Universite Grenoble Alpes

  • Ce livre offre pour la première fois un outillage conceptuel et empirique sur la nature urbaine, à l'intersection des processus " d'écologisation, de participation et de néolibéralisation ". Il se penche sur trois politiques publiques locales de nature en ville : écologisation, politique événementielle de végétalisation, jardinage collectif. A travers cette dernière, l'ouvrage interroge le rôle émergent du citadin comme coproducteur d'espaces publics à l'heure de l'austérité.

  • Homme instruit et brillant, Cola di Rienzo subjugue les foules par de beaux discours et prend le pouvoir à Rome en 1347. Il a alors 34 ans. Visionnaire politique, humaniste ou encore homme de foi attiré par des idéaux révolutionnaires, Cola di Rienzo apparait tout au long de l'ouvrage comme un leader romantique précurseur de l'Unité italienne. Ambitieux et contradictoire, il n'hésite pas à se mettre en scène dans de superbes cérémonies, s'imaginant déjà empereur. Il connaîtra toutefois une fin pitoyable. Cette nouvelle biographie illumine ce personnage hors du commun qui était avant tout un extraordinaire communicant possédant l'art inné d'utiliser les mots pour séduire et convaincre. Tommaso di Carpegna décrypte les ressorts d'une propagande qui permit à cet homme du peuple d'accéder au pouvoir. Et nous amène ainsi à réfléchir sur le thème toujours d'actualité de la dangereuse puissance de la propagande et des rhétoriques populistes.

  • Le regard du voyageur qui emprunte la route reliant Sisteron à Manosque, le long de la vallée de la Durance, est immanquablement attiré par une curieuse formation rocheuse surplombant le village des Mées dont l'apparence évoque une procession de pénitents encapuchonnés. Ces falaises s'étirent sur 2,5 kilomètres et certains rochers atteignent 100 mètres de haut, formant un site très spectaculaire classé depuis 1941. La légende raconte qu'un seigneur local se fit un harem avec de belles et jeunes sarrasines rescapées de l'assaut d'une forteresse maure. Menacé d'excommunication, celui-ci dut se résoudre à relâcher ses affriolantes prisonnières et à les livrer à un monastère près d'Arles. Les moines chargés de leur transfert, sur le point de succomber à la tentation, furent pétrifiés par saint Donat.
    Dans cet essai sur l'imaginaire des rochers et le mythe des Sarrasins, l'auteur met son savoir et ses méthodes d'universitaire au service d'une enquête qui fait la part entre les éléments historiques et légendaires.

  • L'histoire de Florence, entre le XIIIe et le XVIe siècle, offre un observatoire privilégié non seulement pour l'histoire de l'Italie, mais aussi pour celle de toute l'Europe. Depuis des siècles, des dizaines d'érudits la racontent pour tenter de saisir les raisons de son caractère unique, né de la rencontre entre le génie artistique et les ambitions personnelles, familiales et politiques. La ville des banques, des marchands-entrepreneurs et des manufactures est aussi celle d'intenses conflits entre factions, dont Dante est l'une des victimes d'exception ; puis celle de l'humanisme, celle des expérimentations politiques des Albizzi, des Médicis ; celle d'une république où Laurent le Magnifique incarne l'idéal même du prince-mécène de la Renaissance. À travers cet ouvrage les auteurs ont voulu ouvrir autant de fenêtres sur la vie florentine et ses différents aspects, comme une galerie de scènes et de points de vue qui permettent d'entrer dans ce monde créatif et fécond.

  • Le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion représente le triomphe de la philologie au XIXe siècle. Mais le récit d´un « coup de génie » masque les conditions épistémologiques et les luttes idéologiques dans lesquelles s'inscrit cet exploit. Le livre cherche à reconstituer ce contexte pour montrer les enjeux du déchiffrement.

  • Voici les monuments d'un art méconnu.
    Autant les peintures romanes sont fameuses, autant celles qui leur ont succédé sur les murs de nos églises sont demeurées dans l'oubli. C'est qu'elles souffrent d'un jugement qui est vrai peut-être, au moins qu'on a répété. Au XIIIe siècle, a-t-on dit, la peinture murale est tombée en décadence. L'étroitesse des parois que lui réserve l'édifice gothique, les prestiges du vitrail qui parvient à mêler couleur et lumière, ont affaibli cet art si considérable jadis.
    Où de grands cycles, responsables du dogme, se déroulaient sur les berceaux lisses et le nu des murs, la trouée des verrières et le réseau des arcs et des nerfs ne permettent plus désormais que des compositions très petites, ou le jeu simple de l'ornement. Terrible jugement, qui prive un art de la grandeur de son siècle. Car il conclut aussitôt de la diminution des moyens à la véritable décadence, celle qui s'établit dans le style.
    Comme si la liberté ou la force n'étaient pas séparables de la fonction, il les refuse à la nouvelle peinture, que l'église gothique a privée d'une vraie fonction. Elle n'est plus seulement un art négligé, elle devient un art mineur. Elle n'est pas seulement chassée de l'église. Imitant tour à tour la sculpture ou la miniature, la tapisserie, le vitrail, elle apparaît soumise dans son propre domaine aux lois plus fortes des autres arts.

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