défendent de nos jours, par des démarches différentes mais convergentes, l'idée que l'islam n'est pas hostile à la laïcité. nourri d'une réelle préoccupation pédagogique, cet ouvrage, à l'usage du grand public, constitue une précieuse introduction à la pensée musulmane moderne.

  • Après la fin de la guerre au Liban (1975-1990), la loi d'amnistie de 1991 a imposé une forme d'amnésie officielle dont l'objectif était de protéger de toute poursuite judiciaire les principaux chefs communautaires, ralliés à l'époque à la Pax syriana.
    Le sort des centaines de milliers de victimes et de disparus était ainsi porté au passif d'une politique pariant sur le baume de l'oubli et sur la "reconstruction". Les traumatismes engendrés par ce long conflit dévastateur se sont cependant infiltrés dans le corps collectif pour entretenir les lignes de fracture de la guerre. Et cette fragmentation confessionnelle et territoriale de la mémoire ne pouvait qu'être avivée par la violence politique récurrente qui s'est accrue après l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en février 2005.
    Les études rassemblées dans cet ouvrage apportent des informations inédites sur les pratiques mémorielles dans le Liban d'aujourd'hui et, plus généralement, enrichissent la réflexion sur leurs enjeux. Y sont abordés des sujets occultés, ignorés, voire tabous, qui sont autant de noeuds à défaire pour éclairer l'histoire du Liban de 1975 à 1990, ruais surtout pour contribuer au travail de mémoire que beaucoup de Libanais appellent de leurs voeux.

  • De Platon à Sartre, en passant par pline et pétrone, Hâroun Al-Rachîd et Charlemagne, Avicenne et Ysacus, Boccace et Rabelais, Georges de la Tour et Mistral, ce sont plus de vingt siècles de l'histoire de l'humanité qui sont ici évoqués en fonction de leur rapport à la plus modeste des légumineuses : le pois chiche.
    Le lecteur saura enfin tout ce qu'il a toujours voulu savoir, et même davantage, sur le cicer arietinum, ses origines méditerranéennes, ses pérégrinations, sa culture, sa valeur nutritionnelle, ses usages médicinaux, les événements historiques qu'il évoque, sa présence dans la littérature et l'art. une bonne centaine de recettes, glanées autour de la méditerranée, mais aussi en iran et en inde, lui sont ensuite proposées, avec des commentaires alliant érudition et humour.


  • fécondité d'un malentendu : alors que les arabes se considéraient depuis toujours comme "le" peuple poète, les européens leur ont décerné la palme du récit.
    ainsi, cervantès attribue la paternité de don quichotte à un historien arabe, et antoine galland note que les mille et une nuits "font voir de combien les arabes surpassent les autres nations en cette sorte de composition". ces derniers ne s'en rendront compte que vers le milieu du xixe siècle, lorsqu'ils constateront l'extraordinaire fortune du livre des nuits, traduit à partir de galland dans toutes les langues européennes.
    ayant adopté le roman, la nouvelle et le théâtre, formes qui leur étaient jusqu'alors étrangères, ils ont été amenés à reconsidérer leur tradition littéraire. tout le monde, finalement, a trouvé son compte dans la récupération, la réinterprétation et la revalorisation du corpus narratif ancien. la littérature arabe, régénérée grâce à l'" épreuve de l'étranger ", est désormais inséparable de la littérature européenne.


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