Langue française

  • Un hêtre peut-il pousser en une seule nuit dans un jardin, rue Chasle à Paris, sans que personne l'ait planté ?
    Oui. Chez la cantatrice Sophia Siméonidis ; et elle n'en dort plus.
    Puis elle disparaît sans que cela préoccupe son époux.
    Après une série de meurtres sinistres, ses trois voisins «dans la merde», aidés par l'ex-flic pourri Vandoosler, découvriront les racines du hêtre, vieilles de quinze ans, grasses de haine et de jalousie.
    On retrouve ici les qualités et l'humour de l'auteur de Ceux qui vont mourir te saluent (éd. Viviane Hamy, 1994) que la presse a largement salué.

  • Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d'un pays qui s'en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d'une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L'histoire d'André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu'il en reste.

    Trois générations confrontées à l'Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
    Saga portée par la fureur et la passion, Trois saisons d'orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s'étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n'y peuvent rien ; mais ils l'acceptent, car le reste du temps, elles sont l'antichambre du paradis.

    Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection - la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l'homme et la nature -, qui sont les battements de coeur du très grand succès que fut Le Roi n'a pas sommeil (Éd. Viviane Hamy, 2012).


  • Dans ce roman antimilitariste publié en 1919, l'auteur livre sa propre expérience de la guerre. L. Werth a 36 ans lorsqu'il s'engage volontaire pour le front. Il y restera quinze mois pendant lesquels il prendra conscience de toute l'horreur de la guerre.


  • La maison blanche

    Léon Werth

    On connaît Léon Werth quand il était petit garçon puisque Saint-Exupéry lui a dédié «Le Petit prince». Il reste à découvrir L. Werth écrivain, amoureux des gens, des formes et de la vie, grâce à un roman qui aborde la douleur et la maladie.

  • Le procès du Maréchal Philippe Pétain se déroula du 23 juillet au 15 août 1945: il avait 89 ans.
    La Haute cour de Justice le condamna à la peine de mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens. Cependant, elle émit le voeu que la sentence ne soit pas exécutée en raison du grand âge du condamné. Le 17 août 1945, le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire, commua la peine de mort en détention à perpétuité au fort du Portal et puis à l'Ile d'Yeu où Pétain mourut en 1951.
    En 1945, Léon Werth (1878-1955), fut l'envoyé spécial de la revue Résistance (journal créé à Paris à la fin de l'année 1942 par Jacques Destrée, chef du "mouvement d'opposition au régime de Vichy et au nazisme",) pour couvrir ce procès, aux côtés d'autres journalistes tels Joseph Kessel pour France-Soir, Jean Schlumberger pour Le Figaro, Jules Roy, etc.). Ses chroniques quotidiennes portent bien leur nom : « Impressions d'audience ».
    Elles n' ont rien du compte rendu scrupuleux. Les éditions Viviane Hamy les ont rassemblées en un volume inédit en mai 1995.
    Distancié, comme toujours, Werth observe. Il dresse les portraits des acteurs de cette « mascarade », les avocats, le procureur, Laval, Darnand, Weygand, Daladier, etc. avec une ironie cinglante, et en premier lieu celui de Pétain, « présent absent », « ce contumace par le silence » ...
    La concision du style lui permet, en une seule phrase, de rendre palpable le ridicule suscité par le décalage qui se creuse entre l'attente des 28 jurés (14 parlementaires, 14 résistants) et l'opinion publique, la superficialité des débats qui ne mettent jamais en cause la responsabilité politique et meurtrière de l'accusé. Le véritable procès n'a finalement pas eu lieu. Werth termine sur ces deux phrases sans appel : « En ce tribunal de limbes, des événements appauvris, vidés de leur substance, s'assemblaient au hasard, comme une mauvaise copie de bachot.
    Le maréchal réel et le maréchal de légende devenaient indistincts, comme une photographie qui s'efface, mangée par la lumière ».

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